Ce tableau, qui conjugue quotidien et abstraction,
découvert dans un restaurant de Saint-Flour
nous donne l’occasion de donner un grand coup de chapeau à cet établissement, où l’on peut se délecter d’une simple « galette de pied de cochon » comme d’une « rouelle de tripoux aux lentilles blondes de la Planeze façon Jean-Michel Cornut« , arrosés de vins du cru.
Voila une valeur sûre, à mettre sur les feuilles de route des amis du Clos.
(Chez Genevieve, au petit bouchon, 25 rue des lacs, St-Flour ville haute)
La renommée du clos de Clamart s’étend bien au-delà des frontières de l’Ile de France et de l’Hexagone, comme en témoigne cette photo prise vendredi 15 mai à la grange Franquet, à l’occasion de la remise des bouteilles du cru 2008 aux vignerons.
Les amis du clos et autres habitués de ce blog auront reconnu l’ami Ajit de Washington DC, qui n’a pas dédaigné cette étape lors d’un passage éclair sur le vieux continent.
Qui sait ce qu’il adviendra dans ce pays de la démesure, où tout est possible (yes they can), des dizaines de clichés pris sur place par ce photographe ?
Amis vignerons, préparons nous à accueillir les cohortes de visiteurs d’outre-Atlantique !
Petite messe solennelle, voici une superbe chanson, de Juliette , merci à France Inter de l’avoir programmée.
Elle parle de vin, d’amour, et sa voix est belle.
Merci Juliette
La voici sur youtube
Certains prétendent que la musique est inspirée du kyrie de la petite messe solennelle de Rossini. Pourquoi pas ?
Enfin nous sommes là, entre nous, tous les deux
Seul à seul, tête à tête et les yeux dans les yeux
J’avais tant à te dire mais par où commencer ?
Deux verres, une bouteille, je crois que j’ai trouvé !
Le vin délie la langue, il entrouvre le cœur
Il donnera ce soir le ton et la couleur
Rouge ardent de la braise et cristal du désir
A notre nuit d’amour, buvons pour le plaisir !
Qu’il soit de Blaye ou d’Echevronne,
De Vacqueyras ou de Tursan
(De Vacqueyras ou de Tursan)
Le vin réjouit le cœur de l’homme
Et de la femme, évidemment !
(Qu’il soit de Blaye ou d’Echevronne)
(Le vin réjouit le cœur de l’homme !)
Né d’une âpre Syrah, d’un peu de Carignan
D’une terre solaire, des mains d’un paysan
C’est avec ce vin-là qu’on dit qu’Ulysse a mis
Le cyclope à genoux et Circé dans son lit
Le vin délie les sens, il entrouvre les draps
Et pourtant, sous sa coupe je ne mentirai pas
Je bois, moi, pour le goût mais aussi pour l’ivresse
Pour cette nuit d’amour, soyons donc sans sagesse !
Les joues vermeilles, les yeux qui brillent
Chavirés par de doux émois
(Chavirés par de doux émois)
Le vin réjouit le cœur des filles
Et des garçons, ça va de soi
(Les joues vermeilles)
(les yeux qui brillent)
(Le vin réjouit le cœur des filles)
Noé sur son rafiot en prit quelques futailles
Aux noces de Cana, au milieu des ripailles
C’est ce vin que Jésus fit d’une eau ordinaire
Et notons qu’il n’a pas eu l’idée du contraire
Le vin délie les âmes, il entrouvre le ciel
De sa petite messe gourmande et solennelle
Prions saint Emilion, saint Estèphe et les autres
Pour une nuit d’amour, voilà de bons apôtres !
De Kyrie en Te Deum
Vin du Cantique et sang divin
(Vin du Cantique et sang divin)
Le vin réjouit le cœur de l’homme
Du Père, du Fils, de l’Esprit Saint !
(De Kyrie en Te Deum)
(Le vin réjouit le cœur de l’homme)
Le vin comme l’amour, l’amour comme le vin
Qu’ils soient impérissables, qu’ils soient sans lendemain
Qu’ils soient bourrus, tranquilles, acerbes ou élégants
Je suis sûre qu’il ne faut pas mettre d’eau dedans !
Oh, ne partageons pas ces amours qui s’entêtent
Pas plus que ces vins-là qu’on boit pour l’étiquette
Tu es ce que tu es, je suis comme je suis
A notre vie d’amour, buvons jusqu’à la lie !
Mais taisons-nous et voyons comme
Finit cette nuit attendue
(Mais taisons-nous et voyons comme)
(Le vin réjouit le cœur de l’homme !)
Le vin réjouit le cœur de l’homme
Et puis le mien… bien entendu !
De tous les vins d’Ile de France, le « Clos de Clamart » présente cette particularité d’être fait avec les raisins de divers cépages (baco, chasselas etc.) en provenance des vignes de tous les vignerons de la commune. (Le clos Franquet, en revanche, n’est fait qu’avec les seuls raisins de cépage Sémillon provenant essentiellement de la vigne municipale).
C’est dire la difficulté de la tâche, étant donné la variété des cépages qui n’arrivent pas à maturité en même temps. Il faut donc transiger, et l’on a pris le parti depuis quelques années de vendanger en deux temps, à 15 jours d’intervalle, pour permettre aux vignerons d’apporter leur raisin au meilleur moment. Il y a donc deux cuvées, ordinairement assez proches sur le plan gustatif.
Le « Clos de Clamart » 2008 restera dans les mémoires comme l’objet d’une dispute comme on en vit peu dans l’histoire de notre confrérie.
Pensez donc : ce mercredi 6 mai, les « usual suspects » s’étaient réunis comme de coutume pour mettre le vin en bouteilles.
L’ambiance était grave.
Les deux cuvées du Clos de Clamart,
vinifiées séparément à la suite des vendanges de septembre, avaient divergé, en raison notamment de l’hétérogénéité des raisins récoltés à des dates différentes.
L’une était de couleur rose pâle, presque blanche, et l’autre rose foncé, presque rouge.
Allions nous faire un rosé bon teint en assemblant ces deux cuvées ? Sûrement pas, nous interdirent les hommes de l’art (le maitre de chai Jean-Luc et l’oenologue M.Hervo), nous risquions de tout gâcher.
Deux camps se formèrent alors.
D’un côté les partisans du rouge, insensibles au charme du blanc dont ils disaient volontiers qu’il « n’était pas du vin ».
De l’autre les partisans du blanc qui rejetaient le rouge, l’accusant d’être « pis que… ».
Et Jean Mussote qui n’était plus là pour apaiser les esprits….
On aurait pu en venir aux mains quand un esprit subtil lança :
« des goûts et des couleurs il ne faut point débattre » (ou quelque chose d’approchant),
sagesse millénaire (ne disait-on pas déjà à Rome « De gustibus et coloribus, non disputandum »?) à laquelle il aurait été bien fou de s’opposer, ce qui permit à chacun de rester dignement sur ses positions.
On se mit donc au travail.
L’ami Bernard (en arrière plan sur la photo), sorti vainqueur d’un combat douteux,
s’attela à la tirette prêtée par nos amis de Suresnes.
L’ami Jean, pris de vitesse, alla biner au Clos.
On vit l’ami François, épuisé par le bouchage,
profiter d’une pause technique du susdit pour prendre place sur ce poste tant convoité,
mais attention à bien remplir les bouteilles !
Le travail à la chaine était revisité.
Ca n’avait rien de militaire, même si…
Le grand-maître Michel, en grand tablier,
et bleu de chauffe,
était partout.
Après un nettoyage en règle,
on se sustenta comme il se doit, et l’on se désaltéra bien sûr sans plus disputer.
Et l’on chanta, sur l’air d’Adélita de Julien Clerc,
A la santé de Rosalina, cantinière du Clos de Clamart…
Deux mille ans après le miracle de la transformation de l’eau en vin (on trouvera là à ce sujet un joli poème découvert dans l’Almanach de la table et du Vin de 1885), voici qu’un magicien suisse (Markus Raetz) a réalisé celui de la transformation de la bouteille en verre (et réciproquement).
C’est au Grand Palais à Paris que ça se passe (parmi bien d’autres étonnantes attractions) jusqu’au 6 juillet, à l’exposition « Attention une image peut en cacher une autre ».
En face du Grand Palais, entre la Seine et les Champs-Elysées, le Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, abrite bien des merveilles dans ses collections, ouvertes sans frais au public. En voici quelques unes que nous y avons dénichées, au cours d’une visite rapide..
cette « fiancée » en « conversation galante »? de Gérard Ter Borch, vers 1652, qui influença dit-on Vermeer de Delft
boira-t-elle le verre qui lui est tendu ?
Et celle-ci, au chant interrompu, peinte par Frans Van Mieris vers 1671, se laissera-t-elle tenter ?
Voici aussi le repas d’artistes, de Gonzales Coques (vers 1660) peintre anversois dit aussi »le petit Van Dyck »
De la même époque daterait ce Bacchus en bronze doré (d’après Michel Augnier, ou Anguierre ?)
A la tienne mon gars !
On trouve aussi ces surprenantes colonnes torses « salomoniques »où la vigne a su trouver sa place
Bien plus ancien est ce satyre en verre-camée tendant une grappe à Bacchus enfant (Italie, 1er siècle)
Mais tout près de nous sont cette femme au singe « hiératique et mystérieuse » de Camille Alaphilippe (1908), toute de bronze doré et de grès émaillé
qui porte une robe bien troublante
et ces musiciennes que Maurice Denis fait jouer sous la tonnelle (1910)
qui nous émeuvent aussi..
Mais il nous faudra revenir pour admirer cette « bacchante couchée » en marbre blanc, dûe à Jean-Baptiste Clesinger (dit Auguste), en 1848, qui nous a échappé…
Voici ce que nous en dit avec gourmandise Théophile Gautier :
« c’est le pur délire orgiaque, la Ménade échevelée qui se roule aux pieds de Bacchus, le père de liberté et de joie […] Un puissant spasme de bonheur soulève par sa contraction l’opulente poitrine de la jeune femme, et en fait jaillir les seins étincelants… »
De quoi chagriner les fâcheux, comme ce jury anglais qui déplora une imagination « pervertie, mise au service d’une sensualité de bas étage »
PS Ce vase d’Edouard Lindeneher de l’atelier d’Auteuil daterait de 1879
Pour en voir plus de cet artiste aller par exemple là
occasion aussi d’honorer amis et bienfaiteurs de notre cité en les accueillant dans notre confrérie,
comme l’adjudant Arnaud Parent, qui avec ses sapeurs-pompiers effectue plus de 4000 sorties par an au service de la population,
ou comme l’ami Gordon, membre de la société horticole de Clamart et « garden angel » du jardin-école,
et de récompenser les « usual suspects »
élevés en masse à la dignité de Grand Chevalier !
Le groupe Di Sol e di La a animé ce chapitre avec son entrain habituel, et nous a permis d’enrichir notre collection de chansons bachiques d’un petit bijou du folklore romain, chanté dans les années soixante par Luisa e Gabriella : la Societa dei magnaccioni .
En voici le texte trouvé sur un site de « tifosi romani »
Fatece largo che passamo noi
li giovanotti de’ ‘sta Roma bella
semo regazzi fatti cor pennello
e le regazze famo ‘nnamorà…
e le regazze famo ‘nnamorà.
Ma che ce frega, ma che ce ‘mporta
si l’oste ar vino cià messo l’acqua:
e noi je dimo, e noi je famo:
<<ciài messo l’acqua
e nun te pagamo>>
ma però noi semo quelli
che j’arisponneno ‘n coro:
<<Evviva er vino de li Castelli
e de’ sta zozza società>>.
Ce piaceno li polli
l’abbacchi e le galline
perché so’ senza (nun ciànno) spine nun so’ come ‘r baccalà.
La società de li magnaccioni,
la società de la gioventù,
a noi ce piace
da magnà e beve
e nun ce piace da lavorà.
E si pe’ caso la sòcera more
se famo du’ spaghetti amatriciani,
appresso ‘n par de doppi frascatani (Versione II: n’ par del litri a mille gradi)
s’imbriacamo e ‘n ce pensamo più
s’imbriacamo e ‘n ce pensamo più
Che ciarifrega, che ciarimporta
si l’oste ar vino cià messo l’acqua:
e noi je dimo, e noi je famo:
<<ciài messo l’acqua
e nun te pagamo>>
ma però noi semo quelli
che j’arisponneno ‘n coro:
<<Evviva er vino de li Castelli
e de’ sta zozza società>>.
Le nostre donne poi nun beveno mai vino
ma stanno ar tavolino,
te fanno svergognà;
se scoleno li litri, li fiaschi e li boccioni
e da ‘sti paciocconi
se li fanno pagà.
La società de li magnaccioni,
la società de la gioventù,
a noi ce piace
da magnà e beve
e nun ce piace da lavorà.
E si pe’ caso viè ‘r padron de casa
de botto lui te chiede la piggione,
ma noi j’arisponnemo:<<A’ Sor fregnone,
t’àmo pagato e ‘nte pagamo più
t’àmo pagato e ‘nte pagamo più>>
Che ciarifrega, che ciarimporta
si l’oste ar vino cià messo l’acqua:
e noi je dimo, e noi je famo:
<<ciài messo l’acqua
e nun te pagamo>>
ma però noi semo quelli
che j’arisponneno ‘n coro:
<<Evviva er vino de li Castelli
e de’ sta zozza società>>.
Ce piaceno li polli
l’abbacchi e le galline
perché so’ senza (nun ciànno) spine nun so’ come ‘r baccalà.
La società de li magnaccioni,
la società de la gioventù,
a noi ce piace da magnà e beve
e nun ce piace da lavorà.
<<Portece n’antro litro,
che noi se lo bevemo>
e poi j’arisponnemo
<<Embé, embé, che c’è?>>
E quanno er vino, embé,
ciàriva ar gozzo embé,
ar gargarozzo embé,
ce fa ‘n ficozzo embé,
pe’ falla corta
pe’ falla breve:
noi dimo all’oste: <<portece da beve
On peut trouver là une traduction partielle de cette « société des baffreurs »
Une cave à vins en pleine campagne essonnaise, c’est possible. C’est là, à Villeneuve sous Auvers, que John et Sylvie Clemence ont décidé il y a seize ans de planter leur bâton de pelerin, afin d’évangéliser la région.
On ne peut pas la rater, à l’entrée du Parc Régional du Gatinais Francais, si l’on vient d’Etrechy : une belle enseigne annonce la couleur.
Pas de doute, c’est bien une cave à vins.
Et voici John, le tenancier, apôtre du « vin au naturel ».
Heureux habitants de l’Essonne qui pouvez trouver là conseils, conférences, cours de dégustation… et 300 vins de viticuteurs triés sur le volet.