Meilleurs voeux

Meilleurs voeux chers amis lecteurs pour 2012.

Cette année le Bon Clos s’est associé au Journal de Tintin pour vous souhaiter la bonne année.

Car notre reporter-détective préféré ne dédaigne pas à cette occasion de boire un coup !

Bonne Année 2012 à tous !

 

 

Revoila Munch…

Il était l’an dernier de passage à la Pinacothèque, le voici au Musée d’Art Moderne du Centre Pompidou. Toujours pas de « lendemain de cuite » (the day after) mais un autoportrait aux bouteilles intéressant (il a peint des dizaines d’autoportraits, plus de 40 après 1900, « comme s’il voulait enregistrer l’effet du passage du temps », écrit son ami Stevensen)

Ces hôtes indésirables (vers 1935) viendraient-ils perturber des libations ?

PS pour les amateurs, la Galerie d’Olga présente plus de 200 toiles de Munch, parmi lesquels ce « mariage de bohémiens » (1925).

Ne quittons pas Beaubourg sans explorer le Musée d’Art Moderne qu’il héberge. Voici un curieux ensemble d’Henri Laurens.




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bacchus Bourrée

Il nous a quitté le 21 mai dernier, Ricet Barrier, de son vrai prénom Maurice-Pierre.

ricet barrier par J.B.Siegfried

Avec son copain Bernard Lelou il a composé un répertoire plutôt drolatique.

Ne le laissons pas partir comme ça, écoutons le dans la Bacchus Bourrée (1978) !

Bacchus, Dieu du vin et de l'inspiration
De la vigueur féconde et de la procréation
Né du Feu, élevé par la pluie
C'est le Dieu des plaisirs de la vie
Il vide les tonneaux et remplit les vessies
Fait rire les chameaux et pleurer le Messie

Quand on fait la fête, qu'on est un peu bourré
Qu'on trouve la vie belle et les filles à croquer
Pour peu qu'un guitareux se mette à la gratter
Ça y est c'est parti, Bacchus est arrivé ...

La bourrée, la bourrée qui balance,
La bourrée des bourrés, c'est Bacchus qui la danse
Et tout en louvoyant de barrique en jupon
Il goutte le bon vin et les jolis tétons

La bourrée fait sauter les fillettes
Bacchus, l'oeil allumé, leur verse une piquette
Et dans la vigne au vin, dans le creux d'un sillon
L'entonnoir à la main, il trousse leur cotillon

Bacchus aime tout excepté ...
Le thé
Il boit toujours en société
Santé !

Débondez les tonneaux, percez les barillets
Allez, tous au goulot et videz les pichets
Quand on voit la vie
Couleur de paradis
On est bon pour danser
La bourrée des bourrés

La bourrée, la bourrée qui balance
La bourrée des bourrés, c'est Bacchus qui la danse
Et tout en louvoyant de barrique en jupon
Il goûte le bon vin et les jolis tétons

La bourrée chasse tous les soucis
La bourrée des bourrés vous fait voir du pays
Dans les fumées du vin
Le pauvre a des écus
Les moines sont coquins
Et contents les cocus !

Bacchus ne connaît qu'un fléau
C'est l'eau !
Un seul pays a sa confiance
La France !

Bacchus est malicieux
En vidant les tonneaux
Il pousse les amoureux à remplir les berceaux
Mariage ou enterrement
Ça finit en buvant
Les jambes en compote
Mais l'printemps dans la culotte !

Voici la version des Frères Jacques

Voici ce que disait Véronique Mortaigne de ce « type incroyable » (dixit B.Lavilliers) dans Le Monde du 3 juin 2011

 

 

 

 

 

 

Au Concours Lépine

Rendez-vous annuel des inventeurs, créateurs et de leurs admirateurs, le Concours Lépine 2011 aurait pu une fois de plus intéresser les amateurs de vin cette année.

Nous y avons découvert Le VinTek TM Solo, un curieux artefact en résine traitée présenté par Maurice Hsu, un Chinois de Taiwan, frère de l’inventeur…

Accolé pendant quelques minutes à un verre de vin, Le VinTek Solo en sublimerait le goût par accélération du vieillissement…

Pas plus grand ni plus épais qu’une carte de crédit…

Les habitués du bon clos se souviennent peut-être de vinturi , qui comme son nom le suggère accélère l’oxygénation du vin par effet venturi.

La technologie utilisée ici est différente, on peut la découvrir sur le site de leur agent aux Etats-Unis où le produit est déjà commercialisé. On apprend que des cristaux métalliques étudiés pour leurs propriétés de catalyseur du développement des végétaux auraient aussi un effet sur le vin.

Plein de bonne volonté, après plusieurs essais (combien, déjà ?) sur un petit vin des Côtes du Rhône, nous avons  finalement cru observer un « confit » qu’on ne trouvait pas sur le verre témoin.

Malgré tout l’honnêteté nous oblige à nous déclarer incompétents pour émettre un avis définitif. Aux experts de se déterminer, que diable !

(c’est proposé au prix de 50 euro; maurice@nuu.edu.tw)

Voici aussi Toum (marque déposée), ce petit réceptacle qui permet de rejeter sans cracher le vin pour ceux qui ne veulent, ne doivent ou ne peuvent l’ingérer.

Son nom est celui du dieu égyptien du vin et des liqueurs.

45 euro est le prix de ce petit objet en grès (info : bernard.nivelet@wanadoo.fr) auquel a été décernée une médaille de l’AIFF (Association des Inventeurs et Fabricants Français).

Et voici enfin ces magnifiques gongs placomusogiganticus, destinés à détonner lors de l’ouverture des bouteilles de champagne !

deuxgongs

Belle idée, non ?

L’argumentaire commercial insiste sur l’aspect sécuritaire et éducatif : en visant le gong, réduisant ainsi la vitesse du bouchon (40 km/h au départ  si la bouteille n’est pas secouée) après le rebond, on risque moins de blesser qui que ce soit…

Une médaille AIIFF a également été décernée à cet instrument sonore à percussion idiophone, invention de Charles Labriet

https://www.youtube.com/watch?v=cgwhxTDGGcA

Cette innovation fait suite à des produits antérieurs : champichute (capsule parachute pour bouchon de champ’)

champichute

https://www.youtube.com/watch?v=4srSjIodUp0

et « no bless  » (stop bouchon à chainette médaillé au Lépine 2007)

no bless

 

Il y en a qui ont de la suite dans les idées, dirait-on.

Et on nous annonce pour septembre 2011 le premier championnat de tirs de bouchons de champagne sur gong (les 10 et 11 septembre à Charly/marne) !

Du vin pour le Japon

C’est la façon moldave de soutenir le peuple japonais après la tragédie de Fukushima.

28000 bouteilles de vin rouge ont été envoyées par la guilde des producteurs de vin moldave, apprend-on sur timpul.md.

vinmoldave

En effet, le resveratrol contenu dans le vin rouge, et  dont les propriétés antioxydantes sont bien connues des lecteurs du bon clos , a également un effet contre les radiations. C’est le professeur Joel Greenberger de l’Ecole de Medecine de l’Université de Pittsburg qui le dit !

Etrange et Insolite nous apprend ainsi que les sous-mariniers russes en consommaient régulièrement dans ce but.

Les Français ne sont pas en reste : des viticuteurs bourguignons offrent aussi des bouteilles de grands crus qui seront vendues aux enchères à Paris en mai au profit de la croix rouge japonaise (voir ). Plus d’infos auprès de l’Association Mosaïque Bourgogne International, 23-25 RD 974, Premeaux-Prissey.

l’ivrogne corrigé…

ou » le Mariage du Diable », de Christoph Willibald Gluck , créé à Vienne en 1760, se joue pour quelques jours en mars à la Péniche Opéra , amarrée quai de Loire à Paris 19eme.

affiche

Des sessions de rattrapage sont prévues en Bretagne en juillet, puis aux Pays-Bas cet automne.

Qu’en dire sinon qu’il s’agit d’un petit bijou qui nous replonge dans l’univers des opéras comiques du 18eme siècle joués naguère sur des tréteaux dans les foires, truffés d’airs à boire et de vaudevilles sur des airs d’époque.

mathurinmathurineetcolette

Le ténor Artavazd Sargsyan (mathurin) au sol 

L’argument est celui de la fable d’Esope (dont la version par La Fontaine est bien connue des amis du clos), à laquelle une histoire de mariage contrarié mais finalement triomphant a été rajoutée. Deux buveurs invétérés vont être mystifiés par la femme de l’un et les deux candidats au mariage. Ca a l’air mince, mais à bien écouter il en est dit long sur la duplicité des personnages.

Estelle Béréau, dans le rôle de Colette

La musique de Gluck (qui connaissait bien le sujet) vaut la peine,

ici avec son épouse : auteur inconnu, musée de Vienne d’après Teri Noël Towe

et les « airs d’époque », perdus, sont utilement et jubilatoirement remplacés par des airs actuels bien connus du public.

mathurine

Voir la critique de jean-marcel humbert sur forumopera.com ou celle de celine doukhan sur lestroiscoups.com.

Et pour prolonger le plaisir, voici l’air de colette chanté par claudine collart en 1950 !

Non non jamais un tel époux ne peut me rendre malheureuse…

gluckparhoudon

Gluck (1714-1787) par Houdon.

Pour accomplir sa destinée , il quitta à seize ans le domicile familial près de Nuremberg et parcourut le pays en chantant et en jouant de la guimbarde; le talent et les rencontres firent le reste…

Où dîner après le spectacle ? chez monsieur Raymond, voyons !

Au rendez-vous de la marine. Bonne adresse garantie bon clos. C’est « good & plenty » comme on dit en Pennsylvania.

Voir le descriptif sur paris-bistro.com

la dernière bouteille…

c’est celle que pleurait Gaston Couté , « le gâs qu’a mal tourné », dans sa langue de paysan beauceron.

gastoncouté

« Il flagellait les tartuferies, magnifiait les misères, pleurait sur les réprouvés et sonnait le tocsin des révoltes« , nous dit-on.

On connaissait « sur le pressoir« , chanté par Gérard Pierron dans le recueil de chansons à boire « chanter les vins de Loire » (éditions chasse-marée).

Le même Gérard Pierron qui enchante l’Européen ces jours-ci avec trois musiciens et ses deux complices chanteurs/diseurs Hélène Maurice et Bernard Meulien avec un spectacle dédié à Gaston Couté, le « discours du traineux » .

Gaston Couté en a écrit bien d’autres qui auraient leur place dans le cabinet de lecture du bon clos : le champ d’naviots, après vendanges, feu de vigne, hymne au vin nouveau, les vignes sont gelées, ma vigne pousse, sapré vin nouvieau

On trouvera nombre des oeuvres de ce poète mort à trente ans en 1911, sur le très beau site qui lui consacré.

Voici

LA DERNIERE BOUTEILLE

Les gas ! apportez la darniér’ bouteille
Qui nous rest’ du vin que j’faisions dans l’temps,
Varsez à grands flots la liqueur varmeille
Pour fêter ensembl’ mes quat’er vingts ans…
Du vin coumm’ c’ti-là, on n’en voit pus guère,
Les vign’s d’aujord’hui dounn’nt que du varjus,
Approchez, les gas, remplissez mon verre,
J’ai coumm’ dans l’idé’ que j’en r’boirai pus !

 

Ah ! j’en r’boirai pus ! c’est ben triste à dire
Pour un vieux pésan qu’a tant vu coumm’ moué
Le vin des vendang’s, en un clair sourire
Pisser du perssoué coumme l’ieau du touet ;
On aura bieau dire, on aura bieau faire,
Faura pus d’un jour pour rempli’ nos fûts
De ce sang des vign’s qui’rougit mon verre.
J’ai coumm’ dans l’idé’ que j’en r’boirai pus !

 

A pesant, cheu nous, tout l’mond’ gueul’ misère,
On va-t-à la ville où l’on crév’ la faim,
On vend poure ren le bien d’son grand-père
Et l’on brûl’ ses vign’s qui n’amén’nt pus d’vin ;
A l’av’nir le vin, le vrai jus d’la treille
Ça s’ra pour c’ti-là qu’aura des écus,
Moué que j’viens d’vider nout’ dargnier’ bouteille
J’ai coumm’ dans l’idé’ que j’en r’boirai pus.

Gérard Lavilliers l’a aussi chantée

https://www.youtube.com/watch?v=585-CWVZDLE

Tiens voici « sur le pressoir » chanté par la Tordue