Hier soir mercredi 8 février nous assistions chez Artcurial à une conférence de Laurie Matheson et Luc Labadie sur la vente de vins aux enchères, sous l’égide de l’avis du vin qui attirait le chaland, cloitré en cet hiver « sibérien », avec une dégustation de grands crus du Bordelais.
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Catégorie : Actualité
vin et culture
Voici un site que nous découvrons grâce à nos amis des Vignerons Franciliens Réunis.
Il s’agit de vin et culture, un site qui se propose de « Promouvoir le vin dans la culture, et la culture dans le vin ».
Meilleurs voeux
Meilleurs voeux chers amis lecteurs pour 2012.
Cette année le Bon Clos s’est associé au Journal de Tintin pour vous souhaiter la bonne année.
Car notre reporter-détective préféré ne dédaigne pas à cette occasion de boire un coup !
Bonne Année 2012 à tous !
Alerte rouge ! (le père Noël est vraiment une ordure…)
Au lieu d’aller accomplir ce que des millions d’enfants attendent ingénument, le voila t-y pas qui se vautre sur une terrasse du Marais, manifestement bien imbibé ? Nous l’avons surpris cet après-midi rue Saint-Antoine.

Une honte ! Au boulot, Père Noël !

Revoila Munch…
Il était l’an dernier de passage à la Pinacothèque, le voici au Musée d’Art Moderne du Centre Pompidou. Toujours pas de « lendemain de cuite » (the day after) mais un autoportrait aux bouteilles intéressant (il a peint des dizaines d’autoportraits, plus de 40 après 1900, « comme s’il voulait enregistrer l’effet du passage du temps », écrit son ami Stevensen)
Ces hôtes indésirables (vers 1935) viendraient-ils perturber des libations ?

PS pour les amateurs, la Galerie d’Olga présente plus de 200 toiles de Munch, parmi lesquels ce « mariage de bohémiens » (1925).

Ne quittons pas Beaubourg sans explorer le Musée d’Art Moderne qu’il héberge. Voici un curieux ensemble d’Henri Laurens.
Bacchus Bourrée
Il nous a quitté le 21 mai dernier, Ricet Barrier, de son vrai prénom Maurice-Pierre.
Avec son copain Bernard Lelou il a composé un répertoire plutôt drolatique.
Ne le laissons pas partir comme ça, écoutons le dans la Bacchus Bourrée (1978) !
Bacchus, Dieu du vin et de l'inspiration De la vigueur féconde et de la procréation Né du Feu, élevé par la pluie C'est le Dieu des plaisirs de la vie Il vide les tonneaux et remplit les vessies Fait rire les chameaux et pleurer le Messie Quand on fait la fête, qu'on est un peu bourré Qu'on trouve la vie belle et les filles à croquer Pour peu qu'un guitareux se mette à la gratter Ça y est c'est parti, Bacchus est arrivé ... La bourrée, la bourrée qui balance, La bourrée des bourrés, c'est Bacchus qui la danse Et tout en louvoyant de barrique en jupon Il goutte le bon vin et les jolis tétons La bourrée fait sauter les fillettes Bacchus, l'oeil allumé, leur verse une piquette Et dans la vigne au vin, dans le creux d'un sillon L'entonnoir à la main, il trousse leur cotillon Bacchus aime tout excepté ... Le thé Il boit toujours en société Santé ! Débondez les tonneaux, percez les barillets Allez, tous au goulot et videz les pichets Quand on voit la vie Couleur de paradis On est bon pour danser La bourrée des bourrés La bourrée, la bourrée qui balance La bourrée des bourrés, c'est Bacchus qui la danse Et tout en louvoyant de barrique en jupon Il goûte le bon vin et les jolis tétons La bourrée chasse tous les soucis La bourrée des bourrés vous fait voir du pays Dans les fumées du vin Le pauvre a des écus Les moines sont coquins Et contents les cocus ! Bacchus ne connaît qu'un fléau C'est l'eau ! Un seul pays a sa confiance La France ! Bacchus est malicieux En vidant les tonneaux Il pousse les amoureux à remplir les berceaux Mariage ou enterrement Ça finit en buvant Les jambes en compote Mais l'printemps dans la culotte !
Voici la version des Frères Jacques
Voici ce que disait Véronique Mortaigne de ce « type incroyable » (dixit B.Lavilliers) dans Le Monde du 3 juin 2011

Au Concours Lépine
Rendez-vous annuel des inventeurs, créateurs et de leurs admirateurs, le Concours Lépine 2011 aurait pu une fois de plus intéresser les amateurs de vin cette année.
Nous y avons découvert Le VinTek TM Solo, un curieux artefact en résine traitée présenté par Maurice Hsu, un Chinois de Taiwan, frère de l’inventeur…

Accolé pendant quelques minutes à un verre de vin, Le VinTek Solo en sublimerait le goût par accélération du vieillissement…

Pas plus grand ni plus épais qu’une carte de crédit…
Les habitués du bon clos se souviennent peut-être de vinturi , qui comme son nom le suggère accélère l’oxygénation du vin par effet venturi.
La technologie utilisée ici est différente, on peut la découvrir sur le site de leur agent aux Etats-Unis où le produit est déjà commercialisé. On apprend que des cristaux métalliques étudiés pour leurs propriétés de catalyseur du développement des végétaux auraient aussi un effet sur le vin.
Plein de bonne volonté, après plusieurs essais (combien, déjà ?) sur un petit vin des Côtes du Rhône, nous avons finalement cru observer un « confit » qu’on ne trouvait pas sur le verre témoin.
Malgré tout l’honnêteté nous oblige à nous déclarer incompétents pour émettre un avis définitif. Aux experts de se déterminer, que diable !
(c’est proposé au prix de 50 euro; maurice@nuu.edu.tw)
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Voici aussi Toum (marque déposée), ce petit réceptacle qui permet de rejeter sans cracher le vin pour ceux qui ne veulent, ne doivent ou ne peuvent l’ingérer.

Son nom est celui du dieu égyptien du vin et des liqueurs.
45 euro est le prix de ce petit objet en grès (info : bernard.nivelet@wanadoo.fr) auquel a été décernée une médaille de l’AIFF (Association des Inventeurs et Fabricants Français).
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Et voici enfin ces magnifiques gongs placomusogiganticus, destinés à détonner lors de l’ouverture des bouteilles de champagne !

Belle idée, non ?

L’argumentaire commercial insiste sur l’aspect sécuritaire et éducatif : en visant le gong, réduisant ainsi la vitesse du bouchon (40 km/h au départ si la bouteille n’est pas secouée) après le rebond, on risque moins de blesser qui que ce soit…
Une médaille AIIFF a également été décernée à cet instrument sonore à percussion idiophone, invention de Charles Labriet
https://www.youtube.com/watch?v=cgwhxTDGGcA
Cette innovation fait suite à des produits antérieurs : champichute (capsule parachute pour bouchon de champ’)

https://www.youtube.com/watch?v=4srSjIodUp0
et « no bless » (stop bouchon à chainette médaillé au Lépine 2007)

Il y en a qui ont de la suite dans les idées, dirait-on.
Et on nous annonce pour septembre 2011 le premier championnat de tirs de bouchons de champagne sur gong (les 10 et 11 septembre à Charly/marne) !
Du vin pour le Japon
C’est la façon moldave de soutenir le peuple japonais après la tragédie de Fukushima.
28000 bouteilles de vin rouge ont été envoyées par la guilde des producteurs de vin moldave, apprend-on sur timpul.md.

En effet, le resveratrol contenu dans le vin rouge, et dont les propriétés antioxydantes sont bien connues des lecteurs du bon clos , a également un effet contre les radiations. C’est le professeur Joel Greenberger de l’Ecole de Medecine de l’Université de Pittsburg qui le dit !
Etrange et Insolite nous apprend ainsi que les sous-mariniers russes en consommaient régulièrement dans ce but.
Les Français ne sont pas en reste : des viticuteurs bourguignons offrent aussi des bouteilles de grands crus qui seront vendues aux enchères à Paris en mai au profit de la croix rouge japonaise (voir là ). Plus d’infos auprès de l’Association Mosaïque Bourgogne International, 23-25 RD 974, Premeaux-Prissey.
l’ivrogne corrigé…
ou » le Mariage du Diable », de Christoph Willibald Gluck , créé à Vienne en 1760, se joue pour quelques jours en mars à la Péniche Opéra , amarrée quai de Loire à Paris 19eme.

Des sessions de rattrapage sont prévues en Bretagne en juillet, puis aux Pays-Bas cet automne.
Qu’en dire sinon qu’il s’agit d’un petit bijou qui nous replonge dans l’univers des opéras comiques du 18eme siècle joués naguère sur des tréteaux dans les foires, truffés d’airs à boire et de vaudevilles sur des airs d’époque.

Le ténor Artavazd Sargsyan (mathurin) au sol
L’argument est celui de la fable d’Esope (dont la version par La Fontaine est bien connue des amis du clos), à laquelle une histoire de mariage contrarié mais finalement triomphant a été rajoutée. Deux buveurs invétérés vont être mystifiés par la femme de l’un et les deux candidats au mariage. Ca a l’air mince, mais à bien écouter il en est dit long sur la duplicité des personnages.

Estelle Béréau, dans le rôle de Colette
La musique de Gluck (qui connaissait bien le sujet) vaut la peine,

ici avec son épouse : auteur inconnu, musée de Vienne d’après Teri Noël Towe
et les « airs d’époque », perdus, sont utilement et jubilatoirement remplacés par des airs actuels bien connus du public.

Voir la critique de jean-marcel humbert sur forumopera.com ou celle de celine doukhan sur lestroiscoups.com.
Et pour prolonger le plaisir, voici l’air de colette chanté par claudine collart en 1950 !
Non non jamais un tel époux ne peut me rendre malheureuse…

Gluck (1714-1787) par Houdon.
Pour accomplir sa destinée , il quitta à seize ans le domicile familial près de Nuremberg et parcourut le pays en chantant et en jouant de la guimbarde; le talent et les rencontres firent le reste…
Où dîner après le spectacle ? chez monsieur Raymond, voyons !

Au rendez-vous de la marine. Bonne adresse garantie bon clos. C’est « good & plenty » comme on dit en Pennsylvania.
Voir le descriptif sur paris-bistro.com
la dernière bouteille…
c’est celle que pleurait Gaston Couté , « le gâs qu’a mal tourné », dans sa langue de paysan beauceron.

« Il flagellait les tartuferies, magnifiait les misères, pleurait sur les réprouvés et sonnait le tocsin des révoltes« , nous dit-on.
On connaissait « sur le pressoir« , chanté par Gérard Pierron dans le recueil de chansons à boire « chanter les vins de Loire » (éditions chasse-marée).
Le même Gérard Pierron qui enchante l’Européen ces jours-ci avec trois musiciens et ses deux complices chanteurs/diseurs Hélène Maurice et Bernard Meulien avec un spectacle dédié à Gaston Couté, le « discours du traineux » .

Gaston Couté en a écrit bien d’autres qui auraient leur place dans le cabinet de lecture du bon clos : le champ d’naviots, après vendanges, feu de vigne, hymne au vin nouveau, les vignes sont gelées, ma vigne pousse, sapré vin nouvieau…
On trouvera nombre des oeuvres de ce poète mort à trente ans en 1911, sur le très beau site qui lui consacré.
Voici
LA DERNIERE BOUTEILLE
Les gas ! apportez la darniér’ bouteille
Qui nous rest’ du vin que j’faisions dans l’temps,
Varsez à grands flots la liqueur varmeille
Pour fêter ensembl’ mes quat’er vingts ans…
Du vin coumm’ c’ti-là, on n’en voit pus guère,
Les vign’s d’aujord’hui dounn’nt que du varjus,
Approchez, les gas, remplissez mon verre,
J’ai coumm’ dans l’idé’ que j’en r’boirai pus !
Ah ! j’en r’boirai pus ! c’est ben triste à dire
Pour un vieux pésan qu’a tant vu coumm’ moué
Le vin des vendang’s, en un clair sourire
Pisser du perssoué coumme l’ieau du touet ;
On aura bieau dire, on aura bieau faire,
Faura pus d’un jour pour rempli’ nos fûts
De ce sang des vign’s qui’rougit mon verre.
J’ai coumm’ dans l’idé’ que j’en r’boirai pus !
A pesant, cheu nous, tout l’mond’ gueul’ misère,
On va-t-à la ville où l’on crév’ la faim,
On vend poure ren le bien d’son grand-père
Et l’on brûl’ ses vign’s qui n’amén’nt pus d’vin ;
A l’av’nir le vin, le vrai jus d’la treille
Ça s’ra pour c’ti-là qu’aura des écus,
Moué que j’viens d’vider nout’ dargnier’ bouteille
J’ai coumm’ dans l’idé’ que j’en r’boirai pus.
Gérard Lavilliers l’a aussi chantée
https://www.youtube.com/watch?v=585-CWVZDLE
Tiens voici « sur le pressoir » chanté par la Tordue



