vendanges 2008

C’est désormais officiel : elles auront lieu à Clamart les 12 et 13 septembre pour les raisins hâtifs, les 26 et 27 pour les autres (hors sémillon).

tonnelle

Quant au raisin du Clos des Volontaires, il se porte bien, mais il est loin d’être mûr.

terrasse

Nous le récolterons donc en fin de mois.

Amis du Clos, venez nous rejoindre le vendredi 26 septermbre à partir de 19h pour cette nouvelle vendange, propice à l’amitié et aux effusions !

Bacchus en Languedoc

entréebacchique

C’est à Saint-Gervais-sur-Mare (Hérault), où la culture du châtaignier a assuré longtemps le monopole régional de la confection de cercles de barriques, que nous avons déniché cette entrée de maison, vouée à Bacchus nous a-t-on dit…

Qui saurait nous dire son âge et son histoire ?

portebacchique

 

Et que dire de cette horloge trouvée au Fau (belle chambre d’hôtes à Castanet le Haut) ?

Ne voici pas Bacchus réconcilié avec Chronos ?

basdhorloge

horlogefloue

 

 

In memoriam… Château Milhière

Les châteaux meurent aussi, mais peuvent survivre longtemps dans la mémoire des hommes.

On se souvient encore à Bandol et à Sanary de ce Château Milhière qui dans les années trente releva, sous la houlette d’un homme venu de Suisse – André Roethlisberger, le drapeau un peu défraîchi des vins de Bandol. Il disparut dans les années soixante-dix, pour être démantelé au profit de l’urbanisation….

Pas tout à fait puisque ses descendants y conservent de précieuses reliques….

Qu’on pardonne ces vers

A l’imprudent poète

Mirliton

Qui passant par Milhière

Fit cette chansonnette

Sans façon

Tu fais toujours le fier

Le long du vieux chemin

De Toulon

Mais tu n’as plus les terres

Qui t’ont valu tes vins

De renom

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Tu dresses haut ta tête

Crénelée au dessus

Des maisons

Est-ce que tu regrettes

L’ancien temps où tu fus

Vigneron ?

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Des foudr'(es) au ventre creux

Dans tes caves sont à

L’abandon

Vides du jus fameux

Qui jadis occupa

Leurs flancs ronds

Où Bacchus affalé

Par le génie d’Erni

tient salon

Parmi les araignées

les cafards les souris

les flacons.

Prend garde mon gaillard

A l’oubli des ingrats

Nom de nom

Que ton glorieux nectar

naguère empamoisa

De frissons !

Mais si tu persévères

Les enfants du pays

N’oublieront

Qu’ici Roethlisberger

Suisse d’ Alémanie

Fit ton nom.

etiquette

Qu’on pardonne ces vers

A l’imprudent poète

Mirliton

Qui passant par Milhière

Fit cette chansonnette

Sans façon…

POST SCRIPTUM (2005)

quelques photos publiées par l’ordre de Méduse sur FaceBook

vin en peinture

On se souvient d’être resté sur notre faim lors d’une conférence récente. Rien de tel qu’une petite explo sur le net pour traiter un tel sujet. Bonne pioche ! Voir par exemple la galerie présentée sur le site de vivre sans alcool. En voici quelques uns, classiques ou récents, glanés ici et là.

 jeunefilleauverrevermeer

la jeune fille au verre, de Vermeer

la bacchanale du Titien

 bacchuscaravage

Bacchus de Caravaggio

 buveursvelasquez

les buveurs de velasquez

le roi boit de Jordaens

quelques oeuvres vues à l’expo Corinth au Md’O

corinthchampagne

(autoportrait au champagne)

corinthbacchants

bacchants et bacchanales

corinthbacchanale

isislacombe

isis de georges lacombe (pas de la peinture, mais bien du rouge qui tache !)

vive le vin de Stephan Beauvais

vinetpeinture

??? (vendu sur e-bay !)

et pour finir, une tête connue des amis du clos, non ?

lebuveur-amendola.1213861000.jpg

Symposium des vins d’Ile de France

Tous les deux ans les vignerons franciliens se réunissent, sous l’égide de l’association Cocorico , en Symposium , pour échanger et réfléchir à l’avenir. Cette année, ce symposium (le onzième), avait lieu à Montmartre, dans le très beau gymnase Ronsard à l’architecture eiffelienne.

symposium

Le programme était chargé. Conférences le matin, élection de la reine des vignes et défilé l’après-midi, repas arrosés avec l’aimable concours de la prévention routière qui prodiguait ses conseils et distribuait des alcootests, diner de gala où furent annoncés les résultats du Concours des Vins d’Ile de France…

On retiendra surtout des conférences de MM. Joël Rochard (de l’Institut Francais de la Vigne et du Vin ) et Chris Foss (du Plumpton College , East Sussex) que le réchauffement est bien en marche, et qu’il a pour effet la montée de la vigne vers le Nord.

Voila t’il pas qu’elle retrouve des contrées accueilantes en Angleterre où, nous a-t-on dit, elle florissait au Moyen age au temps des Normands et des monastères ? Las, le mariage d’Henri II d’Angleterre avec Alienor d’Aquitaine qui apportait dans sa corbeille les crus de Bordeaux, au XIIeme siècle, puis les démêlés d’Henri VIII avec Rome au XVIeme siecle mettant à mal les monasteres producteurs de vin, le petit âge de glace qui sévit ensuite jusqu’au milieu du XIXeme, enfin un fléau terrible,l’oidum, eurent raison du vignoble qui disparut presque complètement.

Mais les temps changent et le professeur Selley, de l’Imperial College (cité par Chris Foss), voit l’avenir en rose :

cartevinsangleterre
Ceci dit ce n’est pas encore fait : 1000 hectares seraient plantées aujourd’hui.

Un autre effet du réchauffement, outre l’avance de la date des vendanges, est la probable nécessité de revoir à terme l’encépagement des terroirs, beaucoup de variétés ne s’épanouissant que dans des climats très spécifiques. Si l’année caniculaire 2003 devait être une année normale aux alentours de 2050, voire presque fraiche vers 2080 , faudra-t-il planter du syrah à Bordeaux ?

michelausympo

On reste glacé d’effroi devant ces perspectives.

André Roussard, qui tient une galerie de tableaux rue du Mont-Cenis, rappella l’histoire de la vigne à Montmartre.

On apprit ainsi que c’est lorsque le « maquis » du nord de la butte fut rasé dans les années trente, que l’emplacement échappa à un destin immobilier pour laisser la place à la vigne, grâce à la Commune Libre et à la République de Montmartre emmenés par le peintre Francisque Poulbot, et que des pieds de vigne envoyés de toute la France y furent plantés (aujourd’hui l’essentiel est planté en gamay et pinot noir).

Quant aux oeuvres d’art, il n’y en aurait guère de très connues qui soient consacrés à la vigne et au vin, la peinture hollandaise mise à part. On pense en effet à Vermeer (la jeune fille au verre de vin…) ou à Frans Van Mieris le vieux (scène de taverne), mais nous restons sur notre faim.

Heureusement vint l’excellent déjeuner animé par le « crooner » Jean-Jacques Delaunay , puis vint l’heure de l’élection de la reine.

reinesdunjoureventail

laquelle auront choisi les juges?

C’est Montmartre qui l’emporta.

Puis vint le défilé, où l’on put voir les vignerons de Clamart parmi vingt autres confréries.

clamartàmtmartre

Nous n’étions pas au dîner de gala ni au pique-nique guinguette du dimanche, mais on nous en a dit grand bien.

Pour conclure, donnons les résultats du concours des vins décernés par le jury présidé par Philippe Faure-Brac (meilleur sommelier du monde 1992, rappelons-le).

En blanc 2006 :

Or : Pressoir Auversois d’Auvers/Oise; Argent : Clos St-Vincent de Noisy-le-Grand ; Bronze : Compagnons d’Irminon de Combs-la-Ville

En blanc 2007 :

Or : non décerné ; Argent : Enclos St-Maur de St-Maur des Fossés ; Bronze : Clos St-Vincent de Noisy-le-Grand

En rouge 2006 :

Or : non décerné ; Argent : non décerné ; Bronze : Clos Bréon de Coubron

En rouge 2007 :

Or : non décerné ; Argent : non décerné ; Bronze : Clos Bréon de Coubron

Prix du jury : Clos des Collines de Gagny (pour son rosé)

Sic transit gloria mundi… En 2004 Clamart avait le Bronze pour son blanc, ce temps n’est plus.

Par Franquet, au travail vignerons !

mont valerien

La vigne prospère depuis des lustres sur les pentes du Mont Valérien, qui domine la Seine à l’ouest de Paris : un hectare planté à Suresnes en témoigne.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’elle prospère aussi au sommet du Mont, dans l’enceinte du fort de Mont Valérien. Avec quelques amis du Clos, répondant à l’invitation du Colonel Bodin rencontré lors des voeux du maire de Suresnes, nous sommes allés y voir de plus près.

Après avoir longé avec émotion le cimetière américain et le mémorial de la France Combattante, nous avons pris le chemin du fort où, après le contrôle des identités, un motard nous a escorté jusqu’au restaurant où le maitre d’hôtel Isidore nous attendait avec un apéritif.

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M. Bouquillon, conservateur honoraire du musée des transmissions, l’a ensuite fait visiter. On a ainsi pu notamment constater l’évolution considérable depuis le télégraphe de Chappe jusqu’aux systèmes TSF , avec le morse et l’alphabet CCITT n°2, sans oublier les pigeons voyageurs et les chiens messagers.

lenseigne

Nous avons ensuite pu apprécié la magnifique vue sur Paris et le Sud-Ouest de la Région parisienne depuis l’esplanade, où trône le canon marin « la Valérie » capable d’envoyer une charge de cent kilos à 10 km.

vuedumont

Finalement, nous sommes allés à la vigne, plantée il y a deux ou trois ans au-dessus de la chapelle souterraine. Nous avons dénombré 17 pieds (apparemment du chasselas).

lavignedumont

Rebroussant chemin, la balade s’est terminée « au père lapin » ,

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sympathique guinguette suresnoise à l’étonnant mobilier (venu des Adirondack ?)

tablauperelapin

et où la vigne pousse aussi (mais il faut bien chercher).

vignauperelapin

Buvons ! par Bréon

Ce pourrait bien être la devise de la Confrérie des Compagnons du Clos de Bréon à Coubron (93), si l’on en juge par la reproduction diffusée lors de son dernier chapitre :

buvons

Mais qui est donc ce Bréon ?

Le fondateur peut-être du village de Coubron. Au Vème millénaire avant J.C., des colons (danubiens ?) s’y seraient installés et lui auraient donné le nom de Curtis Bréonis , la terre ou domaine de Bréon (dont le nom d’origine germanique signifierait large ou fort).

D’autres prétendent que ce serait un romain nommé Bréonus, qui cultivait des vignes, et s’installa à Coubron pour en planter.

Difficile de trancher. Toujours est-il que cette injonction ne tombait pas dans l’oreille de sourds ce dimanche 18 mai lors du onzième chapitre de cette sympathique confrérie.

Car il y avait là, venus de toute l’Ile de France, des représentants des coteaux briards de Coulommiers, du petit vin blanc de Nogent, de Joinville-le-Pont, de la pomme de Villiers sur Morin, des 3 grappes de villiers sur Marne, des collines de Gagny, et bien sûr du Clos de Clamart ; et aussi de Saint Romain en Bordelais, de la Marmite d’Or de Tours, du Cep de la pointe du Médoc… et, pour finir en apothéose, les compagnons du boitchu de la saucisse de Montbéliard, en chair et en (ou sans, c’est selon) os…

Tous gens à ne pas dédaigner de lever le coude.

On a ainsi pu faire connaissance du grand-maître René Chemouni et de ses confrères, découvrir les deux vins du clos de Bréon : le blanc (sauvignon), et le rouge (assemblage de pinot noir et meunier),

bouteillebreon

défiler en musique derrière le petit triporteur

triporteurzoom

triporteur

filmcoubron

et guincher avec DJ Patrice au cours du déjeuner dansant. A bientôt Coubron !

la vigne en jeu

Il fallait que quelqu’un le fasse. C’est fait : la vigne est mise en jeu !

Son auteur est Gilles Bourjade, que son parcours atypique (acteur avant d’être exploitant viticole) prédisposait sans doute à cette initiative.

bourjade et sonjeu

Vign’enjeu se présente comme une sorte de monopoly circulaire

vign'enjeu

où chaque joueur doit faire avec la météo, les aléas de toute sorte pour mener à bien les travaux viticoles jusqu’à la vendange. (Faire du vin, ce sera pour un autre jeu).

articledepresse

Nous en reparlerons, après y avoir joué !

QUIZ

Dans nos guinguettes de Paris quelle est donc la boisson piquante qui ravigote les esprits ?

Quelle était l’âcre saveur que les vieux guerriers russes et prussiens, courbés et blanchis soixante années après l’invasion de 1815, rêvaient encore de goûter ?

Quel est encore ce vin « à la si jolie couleur de groseille » dont parle Victor Hugo, qui, dégusté « sans eau, [] n’est vraiment pas mauvais » ?

Ami lecteur, le bon clos l’a découvert pour toi :

« C’est le vin coquet, le vin clairet… que l’on boit à Suresnes.

Curieusement, c’est dans les années 70 du 19eme siècle, après le Second Empire, qu’il reçoit la consécration littéraire et musicale, si l’on en juge par ces trois références :

« Ruines et Fantômes « , par Jules Claretie date de 1873. Apprenant la mort de Napoléon III, l’écrivain évoque la visite du czar en 1867 et se remémore 1815 :

Mais quelle chose bizarre, me disais-je alors, que ce voyage tout fraternel de l’empereur de Russie rappelle inévitablement la tournée moins amicale de 1815 ! Au fait, pourquoi oublierions-nous cette date assez cruelle, lorsque nos voisins mettent un soin si tenace à se la rappeler?
Et j’ajoutais:
–A cette heure, il y a, de par le monde, en Prusse et en Russie, de braves gens qui se racontent avec une espérance avide la légende de l’invasion. Il y a de vieux guerriers courbés et blanchis qui ont gardé sur les lèvres l’âcre saveur du vin de Suresnes, et qui voudraient bien encore en goûter.

Dans ses « mémoires de la vie littéraire » (le Journal) Edmond de Goncourt relate un dîner en août 1873 , chez Victor Hugo. Le grand homme est intarissable, la soif le prend :

Il s’interrompt:

«Donnez-moi à boire, non pas du vin supérieur que boivent ces messieurs (il fait allusion à une bouteille de Saint-Estèphe) mais du vin ordinaire, quand il est sincère, c’est celui que je préfère, non pas du Bourgogne, par exemple: ça donne la goutte à ceux qui ne l’ont pas, ça la triple à ceux qui l’ont… Les vins des environs de Paris, on est injuste pour eux, ils étaient estimés autrefois, on les a laissé dégénérer… ce vin de Suresnes sans eau, ce n’est vraiment pas mauvais…

Tenez, monsieur de Goncourt, il y a longtemps de cela, mon frère Abel, en sa qualité de lorrain et de Hugo, était très hospitalier. Son bonheur était de tenir table ouverte. Sa table, c’était alors dans un petit cabaret, au-dessus de la barrière du Maine. Figurez-vous deux arbres coupés et non écorcés, sur lesquels on avait fiché, avec de gros clous, une planche. Là, il recevait toute la journée. Il n’y avait, il faut l’avouer, que des omelettes gigantesques et des poulets à la crapaudine, et encore pour les retardataires, des poulets à la crapaudine et des omelettes gigantesques. Et ce n’étaient pas des imbéciles qui mangeaient ces omelettes. C’étaient Delacroix, Musset, nous autres… Eh bien là, nous avons beaucoup bu de ce petit vin, qui a une si jolie couleur de groseille: ça n’a jamais fait de mal à personne.»

Last but not least, Edmond Audran fait jouer son opérette le grand Mogol en 1877 à Marseille. Par quelle fantaisie a-t-il placé ces « couplets du vin de Suresnes » dans cette histoire classique d’amour contrarié qui se passe aux Indes ? On se perd en conjectures…

Dans nos guinguettes de Paris

Quelle est donc la boisson piquante

Qui ravigote les esprits

Et qui fait qu’on rit et qu’on chante

Quelle est cette fraîche liqueur

Qui coulant gaîment dans les verres

Des grisettes des mousquetaires

Vient troubler oui troubler la tête et le coeur ?

Refrain

C’est le vin coquet Le vin claret Dont nos tasses sont pleines

C’est le vin si gai Si distingué Que l’on boit à Suresnes

(bis)

A tire larigot comme dit l’dicto l’Suresnes premièr’ se boit sans eau

A tire larigot l’Suresnes première

A tire larigot se boit sans eau

(bis)

Qui donc aux jeunes comme aux vieux

Aux timides aux joyeux drilles

Donne des élans amoureux

Auprès de nos aimables filles

Qui fait qu’ils ont autant d’ardeur

Tant d’éloquence auprès des belles

Qu’ils triomphent des plus rebelles

Rien qu’avec un petit regard séducteur ?

Refrain

En voici un extrait musical et une partition.

A Clamart les affaires reprennent…

Rassemblement au clos Franquet ce mercredi 2 avril.

Une dizaine de courageux (où est la parité ?) sont venus biner pendant deux bonnes heures,

binageavril08

(photo francois noël)

et en ont profité pour déguster les crus 2007.

marcelmichel

jeanlevoisin

louis

De l’avis général, Ils ne sont « pas mauvais » ce qui, connaissant la modestie et le goût pour la litote des vignerons, laisse espérer le meilleur.

jeanM

roger

Le clos Franquet exhalerait même un fin bouquet de fleur d’acacia (Jean M.)

Bizarre ce crayon ?

michelaucrayon

C’est un sarment de vigne !

crayonsarment

A bientôt vignerons pour la mise en bouteilles.