Ce petit vignoble de près de 7000 hectares s’étend sur une région de plus de 1000 km2, jusqu’à Albi et au-delà à l’Est, Cordes/Ciel au Nord, Rabastensà l’Ouest, et s’étend encore plus au Sud sur la rive gauche du Tarn.
En ce début août, on pouvait y être facilement, « entre Gaillac et Rabastens » (expression qui signifie être pompette), tant sont bons les vins du cru que l’on pouvait déguster à loisir lors de la fête des vins qui se tenait, comme chaque année, le premier week-end d’août, au parc de Foucaud.
Une cinquantaine de domaines y faisait gouter leurs vins. Des vins jeunes pour la plupart, à l’exception du château Labastidié qui proposait ses vieux millésimes.
Nous avons particulièrement apprécié le mauzac blanc du domaine de Carcenac, ainsi que les vins Vigné-Lourac (les perles blanc, Assemblage de Mauzac, de Loin de l’Œil et de Sauvignon , de la cave Gayrel, un vin simple et savoureux servis au Buffet VIP offert par les vignerons Gaillacois) ; signalons aussi de la même maison le rond et gourmand Le Rubis rouge, Assemblage de Braucol, de Duras, de Syrah et de Merlot.
On pourra lire là un article sur le chapitre de l’Ordre de la Dive Bouteille de Gaillac qui se tenait concomitamment. Notre ami Pierre, grand Amphitryon du Conseil des Echansons de France, y fut intronisé, entouré d’une délégation de celui-ci, ainsi que 3 autres personnalités régionales.
A Cordes/Ciel, sublime village perché à l’histoire imposante, le vin de Gaillac nous était conté : l’ancienneté de son histoire,
la diversité de ses vins,
les caractéristiques des cépages locaux
Recvenons sur l’expression « Estre entre Gaillac et Rabastens ». Guillaume Gratiolet de France Bleue Occitanie nous assure ici qu’il s’agit d’une expression occitane très ancienne, à rapprocher d’autres comme « aver un pe dins las vinhas » ou « , prener la cigala « .
« La légende raconte que cette maxime trés ancienne vient [] de Lisle-sur-Tarn on y disait que les gens ivres n’avaient pas su choisir entre les vins de Gaillac et Rabastens et avaient donc dû les déguster à plusieurs reprises. »
Il rapporte aussi : « A Graulhet per d’aiga avèm pas set ! : (À Graulhet, pour de l’eau, nous n’avons pas soif ! ) De pan e de vin, lo rei pòt venir (Pain et vin, le roi peut venir). Cada jorn, un còp de vin, estalvia cinc sòus del medecin, (tous les jours, un verre de vin, épargne les cinq sous du médecin.) »
et conclut : « Nous faisons bien la différence avec Estre Sadol coma un pòrc o bandat coma una ascla être ivre mort si vous préférez et estre entre Gaillac et Rabastens, qui reste synonyme d’une légère consommation d’alcool« . Ouf !
Dans le Tarn, à quelques kilomètres au nord de Gaillac, à Broze, il est un musée qui présente une extraordinaire collection d’objets liés au vin et à la viticulture, l’InVINcible VIGNEron.
Elle est l’oeuvre de Theo Elzinga, un ci-devant vigneron dans le Muscadet, passionné par les objets du vin, qui a déménagé sa collection il y a une dizaine d’années pour ouvrir ce musée. Il comptait à l’époque quelques 8000 objets, il en compte plus du double aujourd’hui. Voir ici l’article que la Dépêche lui consacra à l’époque.
Nous avons pu le visiter, guidés par Manu, son gendre, en compagnie d’Henri Plageoles et de Michel Houdet, respectivement Grand-Chancelier et Commandeur de la Confrérie de la Dive Bouteille de Gaillac, et de nos amis Daniel Fréry, conservateur du Musée du Vin de Paris, et Pierre Jobard son adjoint.
Une impressionnante collection de plaques de cheminée accueille le visiteur.
Les anciennes cuves de ce bâtiment viticole sont intelligemment adaptées pour abriter des collections
Au fil des salles s’alignent les outils de vignerons, tonneliers, distillateurs, buveurs, publicitaires et des oeuvres artistiques, comme ce tableau représentant le port de Gaillac en 1863, dû au peintre Gordon Frickers,
ou cette scène de danse dans les vignes de Robert Rolland, un peintre et aquarelliste lyonnais.
On reconnait avec plaisir l’ habit de tonnelier de Nicolas de l’Armessin, déjà rencontré, des scènes de vendanges
des représentations religieuses,
un vendeur ambulant de vin, métier disparu
Il y a des statues de toutes sortes et de tout matériaux ( bronze, bois, céramique…) comme ces personnages bachiques
ce vigneron à la serpe
ces personnages « à cheval sur mon tonneau »
et ces figures féminines
Belle collection d’affiches publicitaires pour les vins et liqueurs
Qui connait encore cette Pimprenelle, censée remplacer le vin ?
Les produits phytosanitaires ne sont pas en reste
Voici encore des objets décoratifs : enseigne, assiettes, pendule, tonnelets,etc.
Les franciliens apprécieront cette assiette qui vante le vin de Suresne
Il y a bien bien sûr des représentations humoristiques, comme ces moines qui font bombance
peut-être se servaient-ils de cette gourde ?
et de cette canne tire-bouchon ?
Voici un code pénal à méditer
comme cette mise en garde contre la soulographie
Cette affiche, très datée 3ème république,, et particulièrement réactionnaire, est due à l’illustrateur et caricaturiste Achille Lemot
Puisqu’on est dans les alambics, en voici un plan :
Des alambics, il y en a!
La collection d’outils est impressionnante
Nous avons remarqué ces outils d’arrachage
et ces accessoires de cave (égouttoir, percefûts, pompe, robinets de fût-, vélo !)
Ici une machine de remuage, pour faire du champagne ?
Grande comme un petit département français (3640 km2), l’ile de Majorque compte quelques 1350 hectares de vignobles, principalement dans sa partie centrale et sur les pentes de la chaine « Tramontane » qui la domine au Nord.
Notre baptême du vin de Majorque, c’est avec ce « rosat Novell » aux « sutils aromes fruitals » servi par l’ami Francesco que nous le recevons.
L’histoire du vin à Majorque remonte aux romains. Outre l’usage religieux, beaucoup de fermes produisaient traditionnellement un vin de consommation courante à boire « ici et maintenant », comme dit Pierre Guigui.
ancien pressoir de la finca Son Pieras près de Llucmajor
Laissant le hasard guider nos pas, nous remontons la scénique route de la Tramontane
un clos sur la route de Valldemossa
qui ici est la montagne (et non pas le vent) du nord, et avisons Valldemossa, petite cité sise à 500 m d’altitude, fameuse pour son monastère, la Real Cartuja, ses visiteurs (George Sand et Chopin), ses ruelles, ses jardins, et la Santa Catalina dont chaque maison porte un carreau…
Nous y rencontrons Pablo, natif d’ Argentine qui tient une atypique « Boutique de vinos y camisetas personalizadas ».
Plasticien, il vend aussi sa production artistique dont voici quelques exemples.
Cette Cène rassemble des écrivains familiers de Majorque
Nous y dégustons ce savoureux malvoisie « Mar de Bé » de la Bodega Can Rubi.
On y peut lire aussi cette citation de Gustav Malher : « Un verre de vin au moment opportun vaut plus que toutes les richesses de la terre ».
Cette maison ( la Bodega Can Rubi) tient boutique à Santa Maria del Camí où le hasard mènera nos pas quelques jours plus tard.
On n’y goûte que le vin vendu en vrac, mais toute la production du domaine peut être achetée là, et notamment Mar de Bé, en version Malvoisie et Sauvignon blanc.
sur la route des vignes en DO Binissalem
Santa Maria del Camí est la porte d’entrée à l’ouest de la DO Binnissalem.
Un peu plus loin Binissalem nous accueille avec ses vendangeurs
Une petite faim ? la Ca s’hereu est l’endroit où retrouver pour déjeuner la population locale.
La bodega José L. Ferrer accueille les visiteurs avec ostentation
dans des locaux impressionnants où l’on note un effort de décoration.
A 500 mètres d’altitude, le monastère de Lluc jouit d’un site exceptionnel en pleine Serra de Tramuntana. Un musée y abrite quelques bijoux dans la collection du peintre Josep Coll Bardolet,
comme ce dessin de buveurs attablés devant de grands foudres
ou ces « trois portraits » au verre et au raisin de Pau Fornés
et cette scène champêtre sur un petit éventail très 18ème, sans doute plus tardif en Espagne.
Terminons cette promenade majorquine avec ces quelques images rapportées de Palma, la capitale. Ces grappes de raisin ont été placées dans La Chapelle San Pedro de la cathédrale de Palma (la Seu) par Miquel Barceló, lors d’une rénovation dans les années 2000.
Le Castell Bellver, citadelle circulaire qui domine la ville, abrite un musée d’Histoire de la Cité de Palma. On y a vu ce joli carreau de faïence, représentant un marchand de vin en pleine action
et cette « hermadionisiac » sculpture du 18ème, d’après l’antique.
On quitte Majorque avec le sentiment qu’il reste encore beaucoup à voir, et à boire !
C’est au Palais Longchamp, château construit en pierre de Calissane et inauguré en 1869 pour accueillir les eaux de la Durance conduites par le canal de Marseille, qu’est logé depuis lors ce joli musée créé sous le Consulat.
Il abrite bien des trésors, comme cette vue du Cours (aujourd’hui Belsunce) , du peintre Michel Serre, après la grande peste de 1720 qui emporta la moitié de la population.
Mais ne nous dispersons pas. On peut aussi y voir cette statue de Lesbie, une coupe à la main, et de son moineau, de François Truphème (1820-1888).
Lesbie, « muse aux moeurs très volages » aimée du poète Catulle, vivait au 1er siècle avant notre ère à Rome. Elle tient ici une coupe à la main, et tient sur l’épaule un passereau qui ne l’a quittait pas, mais…
Pleurez, Grâces ; pleurez, Amours ; pleurez, vous tous, hommes aimables ! il n’est plus, le passereau de mon amie, le passereau, délices de ma Lesbie ! ce passereau qu’elle aimait plus que ses yeux ! Il était si caressant ! il connaissait sa maîtresse, comme une jeune fille connaît sa mère : aussi jamais il ne s’éloignait d’elle ; mais, voltigeant sans cesse autour de Lesbie, il semblait l’appeler sans cesse par son gazouillement. Et maintenant il erre sur ces ténébreux rivages que l’on passe, dit-on, sans retour.
Un peu plus loin, Bacchus se repose, une grappe à la main (oeuvre de Gilles Garcin (1647-1702))
Sur la grève , des pêcheurs pique-niquent
et l’un boit à la régalade (oeuvre d’Alphonse Moutte 1840-1913).
Terminons avec. ce festin nocturne (détail), d’Adolphe Monticelli (1824-1886), qui inspira Van Gogh.
De Borgomaro à la frontière slovène on traverse bien des régions viticoles aux noms inspirants : Alba, Asti au Piémont ; Lambrusco en Lombardie ; Bardolino, Valpoliccella, Prosecco, Soave en Vénétie… Mais tel Ulysse insensible aux chants des sirènes, on ne déviera pas de l’itinéraire. Nous sommes attendus.
Pour qui ne la connaît pas, la Slovénie est un pays d’à peine 20 000 km2 aux multiples terroirs viticoles. Nous en connaissions quelques uns, mais pas ceux de l’ouest, voisins de l’Italie. Le voyage-découverte organisé en juillet dernier par la FICB nous a donné l’occasion de les découvrir.
La Primorska (région du Littoral), comprend 4 terroirs où les influences méditerranéenne et alpine (avec Burja/Bora, le vent du nord) jouent diversement. On y produit principalement des blancs, tranquilles et effervescents, à partir de cépages autochtones (on entendra souvent parler de teran, de rebula, de malvazija, de refošket de pinela) et internationaux.
La viticulture y existe depuis l’époque romaine, comme l’attestent ces trouvailles archéologiques.
grains de raisin et céramiques d’époque romaine
La culture de la vigne a perduré jusqu’aux temps modernes,
(ci-dessous un pressoir à deux vis, et des photos de moyens de transport d’époque)
étiquettes du temps de la Yougoslavie
Depuis les années 90 la passion des hommes et la technologie lui valent, on le verra, un nouvel essor.
Nova Gorica est la principale ville de la région, elle s’est développée à côté, après son attribution à l’Italie après chacune des guerres mondiales, de l’ancienne ville de Gorizia, tragiquement fameuse pour la meurtrière bataille de 1916 (près de 100 000 morts) immortalisée par cette chanson. La région fut aussi le théâtre en 394 d’une autre bataille entre l’empereur très chrétien d’Orient Théodose, qui l’emporta aidé par le terrible vent du Nord Borja, et le co-empereur d’Occident, favorable aux païens, Eugène…
Du nord au sud, Goriška Brda (Collio en Italie) s’étend de part et d’autre de la frontière, le cépage emblématique est la rebula (ribolla), aux arômes d’agrumes et fruités, parmi de nombreux autres.
Dans la Vallée de la Vipava on trouve les variétés autochtones zelen, pinela et autres cépages blancs, Klarnica, Pikolit, Pergolin, Planinka.. mais aussi merlot, sauvignon, chardonnay…
Dans le Kras (Karst) prédomine le cépage rouge Teran (ou Terrano, de » terra rossa »)
Štanjel, village emblématique du Kras
En Istrie slovène, Refosco et Malvazja Istarka sont renommés.
Impossible de ne pas citer aussi en Brda Aleš Kristančič et son domaine Movia, ci-dessous avec notre guide Marin Berovič
Dégustation au domaine Movia
Un exemple d’accord mets-vins au restaurant gastronomique Pikol, à Nova Gorica
Dégustation matinale d’un zelena effervescent au chateau Zemono
Les dégustations se succèdent, nous voici maintenant à Vipava, dans un local de l’Université de Nova Gorica, avec les vignerons de la vallée de Vipava. Il y a fort à faire.
L’ambiance aidant, des slovènes se sont mis à chanter.
Sur le plateau du Karst se dresse le petit village fortifié de Štanjel, un bel endroit pour déguster l’étonnant Teran rouge effervescent.
La côte adriatique n’est qu’à une petite heure de route. C’est à Koper qu’on y boira les meilleurs vins.
La maison Vinakoper dont on peut admirer le portail ci-dessous, s’enorgueillit du plus grand foudre d’Europe (41 427 litres).
Elle produit ses vins sur 570 hectares répartis dans toute l’Istrie. A côté,la maison Rodica sur ses 15 hectares fait piètre figure en quantité, mais quels vins !
dans la cave du domaine Rodica
Trois jours pour cette pléthore de cépages et de vins, c’est peu , et c’est beaucoup ! Manifestement, la production se positionne à la fois sur des vins « classiques » à partir de cépages internationaux, et sur des vins à base de cépages autochtones, les plus intéressants pour l’amateur curieux. Quoiqu’il en soit, on en conclura, comme dit la chanson, qu’en Primorska, il y a du bon vin !
Salut à nos amis slovènes qui nous ont guidé et accompagné,
Janesž Dežman, (Chevalier de l’Ordre Slovène du vin (ZDRUZENJE SLOVENSKEGA REDA VITEZOV VINA)
Pr. Dr. Marin Berovič OEVE Consulat Za Slovenjo
et à tous les amis rencontrés, venus d’Autriche, Hongrie et de Suisse.
un choeur franco-suisse improvisé
Une mention spéciale pour Susanne Duacsek à qui l’on doit plusieurs photos.
V Čast Vini in Domovini ! (En l’honneur du vin et de la patrie)
In Honorem Dei et In Honorem Vini !
Tchin
Quelques bouteilles bues…
Ce voyage s’est déroulé dans le cadre d’un séjour-découverte, formule proposée par la FICB (Fédération Internationale des Confréries Bachiques). Il est proposé en priorité aux membres des confréries adhérentes mais ouvert à tous. On en trouvera le programme ici et un bref compte-rendu là.
L’oenotourisme à vélo se développe. Celui-ci exposé au restaurant Kogo de Vinakoper donnerait-il des idées ?
En route pour la Slovénie, depuis la Provence, en passant par l’Italie, on a toutes les chances de rater Borgomaro, ce petit village de Ligurie, posé dans les collines au-dessus d’Imperia, dans une région de production d’huile d’olive, près de la côte donc, mais suffisamment éloigné pour qu’on n’y aille pas par hasard. Ce serait dommage. Outre que le site est joli, il s’y trouve, au bord d’une rivière encaissée, une étonnante Osteria : Censin da Bea.
Ici, pas de menu, on s’installe simplement et le service s’affaire.
Le vin blanc du pays (légèrement frizzante) et rouge en carafe est proposé à volonté, et la ronde des antipasti commence : olives, saucissons sec et piquant, tomates confites, champignons marinés, fromages sont servis sur une planche
Puis viennent, successivement : la tranche de melon et son prosciutto, la tranche d’espadon mariné, la bruschetta (croutons) et ses pomodore, la tarte chaude aux légumes, les beignets de poisson, la salade de tomates, la salade russe, les aubergines grillées
Changement d’assiettes, voilà les plats chauds : poivrons à la crème d’anchois, raviolis parfumés à l’origan, gnocchis accommodés de seiche, cabriole en sauce, truite poêlée et enfin les escargots en sauce vineuse.
(On espère n’avoir rien oublié) Les desserts (tiramisu, etc.) sont proposés au choix, avec des meringues aux noisettes
On ne partira pas sans dire la prière du vin
et sans trinquer au limoncello avec Marco, le patron,
pour qui l’alcool n’est pas un problème.
Inflation oblige, le prix n’est plus de XXX, mais de XXXV euro. Qui dit mieux ?
Il est à Barbizon une ancienne auberge, aujourd’hui musée, qui accueillit jadis des artistes désireux, à l’instar de Camille Corot, de sortir leurs chevalets et d’aller peindre dans la nature. Barbizon, en bordure de la forêt de Fontainebleau, accessible depuis la capitale, s’y prêtait bien et fit école. Le ménage Ganne les accueillera dans son épicerie transformée en auberge.
Investissant le lieu, ils y peignirent murs et boiseries, et laissèrent nombre d’œuvres. En voici quelques unes.
La noce de la fille Ganne, dont le père de l’époux, photographe, était lui-même peintre, en mars 1859, fur mémorable. « Quiconque arrivait était tenu de boire à la santé de la mariée. .. C’est Corot qui nous a montré comment on pratique la danse des bouteilles », écrira l’un des participants, le peintre René Ménard.
Nous poursuivons la relation de notre visite au Portugal, où nous sommes venus pour participer au Congrès de la Fédération Internationale des Confréries Bachiques au cours duquel nous avons découvert ces deux régions du Nord du Portugal. L’une produit le vin du même nom, l’autre le célèbre Porto.
Le Vinho Verde, Le vin vert, ce n’est donc pas qu’un vin, c’est aussi une région située au Nord-ouest du Portugal, où le vent du Nord souffle et rafraichit océan et région côtière. La terre ne manque pas d’eau, le pays est bien vert. La vigne est cultivée en hauteur, et les raisins, exposés à l’humidité et aux maladies, sont généralement vendangés avant d’arriver à maturité. Le vint « vert « est donc peu alcoolisé, sec et gagne à être bu frais. Historiquement majoritairement rouge, c’est le blanc qui prédomine dorénavant. Une multiplicité de cépages (45…) induisent certainement une multiplicité de vins. Nous en retenons un : Casa da Senra, de cépage loureiro.
C’est à Viana do Castelo que la Confraria do Vinho Verde a célébré son 54ème chapitre ; une trentaine de congressistes ont été intronisés.
On reconnaitra un costume et une tête bien connus des amis du Clos !
Les danses folkloriques ne nous ont pas surpris, de semblables ont bien souvent accompagné nos chapitres clamartois.
La Confrérie du Vinho Verde a un hymne, l’âme du vinho verde ! (Artur Coimbra, João Martins). Le voici, chanté par Cristina Lima
Desde a raiz da memória Nas terras férteis do Minho Colhe-se na tradição O mais saboroso vinho! Nas festas e romarias Por esse país profundo Brinda-se à alegria Com o melhor néctar do mun- do!
REFRÃO Pelo nosso vinho verde Que aquece o dia a dia Pelos confrades, enfim Viva a nossa Confraria!
No mais fresco vinho verde Constrói a alma o seu hino Entre a serra e o mar É que se bebe o destino! Numa mesa portuguesa Sobre a toalha de linho Há sempre um naco de pão E um bom copo de vinho!
REFRÃO
Nas lides dos nossos campos Quando é p’ra descansar Põe-se a merenda ao dispor E um tinto a acompanhar! Não há vinho como o nosso Regado a esforço e suor O sangue de todo um povo Num copo de puro amor!
Il faut signaler ici que la version portugaise du fameux Vino Griego a été adaptée, et a pour titre ici « Verde Vinho » ! L’exil des portugais vaut bien celui des grecs ! Elle est chantée par Paulo Alexandre.
Vamos brindar com vinho verde Que é do meu Portugal E o vinho verde me fará recordar A aldeia branca que deixei atrás do mar.
Allons trinquer au vinho verde Qui est de mon Portugal Et le vinho verde me rappellera Mon village blanc au-delà de la mer.
Vamos brindar com verde vinho P’ra que possa cantar, canções do Minho Que me fazem sonhar, Com o momento de voltar ao lar.
Allons trinquer au vinho verde Qu’on puisse chanter, les chansons du Minho Qui font me font rêver, Au moment de retourner à la maison
___________
Au delà des serras do Marão et de Montemuro, la région du Douro jouit d’un climat méditerranéen beaucoup plus clément. Le paysage de collines en terrasses est superbe, et a été classé par L’Unesco.
La Quinta da Pacheca, dont le nom rend hommage à la première propriétaire identifiée (1738) du domaine, Da. Mariana Pacheco Pereira, produit des vins Douro DOC et Porto. Ce fut le lieu d’une belle dégustation.
Le vin de Porto rouge est fortifié après quelques jours de macération par ajout d’eau de vie de vin à 77°, stoppant ainsi la fermentation, puis passe quelques années en fût ou en foudre. Le tawny est le produit phare, mais le porto blanc, plus sec, s’avère agréable à l’apéritif.
Sa production est sans commune mesure avec celle du Madère. On en saura plus sur le Porto en lisant la synthèse de wikipedia.
Cette curieuse structure prolonge la vie d’un chêne multi-séculaire. Son nom : Nectar da Pacheca, son auteur : Oscar Rodrigues (2014).
Voici une autre oeuvre vue sur place.
Le retour en bateau vers Porto donne l’occasion d’admirer les incroyables paysages du Douro et de franchir la plus haute écluse d’Europe (36m).
Le chapitre de la confrérie du vin de Porto était parfaitement rythmée. Toutes les confréries présentes ont été intronisées.
Et du porto 10 anos Tawny fut servi au diner de gala dans l’historique maison de la Douane.
Ne quittons pas le Portugal sans écouter les commandements du vin !
Sait-on que ces deux villes qui se font face de part et d’autre du Douro ont donné leur nom au Portugal ? Nous y avons passé quelques jours à l’occasion du 52ème Congrès de la Fédération Internationale des Confréries Bachiques, événement qui a lieu tous les 2-3 ans et qui était oreganisé cette année par les confréries portugaises.
Commençons par Porto, ville bâtie sur des collines au bord du Douro.
Le Palacio da Bolsa, célèbre pour son salon arabe, contient quelques peintures de grande taille de Jose Maria Veloso Salgado représentant transport maritime
ou encore les vendanges
Une autre scène de vendanges, toute en azulejos, peut être vue à la gare San Bento
où nous avons aussi croisé ces soldats au repos et ce camion de livraison de Trovador Rosé (un vin du nord du Portugal). C’était une autre époque (la scène doit dater de la révolution des oeillets, en 1974)
La maison du collectionneur Fernando de Castro est maintenant un musée,( incroyable capharnaüm de mobilier et décorations d’église),
où l’on trouve aussi quelque pièces intéressantes de notre point de vue, comme ce petit chariot transportant un tonneau
et ces céramiques de buveurs
et plus rare, ce couple en grande conversation.
Voici aussi un dessin d’humour représentant un Dr Artaete attablé
6 ponts permettent de rallier Villa nova de Gaia depuis Porto. C’est là que sont les maisons de vin de Porto, à pied d’oeuvre pour expédier les barriques.
Une bouteille perchée l’annonce fièrement au visiteur franchissant le pont Luis.
Chez Ramos Pinto, on peut apprécier ces affiches publicitaires qui datent du début du 20ème siècle et dont nous avons identifié quelques auteurs comme Leopoldo Metlicovitz ou René Vincent…
Les passants sont invités à prendre place !
Mais c’est au WoW que nous avons fait les plus belles découvertes. Ce complexe comporte boutiques, restaurants et musées. L’un d’eux abrite la collection d’Adrian Bridge ; ce musée archéologique présente près de deux mille pièces de vaisselle antiques ou plus récentes, de différentes cultures : 9000 ans de libations !
Nous sommes accueillis par cette vendangeuse
et cette table de dégustation d’un domaine bordelais apparemment disparu…
C’est en Chine, à Jiahu que serait attestée la plus ancienne trace de vin, il y a 9000 ans, soit 1000 ans avant les traces trouvées en Géorgie à Gadachrili Gora et Shulaveris. Mais les récipients présentés ne remontent pas aussi loin !
Cette figurine en terre cuite portant deux coupes provient de la vallée de l’Indus (vers – 2500-2000)
Cette coupe en argent finement ouvragée aux frises de vigne a été trouvée à Marlik dans l’ancienne Perse (vers -1400-1000)
Cette phiale en or provient de Phénicie (vers -700-500)
Cet archetype de vase grec représente Herakles et Dionyisos kantharos en main, en joyeuse compagnie…
Nous voici à Rome, avec cette statuette en bronze, ce calice aux 3 rangs d’écailles de pin, et une terre cuite romaine représentant Bacchus thyrse et coupe en main
Plus proche de nous, mais plus loin géographiquement, ce calice inca
Ce keru en cuivre de la même origine était clairement destiné aux libations comme on peut le voir en observant le détail
Bien plus proches de nous, ces verres servaient pour des jeux de boisson (il fallait boire d’un seul coup d’un trait à l’autre)
Ce grand verre de l’époque des mousquetaires (?) est joliment décoré
Rien n’arrête l’imagination, avec ce gobelet à deux coupes représentant une jeune mariée, qui permettait à un couple de boire de concert.
Ce gobelet a usage militaire (20ème siècle) est pratique car, téléscopique, il tient dans un petit étui.
Ces personnages en céramique émaillée nous rappellent ceux vus au musée Fernando de Castro
Admirons aussi cette carafe finement ouvragée
et cette chope en marbre qui ne l’est pas moins
La visite se conclut avec cette vitrine de verres radioactifs qui brillent d’une lumière fluorescente verte quand ils sont placés sous une lumière ultraviolette
En ce qui concerne le Portugal, on a eu des informations intéressantes lors de la conférence donnée par le Professeur J.A. Gonçalves Guimarães sur le thème « Vin et culture au Portugal » dans le cadre du congrès de la FICB, où plusieurs pièces intéressantes, témoignant de l’antiquité de la culture de la vigne, ont été présentées.
Voici un sarcophage romain avec des scènes de vigne, du 3ème siècle, trouvé à Castanheira do Ribateijo (au musée national d’archéologie de Lisbonne)
Cet élément de colonne wisigoth date du 5-6ème siècle (Vale de Aguieiro)
cette pierre du 8ème (Lisbonne)
et ce linteau du 11 ème (Castelo de Soure, près de Coimbra)
Scène de vendange, Oeuvre du Moine Egas (1189), au monastère de Lorvão, à Coimbra
Taille de la vigne, livre d’heures du roi D.Manuel, par Antonio de Holanda (1517-1538)
Cette sculpture dorée est au monastère San Bento da Victoria à Porto (17ème siècle)
les saints patrons de la vigne et du vin au Portugal sont Saint Vincent de Saragosse, St Martin de Tours, et St Gonçalo d’Amarante (12ème siècle, qui aurait fait jaillir du vin d’un rocher en le frappant d’un bâton pour nourrir des ouvriers ; son nom est aussi associé à des patisseries érotiques et des rites de fertilité)
Voici enfin des vues du port de Porto au 19ème siècle et au 20ème.
La conférence s’est terminée sur ce « toast aux jeunes mariés »(Saúde aos Noivos) du peintre portugais Carlos Reis. Saúde !( et merci au conférencier !)
On connait aussi de Carlos Reis Plus de vin (connu aussi comme the empty flagon, 1932)
Tout cela donne soif, c’est l’heure des dégustation des vins du Portugal, mais aussi des vins venus du monde entier. Tchin !
Le voyageur qui débarque sur cette île des Caraïbes ne s’attend certes pas à y trouver du vin, mais bien plutôt du rhum décliné sous toutes sortes de formes. Nous ferons donc une exception à notre ligne éditoriale, même si…
C’est bien sûr l’esprit du jus fermenté de la caña que l’on va fréquenter assidûment. Les cocktails sont légion (l’ouvrage Aromas y cocteles de Cuba en recense une vingtaine)
du mentholé « mojito », omniprésent,
au « marasqué » daïquiri, sans oublier le cuba libre à la cola (pero sin coca–cola), sans oublier la miellée canchánchara que l’on boit à Trinidad.
L’ombre d’Ernest Hemingway plane sur les bars antiques, aujourd’hui monuments historiques envahis de musique de La Havane, comme la Bodeguita del Medio
ou le Floridita (voir la statue du maître au fond à gauche)
L’homme était routinier semble-t-il…
Il ne devait pas fréquenter la casa del Ron de Varadero, la grande plage du Nord
mais peut-être ne dédaignait-il pas un simple verre de « guarapo » (jus de canne) ?
Quant au jus de la. treille, nous en avons rencontré en écoutant le trovador Pavel Esquerra.
Ce troubadour, « auteur-compositeur-interprète » comme on dirait chez nous, féru de poésie française et auteur de milliers de chansons (une par jour ?!?), avait réuni quelques amis à l’occasion de la semaine de la culture. (Voir à son sujet cet article : Avec la fièvre de l’art dans les veines)
Il faisait chaud et une bouteille fit son apparition.
Du vin cubain ! produit non loin de Trinidad, à Sancti Spiritus, rosé, un peu douceâtre peut-être, à boire bien frais !
Voici une belle treille découverte dans le patio du café Trinidad à Trinidad.
Il nous reste les musées pour trouver des oeuvres anciennes de l’univers de la vigne et du vin. En voici quelques jolies en faience ou porcelaine, évoquant bacchanales et vendanges.
Ces scènes bachiques décorent un secrétaire au musée historique de Trinidad.
Voici aussi deux statues
et ce médaillon dont on ne sait trop à quelle tradition il se réfère.
Ce vase a été vu à Cienfuegos
Ce panneau décoratif avec une bouteille de vin de Beaune et ces porte-bouteilles se trouvent dans un restaurant de Playa Giron (Giron Especial !) !
Concluons ce tour de l’île avec cette photo historique de Fidel partageant le réveillon de Noël avec des « carboneros ».
Et ne quittons pas Cuba sans saluer cet autre Fidel, manifestement heureux d’ouvrir et de partager cette bouteille de « nectar de Paris »
N’y a t-il pas meilleure illustration de la chanson:
« et puis on a débouché, en riant à l’avance, du champagne de France et l’on a dansé ! » ?