De Leipzig à Berlin

Nous voilà repartis vers l’Est, sur le traces des Anciens.

Depuis la voie ferrée aux alentours de Wurzburg, en basse Franconie, on longe le vignoble. Est-ce là que l’on produit le célèbre vin de Stein dans sa « bockbeutel »?

Nous sommes au pays de Johann Wolfgang von Goethe, qui déclama dans son Wanderlied

Là où nous buvons, où nous aimons, est un riche et libre monde

Leipzig, au carrefour de la Via Imperii, qui menait de Rome à la mer Baltique, et de la via Regia, menant vers l’est vers Kiev, Vilnius et Moscou, et vers l’ouest vers Paris, Bordeaux et l’Espagne, est très tôt devenue une Messestadt, une majeure ville de foire.

La ville a été largement reconstruite après la guerre. Le Speckshof abritait et abrite encore le plus ancien passage de la ville. « Messepalast Specks Hof
Construit dans les années 1908–1911 d’après les plans de l’architecte E. F. Hänsel, comme premier nouveau bâtiment de foire de Leipzig avec passage  commercial. Nommé d’après le marchand et collectionneur d’art Maximilian Speck,qui acquit en 1815 le grand magasin situé au même endroit. Après de graves dommages de guerre, la reconstruction débuta en 1947. Réaménagement du passage en 1982/83« 

le specks hof dans les années 1900

Le voici après reconstruction

Rénové dans les années 90,

Screenshot

on peut maintenant y voir cette fresque murale

Autre lieu intéressant, Auerbachs Keller, cinq fois centenaire,

temple de la tradition culinaire germanique.

« En 2025, la cave Auerbachs Keller de Leipzig fêtera un anniversaire particulier : 500 ans de tradition et d’histoire ! En 1525, le Dr Heinrich Stromer von Auerbach, médecin et professeur d’université de Leipzig, eut l’idée révolutionnaire de servir du vin aux étudiants dans la cave de sa maison. Ce faisant, il posa les bases de l’une des auberges les plus anciennes et les plus célèbres d’Allemagne. Aujourd’hui, la cave Auerbachs est un symbole vivant de la ville et un lieu de rencontre culturel dont l’histoire est inextricablement liée au célèbre poème « Faust » de Johann Wolfgang Goethe. » (communiqué de presse)
Le docteur Faust, personnage semi-légendaire, s’y serait tenu à cheval sur un tonneau en 1535, « dans un épisode héroï-comique immortalisé par une peinture sur bois accompagnée de six vers narrant ce haut fait« . On y trouvait deux peintures sur bois datant de 1625 : Le docteur Faust lors d’un festin d’étudiants et Le docteur Faust chevauchant un tonneau de vin. Ces représentations ont directement inspiré Goethe pour la scène ultérieure.

(lire la scène sur Wikisource dans la tradition de Nerval, p 84 et suivantes)

Ce que l’on peut y voir aujourd’hui

Aux murs, des buveurs de cave

et des assemblées d’hier et d’aujourd’hui.

Ich hätte Lust, nun abzufahren. (J’aurais envie de partir maintenant.)
Faust 1, Szene Auerbachs Keller

Le musée des beaux arts de Leipzig recèle quelques belles choses.

Voici Le Christ à l’Olympe, de Max Klinger, refusant la coupe de vin offerte par Dionysos, scène fantastique et qui peut sembler anachronique (mais après tout les dieux sont immortels) où se confrontent la jouissance aimée des dieux gréco-romains et le sacrifice chrétien.

Voici aussi un mignon paysage de vignes (vendanges sur les côteaux de Sèvres), de Camille Corot (1872)

et des scènes de genre hollandaises du 17ème siècle

détail du joueur de flute Dirck Hals
Le joueur de flûte, Dirck Hals 1635
auberge Egbert Vander Poel 165x (détail)
musiciens Pieter de Hooch 166x
auteur hollandais 1670

Ne quittons pas Leipzig sans un regard sur une belle collection d’étiquettes de bière, collée sur une armoire métallique, vue au musée de la ville dans l’ancien Rathaus.

Leipzig n’est qu’à une heure de train de Berlin, où nous attendent d’autres merveilles.

Quel plaisir de retrouver, à la Berlinische Gallerie (musée d’art moderne), Lovis Corinth, dont nous connaissons les Bacchanales!

Ce « Bacchant » fait partie d’un cycle de onze peintures du « Katzenellenbogen Cycle » (d’après le nom de la collectionneuse Estella K.) que la BG a l’ambition de réunir.

C’est en effet un thème cher à Lovis Corinth, comme le montre ces autres oeuvres

Mais c’est à la Gemalde Galerie que l’on fera la plus belle récolte.

On y trouve de nombreuses scènes de genre du siècle d’or néerlandais, représentant de joyeuses compagnies

Ce buveur là n’est pas joyeux, son verre est vide !

Le buveur de Jacob Backer vers 1634
les 3 musiciens de Diego Velasquez

Jouer de la musique n’empêche pas d’avoir soif

joueurs aux cartes non plus

les tricheurs, Wouter Crabeth II, après 1626

Des messieurs font boire des jeunes personnes,

Ici ce sont de jeunes personnes qui font boire un vieux monsieur (Lott et ses filles, de Joachim Wtewael, 1610 ; et un fragment d’un tableau de Hans Baldung, dit Grien 1520, où l’on ne voit plus que Lott)

Voici aussi des scènes de groupe dans des tavernes et maisons plus ou moins bien tenues

On finira la visite avec ces natures mortes aux bouteilles de l’alsacien Sebastien Toskopff (1597-1657) et au verre de vin d’Anne Vallayer-Coster (1744-1818)

et avec cette fête de Bacchus de Pieter Brueghel le Jeune et Henrick van Balen l’Ancien (avant 1632) illustrant l’antique adage : « sans Cérès et Bacchus, Vénus a froid ».

En Dalmatie

Cette région de la côte adriatique est une des quatre régions viticoles de la Croatie.

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 » Le Plavac mali, (*)parmi les vins rouges et le pošip, parmi les vins blancs sont les fleurons de la viniculture dalmate. Cependant, c’est le grand nombre de sortes autochtones, comme le kujundžuša, le plavina, le maraština, le bogdanuša, le debit et bien d’autres sortes, dont le potentiel est reconnu par de plus en plus de viniculteurs dalmates, qui attirent l’attention de nombreux passionnés. » (cf le site croatia.hr)
(*) cépage déjà rencontré dans ces colonnes

Avec l’ami slovène Janesz nous y sommes rendus  à la rencontre la belle confrérie des chevaliers du vin croate, qui célébrait son chapitre à Imotski dans le sud du pays.

Janesz avec le grand-duc

C’est Zeljko,  grand amateur de vins et sabreur de champagne, qui nous a accueilli et d’abord conduit dans ses terres de Vodice. Là nous attendaient Ivo, Susana et leurs amis (Maria, qui parle un peu français, Natalia, Zvomko …), là nous avons eu un avant-goût de l’hospitalité croate.

Pour accompagner Prosciutto/pancetta/fromage, asperges (que l’on consomme avec de l’huile d’olive du jardin pressée la veille), Soupe de fèves au lard, Octopus grillé… les vins se succèdent : « debit » lučica réservas 2016, vin jaune foncé après 18 mois de barrique, malvoisie istarska 2023 « festigia »,    » plavac mali  » 2018 de l’île de Hvar, Zlatan plavac 2020…

Après la visite  du moulin à huile, dont le patron est aussi un chevalier amateur de vin, la dégustation va se poursuivre dans la cave à Zeljko, jusqu’à plus soif, en écoutant des chansons françaises ( « rappelle-toi Barbara », « non rien de rien » etc.) dont ces fins gourmets sont friands.

Zeljko en sa cave, prêt à sabher

Imotski est un village situé au fin fond de la Croatie près de la frontière bosniaque, dans une région karstique au paysage impressionnant de collines et de lacs.

La maison d’Ivan Turic, un moine, collectionneur d’oeuvres d’art, est en passe de devenir un musée. Les chevaliers croates en ont la primeur, et nous en ramenons quelques images, comme cette gravure de Friedrich Kraus (1826-1894)

Friedrich Kraus, gravure « ein gastmahl bei tizian » (visite chez Titien).

Nous avons retrouvé le tableau original en couleurs

Sur celle-ci, on reconnait « le roi boit » de Jordaens.

Et voici dans une charmante scène de chasse(?) d’auteur inconnu,

un détail charmant

Voici quelques autres oeuvres découvertes au fil des vignobles, comme ce portrait d Ivan Jerkovic, fondateur du domaine du même nom, , vu par le peintre Denis Kujundzic

ou cette mosaïque des années 70, du temps de la Yougoslavie, vue dans une ancienne coopérative, Imota.

En consultant l’article paru sur le site de la FICB, on en saura plus sur les chevaliers du vin croate et leurs rituels, toujours ponctués par leur devise :

SLOVA BOGU ČAST VINU. (Gloire à Dieu, Honneur au Vin).

Sur le chemin du retour faisons étape à Ljubljana en Slovénie retrouver l’ami Marin. Il nous reçoit chez lui, entouré de tableaux et de bouteilles.

la vie est trop courte pour boire du mauvais vin

On va fêter ces retrouvailles à table à la Gostilna Narobe, une bonne adresse à Trzin, à la déco sympathique !

Y sont affichés les dix commandements de l’aubergiste

A savoir :

  1. Je suis ton aubergiste, ne va pas boire dans une autre taverne !
  2. N’appelle pas l’aubergiste pour rien !
  3. Souviens toi de venir boire chez moi, tous les dimanches et jours fériés ou pas !
  4. respecte l’aubergiste et sa femme si tu veux être bien servi
  5. ne casse rien dans ma maison
  6. n’importune pas les femmes dans ma maison
  7. n’oublie pas les droits de propriété dans ma maison
  8. n’omets pas de dire ce que tu manges, bois et fumes dans ma maison
  9. ne demande pas ce que je ne peux pas te donner
  10. ne demande pas à boire à crédit : méfiance!

Nous y retrouvons aussi l’ami Stefan, industriel, aviateur, producteur de Štefanjak (« žganje iz vino » = brandy).

Décidément, ces slaves du Sud n’ont rien à nous envier. Merci à tous, amis croates et slovènes !

A Turin

Belle ville que Turin, capitale du Piémont, et du défunt Duché de Savoie, puis brièvement de l’Italie. A six heures de train de Paris, elle offre au visiteur bien des attraits, et mérite le voyage.

Turin, Milan, Gênes et Venise en PLM depuis Paris

La région est viticole et produit les plus grands vins d’Italie : le Barolo,  « le roi des vins, le vin des rois« , le Barbaresco, et bien d’autres comme le fameux Asti Spumante…

Il y a des restaurants partout. L’Angolo di Parîn est un resto traditionnel, idéal pour une mise en bouche ; son motto : « Ij antipast pì bon, ij primi d’la tradission, e Për ël dòss a-i é semper spàss« 

Il s’y trouve un curieux autel

Cette affiche d’Ernst Dryden y vante le champagne Veuve Devaux

Le Palazzo Reale abrite la collection Sabauda des ducs de Savoie , essentiellement des oeuvres des 14ème au 18ème.

Dans la salle des cuirassiers (anciennement des Dignités) on trouve ces allégories de Novara et Torino

Plus loin ces jolies scènes de taverne de David Teniers III et Pieter 2 Brueghel (détails),

et cette scène de bombance à table

Cette jeune hollandaise à sa fenêtre, une grappe de raisin à la main, est de Gerrit Dou (1613-1675)

voici des putti vendangeurs

ici un détail d’une tapisserie représentant Noé chargeant son arche

Et aussi ces deux représentations d’Ariane et Bacchus, celle-ci de Luca Demaret Dameret ?

et celle-ci de Giovanni Antonio Burrini.

Au palais Carignano est installé le musée du Risorgimento qui conte l’histoire de la formation de l’Italie moderne.
On change de siècle. Ci-dessous une litho du caricaturiste Dalsani, figurant le politicien Depretis champion du « transformisme ».

Du même auteur, cette affiche vantant CUPROL, produit à base de sulfate ce cuivre pour la vigne,

et cette publicité pour le grignolino de Callianetto (un vin de la région d’Asti) de G.Granero.

On ne quitte pas Turin sans faire un tour au musée de l’Auto, FIAT oblige !

Ici le vin est au service de l’auto, et vice-versa.

Mais gare à l’accident !

Chaque pays a sa façon de réagir, ci-dessus : la française (vue d’Italie).

Il y a aussi un musée du cinéma installé dans une grande tour, la Mole Antoniella. Vaut la visite !

On en saura plus sur les vins de la région et en particulier ceux d’Alba, où un séjour-découverte de vins s’est déroulé en mai dernier, en lisant l‘article paru sur le site de la FICB.

Dans le vignoble de Faugères

Le vignoble de Faugères, qui s’étend sur 1800 hectares sur les coteaux schisteux des avants-monts du haut Languedoc en Hérault, ne s’est développé que récemment. Son terroir n’est délimité qu’en 1948, et l’AOC date de 1982.

Pas de cours d’eau en surface, mais le sol, schisteux, retient l’humidité, et la vigne puise en profondeur. (voir un article développant les qualités du schiste )

à gauche, le schiste bleu au mas des Capitelles

Les cépages principaux en rouge sont la syrah, le grenache noir, le carignan et le mourvèdre . L’assemblage est libre, mais obligatoire. Roussane et vermentino pour le blanc. Le climat est méditerranéen, avec des nuits fraiches.

Ce terroir a ainsi bien des qualités pour donner des grands vins.

L’ami Michel, grand-maître de la commanderie du Faugères, nous a fait découvrir le domaine Mas des Capitelles, l’un des plus qualitatifs, qui privilégie le carignan.

Les frères Cedric et Brice nous reçoivent. A la suite de leur père Jean, ils ont pris les rênes de ce domaine de 28 hectares, sorti de la coopérative en 1999.

Les capitelles sont ces cabanes de pierre sèches servant d’abri dans les garrigues. Brice en a construit une l’hiver dernier

Les frères sont un peu artistes, voici la 4ème dimension vue par Cedric.

et un arbre mobile (ça tourne) vu par Brice.

Ici le Carignan est roi. Taillé en gobelet, les vieilles vignes donnent peu (20-30 hl à l’hectare) mais bon.

Aeration des sols, biodynamie, décoctions de plantes, tri sur souche, utilisation de levures neutres : c’est la qualité qui est recherchée, et la garde.

Les prix s’en ressentent, évidemment. Voici la gamme des vins produits.

Heureusement, on trouve des vins de Faugères à des prix bien plus doux, que l’on peut déguster à la cave coopérative Vilavigne. 

Nous avons bien aimé le Parfum, du mas Olivier, médaillé d’Or au concours international de Lyon 2022

Nous avons bien aimé aussi La Jasse d’Aimé Rouge 2023. Rapport qualité/prix incroyable. Allez à Faugères !

la devise vue à la cave Vilavigne

Et merci à l’ami Michel qui nous y a guidé !

A la fête du vin de VRŠAC (Serbie)

Cette petite ville, chef-lieu d’un district viticole au nord est de la Serbie, dans le Banat serbe (occidental), organise chaque année une fête des vins début juillet. L’occasion de goûter les vins locaux, d’écouter des chansons du cru, et de faire de belles rencontres.

L’histoire de la ville est ancienne, et mouvementée, elle a plus d’un atout touristique.
Le vin y est attesté depuis 1494.

On peut voir ce triptyque de Vršac , oeuvre de Paja Jovanović (1859-1957), au musée municipal.

Voici aussi un tableau que l’on peut voir au domaine Helvecja, bâti par un suisse en 1880.

L’hotel Serbja arbore fièrement l’affiche du festival

et les bouteilles de vin local.

Sur l’allée piétonne où se tient le festival, on croise Vinko Lozic, un personnage  créé par Jovan Sterija Popovic dans son calendrier satirique , allégorie du citoyen bon vivant, protecteur des vendanges et mascotte de la ville.

sculpture de Zivko Grozdanic

En voici une incarnation publicitaire

On y fait bien d’autres rencontres et l’on peut déguster toute sortes de crus.

Pas de fête sans musique, les orchestres se succèdent sur la scène.

Voici quelques chansons typiques : » Kad čujem tambure, ja skočim na bure » (Quand j’entends des tambourins, je saute sur le tonneau) ; « Donesi vina, krcmarice Marko Nesic » (Apporte moi du vin, aubergiste »; et « Tamburica » (tambourin)

Kad čujem tambure 
ja skočim na bure, 
popijem litru dve, 
i pevam do zore. 

REF : Hej, haj vinca, ca 
vinca rumena, ha, ha 

Iz Vršca stiže glas 
u vinu leži spas, 
ko vino ne pije, 
taj nek se ubije. 

 Gospodin profesor 
izašo na prozor, 
i spazi bratiju 
gde pije rakiju. 

Quand j’entends des tambourins,
je saute sur le tonneau,
je bois deux litres
et je chante jusqu’à l’aube.

Hé, hé, vinca, ça, vinca rouge, ha, ha,
Hé, hé, vinca, ça, vinca rouge.

Une voix vient de Vršac,
dans le vin se trouve le salut,
qui ne boit pas de vin,
qu’il se tue.

Monsieur le professeur,
est sorti par la fenêtre
eta vu le frère,
où il boit du raki.

Donesi vina, krcmarice,
rumenog kao tvoje lice.
Daj da pijem, tugu da razbijem.
Srce me bole, jadi ga more.

Rumeno lice, dve ruzice,
a oci carne zeravice.
Oko tvoje srce mi izgore.
Muce mene muke paklene.

Oj, Boze, Boze,sto je stvori,
da mlade momke muci i mori.
Celo selo za njom se zanelo,
i svi piju da jad razbiju.

Apporte-moi du vin, aubergiste,
rouge comme ton visage.
Laisse-moi boire, pour apaiser mon chagrin.
Mon cœur souffre, il est tourmenté par la mer.

Un visage rouge, deux roses,
et des yeux comme des braises noires.
Mon cœur brûle à ta vue.
Je suis tourmenté par les tourments de l’enfer.

Oh, mon Dieu, mon Dieu, pourquoi l’as tu créée,
pour tourmenterles jeunes gens  ?
Tout le village est épris d’elle,
et chacun boit pour apaiser son chagrin.

Kad zasviram sa jaranima
ne dolazim kuci danima
od vina i pjesme poludim
cesto kraj druge se budim
i mnoge prespavam dane
zbog vina, ljubavi, kafane

Ref.
Sve zbog moje tamburice
vole me ljepotice
bila smedja ili plava
svaka mi je ljubav prava
kad se igra i pjeva
najbolje mi stoji garava

Idem kuci zora svanula
tambura mi kod nje ostala
ona nece da je vrati
zeli da joj opet svratim
doci cu sunce moje
najsladje su usne tvoje

Quand je joue de la tamburica
Je ne rentre pas à la maison
Le vin et les chansons me rendent fou
Je me réveille souvent chez les autres
Et je passe beaucoup de nuits dehors
À cause du vin, de l’amour, des cafés

Ref.
Tout ça à cause de ma tamburica
les belles me veulent
qu’elle soit brune ou blonde
chaque amour est vrai pour moi
quand on joue et chante
c’est là que je suis le mieux

Je rentre à la maison, l’aube est levée
ma tamburica est restée chez elle
elle ne veut pas me la rendre
elle veut que je lui rende la pareille
jusqu’à ce que le soleil se lève
tes lèvres sont les plus douces

Le soir, l’ami Nikola nous a emmenés chez lui, sur le coteau qui domine la ville. On boit en parlant poésie et en mangeant des spécialités serbes.

Nikola le serbe, et Janesz le slovène, amis par le vin

Nikola est le grand maitre de la confrérie bachique Saint Théodore, qui célébrait ses 20 ans. Dans son caveau il tient sous clé des bouteilles pour ses petites filles, lorsqu’elles auront l’âge; et quelques oeuvres à déguster avec les yeux…

Merci Nikola pour ton accueil !

Et adieu aussi à la Jelen…

Allez encore une chanson ! Vino i Gitare (Chanson d’Arsen Dedić et Gabi Novak ‧ 1970)

Vin et guitares Laisse-les remplir à nouveau ma nuit Ce vieux vin et ces guitares Des amis viendront ce soir
Vino i gitare Nek’ opet ispune mi noć To vino staro i gitare Večeras će prijatelji doć’

Laisse le temps s’arrêter Quand tout le monde se rassemble ici La vie d’un autre côté Nous resterons debout ce soir
Vrijeme neka stane Kad ovdje okupe se svi Životu s neke druge strane Večeras stajat’ ćemo mi

Laissons partir la jeunesse aussi La vie doit aller quelque part’ Des blessures même visibles tout passera
I mladost neka ide Život mora nekud poć’ Pa i rane što se vide Sve će proć’

Vin et guitares Je veux être chez moi ce soir Quand de vieux amis viennent Qu’ils ne trouvent pas de douleur dans mon cœur
Vino i gitare Želim noćas ja u domu svom Kad stari prijatelji dođu Nek’ ne nađu bol u srcu mom

La-la-la-la-la-la-la La-la-la-la-la-la-la
La-la-la-la-la-la-la La-la-la-la-la-la-la

Virée belge

C’est par les Ardennes que nous commencerons cette petite virée ; le hasard des itinéraires nous fait passer par Treignes, un village qui compte 4 musées pour 650 habitants… Sur la place de Treignes, village jumelé à Quincié en Beaujolais, une curieuse sculpture y évoque Toine, obèse ardennais… un héros local imaginé par Arthur Masson.

(Œuvres de l’artiste belge Claude Rahir, les trois statues de bronze évoquent les héros principaux de la Toinade : Toine Culot, Hilde son épouse, et le cousin T. Déome.)

C’est un bon début : avec nos amis belges, l’humour et le bonne humeur ne sont jamais loin.

Descendant la Meuse, la route nous mène à Dinant, où l’on fait des couques, biscuits très durs faits de farine et de miel, que l’on décline sous toutes les formes comme ici cette belle grappe.

Un peu plus loin Namur, capitale régionale, est une jolie ville accueillante où le dessinateur, caricaturiste, peintre, illustrateur, graveur Félicien Rops (1833-1898), l’enfant du pays, jouit d’un musée qui lui est consacré. Il y avait de quoi faire pour les lecteurs du Bon Clos.

le gandin ivre, gravure d’Albert Bertrand d’après un dessin de Rops
Bouge à matelots, pastel pierre noire et sanguine 1875
La chanson de Chérubin (in cent légers croquis, dessin sur papier, vers 1880)
Le 4ème verre de cognac (gravure, 1880)

Le regard de cette buveuse d’absinthe est saisissant

Que sert à boire cette cantinière du pilotage ?

La Cantinière du pilotage, 1876,
huile sur toile, 32 x 21 cm.

Voici aussi une illustration de illustration de la légende d’Ulenspiegel de Ch. de Coster

Bon buveur vidant les pots rien qu’en les regardant

En 1853, âgé donc de 20 ans, Rops collabora, sous le nom de Duverger, au journal estudiantin « Le Crocodile ».

On peut y lire en premiere page la marche crocodilienne signée (attribuée à ?) Victor Hugo, dont on retiendra le motto

« Mon verre est tout rempli de liqueur parfumée,
Et ma pipe vomit des torrents de fumée »

et ce couplet :
Quand dix mille buveurs viennent au son du cor,
Il leur répond ; il boit, et son souffle farouche
Aspire à plein gosier les verres qu’il embouche.
On roule sous la table ; lui seul sent son essor
Qui croît. Pour rafraîchir sa figure écarlate,
Il pousse Chlodomir qui se lasse, et le flatte
Pour qu’il lui serve à boire encor !

Si ce n’est pas du Hugo, ça lui ressemble !

Avec le peintre surréaliste Paul Delvaux, passionné par les trains et les nus, exposé à Liège à la Boverie, on a été moins chanceux. Voici son banquet des philosophes, décor pour la maison du président de la Sabena  Gilbert Périer.

On se rattrapera au Musée des Beaux-Arts d’Anvers, où l’on tombera sur Silène endormi (vu il y a un bail), sculpture de François Duquesnoy (voir cette note sur quelques oeuvres inédites d’icelui).

Le sommeil de Silene de François Duquesnoy

On va croiser les 4 saisons (l’automne) d’Abel Grimmer (1607) : taille, vendange, foulage et transport des fûts.

et puis aussi ce joueur de cartes

joueurs de cartes (détail) de Theodor Rombouts (1597-1637) 

La mort est féroce et rapide, de Joos Craesbeeck (1649), présente ce rare squelette bachique

Curieuse, cette inscription en bas à droite du tableau

Remercions Daniel Cunin, écrivain et traducteur littéraire néerlandophone que les lecteurs du Bon Clos ont déjà rencontré, qui nous a fait parvenir cette traduction littérale :
La mort est cruelle et rapide
Gardez-vous des péchés, ainsi vous agissez bien.
Ne calomniez personne de sorte que Dieu ne vous rende pas la pareille.
Et ne prenez à personne ce qui lui appartient afin de garder ce qui est à vous.

Cette « Vénus frigida« , que vient réchauffer Bacchus, semble bien transie

Venus frigida, Rubens (1614)

On retrouve Bacchus convive au mariage de Thétis et Pelée, de Frans Floris (1550)

Voici une »scène de bordel » vue par Joachim Beuckelaer (1563)

Joachim Beuckelaer, scène de bordel (1563), détail

et, dans le même genre, une scène de taverne qui aurait pu porter le même titre, de Jan van Amstel (1200-1550 ca.)

où l’on ne fait pas qu’y boire

Plus proche de nous, nous voici au bar de la vieille auberge, la maison des pilotes (De Braekeleer, 1877)

Et l’on termine cette visite du Musée des Beaux-Arts d’Anvers, comme on l’avait commencé, avec le sommeil d’un buveur à l’auberge rouge (1894) de Charles Mertens.

Ne quittons pas le Musée, sans un regard sur la vinothèque qui peut contenir près d’un millier de bouteilles.

Ces porte-bouteilles pourraient servir

Et combien de chopes dans cette taverne de Bruxelles ?

le Mainz

Trinquons y avec le Chat de Geluck, un familier du Bon Clos

Concluons cette tournée en allant humer l’air marin d’Ostende. Son Mu.Zee présente un aperçu des arts visuels belges de 1860 à nos jours.

Alice Frey (1895-1981) a peint ce Bal du Rat Mort en 1964.

(Le bal du rat mort, du nom d’un ancien cabaret de Pigalle, est un bal masqué et costumé organisé annuellement à des fins philanthropiques à Ostende depuis 1898.)

Annonce du premier Bal du Rat mort (1898)

Allez, un dernier verre (en bas à droite) avec Paul Joostens (1889-1960) et son caleidoscope (1935), une vision breughelienne moderne…

Dans le Roussillon

Roussillon, Catalogne Nord, Pyrénées Orientales ? Quelle différence ? ce sont les 438 km2 du Fenouillèdes… pays de tradition occitane. Le reste des P-O est catalan.

C’est un pays de vignobles (25000 ha) qui cultive la tradition des vins doux naturels, obtenus par mutation du moût par de l’alcool neutre en cours de fermentation.

Dans un premier temps, c’est un chapitre de la Commende Majeure du Roussillon qui nous y attira. On pourra en lire le compte-rendu sur le site de la FICB.

De quoi tomber amoureux de ces beau pays, de ses vins et de ses gens. Il fallait donc y retourner. 

C’est à Arnaud de Villeneuve (1240-1311), médecin, chirurgien et savant qui maitrisa la distillation alcoolique que l’ on attribue l’invention du vin doux naturel.

On peut retenir de lui l’enseignement suivant :

« Le vin conforte l’esprit. Il lui permet d’aborder la subtilité et de faire face à la difficulté. Il prodigue à l’âme audace, sollicitude, libéralité. Le vin crée la parfaite harmonie des parties. Corps, esprit et âme coopèrent. »

Mais dès l’époque romaine la viticulture prospérait dans la région dite Narbonnaise, conquise au 2ème siècle avant notre ère.

Une trace remarquable de ces temps révolus est cette inscription latine trouvée sur un vase : « bois esclave, je ne suis pas vide pour toi », que nous a fait connaitre l’historien Bernard Rieu lors d’une conférence sur l’histoire de la vigne en Roussillon.

Screenshot

Longtemps la viticulture en Roussillon a été synonyme de vin doux naturels, produits à Banyuls, Rivesaltes, Maury.

enseigne vue à Villeneuve de Conflent

(Il y eut plus tard le Byrrh, apéritif au quinquina qui eut son heure de gloire et dont nous avons visité le fameux site de production, à voir en fin d’article).
 Mais les temps changent, et l’on produit aujourd’hui quasiment autant de vins non mutés.

Pour mieux connaitre ce vignoble et ses vins, on pourra visiter ce site, et celui-ci.

A Perpignan, on se doit de visiter le musée Hyacinthe Rigaud, peintre du roi Soleil, enfant du pays. On y trouve ce grand tableau de Jacob de Backer (16 siècle) représentant Vénus, Bacchus et Cérès

Et cette Cargolade (un plat emblématique catalan) de Louis Delfau (1871-1937)

où l’on peut voir, posé sur la table, le fameux « porro », carafon pour boire à la régalade

et ce marbre sculpté.

A l’hôtel Pams, les superbes grandes fresques ignorent hélas vigne et vin, cette publicité pour Byrrh est juste une consolation et un avant-goût (voir plus bas)

On se consolera en se restaurant au Jean,

excellente adresse à la décoration aérienne

située dans une ancienne tonnellerie près du Centre du Monde (la gare de Perpignan), et dont le patron Jean-Claude,

pâtissier de formation, sait se montrer très hospitalier. Il nous présente cette étonnante bouteille d’un avenir passé :

une cuvée très spéciale !

A Céret, l’église Saint-Pierre présente ce « breuvage du salut » de William Fenech, un peintre local, surprenant calvaire dressé au milieu des vignes.

Au Musée d’Art Moderne, rien à signaler ici, si ce n’est ce Picasso à table

Un peu plus haut, à Arles /Tech, on danse la sardane au son de la cobla en ce jour de « festa major »

L’arrivée à Thuir, patrie du Byrrh, annonce la couleur avec cette rangée de ceps qui borde la route :

Les caves Byrrh, un élixir (« vin tonique et hygiénique au quinquina ») inventé par les frères Simon et Pallade Violet en 1866, y sont installées depuis plus de 100 ans. Exportée sur tous les continents, elle devint aussi la première marque d’apéritif en France dans les années 1930.

Vu sur une porte du fort Queyras

On entre dans la fabrique comme dans une cathédrale

 Le clou de la visite est un foudre de plus d’1 million de litres, où l’on faisait vieillir l’élixir afin que toutes les bouteilles aient le même goût !

Voici le tableau de commande de ce gigantesque site de production

Et voici des vues d’époque du hall de gare Eiffel et du quai de chargement

Coup de génie publicitaire, un concours d’affiches lancé en 1903 a inspiré plus d’une centaine d’artistes. En voici quelques unes

On trouvera les 112 primées sur le site du cartoclub aveyronnais, comme celle-ci qui reçut un 2ème prix

Concours d’Affiches BIRRH

et celle-ci, attendrissante, un 5ème prix

autres temps autres moeurs

Les enfants sont les bienvenus chez Byrrh d’ailleurs !

la publicité, le nerf de la guerre. Ces affiches sont de Georges Leonnec.

En voici quelques autres du même.

A la sortie, c’est l’embarras du choix

Nous terminons ce bref parcours à Maury, à la cave des vignerons, où l’on peut déguster la production du cru :

des vins doux naturels, reconnaissables à la bouteille trapue créée dans les années 80,

« Ces vins dits TUILÉS parce qu’ils proviennent de raisins noirs ou AMBRÉS parce qu’ils proviennent de raisins blancs sont des vins aromatiquement complexes servis en début ou en fin de repas », avec « des arômes de fruits confits, d’orange et de miel … pour les AMBRÉS », et aussi « des notes de cacao, de torréfaction, de pruneau … pour les TUILÉS ».

Mais il y a aussi depuis quelques années des vins rouges secs, où domine « LE CEPAGE de prédilection, lequel peut être vinifié soit en vins doux soit en vins tranquilles : le grenache noir. » 

Voulez-vous déguster ? nous a-t-on demandé gentiment. Vin(gt) dieu(x) ! on est là pour ça !

Et merci encore !

Entre Gaillac et Rabastens…

s’étend le vignoble de Gaillac, et bien au-delà.

Ce petit vignoble de près de 7000 hectares s’étend sur une région de plus de 1000 km2, jusqu’à Albi et au-delà à l’Est, Cordes/Ciel au Nord, Rabastensà l’Ouest, et s’étend encore plus au Sud sur la rive gauche du Tarn.

En ce début août, on pouvait y être facilement, « entre Gaillac et Rabastens » (expression qui signifie être pompette), tant sont bons les vins du cru que l’on pouvait déguster à loisir lors de la fête des vins qui se tenait, comme chaque année, le premier week-end d’août, au parc de Foucaud.

Une cinquantaine de domaines y faisait gouter leurs vins. Des vins jeunes pour la plupart, à l’exception du château Labastidié qui proposait ses vieux millésimes.

Nous avons particulièrement apprécié le mauzac blanc du domaine de Carcenac, ainsi que les vins Vigné-Lourac (les perles blanc, Assemblage de Mauzac, de Loin de l’Œil et de Sauvignon , de la cave Gayrel, un vin simple et savoureux servis au Buffet VIP offert par les vignerons Gaillacois) ; signalons aussi de la même maison le rond et gourmand  Le Rubis rouge, Assemblage de Braucol, de Duras, de Syrah et de Merlot.

On pourra lire là un article sur le chapitre de l’Ordre de la Dive Bouteille de Gaillac qui se tenait concomitamment. Notre ami Pierre, grand Amphitryon du Conseil des Echansons de France, y fut intronisé, entouré d’une délégation de celui-ci, ainsi que 3 autres personnalités régionales.

A Cordes/Ciel, sublime village perché à l’histoire imposante, le vin de Gaillac nous était conté : l’ancienneté de son histoire,

la diversité de ses vins,

les caractéristiques des cépages locaux

Recvenons sur l’expression « Estre entre Gaillac et Rabastens ». Guillaume Gratiolet de France Bleue Occitanie nous assure ici qu’il s’agit d’une expression occitane très ancienne, à rapprocher d’autres comme « aver un pe dins las vinhas » ou « , prener la cigala « .

« La légende raconte que cette maxime trés ancienne vient [] de Lisle-sur-Tarn on y disait que les gens ivres n’avaient pas su choisir entre les vins de Gaillac et Rabastens et avaient donc dû les déguster à plusieurs reprises. »

Il rapporte aussi :
« A Graulhet per d’aiga avèm pas set ! : (À Graulhet, pour de l’eau, nous n’avons pas soif ! )
De pan e de vin, lo rei pòt venir (Pain et vin, le roi peut venir).
Cada jorn, un còp de vin, estalvia cinc sòus del medecin, (tous les jours, un verre de vin, épargne les cinq sous du médecin.) »

et conclut :
« Nous faisons bien la différence avec Estre Sadol coma un pòrc o bandat coma una ascla être ivre mort si vous préférez et estre entre Gaillac et Rabastens, qui reste synonyme d’une légère consommation d’alcool« .
Ouf !

jardinière à Cordes sur Ciel

Invincible vigneron

Dans le Tarn, à quelques kilomètres au nord de Gaillac, à Broze, il est un musée qui présente une extraordinaire collection d’objets liés au vin et à la viticulture, l’InVINcible VIGNEron.

Elle est l’oeuvre de Theo Elzinga, un ci-devant vigneron dans le Muscadet, passionné par les objets du vin, qui a déménagé sa collection il y a une dizaine d’années pour ouvrir ce musée. Il comptait à l’époque quelques 8000 objets, il en compte plus du double aujourd’hui. Voir ici l’article que la Dépêche lui consacra à l’époque.

Nous avons pu le visiter, guidés par Manu, son gendre, en compagnie d’Henri Plageoles et de Michel Houdet, respectivement Grand-Chancelier et Commandeur de la Confrérie de la Dive Bouteille de Gaillac, et de nos amis Daniel Fréry, conservateur du Musée du Vin de Paris, et Pierre Jobard son adjoint.

Une impressionnante collection de plaques de cheminée accueille le visiteur.

Les anciennes cuves de ce bâtiment viticole sont intelligemment adaptées pour abriter des collections

Au fil des salles s’alignent les outils de vignerons, tonneliers, distillateurs, buveurs, publicitaires et des oeuvres artistiques, comme ce tableau représentant le port de Gaillac en 1863, dû au peintre Gordon Frickers,

ou cette scène de danse dans les vignes de Robert Rolland, un peintre et aquarelliste lyonnais.

On reconnait avec plaisir l’ habit de tonnelier de Nicolas de l’Armessin, déjà rencontré, des scènes de vendanges

des représentations religieuses,

un vendeur ambulant de vin, métier disparu

Il y a des statues de toutes sortes et de tout matériaux ( bronze, bois, céramique…) comme ces personnages bachiques

ce vigneron à la serpe

ces personnages « à cheval sur mon tonneau »

et ces figures féminines

Belle collection d’affiches publicitaires pour les vins et liqueurs

Qui connait encore cette Pimprenelle, censée remplacer le vin ?

Les produits phytosanitaires ne sont pas en reste

Voici encore des objets décoratifs : enseigne, assiettes, pendule, tonnelets,etc.

Les franciliens apprécieront cette assiette qui vante le vin de Suresne

Il y a bien bien sûr des représentations humoristiques, comme ces moines qui font bombance

peut-être se servaient-ils de cette gourde ?

et de cette canne tire-bouchon ?

Voici un code pénal à méditer

comme cette mise en garde contre la soulographie

Cette affiche, très datée 3ème république,, et particulièrement réactionnaire, est due à l’illustrateur et caricaturiste Achille Lemot

Puisqu’on est dans les alambics, en voici un plan :

Des alambics, il y en a!

La collection d’outils est impressionnante

Nous avons remarqué ces outils d’arrachage

et ces accessoires de cave (égouttoir, percefûts, pompe, robinets de fût-, vélo !)

Ici une machine de remuage, pour faire du champagne ?

Nous connaissions le « comité de propagande et de diffusion de vins français », fondé dans les années 30. Nous l’avions pisté jusqu’en 1967. Nous voyons ici qu’en 1969, il remettait encore des médailles

Enfin ne partons pas sans emporter ces précieuses indications pour faire de la piquette.

Terminons cette visite avec un poème de Jean Cévenol

Nous espérons avoir donné envie au lecteur du Bon Clos de visiter cet incroyable musée.

Merci à notre guide Manu (ci-dessus), et respect à Theo Elzinga, incroyable vigneron et collectionneur !

A Majorque

Grande comme un petit département français (3640 km2), l’ile de Majorque compte quelques 1350 hectares de vignobles, principalement dans sa partie centrale et sur les pentes de la chaine « Tramontane » qui la domine au Nord.

Notre baptême du vin de Majorque, c’est avec ce « rosat Novell » aux « sutils aromes fruitals » servi par l’ami Francesco que nous le recevons.

L’histoire du vin à Majorque remonte aux romains. Outre l’usage religieux, beaucoup de fermes produisaient traditionnellement un vin de consommation courante à boire « ici et maintenant », comme dit Pierre Guigui.

ancien pressoir de la finca Son Pieras près de Llucmajor

Laissant le hasard guider nos pas, nous remontons la scénique route de la Tramontane

un clos sur la route de Valldemossa

qui ici est la montagne (et non pas le vent) du nord, et avisons Valldemossa, petite cité sise à 500 m d’altitude, fameuse pour son monastère, la Real Cartuja, ses visiteurs (George Sand et Chopin), ses ruelles, ses jardins, et la Santa Catalina dont chaque maison porte un carreau…

Nous y rencontrons Pablo, natif d’ Argentine qui tient une atypique « Boutique de vinos y camisetas personalizadas ».

Plasticien, il vend aussi sa production artistique dont voici quelques exemples.

Cette Cène rassemble des écrivains familiers de Majorque

Nous y dégustons ce savoureux malvoisie « Mar de Bé » de la Bodega Can Rubi.

On y peut lire aussi cette citation de Gustav Malher : « Un verre de vin au moment opportun vaut plus que toutes les richesses de la terre ».

Cette maison ( la Bodega Can Rubi) tient boutique à Santa Maria del Camí où le hasard mènera nos pas quelques jours plus tard.

On n’y goûte que le vin vendu en vrac, mais toute la production du domaine peut être achetée là, et notamment Mar de Bé, en version Malvoisie et Sauvignon blanc.

sur la route des vignes en DO Binissalem

Santa Maria del Camí est la porte d’entrée à l’ouest de la DO Binnissalem.

Un peu plus loin Binissalem nous accueille avec ses vendangeurs

Une petite faim ? la Ca s’hereu est l’endroit où retrouver pour déjeuner la population locale.

La bodega José L. Ferrer accueille les visiteurs avec ostentation

dans des locaux impressionnants où l’on note un effort de décoration.

A 500 mètres d’altitude, le monastère de Lluc jouit d’un site exceptionnel en pleine Serra de Tramuntana. Un musée y abrite quelques bijoux dans la collection du peintre Josep Coll Bardolet,

comme ce dessin de buveurs attablés devant de grands foudres

ou ces « trois portraits » au verre et au raisin de Pau Fornés

et cette scène champêtre sur un petit éventail très 18ème, sans doute plus tardif en Espagne.

Terminons cette promenade majorquine avec ces quelques images rapportées de Palma, la capitale.
Ces grappes de raisin ont été placées dans La Chapelle San Pedro de la cathédrale de Palma (la Seu) par Miquel Barceló, lors d’une rénovation dans les années 2000.


Le Castell Bellver, citadelle circulaire qui domine la ville, abrite un musée d’Histoire de la Cité de Palma. On y a vu ce joli carreau de faïence, représentant un marchand de vin en pleine action

et cette « hermadionisiac » sculpture du 18ème, d’après l’antique.

On quitte Majorque avec le sentiment qu’il reste encore beaucoup à voir, et à boire !

A Bientôt Majorque !