A l’hôtel de Sully

Il y a rue  Saint Antoine un bâtiment ancien par leqiuel il est possible d’accéder à la place des Vosges. C’est l’Hôtel de Sully, construit dans les années 1625.

hotelsullyIl porte sur ses façades d’insignes bas-reliefs, représentant les Saisons et les Eléments. Voici l’Automne.l'automneal'hoteldesullyD’auteur inconnu, ils datent comme l’hôtel du début du 17ème siècle. Ils rappellent les bas reliefs des Saisons de Jean Goujon de l’hôtel Carnavalet, qui date du 16ème siècle. carnavaletgoujonlautomnecarnavaletou encore les bas-reliefs de l’aile Lescot du Louvre (visible depuis la Cour Carrée), du même Jean Goujon, comme ce Bacchus.

GoujonBacchuslouvrer

Chez les galants de la verte marennes

Il faisait grand beau ce samedi 3 septembre sur le bassin de Marennes et c’est accompagné de l’ami et régional de l’étape Gérard (représentant en cette occasion les côteaux de l’Yvette) gerardauchapitre3

et du franc-mâchon Olivier (maître-compagnon  du devoir parisien du beaujolais dont la belle devise est « vuidons les tonneaux)«  que, nonobstant quelque souci mécanique,

deuchenpannenous rejoignîmes les quarante confréries venues assister au chapitre des galants de la verte Marennes.

Pour nous accueillir, Jean-Pierre Quétard, le grand-maître, et bien sûr Paulette, bien remise des soucis de santé de l’an dernier. Et n’oublions pas Nicole, qui nous sauva du désastre. Et toute la confrérie.

confrerie3« Coiffés d’un large béret plat, drapés d’une cape flottante, leur tenue d’apparât a la couleur verte du manteau de l’huître et le gris du nacre de la coquille »

Nous apportions avec nous à toutes fins utiles un précieux breuvage

lecognacrichardgautieroeuvre de richard gautier vue à saint-georges de didonne

offert généreusement la veille par un viticulteur de Brie sous Archiac, l’ami Jean-Mathieu, qui nous avait reçu dans ses chais…

jeanmathieuaucognac

tonneaudarchiac  tonneau géant à l’entrée d’archiac

Après la visite du fort Louvois rallié à marée basse sur une chaussée glissante (mais aucune chute n’est à signaler),

marcaufortlouvoisaprès les discours et les intronisations d’usage dans la salle des fêtes de Bourcefranc (dont celle de Jacky, ex-maréchal-ferrant auteur  de plusieurs maquettes dont celle du fort Louvois que l’on peut voir dans l’espace public), c’est, on s’en doute, à un festin d’huîtres « en musique » que l’on fut convié,

assietteservi avec du tarani du pays d’oc et du sancerre domaine Jouassier « les chassaignes« bateauMais ça ne s’arrêta pas là, il y eut ensuite homard puis dos de maigre et pour finir en apothéose une omelette norvégienne.

L’ami Olivier servit avec libéralité le cognac reçu la veille -le voici avec des confréres rochelais de la tête de veau –  (l’Académie Universelle de la Tête de Veau de Pessac en Gironde était là également).

Nous croisâmes aussi Joëlle et Gérard des fiefs vendéens,marcetlesfiefsvendeens2

Bernadette et Marinette  Chevalières du Pont l’évêque, les pommes de terre de l’île de Ré,  les culs d’ours et cabinets de vigne en pays de Georges Sand, la Marmite d’Or, les Talmeliers, la Faisanderie, les sucres d’Orge de Moret/Loing, et tant d’autres belles confréries que ne pouvons citer, sans oublier les « mojhettes » de Pont-l’Abbé d’Arnoult qui nous reconduisirent.

Merci à tous, à l’orchestre de Jacky Nantur et aux amis de Marennes et du bassin ostréicole charentais !

Passant par Gaillac

Gaillac fêtait comme chaque année ses vins en ce premier week-end d’août, et ce fut, sur la route de Bruniquel où le festival que nous affectionnons fêtait ses 20 ans, l’occasion de quelques belles rencontres.

sortiedemesseTout d’abord, celui que l’on pourrait appeler le béarnais de la République, célèbre pour avoir entonné l’hymne occitan à l’Assemblée Nationale, marché des milliers de kilomètres dans nos campagnes à la rencontre des citoyens, et désormais improbable candidat à l’élection Présidentielle, j’ai nommé Jean Lassalle, était intronisé par la Confrérie de la Dive Bouteille de Gaillac.

introjlassallejlboitCe fut un grand moment. On eut droit à des discours,

leprésidentet à des chansons, avec la chorale de Cahuzac qui fit chanter l’assistance en occitan (la gaillagolo, Se canto, l’immortela), en basque (Hegoak, Oi gu hemen, Maitia nun zira) et dans notre langue nationale (Il est un coin de France, et Vent d’Autan). Un moment de pur bonheur, donc.

On rencontra aussi les amis Claude et Monique Josse revigorés après un séjour maritime, représentant leur château Labastidié que nous avons revu avec plaisir.

Au repas champêtre qui suivit dans le parc de Foucaud, on put déguster d’excellents vins (locaux, pardi). Jean Lassalle ne nous quitta pas sans animer les agapes, contant l’histoire de l’âne décédé devant l’église. Souhaitant lui bon vent, car « l’an que ven sera caud ».

ange&ciemasdelriou
domainelarroquedomainesarrabelle

domainebarreauAutre rencontre, celle de Tiffany Marie,

tiffanyartiste américaine qui exposait ses créations, alliant métal et béton.

Voici Halluciner, où deux êtres émergent de cs verres de vin qui s’entrechoquent…hallucinertiffany La Vignelavigne    et La grappetiffanylagrappeTiffany, qui connait beaucoup de succès aux USA a trouvé un point de chute près de Toulouse et semble s’acclimater en terre occitane. Welcome !

articletiffanyNe quittons pas la région sans dire deux mots du festival Offenbach de Bruniquel qui fêtait ses vingt ans et dont la soirée anniversaire fut l’occasion de revivre avec Frank T’Hézan, Jean-Christophe Keck et toute la troupe, les grands moments des festivals passés, et d’écouter un Dominique Desmons en grande forme faire parler Saint Vincent et chanter (entre autres) les vins des côteaux du Quercy.

Voici pour finir ce que l’on peut voir à Cébazan sur la façade de la coopérative.

cebazantrompeloeilporte

Vu en Provence

L’été comme chaque année ramène nos pas vers la Provence où il y a toujours des découvertes à faire.

Cette horloge aux armes du domaine Filliatreau trône dans un boui-boui d’Avignon. On se souvient de ces vins délicieux dégustés naguère. Comment diable a-t-elle abouti là ?
horlogeavignon    Ce tableau orne la « demeure de l’oncle Pierre » où nous a convié l’ami Etienne, à Vinezac en Ardèche.vignechezlonclepierrePlus impressionante, cette allégorie de la Durance, flanquée de la déesse Pomone et d’un enfant joufflu jouant avec des grappes de raisin, orne la fontaine du palais Longchamp à Marseille.

lavigneaupieddeladuranceEt voici Noé, le « patriarche digne qui nous planta la vigne, et but premier le jus de son raisin », installé à Aix-en-Provence dans le jardin de Joseph Sec.noéchezpensecCette statue en pierre de Calissane date du 17ème siècle et ornait avec d’autres le collège des Jésuites, qui s’en défirent quand ils en furent chassés en 1763. Menuisier, marchand de bois prospère, puis promoteur immobilier, Joseph Sec les acquit et les installa en 1792 dans un Mausolée à la gloire des Lois.

Hara-Kiri

Lait maternel qui a abreuvé notre jeunesse, caustique élixir qui  a éduqué toute une génération « bête et méchante », Hara-Kiri n’est plus, mais il revit toujours avec cette exposition que l’on peut voir en Arles (jusqu’au 25 septembre).

On se souvient qu’à sa façon, Hara-Kiri a participé à la cause anti-alcoolique que le bon clos soutient, pardi. En voici quelques témoignages.

C’est le regretté Fred qui avait prêté son visage  à une campagne imagée.

lalcoolismedonnetillenezrouTous les arguments sont bons pour une juste cause !

napoleonalcooliqueOn a quand même le droit de boire un coup un soir de réveillon

bonneannéebonnechantéMais attention aux accidents avec le champagne ! Pas avec les pieds !

réveilloncataCet appareil qu’arbore le Professeur Choron permet de garder l’haleine fraîche…

alcooldanslesangmaishaleinefraicheen cas de contrôle (au cas où il n’aurait pas sur lui le document qui suit)…autorisationIl faut bien rentrer chez soi. Boire et conduire avec Bison Bourré !

bisonbourré bisonbourré2 bisonbourré3C’était une belle bande de fêtards ! R.I.P.

charliematinmars81Celle qui suit a été vue dans une autre expo, consacrée à la ligne Maginot. Elle provient du petit ouvrage de Bousse. On ne rigole plus.

lalcooltuelhommeMais ne quittons pas Arles sans nous remémorer le vin croate servi par l’ami Guy.

vincroateUn vin capiteux, alcoolisé (15,5°), mais assez délicieux finalement, du vignoble de Pelješac. Le cépage « petit bleu » (plavac mali) est un cousin du zinfandel. vincroate2Comment font-ils cela ? Il faudrait aller voir sur place.

le débat de la vigne et du laboureur

Ce débat-là eut lieu il y a 500 ans au bas mot. C’est un certain Guillot qui l’a « rapporté » .  Au 19ème siècele, Anatole de Montaiglon l’a mis en recueil parmi d’autres poésies françoises « morales, facétieuses, historiques » des XVème et XVIème siècles. On peut le lire en ligne là.

C’est un débat classique. Le laboureur reproche à la vigne la dureté des travaux et les aléas de la production. La vigne lui reproche son impiété et son inconstance. Et à la fin c’est la vigne qui gagne !

C’est le laboureur qui commence les hostilités :

« Viens ça, vieille torte, boiteuse…
Ton vin ne vaut pas la servoise…
Car il est de si mauvais goust…
Que c’est pur vers-jus de ton moust…
Tous les ans provigner te fault
Nettoyer et mettre echalatz
Tailler et lier et bas et hault
Tant que souventes fois suis las….

Sur quoi la vigne riposte :

Laboureur tu te plains à tort…
Se je porte du vin friant
Tu en bois autant qu’on t’en livre…
Quand tu en as trop beu tu jures…
Se Dieu te punit c’est rayson…
Se chargée suis de bon raisin
Bien meurs, doux et délicieux
Tu en feras plusieurs bons vins
Plaisans, frians et savoureux

Et c’est elle qui aura le dernier mot :

Prendre fault le temps comme il vient
Sans en faire autre mention
Se quelqu’adversité survient
louons Dieu de bonne affection…

Dans le même recueil on trouve cette curieuse recette pour guérir les ivrognes  :

Se pour trop boire le lendemain
Vous tremble teste bras ou main
Avoir vous fault sans contredit
Du poil du chien qui vous mordit

On y trouve aussi le Serment fort joyeux de saint Raisin, qui reprend à sa façon la prescription de Caton :

Hoc bibe quot possis, Si vivere sanus tu vis

(Bois ce que tu peux, si tu veux vivre en bonne santé ; toute l’ambigüité est dans ce « peux » , qui peut vouloir dire ce « ce que tu peux supporter » -sans doute le sens qu’y met Caton, mais « bois tant que tu peux à planté » c’est à dire à satiété, « plenty » dirait-on en anglais, pour l’auteur de ce serment fort joyeux). Et il précise :

On ne fera ja grande chere / Qui n’aura de vin grant rivière…

Premierement beuvez matin / contre colle, contre frimatz

Boire au matin fait clère voix

Et de mettre à contribution Nostre Seigneur (Buvez du vin tous du meilleur/ ainsi que fit Nostre Seigneur), Saint-Martin (à laquelle feste on boict vin) et la doulce Vierge honneste (qu’elle vueille encore prier/ que vin nous veuille envoyer/ a grande largesse d’habondance/ par tout le royzume de France)

Dans un autre volume l’églogue sur le retour de Bacchus, de Calvi de La Fontaine, nous conte une dramatique histoire. Nous la rapporterons quelque jour.

picardy

Qui se souvient de Picardy, cette marque de vin aujourd’hui disparue, qui a prospéré dans les années 50 ? Et de son acolyte Purvin ?

purvinNous avons découvert ces publicités sur le site Grand Train, ancien dépôt SNCF où se tient en ce moment une exposition éphémère de matériel ferroviaire (le site est promis à une importante opération immobilière).

En voici d’autres, trouvées sur le net

picardypurvinUne petite enquête nous apprend que cette marque était la propriété des caves séquanaises, société dirigée par le bordelais André Bleynie jusqu’en 1962.

pubpicardyL’origine du vin n’est pas précisée sur ces publicités. Mais celle-ci est explicite.

importedalgerie2C’était le temps des 4CV…CPAlesvinspicardy

le comte Ory

Cet opéra de Rossini, inspiré d’une ballade picarde du Moyen-Age et  composé en 1828, recèle une petite merveille.

Résumons l’affaire : le comte Ory, séducteur impénitent, entend bien profiter de l’absence de chevaliers partis pour la croisade pour s’introduire, auprès de leurs femmes confinées au château. Un déguisement de pèlerines fera l’affaire. Mais il fait soif. Heureusement, le fidèle et malin Raimbaud a déniché des bouteilles dans le cellier.

Vraiment, qu’il a donc de bon vin le seigneur chevalier !

l’air à boire se trouve au 2ème acte, à 1h46 environ sur cette version filmée au Glyndebourne Festival Opera.

Et entonnons en choeur ( les paroles sont de Scribe et Delestre Poirson):

Buvons, buvons soudain !
Qu’il avait de bon vin
Le seigneur châtelain
Pendant qu’il fait la guerre
Au Turc au Sarrasin
A sa santé si chère
Buvons ce jus divin.
Buvons, buvons jusqu’à demain !
 Quelle douce ambroisie !
Célébrons tour à tour
Le vin et la folie
Le plaisir et l’amour !