au musée de Cluny

Le musée de Cluny à Paris est celui du Moyen-Age. On peut y voir la fameuse tapisserie de la dame à la licorne. Mais il recèle aussi un trésor extraordinaire pour nous, la Tapisserie des Vendanges.

Réalisée aux Pays-Bas du Sud vers 1500, elle fut léguée au musée de Versailles par Mme Edmond Dollfus en 1930. Elle mesure près de 5m sur 2,5m.

Voici la description détaillée de Joconde (portail des collections des musées de France)

scène profane ; dans les rangées d’une vigne paisselée, hommes et femmes vendangent, ceux-ci munis de serpettes, celles-là de paniers où s’amoncellent les grappes. Au premier plan, une châtelaine habillée de riches brocarts va déposer dans une écuelle la grappe que lui a présentée un vendangeur. Dans l’arrière-plan, sur un fond de paysage sommairement esquissé, des chevaux emportent des paniers également chargés des fruits de la récolte. Cette évocation de la vendange se poursuit, à droite, par une scène extrêmement lacunaire. Sur un muret de brique élevé devant un dressoir chargé d’ustensiles, la châtelaine semble tenir la même écuelle qu’elle portait dans la scène précédente. A sa gauche, devait être assis le seigneur, dont on aperçoit la toque à grand panache. Au premier-plan, apparaît un élégant garçonnet, à la longue chevelure bouclée, coiffé lui-aussi d’une toque. L’étape intermédiaire, le pressage du vin, est figurée à gauche. Un couple de seigneurs assiste à la scène, où s’activent hommes et femmes. Au premier plan, on se livre, dans une large cuve, à un foulage très sommaire du raisin, le jus s’écoulant dans une barrique où vient puiser une jeune femme, vêtue avec élégance d’une robe moirée. A l’arrière-plan, plusieurs paysans actionnent une presse mécanique ; à droite, un couple se charge de remplir un tonneau

Voici quelques agrandissements

On peut y voir aussi ce linteau décoré de grappes

A Cologne

Nous voici au delà du « weinland », le vignoble de Rhénanie s’arrêtant au sud de Bonn, et la boisson locale est la kölsch,

une bière légère à déguster dans les nombreuses brasseries, à la décoration attrayante, qui n’oublie pas le vin, comme ici.

En fait, il y a bien des choses à découvrir pour les amis du clos et les amoureux du vin.

Et tout d’abord, voici un sympathique caviste qui nous présente ses voeux :

Glück, Gesundheit und alles Gute !

Ici, on boit du vin de la vallée du Rhin moyen (Mittelrhein, planté principalement en riesling)qui s’étend de Bingen au sud jusqu’à Bonn au nord…

Voici une bonne adresse pour déguster vin et bière, (accompagnés par exemple d’un schweine haxe ?) : Weinhaus Vogel, 74 Eigelstein

La vigne est une vieille histoire  en Rhénanie, qui fut romaine dès le 1er siècle, comme en témoigne cette superbe mosaïque dédiée à Dionysos, trouvée en 1941 lors de la construction d ‘un abri anti-aérien, et que l’on peut voir au Musée Romain-Germanique construit sur place.

quelques détails

Dans le même musée on pourra admirer ces statues de Bacchus

et ce bas-relief

Voici un superbe vase en céramique avec scène de vendange

A voir aussi l’étonnante collection d’objets en verre

ce verre-là date du 4ème siècle. C’est un type de verre bien particulier (pour en savoir plus)

cette inscription en grec, ΠΙΕ ΖΗΣΑΙΣ ΚΑΛΩΣ ΑΕΙ, nous l’avons déjà vue quelque part (sur un verre trouvé dans une pyramide au Soudan)

… elle dit simplement : « bois et sois toujours heureux »

A quelques centaines de mètres,  au Papa Joe Klimperkasten, un sympathique jazz bar, on peut voir sous une dalle de verre une étonnante mosaïque difficile à photographier.

Sont-ce les dieux de l’Olympe s’enivrant de nectar ?

celui-là boit, les autres ont lâché les coupes…

Filons maintenant au musée des arts décoratifs, où il y a aussi beaucoup à voir.

Des récipients en verre ou en cristal

des vases de Legras (vers 1900), le quatrième maitre-verrier à la fondation de l’Art Nouveau, avec Daum, Gallé et Lalique. Cet homme s’est beaucoup intéressé aux bouteilles, voir à ce sujet l‘article du collectionneur Gérard Wagner.)

Celui-ci qui représente une vendangeuse en pleine action dans le plus simple appareil, est décoré par Maurice Denis

Voici une assiette de métal

une théière bachique

Un hanap

Et voila encore des vendangeurs !

et un bahut pour ranger tout cela ?

Ne quittons pas Cologne sans passer par le musée Wallraf où l’on peut voir quelques pièces intéressantes, comme ce

goldener herbst (weinlaube auf Neukastel, lit-on ailleurs), de Max Slevogt  représentant sa famille sous  la treille dans sa maison de Leinsweiler près de Landau, en 1917.

Comme on envie cette paisible pause devant les meules de foin au jardin des étincelles, à Criqueboeuf de Vuillard (1902).

Et voici un curieux sermon de midi fait à des marins manifestement pris de boisson (par le peintre canadien Henry Ritter 1816-1853)

Voeux 2013

La rédaction du bon clos a le plaisir de vous adresser ses meilleurs voeux pour 2013.

Cette année, c’est Ramon qui est notre porte-parole, ce petit bonhomme de faïence chargé de bouteilles (et bouteille lui-même), que nous avons découvert à la braderie de Lille. et baptisé ainsi en hommage à la chanson éponyme….

Il s’appelait Ramon, y Gonzalez, y Cordoba…

Cette année, nous avons aussi perdu des êtres chers et proches, mais découvert de nouveaux amis comme ces Echansons qui chantent sous la colline de Passy. Nous avons appris plein de choses sur le vin au Moyen-Age à la Tour Jean sans Peur, découvert un restaurant merveilleux où l’on peut boire du clos marion presque à prix coûtant, rencontré des artistes étonnants, et travaillé avec notre ami Edouard, oenologue du Clos de Clamart, pour faire « un vin comme nous l’aimons »….

Bohêmes

Voici quelques images rapportées de l’exposition Bohèmes en cours au grand Palais (jusqu’au 14 janvier)

Plein Air, de Ramon Casas (peintre et affichiste catalan)

un des petits gitanos, d’Edouard Manet

Verlaine (*) et Rimbaud, au coin de (la) table, de Fantin Latour (détail)

* qui écrivit

Heureux qui, profitant des plaisirs de la terre,

Baisant un petit cul, buvant dans un grand verre

Remplit l’un, vide l’autre et passe avec gaieté

Du cul de la bouteille au cul de la beauté

Les deux là qui suivent de l’absinthe, mais la maison propose du bourgogne !

(les déclassés, de Jean-François Raffaelli, 1881)

et que boit Madeleine de Boisguillaume au moulin de la Galette ? (Ramon Casas, 1892)

Ci-dessous une « scène de la vie bohémienne » de James Abbott McNeal Whistler (1855). Là, c’est du rouge assurément.

Ce quartier latin est du poète Germain Nouveau, dans une lettre à Verlaine

chantons les buveurs de bocks

chantons un air de Lecoq !

peut-on lire ; le fumeur à gauche serait Rimbaud…

 

Offenbach toujours

En ce mois de décembre les fans d’Offenbach et amateurs d’airs à boire avaient deux opportunités d’étendre leur répertoire, avec le retour des brigands à l’Athénée montant Croquefer (une merveille loufoque, livret d’Adolphe Jaime et Etienne Tréfeuavec en rab l’île de Tulipatan, du grand art, c’est jusqu’au 13 janvier, courez-y !), et celui des délasscom osant monsieur et madame Denis au petit théâtre de Naples (c’est fini).

Voici un court extrait pour témoigner de l’art des Brigands.

croquefer

À vos santé, je bois,

Buvons.
Avec plaisir je vois,

Buvons.
Qu’entre nous ce vin frais,

Buvons,
Va cimenter la paix,

Buvons.

Au choc de vos verres,

Tin tin tin,
Plus de fronts sévères,

Plus de chagrin.

Que boivent-ils ? du vin rouge d’Argenteuil, ou du blanc de Suresnes !

Croquefer a été monté au festival lyrique de Barie l’été 2011, (voir l’article de vocalises.net),  le spectacle est en ligne sur youtube

On ne rira pas autant avec M.et Mme Denis, (ce n’est pas le plus drôle du maître, mais il y a un air à boire et une chaconne qui valaient le déplacement).

Versez et buvons à plein verre!

Voici de courts extraits

la vie rustique

Nous parlions il y a peu de cet ouvrage d’André Theuriet, illustré par le graveur Léon Lhermitte, mis en avant par Gallica en novembre dernier.

C’est une oeuvre d’un autre temps, où le sentiment de la nature s’exprimait sans voile. Nous l’avons parcouru et en présentons ici quelques bonnes feuilles pour les lecteurs du bon clos. Entre « le blé » et « le chanvre », une importante partie est consacrée à la vigne mettant en scène et décrivant avec précision le travail des vignerons, tonneliers, vendangeurs…

Lire la suite « la vie rustique »

téléthon

C’est discrètement que la Confrérie du Clos de Clamart apporte chaque année sa contribution au Téléthon. Cette année, l’occasion lui a été donnée de sortir de l’ombre entre une heure et deux heures du matin, avec d’autres confréries comme celle de l’asperge de Sannois…

La voici, sur France 2 !

dans les rues de Paris: rue Lamarck

Voici encore une jolie porte d’immeuble toute ceinte de treille en céramique, en bas de la rue Lamarck. Ce serait l’oeuvre de Louis Dupont, en 1905, d’après le site www.pss-archi.eu/

Voir aussi l’article de patryst. On peut aussi lire dans le catalogue gentil-bourdet :

« Présenté au concours de façades de la ville de Paris en 1905, cet immeuble en éperon de Louis Dupont témoingne magistralement des remèdes que l’on opposait alors à la monotonie de l’habitat populaire. Les céramistes Alphonse Gentil et Eugène Bourdet qui venaient de fonder leur entreprise à Boulogne Billancourt, livrèrent ici tout un éventail d’éléments de grès standard, donc peu coûteux. Leur vive tonalisé et leur disposition savamment ordonnancée soulignet la trame contrastée d’un appareil de brique et de pierre de taille. Conscients du succès de l’expérience, G&B reproduisirent longtemps ces façades dans leurs documents publicitaires »