C’est un lieu secret, qui donne la parole aux fous, aux différents, aux artistes. Un lieu magique aussi, qui la nuit s’illumine, parfois. La Fabuloserie, à Dicy, dans l’Yonne, temple de l’art brut.
Elle ouvrit largement ses portes le 20 mai dernier, pour la Nuit Européenne des Musées,
et, autour de l’étang aux innombrables torches qu’une plainte cristalline transportait, l’on y retrouva avec joie l’incroyable Manège de Petit Pierre et son « homme qui bois son verre de vin »
On y vit aussi ces tableaux de Ryszard Kozek, un musicien polonais qui, schizophrène, s’est mis à la peinture.
C’est le titre d’un spectacle proposé par Eric Boschman, sommelier (meilleur sommelier de Belgique en 1988), belge (on l’a dit), homme de médias, et beaucoup d’autres choses encore.
Il a entrepris de raconter le vin et son histoire au cours d’un stand-up (il faut dénoncer l’affiche mensongère où on le voit dans une baignoire entourée de « cadavres »), en mettant en boîte le discours oenologique (quelle belle minéralité !)apparu il y a quelques dizaines d’années seulement (qui connait l’arôme de bourgeron de cassis, ou de souris ?)
C’est plutôt drôle, émaillé de jeux de mots, et in fine assez sérieux.Depuis les origines en Géorgie il y a 8000 ans, jusqu’à la découverte des effets bénéfiques du soufre, de la deuxième fermentation en bouteille, en passant par Noé, les religions prosélytes du vin -la juive avec Pessah (où il faut boire 4 coupes) et Pourim (dont nous avons déjà parlé), la chrétienne qui a répandu la culture de la vigne dans le monde entier (à l’exception notable de l’Australie), et même l’Islam qui ne l’interdirait pas, mais proscrirait simplement de prier en état d’ébriété, ce qui laisse de la marge quand même !)
Les 4 vins proposés en dégustation (un crémant de bordeaux, un blanc résiné, un bordeaux rouge et un porto, vin muté) sont assez représentatifs de la variété des breuvages vineux. En deux heures c’est un bon rythme (on se souvient de Sébastien Barrier et des ses 7 crus, le premier servi après 3 heures de show !).
Gaillac fêtait comme chaque année ses vins en ce premier week-end d’août, et ce fut, sur la route de Bruniquel où le festival que nous affectionnons fêtait ses 20 ans, l’occasion de quelques belles rencontres.
Tout d’abord, celui que l’on pourrait appeler le béarnais de la République, célèbre pour avoir entonné l’hymne occitan à l’Assemblée Nationale, marché des milliers de kilomètres dans nos campagnes à la rencontre des citoyens, et désormais improbable candidat à l’élection Présidentielle, j’ai nommé Jean Lassalle, était intronisé par la Confrérie de la Dive Bouteille de Gaillac.
Ce fut un grand moment. On eut droit à des discours,
On rencontra aussi les amis Claude et Monique Josse revigorés après un séjour maritime, représentant leur château Labastidié que nous avons revu avec plaisir.
Au repas champêtre qui suivit dans le parc de Foucaud, on put déguster d’excellents vins (locaux, pardi). Jean Lassalle ne nous quitta pas sans animer les agapes, contant l’histoire de l’âne décédé devant l’église. Souhaitant lui bon vent, car « l’an que ven sera caud ».
Autre rencontre, celle de Tiffany Marie,
artiste américaine qui exposait ses créations, alliant métal et béton.
Voici Halluciner, où deux êtres émergent de cs verres de vin qui s’entrechoquent…La Vigne et La grappeTiffany, qui connait beaucoup de succès aux USA a trouvé un point de chute près de Toulouse et semble s’acclimater en terre occitane. Welcome !
Ne quittons pas la région sans dire deux mots du festival Offenbach de Bruniquel qui fêtait ses vingt ans et dont la soirée anniversaire fut l’occasion de revivre avec Frank T’Hézan, Jean-Christophe Keck et toute la troupe, les grands moments des festivals passés, et d’écouter un Dominique Desmons en grande forme faire parler Saint Vincent et chanter (entre autres) les vins des côteaux du Quercy.
Voici pour finir ce que l’on peut voir à Cébazan sur la façade de la coopérative.
Trop tard pour aller voir cette opérette d’Offenbach jouée et chantée par les Brigands à l’Athénée pendant les fêtes, un grand moment dont votre serviteur a pu jouir dans la loge directoriale.
Mais pas trop tard pour entonner la légende du verre, un grand air à la fin du troisième acte.
Isabelle Druet, grande-duchesse de Gerolstein
1. Il était un de mes aïeux Lequel si j’ai bonne mémoire Se vantait d’être l’un des fameux Parmi les gens qui savaient boire. (bis) Le verre qu’il avait tenait Un peu plus qu’une tonne entière Et son échanson lui versait Nuit et jour du vin dans ce verre. (bis)
Refrain Ah mon aïeul comme il buvait Et quel grand-verre il vous avait Ah comme autrefois l’on buvait Et quel grand verre on vous avait
2. Un jour on ne sait pas comment Il le laissa tomber par terre Ah fit-il douloureusement Voilà que j’ai cassé mon verre (Voila qu’il a cassé son verre) Quand on voulut le remplacer Non dit-il ce n’est pas le nôtre Et mieux il aima trépasser Que jamais boire dedans un autre.(bis)
Unerès belle production, dont on pourra lire une présentation là.
L’air se trouve à 2h19mn49s dans l’enregistrement ci-dessous de la version présentée en 2004 au théâtre du Châtelet (avec Felicity Lott dans le rôle titre)
En voici une version audio par la troupe de l’opéra Eclaté (festival de saint-céré, avec Béatrice Burley en grande-duchesse)
On y trouvera bien d’autres airs qui réjouiront les lecteurs du bon clos, comme le récit de la bataille gagnée par le général Fritz grâce à quatre mille bouteilles moitié vin et moitié liqueur… raflées par les maraudeurs !
Cette année, c’est ce grand succès d’Offenbach que la troupe réunie annuellement à Bruniquel par Frank T’Hézan mettait en scène (du 1er au Au 11 août). On se souvient de la Périchole montée l’an passé, qui nous avait ravi. Qu’allait-il en être cette année ?
Voila des années que nous rêvions de ce festival de Bruniquel (beau village du Tarn et Garonne) sans nous décider à nous rendre dans cette contrée éloignée de nos itinéraires habituels. Pensez, un festival dédié à Offenbach, avec à coup sûr quelque chanson bachique à nous mettre sous la dent.
Nous ne fûmes pas déçus, avec les amis Bernard dit « Grande Force Tranquille » et Pierre « l’Entaillé », (si j’en crois mon dictionnaire de breton).
C’est avec ravissement que nous avons découvert cette troupe composite, rassemblée année après année par l’infatigable Frank T’Hézan, et dirigée musicalement par Jean-Christophe Keck.
Des chansons bachiques, il y en avait plusieurs, car
En attendant un DVD qui ne saurait tarder, voici une version de l’air de la griserie (« je suis un peu grise mais chut, faut pas qu’on le dise ! »)
par Teresa Berganza
ou par Felicity Lott
Ah! quel dîner je viens de faire! Et quel vin extraordinaire! J’en ai tant bu, mais tant tant tant, Que je crois bien que maintenant Je suis un peu grise. Mais chut! Faut pas qu’on le dise! Chut!
Si ma parole est un peu vague. Si tout en marchant je zigzague, Et si mon oeil est égrillard. Il ne faut s’en étonner, car… Je suis un peu grise, mais chut! Faut pas qu’on le dise! Chut!
Amis du clos, ne boudez pas votre plaisir : c’est jusqu’au 7 août. Et restez à la table d’hôtes, qu’animent les chanteurs jusqu’à 2 heures du mat’.
ou » le Mariage du Diable », de Christoph Willibald Gluck , créé à Vienne en 1760, se joue pour quelques jours en mars à la Péniche Opéra , amarrée quai de Loire à Paris 19eme.
Des sessions de rattrapage sont prévues en Bretagne en juillet, puis aux Pays-Bas cet automne.
Qu’en dire sinon qu’il s’agit d’un petit bijou qui nous replonge dans l’univers des opéras comiques du 18eme siècle joués naguère sur des tréteaux dans les foires, truffés d’airs à boire et de vaudevilles sur des airs d’époque.
Le ténor Artavazd Sargsyan (mathurin) au sol
L’argument est celui de la fable d’Esope (dont la version par La Fontaine est bien connue des amis du clos), à laquelle une histoire de mariage contrarié mais finalement triomphant a été rajoutée. Deux buveurs invétérés vont être mystifiés par la femme de l’un et les deux candidats au mariage. Ca a l’air mince, mais à bien écouter il en est dit long sur la duplicité des personnages.
Estelle Béréau, dans le rôle de Colette
La musique de Gluck (qui connaissait bien le sujet) vaut la peine,
Et pour prolonger le plaisir, voici l’air de colette chanté par claudine collart en 1950 !
Non non jamais un tel époux ne peut me rendre malheureuse…
Gluck (1714-1787) par Houdon.
Pour accomplir sa destinée , il quitta à seize ans le domicile familial près de Nuremberg et parcourut le pays en chantant et en jouant de la guimbarde; le talent et les rencontres firent le reste…
Où dîner après le spectacle ? chez monsieur Raymond, voyons !
Au rendez-vous de la marine. Bonne adresse garantie bon clos. C’est « good & plenty » comme on dit en Pennsylvania.
C’est le programme proposé cet été par Jean Duval, réalisateur d’événements musicaux, et le Domaine de l’Olivette, au Castellet près de Bandol, lors de 4 soirées en juin, juillet et août.
Nous avons pu assister à celle du jeudi 22 juillet. Au programme le pianiste Elie Portal et son blue birds « septet », et les chanteurs Faby Medina et Marc Thomas, jouant et chantant Gershwin, Art Blakey, etc.
On pouvait bien sûr déguster les vins délicats du domaine de l’Olivette autour d’un comptoir où nous avons retrouvé notre caviste préféré, Fabrice Doneddu, et sa délicieuse compagne ; et ne plus rien ignorer des cépages régionaux grâce à ce tableau.
Soirée magique entre pins et vignes, face aux deux éminences de la Cadière et du Castellet.
Il n’est pas trop tard pour en goûter une nouvelle jeudi prochain 12 août et écouter le Bandol Jazz Orchestra de Denis Gauthier. Et peut-être revoir Jean Duval, dans son grand numéro de faux timide, refuser de monter sur cène pour recueillir l’ovation du public !
En leur souhaitant que le mistral ne soit pas de la partie comme le 23 juillet où il fit, dit-on, des dégâts…
Voici quelques oeuvres présentées au domaine qui intéresseront les amis du bon clos.
hérisson de verre au pied de la muraille
une grappe qui en bouche un coin
Cette série de vignettes humoristiques sur le thème du vin est de Michel Jean, ditMimi , peintre et sculpteur
on pensera ce qu’on voudra des jeux de mots, mais ce dernier vaut bien le déplacement !
L’auteur de celles-là reste obscur, apprécions son imagination,
entre acrobates…
et crocodiles
Quant à ces céramiques, elles viennent du Périgord
Connaissez-vous terredesvins.com , le « portail des vins et de l’oenotourisme » ?
On peut y entendre Bernard Burtschy, bien connu des amis du clos, et qualifié de « monsieur des chiffres et des lettres du vin », un peu catastrophé par sa dernière dégustation des vins de grande marque : « il faut s’occuper du goût de toute urgence ! » conclut-il.
On y trouve aussi, dans l’agenda, une foule d’informations sur des évènements à venir, comme ce salon des vins d’abbaye qui se déroule ce week-end au Collège des Bernardins, rue de Poissy à Paris (5eme), ou comme ce « cri du vin« , « Cabaret littéraire d’origine contrôlée, entrée libre et dégustation », précise l’affiche. Rendez-vous quai de Valmy, Paris 10ème, le Dimanche 4 Avril prochain, à 19h au Point Ephémère (Métro Jaurès).
Informés trop tard, nous avons malheureusement manqué ce dernier rendez-vous (coproduction Hydragon, Samu , Des Airs de la Ville ), mais tout n’est pas perdu.
Voici ce qu’on nous en dit sur le site de la Compagnie Hydragon de ce « cabaret littéraire arrosé », « promenade vagabonde, voluptueuse et joyeuse au pays du vin et de l’ivresse »
On peut aussi y écouter cette jolie chanson (dont on aimerait bien connaitre auteur et compositeur)
Y en a qui prétendent Que je suis légère Que ma robe est claire Pas moi Moi j’dis qu’j’ai du corps et que sous ma robe rien ne se dérobe Grenat
Y en a qui vont dire Que j’ai le nez facile La bouche fragile Rien qu’çà Comme si c’était simple J’suis pas une baraque Mais j’manque pas d’attaque Moi
Y en a qui patientent J’ai le nez pas banal Plutôt végétal Je crois Et quand ils me goûtent Ils me trouvent soyeuse Et même savoureuse C’est ça
Y en a même qui disent Que j’suis longue en bouche Pas une sainte nitouche Pas çà Ils me trouvent friande De texture brillante Parfois même brûlante Parfois
Une chose est sûre Je ne suis pas piquée Ni même ni même Ni même bouchonnée