Nous avons déjà rencontré Faust, celui de Gounod, et son choeur qui clameVin ou bière, bière ou vin, que mon verre soit plein !
Voici maintenant celui de Berlioz, composé 13 ans plus tôt en 1846. L’histoire est sensiblement la même.
On y trouve aussi un choeur de buveurs, qui clament : « A boire encore ! du vin du Rhin! »
Le voici, par le Choeur de l’Orchestre Symphonique de Montréal, dirigé par Charles Dutoit.
Oh! qu’il fait bon quand le ciel tonne Rester près d’un bol enflammé, Et se remplir comme une tonne Dans un cabaret enfumé! J’aime le vin et cette eau blonde Qui fait oublier le chagrin. Quand ma mère me mit au monde, J’eus un ivrogne pour parrain. Oh! qu’il fait bon quand le ciel tonne . . . Qui sait quelque plaisante histoire? En riant le vin est meilleur.
(C’est ensuite que l’on entend l’ histoire de la rate et celle de la puce…)
La Chica, alias Sophie Fustec, est une chanteuse franco-vénézuélienne. Elle chante généralement en espagnol, mais Drink est en anglais.
Drink est une « chanson pour les morts » dans la lignée des traditions d’Amérique latine où connexion avec les défunts rime avec alcool et chants.
« Au Vénézuéla, les rituels se font avec du rhum, des chants, des tambours.. L’alcool permet d’accéder à une certaine transe », précise l’artiste. L’ivresse brûlante obtenue par l’alcool, le chant ou la danse peut aider à exorciser ses démons. « On oublie un peu ses peines et ses malheurs ». (Lu dans un blog de l’express)
I was down when I woke up He was there, I could touch his face I was feeling so close his presence But he faded away in my memoryI drink your memory and swallow my wish I wanna be drunk ’til tomorrowI have no brain, saturated with smoke and despair I would rather talk with the essence I fear the pillow I don’t want to dream again I’m his ghostI drink your memory and swallow my wish I wanna be drunk till tomorrow
Toute autre est la chanson Cheers, (Drink to that), de Rihanna, qui appelle simplement à la fête pour le « freaking week-end ». Et que le Jameson coule à flots !
Takin’ shots in here, you want one? Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeah Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeahCheers to the freakin’ weekend I drink to that, yeah-e-yeah Oh, let the Jameson sink in I drink to that, yeah-e-yeah Don’t let the bastards get you down Turn it around with another round There’s a party at the bar Everybody put ya glasses up, and I drink to that Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeah Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeah (And I drink to that) Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeah Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeahLife’s too short to be sittin’ ’round miserable People gon’ talk whether you doing bad or good, yeah Got a drink on my mind and my mind on my money, yeah Looking so bomb, gonna find me a honeyGot my Ray Bans on and I’m feelin’ hella cool tonight, yeah Everybody’s vibin’ so don’t nobody start a fight, yeahCheers to the freakin’ weekend I drink to that, yeah-e-yeah Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeah’Bout to hop on the bar, put it all on my card tonight, yeah Might be mad in the morning but you know we goin’ hard tonight (Wooo…) It’s getting Coyote ugly up in here, no Tyra (Hey…) It’s only up from here, no downward spiralGot my Ray Bans on and I’m feelin’ hella cool tonight, yeah Everybody’s vibin’ so don’t nobody start a fight, yeah…Cheers to the freakin’ weekend I drink to that, yeah-e-yeah
Et que dire de Drunk in Love, de Beyoncé et Jay-Z? Un hymne à l’amour et à l’ivresse ?
Voici un air à boire.. du jus de pomme, enfin, du cidre. On le trouve dans une opérette d’Offenbach créée en 1864, Jeanne qui pleure et Jean qui rit, que l’ami Keck a eu le bon goût de faire jouer ces jours-ci en version de concert à l’Odeon de Marseille. Evidemment, par les temps qui courent, il n’y avait guère de spectateur, mais le spectacle a été filmé pour le plus grand bonheur des aficionados, dont nous sommes.
Avec nos chouchous Isabelle Philippe (Jeanne), Frank T’Hézan (Cabochon) et Dominique Desmonds (Nicolas), et aussi Charles Mesrine (Savinien), et au piano Diego Mingolla.
En voici un court extrait
Doux jus de la pomme, Fruit du paradis Qu’Éve au premier homme Fit croquer jadis, Celui qui t’ consomme Est toujours content. L’ buveur d’eau pleur constamment. Voilà c’qui fait qu’à toute heure Jeanne pleure Et moi je ris. Qu’al’ plus d’esprit, D’ Jeann’ qui pleure Ah ! ah ! ah ! D’ Jeanne qui pleure Ou d’ Jean qui rit ? À coup sûr c’est Jean qui rit !
Liqueur adorée, Joli cidre doux, De couleur dorée, Aux joyeux glous glous, Ta mousse sucrée Nous rend gais et gris. L’ buveur d’eau pleure jours et nuits. Voilà c’qui fait qu’à toute heure Jeanne pleure Et moi je ris ! Je vous le dis, Jeanne pleure, C’est Jean qui rit !
Y-a-t-il vignoble plus prestigieux que la Romanée Conti ? » vinremarquable par sa belle couleur, son arôme spiritueux, sa délicatesse, et la finesse de son goût délicieux » écrivait déjà il y a deux cents ans André Jullien dans sa topographie de tous les vignobles connus, ajoutant qu » on s’en procure difficilement du véritable parce que la vigne qui le produit n’occupe que deux hectares de terrain« . Anne Sylvestre vient de décéder. Nos enfants (et leurs parents) ont adoré ses chansons et fabulettes, mais elle chantait aussi pour les grands, ne voulait pas mourir avant d’en avoir bu, de la Romanée-Conti. Espérons qu’elle ait pu le faire avant de poser pour toujours sa guitare !
Il parait que si, son voeu fut exaucé par Aubert de Villaine, co-gérant du domaine, après qu’il a entendu cette chanson de 1973. C’est bon Anne, tu n’auras pas eu besoin de ramper !
J’ai bu, et je m’en vante Des cent et des cinquante Bouteilles du meilleur Que Bordeaux me pardonne J’appartiens au Bourgogne En lui, cuve mon cœur J’en ai connu de braves De tendres, de charmeurs J’en ai connu de graves De couronnés, de tout en fleurs Mais je voudrais pas crever Avant d’ l’avoir goûtée Ah! Sûr que j’ voudrais pas mourir Avant d’avoir vu ses rubis Couler dedans mon verre C’est ma seule prière Ah! Laissez-moi boire à genoux La reine des vins de chez nous La Romanée, la Romanée, la Romanée-Conti {x2} Sa splendeur est si grande Qu’elle est une légende Bien plus qu’une boisson Boire par ouï-dire Est un supplice pire Que la pire prison Que ceux qui la récoltent Dans leurs caveaux secrets Comprennent ma révolte Je doute, enfin, qu’elle soit vraie Et j’ voudrais pas crever Avant d’ l’avoir goûtée Ah! Sûr, qu’ j’arrêterai pas mon cœur Avant d’avoir senti ses fleurs Me réjouir la tête Non, c’est vraiment trop bête D’avoir préparé mon palais Pour qu’elle n’y vienne jamais La Romanée, la Romanée, la Romanée-Conti {x2} Il serait malhonnête De prétendre que cette Chanson ne vise pas À provoquer un geste En ma faveur, du reste Pour en boire avec moi Je jure sur mon âme Qu’il faudra bien m’aimer Je serai monogame Pour ne pas devoir partager Et j’ voudrais pas crever Avant d’ l’avoir goûtée Ah, non! J’ finirai pas mes jours Sans avoir senti son velours Me réjouir la gorge Si on vous interroge Dites que je veux bien ramper Pour la plus petite lampée De Romanée, de Romanée, de Romanée-Conti {x2}
Elle avait aussi chanté Mon grand-père Louis, une autre jolie chanson bourguignonne
Comme mon grand-père Louis Saluant d’un chapeau digne Des arpents de pieds de vigne Reconnaissant, ébloui Comme mon grand-père qui Devant un cru de Bourgogne Se découvrait sans vergogne Avec le sérieux requis Je voudrais modestement Esquisser, quoi qu’on en pense La petite révérence Que m’apprirent mes parents Car bien que je ne sois vieille Que de trente et pas beaucoup Quand j’y pense, je m’effraye Qu’on ne sache plus, merveille Boire un coup Comme mon grand-père Louis Composant avec science De subtiles alliances Entre pommard et rôti Comme mon grand-père qui Ne recevait à sa table Que de vrais buveurs, capables Que des gosiers aguerris Je voudrais pieusement Rappeler qu’en mon enfance Quand on y faisait bombance Je me tenais vaillamment Car bien que je ne sois vieille Que de trente et pas beaucoup Quand j’y pense, je m’effraye Qu’on ne sache plus, merveille Boire un coup Comme mon grand-père Louis Faisant creuser dans la pierre Bien avant sa maison mère Une cave et ses replis Comme mon grand-père qui À nous, sa progéniture Apprit la grande aventure Des raisins de son pays Je voudrais à tout venant Me vanter d’avoir en cave Deux ou trois bouteilles graves De Richebourg triomphant Car bien que je ne sois vieille Que de trente et pas beaucoup Quand j’y pense, je m’effraye Qu’on ne sache plus, merveille Boire un coup Comme mon grand-père Louis Comme Albert à qui j’ ressemble Et qui reposent ensemble Sur la colline fleurie Où il fit coucher aussi Pour les côtoyer sous terre Madeline et Philibert Et la très douce Marie Je voudrais finalement M’y coucher un jour, pareille À une quelconque bouteille Mais pourtant en attendant Sans rien avoir d’un ivrogne Je voudrais qu’on sache enfin Qu’on peut être de Bourgogne Qu’on peut aimer sans vergogne Le bon vin Car bien que je ne sois vieille Que de trente et pas beaucoup Quand j’y pense, je m’effraye Qu’on ne sache plus, merveille Boire un coup
C’est une chanson trouvée dans un recueil de chansons champenoises (les chansons du veilloir de Geneviève Devignes). Elle a pour titre la Ronde des Vendangeurs de Tonnerre, ou encore la Vigne du Voisin. Elle commence ainsi :
C’est la petite Thérèse
Qui voudrait du chasselas
All’en voit beaucoup chez Blaise
Mais Blaise n’en donne pas
Cette chanson vient de loin. On la trouve déjà dans une encyclopédie poétique parue en 1819… Appelée Ronde du Piquet dans Vendémiaire, Calendrier Républicain de Catulle Mendes. On la retrouve encore dans un recueil de chansons choisies paru à Genève en 1785. Elle provient en fait d’un divertissement intitulé les Vendangeurs, ou les deux baillis, représenté par les comédiens italiens à Paris en 1780. L’air est celui d’Allons donc, Mademoiselle, que l’on retrouve en 1746 dans l’amour imprévu, un opéra-comique de l’Affichard. Là s’arrête la piste. Il est référencé dans la Clé du Caveau.
Pas grand chose à voir avec la version du recueil champenois, harmonisée par Vincent d’Indy.
Nous avons un faible pour K560 « amis buvons à plein verres » (en allemand Freunde lasset uns Zechen, ou encore O du eselhafter Martin
Freunde, lasset uns beim Zechen
wacker eine Lanze brechen!
Es leb’ der Wein,
die Liebste mein!
Drauf leer’ sein Gläschen jeder aus.
Mit euch ist gar nichts anzufangen,
da sitzt ihr still wie Hopfenstangen.
Sie lebe hoch!
So schreiet doch!
Sie lebe hoch!
So schreiet doch,
so schreiet doch!
Seid ihr wie Stockfisch denn geworden stumm,
seid ihr wie Stockfisch denn geworden stumm?
So schreit, so schreit, so schreit,
ihr Esel, doch, seid nicht so dumm!
Es leb’ die Liebe und der Wein!
Was könnt’ auf Erden Schön’res sein?
Vivat, vivat, vivat,
sie lebe hoch!
Amis buvons à plein verre, Vite avant qu’on nous enterre ! Vive le vin ! nectar divin ! trinquons amis vive le vin !
Mais avec toi y a rien à faire, on sait bien ce que tu préfères, et ton démon, ta Jeanneton, t’a fait jurer de renoncer au carafon !
Pourquoi rester sans boire et sans chanter ? de tout un peu, qu’il est bon de goûter ! Chantons ! Buvons ! Et débouchons ensemble un vieux flacon !
Vive le vin, vive l’amour ! Buvons jusqu’à la fin des jours ! Frère ! Frère ! Verse toujours !
C’est l’ami Jean-Christophe Keck qui nous a mis sur la piste de cette opéra-comique qu’Offenbach composa en 1855 (et que Keck fit chanter en version de concert en décembre dernier à l’Odeon de Marseille).
Jean, contrebandier de son état, et sa jeune épouse Fanchette, vont faire boire le douanier Hercule pour qu’il ne fasse pas capoter les affaires…
Il y a dans cette oeuvre sans prétention un air intéressant : Allons Fanchette ! On peut l’écouter dans cet enregistrement qui date de 1969, par l’orchestre lyrique de l’ORTF, sous la direction de Robert Martignoni, avec la distribution
Fanchette ………… ……… ……… ……… .. Monique Stiot
Hercule ………… ……… ……… ……… …. Joseph Peyron
Jean ………… ……… ……… ……… ……. Bernard Demigny
Allons Fanchette allons, versez ma ménagère De chez vous commencez à faire les honneurs Du vieux vin jusqu’au bord Emplissez votre verre Quand nous aurons vidé la bouteille dernière La cave est là tout près pleine de vins meilleurs Ouverte aux francs-buveurs !
Aimons le vin pour fêter la nature Avec le vin dans le monde enchanté Le créateur verse à la créature L’espoir, l’amour,la force et la santé Le ciel sourit dans les coupes vermeilles Pour oublier nos maux de chaque jour A notre sang mêlons le sang des treilles Le front paré des roses de l’amour !
Que l’ivresse charmeresse s’allume en nos coeurs joyeux C’est pour vivre qu’on s’enivre d’amour jeune et de vin vieux.
Depuis le temps qu’Eve a cueilli la pomme On la reproche aux femmes sans pitié Mais le raisin qui réjouit tant l’homme Peut bien aussi réjouir sa moitié ! La femme doit dans les coupes vermeilles Boire la force et l’espoir chaque jour Rougir sa lèvre au sang divin des treilles Le front paré des roses de l’amour
Ces paroles d’une chanson de Graeme Allwright, elles nous accompagnent depuis si longtemps… Et voilà que leur auteur nous tire sa révérence, à 93 ans quand même. Ecoutons-la, chantons-la encore et encore.
C’est une chanson qui parle des retrouvailles, de vieux amis, de vieux amants, mais ils n’ont plus le temps..
Buvons encore une dernière fois A l’amitié, l’amour, la joie On a fêté nos retrouvailles Ça m’fait d’la peine, mais il faut que je m’en aille
Le temps est loin de nos vingt ans Des coups de poings, des coups de sang Mais qu’à c’la n’tienne: c’est pas fini On peut chanter quand le verre est bien rempli
Et souviens-toi de cet été La première fois qu’on s’est saoulé Tu m’as ramené à la maison En chantant, on marchait à reculons
Je suis parti changer d’étoile Sur un navire, j’ai mis la voile Pour n’être plus qu’un étranger Ne sachant plus très bien où il allait
J’t’ai raconté mon mariage A la mairie d’un p’tit village Je rigolais dans mon plastron Quand le maire essayait d’prononcer mon nom
J’n’ai pas écrit toutes ces années Et toi aussi, t’es mariée T’as trois enfants à faire manger Mais j’en ai cinq, si ça peut te consoler
On n’oubliera pas Graeme Allwright, qui fit connaitre Woody Guthrie, Pete Seeger et bien d’autres chanteurs folk d’outre Atlantique, comme Tom Paxton et sa sacrée bouteille (bottle of wine) que les lecteurs du bon clos connaissent.
N’oublions pas non plus son « ça je ne l’ai jamais vu« , adaptation des seven drunken nights, masis on préfère la version des Dubliners !
Hélas, on n’entend jamais que 5 de ces 7 nuits de biture ! Les curieux pourront connaitre la version intégrale là.
C’est un portrait désabusé, l’histoire d’un jeune désargenté, que sa copine a plaqué mais qui se dit heureux parce qu’il fume et qu’il boit. ParHank William III , la troisième génération d’une famille de musiciens country.
If I think I’m gonna have a bad time,
I got a little bit of smoke an’ a whole lotta wine.
Une autre chanson caustique racontée à la première personne est All the wine, du groupe The National qui dresse un portrait au vitriol d’un californien infatué pour qui All the wine is for me parce que God is on my side… (sortie en 2005)
De la poésie dépressive, disent les critiques… paroles
NB : ces chansons ont été sélectionnées, avec d’autres, par des journalistes du Monde en les accompagnant du message sanitaire : « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération. »
Il ne faudrait pas oublier cette chanson sortie en 1963 du regretté Jean Constantin, parolier de « Mon Manège à moi c’est toi« , qui a mis la clé sous la porte il y a vingt-trois ans…
Le Beaujolais, je l’ai, je l’ai… dans ma cave Le lait j’ai beau, j’ai beau… m’forcer à en boire je préfère nettement le pinard. D’abord le lait c’est blanc c’est laid ça s’garde qu’au frais ça fait qu’ça fait des frais Tandis qu’le vin c’est du satin d’raisin surtout, clients, le vin que j’vous vend Mon Beaujolais je l’ai dans ma cave. A la rigueur j’boirais du lait, si de raisin se nourrissaient toutes les vaches du Beaujolais Si Lollobridgida me donnait la têtée !!!
Il a fait aussi une chanson très douce, d’un style bien différent, la chanson du vigneron…
les mains bleues de raisin, le vigneron te fait signe, du haut de la vigne… entends son pas, comme il est lourd et résonne dessous le poids qu’une hotte que personne d’autre que lui ne peut arracher gorgée de fruits jusqu’à déborder