Voici un sketch du grand Bourvil qui réjouira tous les amis du clos et que nous présentons au titre des bonnes résolutions de début d’année.
Nous sommes en 1959. Bourvil incarne un délégué de la Ligue Anti-alcoolique (sketch écrit par Roger Pierre).
Ce blog est la chronique, dédiée à la vigne et au vin, d'un viticulteur amateur ivre de "fun" et de beauté.
Voici un sketch du grand Bourvil qui réjouira tous les amis du clos et que nous présentons au titre des bonnes résolutions de début d’année.
Nous sommes en 1959. Bourvil incarne un délégué de la Ligue Anti-alcoolique (sketch écrit par Roger Pierre).
Les parisiens connaissent bien ce soldeur de livres établi en plusieurs lieux dans la capitale. Nous y avons découvert des lithographies de Jiri Sliva, un humoriste tchèque mondialement connu.


En voici une autre trouvée sur sa galerie
Notre ami Ajit,
bien connu des amis du clos qu’il a visité en 2009 ( (voir ici et là), nous annonce sur retour sur notre continent en juin. En attendant, il nous transmet cette estampe indienne (16ème siècle sans doute) où l’on peut voir un jeune prince dégustant du vin
Il nous fait passer aussi cette blague amusante que l’on peut trouver en version française sur le site agri-convivial.com, le forum des agronomes en culotte courte. Nous donnons celle-ci, rapportée par Hatta.
Dans un commerce de spiritueux, la personne qui goûtait habituellement les boissons vint à mourir et le patron ouvrit un recrutement pour le remplacer. Il vit arriver un type complètement bourré, avec un look pas possible, qui postulait pour la place. Le directeur se demandait comment s’en débarrasser mais malgré tout, il le soumit à des tests. Il lui présenta un verre. Le type goûta et dit :
- C’est un vin blanc, un muscat, trois ans d’âge, cultivé sur un versant
nord, mûri en conteneur acier.
– Correct! répond le patron.
Un autre verre.
– C’est un vin rouge, cépage cabernet, cultivé sur un versant ouest,
mûri en fût de chêne.
– Correct, répond le directeur.
Un troisième verre.
- C’est un champagne de grande classe, répond calmement l’ivrogne.
Le directeur est sur le cul. Il demande en douce à sa secrétaire de lui
trouver un moyen de se débarrasser du type en le prenant en défaut. Elle quitte la pièce et revient avec un verre plein d’urine.
Le soulard
goûte, fait claquer sa langue contre son palais :
– C »est une blonde, 26 ans d’âge, enceinte de trois mois… Et si
j’obtiens pas ce putain de job, je révèle le nom du père !
Au lieu d’aller accomplir ce que des millions d’enfants attendent ingénument, le voila t-y pas qui se vautre sur une terrasse du Marais, manifestement bien imbibé ? Nous l’avons surpris cet après-midi rue Saint-Antoine.
Une honte ! Au boulot, Père Noël !

Il faut une patience infinie pour attendre toujours ce qui n’arrive jamais, disait-il.
Au bon clos on n’attend pas, on agit.
On le pressentait, la liste des citations de Pierre Dac publiée ici-même le jour anniversaire de sa mort était incomplète. En voici donc d’autres, retrouvées dans la collection de l’Os à Moëlle publiée par l’excellent Jacques Pessis. Amusez vous !
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Le New Yorker , c’est ce magazine américain très cosmopolite qui s’intéresse aussi au « Rest of the World ».

200 dessins consacrés à la France depuis les années vingt sont réunis par Jean-Loup Chifflet (alias John-Wolf Whistle),
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il en est de très craquants.
(pour plus d’infos sur les cartoonists du New Yorker voir ce site qui leur est consacré)
Ca se passe beaucoup à table évidemment
comme ici avec peter arno (1904-1968)
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ou là avec leonard dove (?)
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ou james stevenson (1929-)
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celui-la a mauvais esprit (otto soglow 1900-1975)
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mais ceux-la ont tout compris
comme chon day
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ou claude smith (1944-1976)
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il n’y a pas que des touristes pour Warren Miller
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Est-ce vraiment ainsi qu’ils nous voient ?
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Autres lieux, autres moeurs avec Leo Cullum (1942-2010)
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On assiste à des échanges confondants chez le caviste
avec Helen E. Hokinson (1893-1949)

ou Alan Dunn (1900-1974)
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Avec William Hamilton (voir d’autres dessins très drôles sur le vin là ), sommes nous en France ou au pays de Robert Parker ?

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Qui se souvient de ce sketch des Inconnus ? Avec ce tastevin polyforme, les goûts ne se mélangent pas !
Hélas, on ne peut plus le trouver en télé-achat !
Encore faut-il savoir déguster avec un tastevin !
Incontournable : la leçon de dégustation, avec un maître du genre, René De Pra , hélas disparu depuis…
Ce n’est pas la plus connue des Fables de La Fontaine, mais celle-ci devrait l’être des lecteurs du Bon Clos.
La voici donc, et qu’on se souvienne qu’Alecton est l’une des 3 Furies (soeur de Mégère et Tisiphoné)
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coiffées de serpents qui aux Enfers gardent les remparts de Dité (en savoir plus )…
et qu’un chaudeau est un chaud d’eau !

gravure de François Chauveau (1613-1676)
Chacun a son défaut où toujours il revient :
Honte ni peur n’y remédie.
Sur ce propos, d’un Conte il me souvient :
Je ne dis rien que je n’appuie
De quelque exemple. Un suppôt de Bacchus
Altérait sa santé, son esprit, et sa bourse.
Telles gens n’ont pas fait la moitié de leur course,
Qu’ils sont au bout de leurs écus.
Un jour que celui-ci plein du jus de la treille,
Avait laissé ses sens au fond d’une bouteille,
Sa Femme l’enferma dans un certain tombeau.
Là les vapeurs du vin nouveau
Cuvèrent à loisir. À son réveil il treuve
L’attirail de la mort à l’entour de son corps,
Un luminaire, un drap des morts.
« Oh ! dit-il, qu’est ceci ? Ma femme est-elle veuve ? »
Là-dessus, son Épouse, en habit d’Alecton,
Masquée et de sa voix contrefaisant le ton,
Vient au prétendu Mort, approche de sa bière,
Lui présente un chaudeau propre pour Lucifer.
L’Époux alors ne doute en aucune manière
Qu’il ne soit citoyen d’enfer.
« Quelle personne es-tu ? dit-il à ce fantôme.
─ La Cellerière du royaume
De Satan, reprit-elle ; et je porte à manger
À ceux qu’enclôt la tombe noire. »
Le Mari repart sans songer :
« Tu ne leur portes point à boire ? »
Quoi de plus embarrassant que de détenir une bouteille et de ne pouvoir la déboucher ?
Notre amie Gisèle, que nous remercions, nous a donné la solution: il suffit d’une chaussure et l’affaire est dans le sac ! Voyez vous-même :
Oui, mais comment faire si le bouchon est tombé au fond ?
Voici une solution
élégant non ?
Mais que cela ne nous détourne pas du bon vieux tire-bouchon, il en est une infinie variété. Voici quelques sites qui lui sont consacrés.
http://www.collection-privee-tire-bouchons.eu/
http://rebel-tb-etampes.over-blog.com/article-10047415.html
Et en voici un de poche, bien pratique.
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Mais comment ne pas citer dans cet article la méthode relatée par Pierre Dac à l’occasion du tricentaire du tire-bouchon (numéro daté du 12 août 1938 de l’Os à Moëlle)? Elle est pourtant frappée au coin du bon sens…


Notons au passage que ce datage de l’Os à Moëlle qui fait remonter l’invention du tire-bouchon à l’an 1638 est un peu plus précis que celui habituellement retenu de la moitié ou de la première moitié du 17ème siècle , voire pour certains à la fin du 18ème
La méthode « duale » dûe encore à Pierre Dac (comment débouteiller un bouchon) a été exposée au bon clos il y a un certain temps, ne l’omettons pas.
Et tant qu’on y est n’oublions pas son alter ego Aristide Plumeau (rien à voir avec le créateur du livret de famille) qui écrivait dans l’OS en mars 1940
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NB : ces extraits proviennent de l’excellent ouvrage « l’os à moelle » paru chez omnibus en 2007, et dont on ne saurait trop conseiller la lecture
En ce 18 avril 2010 accueillons ce philosophe (mais oui) caustique disparu il y a aujourd’hui 22 ans, grand amoureux du vin si l’on se fie à sa chronique « l’aquaphile » du 10 avril 1986 (chronique de la haine ordinaire, qu’on peut trouver sur terredevins.com ).
Entre ici, Pierre Desproges…
(Celui qui a dit
“Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. De même qu’il faut boire pour vivre et non pas vivre sans boire, sinon c’est dégueulasse.”
et
«Certes l’eau est plus digeste que l’amanite phalloïde et plus diurétique que la purée de marrons, mais ce sont là futiles et fallacieuses excuses de drogués … Buvez du vin ! »
devrait se sentir chez lui au bon clos, non ?)
Le mieux est de l’écouter là
« J’étais littéralement fou de cette femme. Pour elle, pour l’étincelance amusée de ses yeux mouillés d’intelligence aiguë, pour sa voix cassée lourde et basse et de luxure assouvie, pour son cul furibond, pour sa culture, pour sa tendresse et pour ses mains, je me sentais jouvenceau fulgurant, prêt à soulever d’impossibles rochers pour y tailler des cathédrales où j’entrerais botté sur un irrésistible alezan fou, lui aussi.
Pour elle, aux soirs d’usure casanière où la routine alourdit les élans familiers en érodant à coeur les envies conjugales, je me voyais avec effroi quittant la mère de mes enfants, mes enfants eux-mêmes, mon chat primordial, mon chien essentiel, et même la cave voûtée humide et pâle qui sent le vieux bois, le liège et le sarment brisé, ma cave indispensable et secrète où je parle à mon vin quand ma tête est malade, et qu’on n’éclaire qu’à la bougie, pour le respect frileux des traditions perdues et de la vie qui court dans les mille flacons aux noms magiques de châteaux occitans et de maisons burgondes.
Pour cette femme à la quarantaine émouvante que trois ridules égratignent à peine, trois paillettes autour de ses rires de petite fille encore, pour ce fruit mûr à coeur et pas encore tombé, pour son nid victorien et le canapé noir où nous comprenions Dieu en écoutant Mozart, pour le Guerlain velours aux abords de sa peau, pour la fermeté lisse de sa démarche Dior et de soie noire aussi, pour sa virilité dans le maintien de la Gauloise et pour ses seins arrogants toujours debout, même au plus périlleux des moins avouables révérences, pour cette femme infiniment inhabituelle, je me sentais au bord de renier mes pantoufles.
Je dis qu’elle était infiniment inhabituelle. Par exemple, elle me parlait souvent en latin par réaction farouche contre le laisser-aller du langage de chez nous que l’anglomanie écorche à mort. Nos dialogues étaient fous :
– Quo vadis domine ?
– Etoilla matelus ?
En sa présence, oui, il n’était pas rare que je gaudriolasse ainsi sans finesse, dans l’espoir flou d’abriter sous mon nez rouge l’émoi profond d’être avec elle. Elle avait souvent la bonté d’en rire, exhibant soudain ses clinquantes canines dans un éclair blanc suraigu qui me mordait le coeur. J’en étais fou, vous dis-je.
C’était le 16 octobre. Ce jour-là, je l’emmenai déjeuner dans l’antre bordelais d’un truculent saucier qui ne sert que six tables au fond d’une impasse endormie du XVe arrondissement de Paris où j’ai mes habitudes. Je nous revois, dégustant de moelleux bolets noirs en célébrant l’automne, romantiques et graves, d’une gravité d’amants crépusculaires. Elle me regardait, pâle et sereine comme cette enfant scandinave que j’avais entrevue penchée sur la tombe de Stravinsky, par un matin froid de Venise.
J’étais au bord de dire des choses à l’eau de rose, quand le sommelier est arrivé. J’avais commandé un Figeac 71, mon Saint-Emilion préféré, introuvable, sublime, rouge et doré comme peu de couchers de soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Éclatant en orgasme au soleil. Plus long en bouche qu’un final de Verdi. Un vin si grand que Dieu existe à sa seule vue.
Elle a mis de l’eau dedans. Je ne l’ai plus jamais aimée. »
Voici un autre extrait, de sa chronique « non compris » (Chronique du 12 juin 1986 sur France Inter), une histoire d’incompréhension et de vin.
Le texte complet peut être trouvé là .
« Ce matin encore, j’ai été frappé par cette incompréhension réciproque entre les humains et moi. J’étais allé avec ma femme acheter quelques bouteilles de vins au cœur du vieux Bercy, chez un petit négociant qui vous fait goûter ses crus avec un quignon de pain et une rondelle de saucisson. D’ailleurs, je ne comprends pas qu’on achète du vin sans l’avoir goûté au préalable. Il ne viendrait à personne l’idée d’acheter un pantalon sans l’essayer avant. Alors, Dieu me tire-bouchonne, ne refusez pas à votre bouche ce que vous accordez à vos fesses.
Le marchand habituel était absent. Je ne connaissais pas son remplaçant. J’ai deviné d’emblée que nous ne nous comprendrions pas : il portait un béret et je ne comprends pas qu’on porte un béret.
− Bonjour messieurs-dames ! Nous a-t-il lancé.
Je ne comprends pas qu’on dise « bonjour messieurs-dames ». Je lui ai demandé, le plus poliment, le plus délicatement possible, de retirer ces paroles et d’ôter son béret, mais c’est alors que j’ai compris, une fois de plus, que l’incompréhension jouait dans les deux sens. Je l’ai deviné au ton légèrement agacé qu’il a pris pour me dire : « Et pour monsieur, qu’est-ce que ce sera ? »
Pourquoi n’avait-il pas dit : « Qu’est-ce que c’est ? »
Pourquoi employait-il le futur ?
Pourquoi nous projeter ainsi dans l’avenir, en pleine science-fiction ?
Je suis d’une autre planète vous dis-je.
− Je voudrais du vin, finis-je par avouer.
− Du vin pour tous les jours ?
Pourquoi avait-il dit « du vin pour tous les jours ? ».
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Voulait-il exprimer qu’il avait également en stock des vins pour un jour sur deux ? Des vins pour toutes les nuits ? N’avais-je pas décelé un soupçon d’animosité dans le ton de cet homme ? Si je lui avouais que je buvais du vin tous les jours, n’allait-il pas appeler la police ? J’essayais de rester calme, pour ne pas affoler Syphillos qui s’agrippait à mon bras. (Ma femme s’appelle Syphillos. Je le souligne à l’intention du tourneur-fraiseur qui tourne autour. Pourquoi les fraiseurs tournent-ils ? Pourquoi les tourneurs fraisent-ils ? Pourquoi ?)
− Oui, monsieur, je voudrais du vin pour tous les jours.
J’en profitai pour lui expliquer avec ménagement, que j’avais pris l’habitude de consommer du vin même le mardi.
− Tenez, c’est comme cette dame, pour vous donner un exemple : c’est ma femme pour tous les jours, n’est-ce pas ?
Alors, lui :
− Ah mais, y fait ce qu’y veut. Tiens, pour tous les jours y n’avons une petite côte de Duras qu’a de la cuisse. Y sera pas déçu. Et pour dimanche y veut rien ? »
PS
Et nous avions oublié le sketch de l’ascenseur qu’un ami vigneron bien inspiré nous remet en mémoire ! Une histoire de cave à vin…