Voici quelques images glanées dans le Sud-Ouest de Paris.
Au square Violet, c’est une treille grandiose qui habille les immeubles en pierre de taille de tout le pâté de maison. En voici une autre, trouvée sur le très beau site parisapied.net de Marc Outin
Plus modestes, ces têtes sculptées aux entrées d’immeubles :
4 rue Peclet (Paris 15e)
52 rue de Vaugirard
Aux serres d’Auteuil, la bacchanale de Dalou habille la fontaine depuis plus de cent ans
A Issy-les-Moulineaux, cette fresque étonne boulevard des frères Voisin
Sera-t-on surpris d’apprendre qu’on produit du vin en Egypte aujourd’hui, et qu’il se laisse boire volontiers ?
pas dans cette carafe de la 18eme dynastie (vers -1550-1300)
« une prouesse technique extraordinaire » selon Hugh Johnson (Histoire Mondiale du Vin), qui nous rappelle une grappe de faïence émaillée vue à la reine margot
Après un court séjour en Egypte nous invitons les lecteurs du bon clos à une vertigineuse remontée dans le temps de plus de cinq mille ans.
boutique Gianaclis à Alexandrie
Le vin que l’on peut boire actuellement, on le doit à Nestor Gianaclis , un entrepreneur grec qui dans les années 1880 planta un vignoble dans le delta du Nil, redonnant ainsi vie à une tradition multimillénaire. .
Blanc, Rosé, Rouge, mousseux, voici ce qu’on trouve dans les vitrines. Les cépages sont le bobal pour le rouge, la sultanine blanche pour le blanc.
Se souvient-on que le célèbre opéra de Verdi qui se passe en Egypte était une commande du khédive Ismaïl Pacha, et fut créé au Caire en 1871, peu après l’inauguration du canal de Suez ?
ce n’est pas un hommage à Uderzo et Goscinny, l’obélisque est une spécialité egyptienne
Voici un relief de vendangeuse qui doit dater des années trente, sur un bâtiment de la Chambre de Commerce, non loin de la place Tahrir au Caire,
et des peintures explicites vues chez un antiquaire du quartier
Voici une lanterne devant une église copte du Caire
Et voila un portail moderne vitiforme vu sur les bords du Nil du côté d’Edfu.
Plus ancien sans doute ce « seau » à champagne vu au musée national d’Alexandrie,
et carrément antiques ces frises et reliefs vus au même endroit
c’est le pied de Dionysos…
Bien plus loin dans le temps, voici un véritable cellier rempli d’amphores que l’on a retrouvé dans la tombe de Scorpion I, pharaon « prédynastique » qui vivait il y a plus de cinq mille ans.
Mais le plus beau reste à voir, conservé aux fonds des tombes des rois et dignitaires de l’Egypte ancienne.
Voici une fresque de la tombe de Khaemouaset, grand-prêtre sous le règne d’Amenhotep I (vers -1500), qui présente le traitement du raisin depuis la vendange jusqu’à l' »amphorage » et le transport
La « tombe aux vignes » de Sennefer (« Maire de la Cité du Sud, Intendant des jardins du temple d’Amon » vers -1400 : un des grands personnages du règne d’Amenhotep II) porte bien son nom
La tombe de Nakht (prêtre du dieu Amon, vers -1400) est aussi justement célèbre pour ses vendangeurs et ses fouleurs de raisin
De la même époque (14eme siècle, règne de Thutmose 4) cette fresque de la tombe de Nebamon
oeuvre qualifiée de préimpressioniste par Arpag Mékhitarian, in la peinture egyptienne SKIRA-Flammarion, pour qui son auteur serait le plus original, le moins esclave des conventions des peintres de la 18eme dynastie
De la même époque cette fresque de la tombe d’Ouserhat (fonctionnaire de rang moyen-supérieur du milieu de la XVIIIème Dynastie)
(voir le site osirisnet.net qui constitue une base de données et d’images sur les tombes egyptiennes, pour une passionante description détaillée)
Nous y avons trouvé cette fresque de la tombe de Pahery (règne de Thoutmosis III, vers -1450) avec le commentaire ci-dessous.
« Le raisin est amené au pressoir où il est foulé par des hommes qui se tiennent à une corde accrochée à une barre. Le vin est ensuite mis en jarres. Outre son caractère agricole, cette scène possède également une connotation religieuse. En effet, la vigne et le raisin sont associés au dieu Osiris et à l’inondation. Le sang du dieu assassiné avait en effet été mis en relation avec les premières eaux de l’inondation car celles ci sont rouges, en raison des alluvions ferriques qu’elles transportent venant de l’Atbara«
Le mode opératoire du pressurage a évolué depuis celui observé dans le « mastaba » de mererouka (vizir de la VIeme dynastie, vers -2300)
foulage du raisin dans la tombe de mererouka: ils s’accrochent à une rampe et se tiennent par la hanche comme on peut voir encore au Portugal aujourd’hui
Voici la vinification décryptée par l’égyptologue Pierre Montet d’après la tombe de Ptahhotep (vers -2600):
commence alors le foulage au rhythme de la musique
voici deux images transmises par l’ami Jean-Louis, qui proviennent d’une nécropole de l’oasis de Kharga (période de l’hérésie nestorienne ajoute-t-il avec gourmandise) ; la chapelle des raisins (Anaïd al-Ainab) d’après passion-egyptienne
Voilà un nom bien de chez nous, mais… c’est un allemand !
Issu d’une famille huguenote réfugiée en Allemagne après la révocation de l’Edit de Nantes, Philippe Mercier naquit à Berlin en 1689 et vécut longtemps en Angleterre où il suivit le prince Frédéric de Galles dont il avait fait le portrait, et où il mourut en 1760.
Ce jeunedégustateur serait au Louvre…
Et qui saurait où se trouve cette dégustatrice ?
Mercier aurait aussi peint ces quatre sens
et ce « sense of taste » où le vin coule à flot.
Voici aussi une « tabagie » où l’on ne fait pas que fumer
On trouvera d’autres peintures sur le thème du vin sur le site de l’importateur franco-japonais Motohama , où l’on peut voir beaucoup de belles choses comme ces buveurs de vin
(noter le verre en lévitation)
Pour certains (cf le cabinet de curiosités d’Eric Poindron ) ce serait l’oeuvre de Jacques Autreau ( peintre, dramaturge, poète français : 1657-1745, pour d’autres (cf le vin à travers la peinture, de José Artur et alias, ACR Editions 1997) celle d’Etienne Jeaurat (1699-1789) : il s’agirait alors du poète Piron à table avec ses amis Vadé et Collé. Il faudra aller au Louvre pour en avoir le coeur net…
Voici une Cene d’ambiance assez étonnante, de Bassano (1542)
Mêmes carafes pour ce diner de Matisse !
Il y a à boire et et à manger dans cette nature morte de Peter Claesz ( 1596/7-1661)
Ambiance tristounette « A la mie » de Toulouse Lautrec(1891)
Scènes de café avec Cézanne
Finissons en majesté avec ce Bacchus de Michel-Ange (1497)
Il n’est pas inintéressant de lire les explications données sur Topic Topos, le site du patrimoine des communes de France
« La Vierge et l’Enfant affichent ici, malgré leur maintien un peu raide, des visages souriants qui reflètent l’idéal de bien-être redécouvert à la Renaissance. La grappe de raisin, image médiévale du sang qui doit être versé, se mue en symbole dionysiaque de l’instant à croquer et la colombe, présence de l’Esprit saint, reprend discrètement dans la main de l’Enfant sa connotation antique d’oiseau de l’amour entre les mains du petit Éros. »
« Cette Vierge à l’Enfant tient dans sa main droite une grappe de raisin, symbole de la fête célébrée à la mi-août. À cette époque, les raisins ne sont pas encore mûrs. Les festivités sont destinées à demander la prospérité et la bénédiction des vendanges à venir. L’Enfant Jésus tient un oiseau, évoquant le Saint-Esprit. »
Curieux destin que celui de Mitre, cet immigré grec venu en Provence travailler comme vigneron chez un préteur romain, près d’Aquae Sextae (Aix). L’histoire dit qu’il ne laissait pas d’importuner son maitre de ses reproches sur sa vie « dissolue ».
Sans doute le traiterait-on aujourd’hui de tête à claques.
Que ne garda-t-il la bouche cousue !
Le préteur finit par craquer. Pour s’en débarrasser il l’accusa tout d’abord d’avoir volé son raisin, après avoir envoyé ses sbires dans la vigne à cet effet. Las ! Miracle ? La vigne était intacte. Il (c’était logique) accusa alors Mitre de sorcellerie.
Au Vème siècle après JC on ne plaisantait pas avec ces choses-là.
Pauvre Mitre. Que ne prit-il ses jambes à son cou !
Le voila incarcéré, conduit dans la cour du prétoire et décapité. Mais, miracle ? Mitre ramassa sa tête et la porta jusqu’à l’église Notre Dame de la Seds avant d’expirer.
le martyre de saint-mitre
(On peut voir ce tableau de Nicolas Froment (vers 1480) pour quelques jours encore à l’exposition France 1500 au Grand Palais)
Le salon des vignerons indépendants où nous sommes très assidus allait se terminer sans que nous nous avisassions de la présence d’une artiste sur un stand bordelais (Château Beau Site, Graves) où une de ses oeuvres trônait pourtant.
C’eût été dommage !
Voici cette « belle vendange«
Il s’agit d’une sculpture en résine et poudre de marbre faite à partir d’un moule en terre du Roussillon.
Malou Bertain exerce son art dans les Pyrénes Orientales, on en saura plus là
Voici aussi de lumineuses vignes rouges
et une nature morte aux bouteilles trouvées sur son site qui mérite assurément une visite.
vigne et vin
Malou, soyez la bienvenue dans la galerie du bon clos !
Voici une sculpture vue sur la façade d’un immeuble rue fromentin (au 1) à paris 9eme : une tête aux oreilles pointues parée de grappes de raisin.
Elle voisine avec ces autres têtes portant des épis de blé pour l’un, des cornes de bélier pour l’autre.
Si l’on se donne la peine de faire le tour du pâté de maison, on s’aperçoit qu’il s’agit en réalité du flanc d’un immeuble cossu, bordé aussi par les rues de Douai et Fontaine, jadis résidence de Georges Bizet vers la fin de sa vie. Une belle bâtisse.
qui abrite le café Carmen, on pouvait s’y attendre.
Voici une ancienne distillerie vue à Verrières le Buisson, à la pointe Nord de l’Essonne.
Une plaque nous rappelle qu’elle est fut la propriété de Léon Chevalier, négociant en vins, alcools, liqueurs et sirop depuis 1820.
Verrières était à l’origine un village de cultivateurs, de maraîchers et de vignerons, qui comptait un millier d’habitants au 19eme siècle ; Eugène Ferdinand Chevalier y développa le commerce des vins en gros et en 1901 son fils, Léon Chevalier, fit construire cette distillerie par l’architecte Eugène Motel au carrefour de la Croix-Rouge où un four banal se trouvait jusqu’en 1786, avant qu’une ferme y soit implantée (pour en savoir plus voir là)
La maison du directeur fut installée à l’entrée de la distillerie sous l’escalier de laquelle un chien en terre cuite monte la garde.
La distillerie produisait surtout des sirops de fruits de la région et des spiritueux. Mais dans les années 1920, la production locale de fruits se tarit. La maison arrêta la fabrication et se consacra alors uniquement au commerce. Les restrictions puis les supermarchés eurent finalement raison de l’entreprise dont les alambics furent découpés.
Non loin de là une étonnante maison naïve nous donne la recette d’une bonne journée.
enfin bel exemple de déco urbaine
Au sud d’Antony le parc Georges Heller abrite le chateau Saran , construit en 1880 à l’emplacement de la Folie du marquis de Castries (détruite en 1815), qui abrite désormais un centre culturel .
et voici deux statues qui représentent les saisons