Cette commune s’enorgueillit d’avoir été pendant deux siècles un haut-lieu de la culture du raisin de table en région parisienne. Les pieds de chasselas doré étaient cultivés sur espaliers le long de murs qui couraient sur plus de deux cents kilomètres tout le long du village. (en savoir plus ici)
Une fois cueillies, une innovation au milieu du 19eme siècle a permis de conserver les grappes, qui avaient l’extrémité de leur sarment plongée dans une solution d’eau et de charbon de bois en poudre, pendant plusieurs mois, et d’être servies jusqu’au printemps sur les tables des parisiens et jusqu’à la cour de Russie !
Si cette industrie a périclité avec les temps modernes, la mémoire en reste vive et une confrérie, la Confrérie Saint-Vincent de Thomery, la fait vivre, qui fêtait ce samedi 20 janvier la Saint-Vincent, patron de vignerons. Plus de 400 familles en font partie.
Une dizaine de confréries avaient répondu à l’appel, venues beaucoup des environs (St-Fargeau Ponthierry, Brie de Melun, Ville St-Jacques, Flagy…) et du nord de la Bourgogne voisine (Sens, Crèvecoeur, Villeneuve la Guyard, Villeneuve sur Yonne).
Mais aussi de les Echansons de France, venus de Paris, et le Clos de Clamart !
Au programme : défilé en musique des confréries,
les trompettes de l’aubépine de Champagne/Seine
messe, accueil du « bâtonnier » (chaque année un nouveau bâtonnier est désigné pour représenter la Confrérie), puis en route pour un vin chaud devant la maison du nouveau « bâtonnier »!
Beaucoup des participants se sont retrouvés ensuite aux « Tilleuls » pour un déjeuner aux petits oignons. Une bonne adresse !
Merci au Grand-Maître Michel Héluin et à toute la confrérie pour leur accueil, et pour maintenir cette tradition séculaire !
Commençons l’année en musique. Voici un compositeur, prolifique malgré sa vie brève, qui nous a laissé, parmi des centaines de lieder, moultes airs à boire (trinklieder), mettant en musique des oeuvres d’auteurs variés.
C’est en quelque sorte un hymne à l’amitié et à la fraternité
Freunde, sammelt euch im Kreise, Freut euch nach der Väter Weise, Stimmt in lautem Jubel ein. Freundschaft reicht den Wonnebecher Zum Genuss dem frohen Zecher, Perlend blinkt der gold’ne Wein. Schliesst in dieser Feierstunde Hand in Hand zum trauten Bunde, Freunde, stimmet fröhlich ein, Lasst uns alle Brüder sein! Freunde, seht die Gläser blinken, Knaben mögen Wasser trinken, Männer trinken edlen Wein. Wie der gold’ne Saft der Reben Sei auch immer unser Leben, Stark und kräftig, mild und rein. Unsern Freundesbund zu ehren Lasset uns die Gläser leeren! Stark und kräftig, mild und rein Sei das Leben, sei der Wein!
Schlacht, du brichst an! Grüßt sie in freudigem Kreise, Laut nach germanischer Weise. Brüder heran! Noch perlt der Wein; Eh’ die Posaunen erdröhnen, Laßt uns das Leben versöhnen. Brüder schenkt ein! Gott Vater hört, Was an des Grabes Thoren Vaterlands Söhne geschworen. Brüder, ihr schwört! Vaterlands Hort, Woll’n wir’s aus glühenden Ketten Todt oder siegend erretten. Handschlag und Wort! Hört ihr sie nahn! Liebe und Freuden und Leiden, Tod! du kannst uns nicht scheiden! Brüder stoßt an! Schlacht ruft! hinaus! Horch, die Trompeten werben. Vorwärts auf Leben und Sterben! Brüder trinkt aus!
D356 (anonyme) En résumé : que le vin qui pétille est beau !
Stimme: Funkelnd im Becher So helle so hold, Blinket hochschäumend, Blinkt perlend das Gold Der süssen, der köstlichen Reben.
Es glänzet auch uns wohl So freundlich, so hold, Hell wie der Reben Erquickendes Gold Das wogende herrliche Leben.
Chor: Drum, freudiger Zecher, Erhebet die Becher, Es funkelt der Wein Wohl so [freundlich]1, so hold, Es funkelt das wogende Leben wie Gold! Trinket! Trinket!
C’est un lied un peu grave. Buvons, avant que la mort ou des malheurs ne nous arrivent.
Eine Stimme. Brüder! unser Erdenwallen Ist ein ew’ges Steigen, Fallen, Bald hinauf, und bald hinab; In dem drängenden Gewühle Gibt’s der Gruben gar zu viele, Und die letzte ist das Grab.
Chor. Darum, Brüder! schenket ein, Muss es schon gesunken sein, Sinken wir berauscht vom Wein.
Ihr, Freunde und du goldner Wein Versüßet mir das Leben, Ohn’ euch Beglücker wäre fein Ich stets in Angst und Beben. Chor. Ohne Freunde, ohne Wein Möcht ich nicht im Leben sein.
Wie Manchen seh ich nach dem Kuss Des spröden Liebchens streben; Doch folget nicht auch Überdruss Dem Wechselküssegeben? Chor. Ohne Freunde, ohne Wein Mag ich nicht bey Mädchen sein!
Wer Tausende in Kisten schließt, Nach mehreren noch trachtet, Der Freunde Not und sich vergisst, Sei reich, von mir verachtet! Chor. Ohne Freunde, ohne Wein Mag ein andrer reicher sein!
Ohn’ allen Freund, was ist der Held? Was sind des Reichs Magnaten? Was wär’ ein Herr der ganzen Welt? Sind alle schlecht beraten! Chor. Ohne Freunde, ohne Wein Möcht ich selbst kein Kaiser sein!
Und soll es in der Zukunft Port Der Freuden höchste geben: So winke mir schon an der Pfort Ein Freund und Saft der Reben! Chor. Sonst will ohne Freund und Wein Ich selbst nicht im Himmel sein.
Trinklied D267 (Anonyme, 1815)
Que chacun soit gai et sans souci !
Auf! Jeder sei nun froh und sorgenfrei! Ist noch Jemand, der mit Gram Schwer im Herzen zu uns kam: Auf! auf! er sei nun froh und sorgenfrei!
Chanson du 14ème (? ou plutôt 16ème selon le catalogue Deutsch) siècle :La nonne, le prêtre, les serviteurs, l’abbé, le prieur, les travailleurs, pour le roi et pour le pape… tout le monde boit du vin sans eau et sans rien laisser !
Edit Nonna, edit Clerus, Ad edendum nemo serus, Bibit ille, bibit illa, Bibit servus cum ancilla.
Bibit Abbas cum Priore, Bibit coquus cum factore, Et pro Rege et pro Papa, Bibunt vinum sine aqua.
Et pro Papa et pro Rege Bibunt omnes sine lege, Bibunt primum et secundo Donec nihil sit in fundo!
C’est une ode au printemps, au mois de Mai, au vin et à l’amour…. Couronnez les tonneaux, et servez moi du vin !
Bekränzet die Tonnen Und zapfet mir Wein; Der Mai ist begonnen, Wir müssen uns freun! Die Winde verstummen, Sie atmen noch kaum; Die Bienlein umsummen Den blühenden Baum.
Die Nachtigall flötet Im grünen Gebüsch; Das Abendlicht rötet Uns Gläser und Tisch. Bekränzet die Tonnen, Und zapfet mir Wein; Der Mai ist begonnen, Wir müssen uns freun!
Zum Mahle, zum Mahle, Die Flaschen herbei! Zween volle Pokale Gebühren dem Mai! Er träuft auf die Blüten Sein Rot und sein Weiß; Die Vögelein brüten Im Schatten des Mais.
Er schenket dem Haine Verliebten Gesang, Und Gläsern beim Weine Melodischen Klang; Giebt Mädchen und Knaben Ein Minnegefühl Und herrliche Gaben Zum Kuss und zum Spiel.
Ihr Jüngling’, ihr Schönen, Gebt Dank ihm und Preis! Lasst Gläser ertönen Zur Ehre des Mais! Es grüne die Laube, Die Küsse verschließt! Es wachse die Traube, Der Nektar entfließt!
Es blühe der Rasen, Wo Liebende gehn, Wo Tanten und Basen Die Küsse nicht sehn! Ihr lachenden Lüfte, Bleibt heiter und hell! Ihr Blüten voll Düfte, Verweht nicht so schnell!
‘Come, thou monarch of the vine, Plumpy Bacchus, with pink eyne! In thy fats our cares be drown’d, With thy grapes our hairs be crown’d: Cup us, till the world go round, Cup us, till the world go round!’
mais Schubert compose pour le texte en allemand
Bachus, feister Fürst des Weins, Komm mit Augen hellen Scheins, Unsre Sorg ersäuf dein Fass, Und dein Laub uns krönen lass, Füll uns, bis die Welt sich dreht, Füll uns, bis die Welt sich dreht.
Voici une nouvelle année qui s’annonce, et c’est avec cette bouteille de champagne effervescent servie lors du sacre du jeune Louis XV il y a 3 siècles, en octobre 1722, que le Bon Clos la souhaite belle et bonne à ses lecteurs.
Nous l’avons découverte au Musée Carnavalet, point d’orgue d’une exposition sur la Régence.
Le Bon Clos poursuit son bonhomme de chemin, et rituellement se retourne pour contempler le chemin parcouru. Cette année, nous avons
Deux expositions où l’on se presse en ce moment au Petit Palais, sur l’art de la gravure (Trésors en noir et blanc) et le Paris de la modernité.
Dürer, Callot, Rembrandt, et bien d’autres. Impressionnante galerie de gravures, où l’on distingue cette estampe de Francisco de Goya, Los Duendecitos, qui représente trois « petits lutins » buveurs de vin, caricatures de moines goulus.
Elle fait partie de la série des caprichos, 80 gravures moquant la société espagnole de la fin du 18ème siècle, dont est extraite aussi celle-ci (Nadie nos ha visto= personne ne nous a vus) où l’on voit des moines se gobergeant verre en main :
Cette photo en noir blanc du danseur étoile des Ballets russes Nijinski portant une grappe de raisin fera la transition avec le Paris de la modernité.
Ce « banquet de Braque » de Maria Vassilieff aurait pu faire aussi la transition. Il commémore le banquet offert en l’honneur de Braque et Matisse, rentrant du front, blessés, en 1917.
A côté de l’auteure, découpant la dinde, Matisse, Blaise Cendrars qui a perdu un bras, Georges et Marcelle Braque, en face de Picasso(en double exemplaire ?) etc. et Modigliani debout qui vient faire un esclandre à son ex, Beatrice Hastings…
Autre gloire de l’époque, le brésilien Santos Dumont, pionnier de l’aviation, invite à s’envoyer en l’air avec Bénédictine.
S’il fallait monter dans les nues pour boire de la Bénédictine, il y a longtemps que le problème de la locomotion aérienne serait résolu, nous dit-il.
Voici enfin une scène festive de grande taille (près de 3 m sur 4). On y boit, on y joue de la musique et on y danse. C’est la danse du pan-pan au Monico (un ancien cabaret de la place Pigalle) de Gino Severini (vers 1911). Un tourbillon !
C’est au Palais Longchamp, château construit en pierre de Calissane et inauguré en 1869 pour accueillir les eaux de la Durance conduites par le canal de Marseille, qu’est logé depuis lors ce joli musée créé sous le Consulat.
Il abrite bien des trésors, comme cette vue du Cours (aujourd’hui Belsunce) , du peintre Michel Serre, après la grande peste de 1720 qui emporta la moitié de la population.
Mais ne nous dispersons pas. On peut aussi y voir cette statue de Lesbie, une coupe à la main, et de son moineau, de François Truphème (1820-1888).
Lesbie, « muse aux moeurs très volages » aimée du poète Catulle, vivait au 1er siècle avant notre ère à Rome. Elle tient ici une coupe à la main, et tient sur l’épaule un passereau qui ne l’a quittait pas, mais…
Pleurez, Grâces ; pleurez, Amours ; pleurez, vous tous, hommes aimables ! il n’est plus, le passereau de mon amie, le passereau, délices de ma Lesbie ! ce passereau qu’elle aimait plus que ses yeux ! Il était si caressant ! il connaissait sa maîtresse, comme une jeune fille connaît sa mère : aussi jamais il ne s’éloignait d’elle ; mais, voltigeant sans cesse autour de Lesbie, il semblait l’appeler sans cesse par son gazouillement. Et maintenant il erre sur ces ténébreux rivages que l’on passe, dit-on, sans retour.
Un peu plus loin, Bacchus se repose, une grappe à la main (oeuvre de Gilles Garcin (1647-1702))
Sur la grève , des pêcheurs pique-niquent
et l’un boit à la régalade (oeuvre d’Alphonse Moutte 1840-1913).
Terminons avec. ce festin nocturne (détail), d’Adolphe Monticelli (1824-1886), qui inspira Van Gogh.
Elle n’a duré que 8 ans, mais annonce les temps nouveaux.
EN 1715, à la mort de Louis XIV, son arrière-petit -fils Louis XV n’a que 5 ans, et c’est le neveu Philippe d’Orléans qui assure l’interim jusqu’aux 13 ans du roi (sa majorité).
Après le très chrétien Roi Soleil, c’est un libre penseur, un libertin, un artiste (peintre et musicien) qui quitte Versailles pour Paris et prend les commandes de la France.
C’est cette courte histoire que nous fait revivre le musée Carnavalet avec l’exposition « la Régence à Paris ».
Voici le temps desfêtes, bacchanales et débauches, illustré par Bernard Picart.
Suivons Bacchus avalons sa liqueur Ah ! qu’elle a de douceur
Initié à la peinture par Charles Coypel, le Régent dessine les cartons de tapisseries illustrant les amours de Daphnis et Chloé. Voici celle intitulée les Vendanges.
Ces deux détails sont extraits de « Daphnis et Chloé : les Noces ». (à gauche, le banquet de noces, à droite la reconnaissance de Chloé)
Nous retrouvons Alexis Grimou, une vieille connaissance, avec ce « marquis d’Artaguiette en buveur« , qui date de 1720.
Ces deux épicuriens sont attribués à Jacques Autreau, un auteur de théâtre fameux à l’époque.
François Boucher, né en 1703, était tout jeune lorsqu’il a fait cette gravure d’après Watteau d’un « jeune homme portant un plateau et d’un valet tirant des bouteilles d’une corbeille » (1730).
Des bouteilles du sacre peut-être ?
Bouteille portant le sceau du sacre de Louis XV, 1722
(Il serait intéressant de savoir où cette bouteille a été fabriquée, la première verrerie royale « à la façon d’Angleterre » ayant été fondée en 1723 à Bordeaux par l’anglo-irlandais Pierre Mitchell )
Louis XV fut consacré à Reims le 25 octobre 2022, à l’âge de 12 ans.
« Le vin servi ce jour-là est du vin de Champagne, effervescent (pétillant), ou tranquille (sans bulles). Le champagne est le vin préféré de la cour et particulièrement du Régent, comme l’écrit sa mère, la Princesse Palatine : Quand mon fils boit un peu trop, il ne fait pas usage de fortes liqueurs, mais de vin de Champagne.«
Ici finit l’histoire de la régence, et Philippe , nommé »principal ministre », décédera un an plus tard.
Post Scriptum : la bouteille présentée ci-dessus serait l’unique rescapée des 6000 bouteilles bues à l’occasion du sacre. Vendue avec d’autres vieux flacons par une collectionneuse américaine en 2020,elle a été acquise par la famille Tartiner qui en a fait don au Palais de Tau, l’ancienne résidence épicopale à Reims.( Voir l’article de francetvinfo)
Cette pièce de Jacques Offenbach, créée en 1853, est, dit-on, « le prototype de toutes ces œuvres brèves, monologues musicaux, saynètes à deux ou trois personnages, qui permirent à Offenbach d’alimenter le théâtre des Bouffes-Parisiens « . Nous apprenons qu’elle se donnera en version concert à l’Odéon de Marseille début janvier, sous la baguette de J.C.Keck.
Si nous en parlons, c’est qu’elle recèle un air à boire bien sûr, un de plus dans la production du Maître. L’histoire, trop banale pour être contée, se déroule au pays basque. De retour au village, Miguel, ami d’enfance de Manuelita, en tombe amoureux. Mais il a un rival (Vertigo) et l’aimée est déjà fiancée (à Pepito)…
Nous en avons trouvé une version franco-allemande, il est vrai que » Das Mädchen von Elizondo » a connu le succès outre Rhin ; heureusement les airs chantés sont en français. L’air commence à 27 m 43s
MIGUEL. Bruit charmant Doux à mon oreille. VERTIGO, MANUELITA. Pan, pan, pan ! MIGUEL. Bruit charmant Du bouchon sautant ! VERTIGO, MANUELITA. Pan, pan, pan ! MIGUEL. Gardien de la liqueur vermeille, Mon pouce aidant, Ouvre-lui vite la bouteille En t’échappant ! Lorsque du bouchon le fil se rompant Le liège libre, enfin s’échappant S’élance dans l’air et va le frappant, Répétons en chœur son joyeux pan pan !
MANUELITA. Bruit plus doux Du nectar qui coule ! MIGUEL, VERTIGO. Gloux, gloux, gloux !… MANUELITA. Bruit plus doux, Tu sais plaire à tous ! MIGUEL, VERTIGO. Gloux, gloux, gloux ! MANUELITA. De la rouge et vineuse houle Refrain si doux, Tu rendrais l’oiseau qui roucoule De toi jaloux ! Lorsque du nectar les flots en courroux Jettent à l’oreille leur refrain si doux, Les bras enlacés, nous rapprochant tous, Répétons en chœur les joyeux gloux gloux !
Au même Odéon de Marseille on a pu voir et écouter en décembre la Permission de Dix heures, un opéra comique en un acte, composé en 1867. Là, pas d’air à boire, mais une scène de griserie croquignolesque ( le soldat Larose Pompon et le sergent alsacien Lantenrnick sont amoureux)….
Ci-dessous un extrait d’une production du Festival Offenbach d’Etretat 2018 (à 7m 20s)
C’est ce que prêche Bacchus, tentant de consoler un amoureux malheureux, après avoir reconnu qu’il ne guérissait pas les blessures d’amour.
Nous sommes dans l’Orfeo d’Antonio Sartorio, un compositeur vénitien (1630-80), joué récemment à l’Athénée sous la direction du chef Jarousski. C’est une oeuvre brillante, aux nombreux personnages, comportant plus de 50 airs, et qui annonce l’opera seria.
Le propre frère d’Orphée, Aristeo, amoureux sans succès d’Euridyce, songe au suicide quand Bacchus, suivi de satyres et de bacchantes, vient s’interposer :
Se d’amore le ferite Risanar Bacco non sà Il buon frutto de la vite Agl’ amanti forze dà. Sù bevete Sù godete Che bevendo Che godendo Mi direte chi vai più O lo strale di Cupido O di Bacco la virtù.
Il est de nombreuses oeuvres s’inspirant du mythe d’Orphée, celle-ci est à la fois drôle, avec des personnages truculents comme Erinda, Achille et Hercule, et tragique. Les personnages sont en proie aux supplices d’un amour jamais partagé, et quand il l’est, torturé par la jalousie. Elle connut un franc succès au 17ème siècle, avant de tomber dans l’oubli. Son message ? Défions nous de Cupidon et de ses flèches, préférons la vertu de Bacchus !
On trouve en ligne cette version jouée par le COLLEGIUM MUSICUM RIGA, en 2021
Malheureusement, la scène avec Bacchus (à 1h37m) est tronquée… On se reportera au livret
Voici une chanson que l’on pouvait entendre en Allemagne dans les années 30. On la doit à Willy Rosen, un pianiste fantaisiste prolifique (il composa plus de 600 chansons) qui se produisait dans les cabarets de Berlin.
Elle-ci nous parle d’un père de famille (les enfants, soyez sympa !) qui n’a pas de quoi payer le loyer (mais le proprio peut attendre…), Garçon ! une bière ! et à la pause, une saucisse, et on a soif à nouveau…
Kinder, kommt, und seid jemütlich. Jetzt ist es jrade so nett Kinder, kommt, und seid doch friedlich. Zanken könnt ihr euch im Bett! Ick hab noch das Jeld für die Miete bei mir, der Hauswirt kann warten. Herr Ober, ein Bier! Erst trinken wir noch eins, erst trinken wir noch eins und dann jehn wir noch nich nach Hause Erst trinken wir noch eins, erst trinken wir noch eins und dann machen wir eine Pause Und in der Pause, da essen wir ‘ne Wurscht, denn nach so ‘ner Wurscht kriegt man immer Wieder Durscht, hmm! Dann trinken wir noch eins, dann trinken wir noch eins, und dann jehn wir noch nich nach Hause Bier her, Bier her, oder ick fall um! Kinder, ach, wie schön wars früher, da hat man doch noch jelebt Heut kommt der Jerichtsvollzieher der blaue Vöjelchen klebt Doch schleppt er auch weg unser Prachtgrammophon – das Lied, worauf’s ankommt, das Kenn’n wir ja schon: Erst trinken wir noch eins … Trink’ma noch’n Tröppchen, trink’ma noch’n Tröppchen aus det kleene Henkeltöppchen Trink’ma noch’n Tröppchen, trink’ma noch’n Tröppchen aus det kleene Henkeltöppchen Prost Rest! Prost Rest! Prost Rest!
La chansons a été popularisée par les Comedian Harmonists, un groupe vocal qui connut un succès international à l’époque.
Les chansons de Willy Rosen sont pleines d’humour, on peut en écouter une quarantaine sur Youtube. Certaines sont attendrissantes comme ce »Venezuela » (« Venezuela Tango! Der Text ist von Schwenn, Schäffers und mir. Der Musik, ist also von mir » April 1932) où tout le monde est heureux… (texte et beaucoup d’information dans les commentaires).
Mais c’était le bon temps, le bon temps c’est fini…
Willy Rosen, réfugié en Hollande, fut rattrapé par la solution finale et mourut à Auschwitz en septembre 1944. On pourra lire son histoire sur le site https://textundmusikvonmir.co.uk.
et qui a le privilège d’abriter un musée qui regorge de trésors bachiques : tonnelets sculptés, chefs d’œuvres de compagnons, gourdes à vin,
anciens outils..
collectionnés avec amour par Raymond Constant,
et mis en valeur par son fils Alain
A noter cette note édifiante de l’Empereur, qui, à peine remis de la bataille de Wagram, trouve le temps de gérer le personnel resté en métropole.
On a pu déguster outre les vins nouveaux de l’année, et des vins des années précédentes.. Nous avons flashé sur le Bandol rouge 2018, une explosion d’arômes de fruits rouges, un délice. Tout cela en musique,
et agrémenté de sympathiques provisions de bouche. Merci !
On ne pouvait en rester là, c’est chez Guilhem Tournier (hier domaine Roche Redonne) que nous avons clos notre tour. On ne peut le rater quand on circule sur l’autoroute.
A noter Ruby, (assemblage Syrah, Carignan, Mourvedre) : un vin naturel, inhabituel, et bien plaisant.