De Borgomaro à la frontière slovène on traverse bien des régions viticoles aux noms inspirants : Alba, Asti au Piémont ; Lambrusco en Lombardie ; Bardolino, Valpoliccella, Prosecco, Soave en Vénétie… Mais tel Ulysse insensible aux chants des sirènes, on ne déviera pas de l’itinéraire. Nous sommes attendus.
Pour qui ne la connaît pas, la Slovénie est un pays d’à peine 20 000 km2 aux multiples terroirs viticoles. Nous en connaissions quelques uns, mais pas ceux de l’ouest, voisins de l’Italie. Le voyage-découverte organisé en juillet dernier par la FICB nous a donné l’occasion de les découvrir.

La Primorska (région du Littoral), comprend 4 terroirs où les influences méditerranéenne et alpine (avec Burja/Bora, le vent du nord) jouent diversement. On y produit principalement des blancs, tranquilles et effervescents, à partir de cépages autochtones (on entendra souvent parler de teran, de rebula, de malvazija, de refošket de pinela) et internationaux.
La viticulture y existe depuis l’époque romaine, comme l’attestent ces trouvailles archéologiques.

La culture de la vigne a perduré jusqu’aux temps modernes,
(ci-dessous un pressoir à deux vis, et des photos de moyens de transport d’époque)




Depuis les années 90 la passion des hommes et la technologie lui valent, on le verra, un nouvel essor.

Nova Gorica est la principale ville de la région, elle s’est développée à côté, après son attribution à l’Italie après chacune des guerres mondiales, de l’ancienne ville de Gorizia, tragiquement fameuse pour la meurtrière bataille de 1916 (près de 100 000 morts) immortalisée par cette chanson. La région fut aussi le théâtre en 394 d’une autre bataille entre l’empereur très chrétien d’Orient Théodose, qui l’emporta aidé par le terrible vent du Nord Borja, et le co-empereur d’Occident, favorable aux païens, Eugène…
Du nord au sud, Goriška Brda (Collio en Italie) s’étend de part et d’autre de la frontière, le cépage emblématique est la rebula (ribolla), aux arômes d’agrumes et fruités, parmi de nombreux autres.

Dans la Vallée de la Vipava on trouve les variétés autochtones zelen, pinela et autres cépages blancs, Klarnica, Pikolit, Pergolin, Planinka.. mais aussi merlot, sauvignon, chardonnay…

Dans le Kras (Karst) prédomine le cépage rouge Teran (ou Terrano, de » terra rossa »)

En Istrie slovène, Refosco et Malvazja Istarka sont renommés.

(Voir des articles très documentés sur ces terroirs sur le site terroirdumondeeducation.com)
Marjan Simčič est un des vignerons emblématiques de Goriška Brda.

Voici deux tableaux vus chez lui.


Impossible de ne pas citer aussi en Brda Aleš Kristančič et son domaine Movia, ci-dessous avec notre guide Marin Berovič


Un exemple d’accord mets-vins au restaurant gastronomique Pikol, à Nova Gorica

Dégustation matinale d’un zelena effervescent au chateau Zemono


Les dégustations se succèdent, nous voici maintenant à Vipava, dans un local de l’Université de Nova Gorica, avec les vignerons de la vallée de Vipava. Il y a fort à faire.



L’ambiance aidant, des slovènes se sont mis à chanter.

Sur le plateau du Karst se dresse le petit village fortifié de Štanjel, un bel endroit pour déguster l’étonnant Teran rouge effervescent.
La côte adriatique n’est qu’à une petite heure de route. C’est à Koper qu’on y boira les meilleurs vins.
La maison Vinakoper dont on peut admirer le portail ci-dessous, s’enorgueillit du plus grand foudre d’Europe (41 427 litres).


Elle produit ses vins sur 570 hectares répartis dans toute l’Istrie. A côté,la maison Rodica sur ses 15 hectares fait piètre figure en quantité, mais quels vins !


Trois jours pour cette pléthore de cépages et de vins, c’est peu , et c’est beaucoup ! Manifestement, la production se positionne à la fois sur des vins « classiques » à partir de cépages internationaux, et sur des vins à base de cépages autochtones, les plus intéressants pour l’amateur curieux. Quoiqu’il en soit, on en conclura, comme dit la chanson, qu’en Primorska, il y a du bon vin !
Salut à nos amis slovènes qui nous ont guidé et accompagné,


et à tous les amis rencontrés, venus d’Autriche, Hongrie et de Suisse.

Une mention spéciale pour Susanne Duacsek à qui l’on doit plusieurs photos.
V Čast Vini in Domovini ! (En l’honneur du vin et de la patrie)
In Honorem Dei et In Honorem Vini !
Tchin

Quelques bouteilles bues…








Ce voyage s’est déroulé dans le cadre d’un séjour-découverte, formule proposée par la FICB (Fédération Internationale des Confréries Bachiques). Il est proposé en priorité aux membres des confréries adhérentes mais ouvert à tous. On en trouvera le programme ici et un bref compte-rendu là.
L’oenotourisme à vélo se développe. Celui-ci exposé au restaurant Kogo de Vinakoper donnerait-il des idées ?
