l’art de déboucher une bouteille

Quoi de plus embarrassant que de détenir une bouteille et de ne pouvoir la déboucher ?

Notre amie Gisèle, que nous remercions, nous a donné la solution: il suffit d’une chaussure et l’affaire est dans le sac ! Voyez vous-même :


Oui, mais comment faire si le bouchon est tombé au fond ?

Voici une solution

élégant non ?

Mais que cela ne nous détourne pas du bon vieux tire-bouchon, il en est une infinie variété. Voici quelques sites qui lui sont consacrés.

http://www.collection-privee-tire-bouchons.eu/

http://rebel-tb-etampes.over-blog.com/article-10047415.html

http://www.tire-bouchons.fr/

Et en voici un de poche, bien pratique.

Mais comment ne pas citer dans cet article la méthode relatée par Pierre Dac à l’occasion du tricentaire du tire-bouchon (numéro daté du 12 août 1938 de l’Os à Moëlle)? Elle est pourtant frappée au coin du bon sens…

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Notons au passage que ce datage de l’Os à Moëlle qui fait remonter l’invention du tire-bouchon à l’an 1638 est un peu plus précis que celui habituellement retenu de la moitié ou de la première moitié du 17ème siècle , voire pour certains à la fin du 18ème

La méthode « duale » dûe encore à Pierre Dac (comment débouteiller un bouchon)  a été exposée au bon clos il y a un certain temps, ne l’omettons pas.

Et tant qu’on y est n’oublions pas son alter ego Aristide Plumeau (rien à voir avec le créateur du livret de famille) qui écrivait dans l’OS en mars 1940

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NB : ces extraits proviennent de l’excellent ouvrage « l’os à moelle » paru chez omnibus en 2007, et dont on ne saurait trop conseiller la lecture

Desproges es tu là ?

En ce 18 avril 2010 accueillons ce philosophe (mais oui) caustique disparu il y a aujourd’hui 22 ans, grand amoureux du vin si l’on se fie à sa chronique « l’aquaphile » du 10 avril 1986 (chronique de la haine ordinaire, qu’on peut trouver sur terredevins.com ).

Entre ici, Pierre Desproges…

(Celui qui a dit

“Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. De même qu’il faut boire pour vivre et non pas vivre sans boire, sinon c’est dégueulasse.”

et

«Certes l’eau est plus digeste que l’amanite phalloïde et plus diurétique que la purée de marrons, mais ce sont là futiles et fallacieuses excuses de drogués … Buvez du vin ! »

devrait se sentir chez lui au bon clos, non ?)

Le mieux est de l’écouter là

« J’étais littéralement fou de cette femme. Pour elle, pour l’étincelance amusée de ses yeux mouillés d’intelligence aiguë, pour sa voix cassée lourde et basse et de luxure assouvie, pour son cul furibond, pour sa culture, pour sa tendresse et pour ses mains, je me sentais jouvenceau fulgurant, prêt à soulever d’impossibles rochers pour y tailler des cathédrales où j’entrerais botté sur un irrésistible alezan fou, lui aussi.
Pour elle, aux soirs d’usure casanière où la routine alourdit les élans familiers en érodant à coeur les envies conjugales, je me voyais avec effroi quittant la mère de mes enfants, mes enfants eux-mêmes, mon chat primordial, mon chien essentiel, et même la cave voûtée humide et pâle qui sent le vieux bois, le liège et le sarment brisé, ma cave indispensable et secrète où je parle à mon vin quand ma tête est malade, et qu’on n’éclaire qu’à la bougie, pour le respect frileux des traditions perdues et de la vie qui court dans les mille flacons aux noms magiques de châteaux occitans et de maisons burgondes.


Pour cette femme à la quarantaine émouvante que trois ridules égratignent à peine, trois paillettes autour de ses rires de petite fille encore, pour ce fruit mûr à coeur et pas encore tombé, pour son nid victorien et le canapé noir où nous comprenions Dieu en écoutant Mozart, pour le Guerlain velours aux abords de sa peau, pour la fermeté lisse de sa démarche Dior et de soie noire aussi, pour sa virilité dans le maintien de la Gauloise et pour ses seins arrogants toujours debout, même au plus périlleux des moins avouables révérences, pour cette femme infiniment inhabituelle, je me sentais au bord de renier mes pantoufles.

Je dis qu’elle était infiniment inhabituelle. Par exemple, elle me parlait souvent en latin par réaction farouche contre le laisser-aller du langage de chez nous que l’anglomanie écorche à mort. Nos dialogues étaient fous :
– Quo vadis domine ?
– Etoilla matelus ?
En sa présence, oui, il n’était pas rare que je gaudriolasse ainsi sans finesse, dans l’espoir flou d’abriter sous mon nez rouge l’émoi profond d’être avec elle. Elle avait souvent la bonté d’en rire, exhibant soudain ses clinquantes canines dans un éclair blanc suraigu qui me mordait le coeur. J’en étais fou, vous dis-je.

C’était le 16 octobre. Ce jour-là, je l’emmenai déjeuner dans l’antre bordelais d’un truculent saucier qui ne sert que six tables au fond d’une impasse endormie du XVe arrondissement de Paris où j’ai mes habitudes. Je nous revois, dégustant de moelleux bolets noirs en célébrant l’automne, romantiques et graves, d’une gravité d’amants crépusculaires. Elle me regardait, pâle et sereine comme cette enfant scandinave que j’avais entrevue penchée sur la tombe de Stravinsky, par un matin froid de Venise.
J’étais au bord de dire des choses à l’eau de rose, quand le sommelier est arrivé. J’avais commandé un Figeac 71, mon Saint-Emilion préféré, introuvable, sublime, rouge et doré comme peu de couchers de soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Éclatant en orgasme au soleil. Plus long en bouche qu’un final de Verdi. Un vin si grand que Dieu existe à sa seule vue.
Elle a mis de l’eau dedans. Je ne l’ai plus jamais aimée. »

Voici  un autre extrait, de sa chronique « non compris » (Chronique du 12 juin 1986 sur France Inter), une histoire d’incompréhension et de vin.

Le texte complet peut être trouvé là .

« Ce matin encore, j’ai été frappé par cette incompréhension réciproque entre les humains et moi. J’étais allé avec ma femme acheter quelques bouteilles de vins au cœur du vieux Bercy, chez un petit négociant qui vous fait goûter ses crus avec un quignon de pain et une rondelle de saucisson. D’ailleurs, je ne comprends pas qu’on achète du vin sans l’avoir goûté au préalable. Il ne viendrait à personne l’idée d’acheter un pantalon sans l’essayer avant. Alors, Dieu me tire-bouchonne, ne refusez pas à votre bouche ce que vous accordez à vos fesses.

Le marchand habituel était absent. Je ne connaissais pas son remplaçant. J’ai deviné d’emblée que nous ne nous comprendrions pas : il portait un béret et je ne comprends pas qu’on porte un béret.

− Bonjour messieurs-dames ! Nous a-t-il lancé.

Je ne comprends pas qu’on dise « bonjour messieurs-dames ». Je lui ai demandé, le plus poliment, le plus délicatement possible, de retirer ces paroles et d’ôter son béret, mais c’est alors que j’ai compris, une fois de plus, que l’incompréhension jouait dans les deux sens. Je l’ai deviné au ton légèrement agacé qu’il a pris pour me dire : « Et pour monsieur, qu’est-ce que ce sera ? »

Pourquoi n’avait-il pas dit : « Qu’est-ce que c’est ? »

Pourquoi employait-il le futur ?

Pourquoi nous projeter ainsi dans l’avenir, en pleine science-fiction ?

Je suis d’une autre planète vous dis-je.

− Je voudrais du vin, finis-je par avouer.

− Du vin pour tous les jours ?

Pourquoi avait-il dit « du vin pour tous les jours ? ».

Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Voulait-il exprimer qu’il avait également en stock des vins pour un jour sur deux ? Des vins pour toutes les nuits ? N’avais-je pas décelé un soupçon d’animosité dans le ton de cet homme ? Si je lui avouais que je buvais du vin tous les jours, n’allait-il pas appeler la police ? J’essayais de rester calme, pour ne pas affoler Syphillos qui s’agrippait à mon bras. (Ma femme s’appelle Syphillos. Je le souligne à l’intention du tourneur-fraiseur qui tourne autour. Pourquoi les fraiseurs tournent-ils ? Pourquoi les tourneurs fraisent-ils ? Pourquoi ?)

− Oui, monsieur, je voudrais du vin pour tous les jours.

J’en profitai pour lui expliquer avec ménagement, que j’avais pris l’habitude de consommer du vin même le mardi.

− Tenez, c’est comme cette dame, pour vous donner un exemple : c’est ma femme pour tous les jours, n’est-ce pas ?

Alors, lui :

− Ah mais, y fait ce qu’y veut. Tiens, pour tous les jours y n’avons une petite côte de Duras qu’a de la cuisse. Y sera pas déçu. Et pour dimanche y veut rien ?  »

PS

Et nous avions oublié le sketch de l’ascenseur qu’un ami vigneron bien inspiré nous remet en mémoire ! Une histoire de cave à vin…


la disgrâce des raisins secs

Voici un joli poème de Pierre Dac, qui date de juillet 1939

Qui plaint les raisins secs ?

Personne !

Et pourtant,

Je connais peu de sorts

Qui soient plus dignes

De pitié

Que celui

Des raisins secs !

 autresraisinsecs

Pauvres raisins secs !

Qui n’ont plus de raisin

Que le nom

Et dont la sécheresse

Fait monter les larmes

Aux yeux

De ceux

Qui comprennent

Leur disgrâce

Imméritée !

Les raisins secs

En leur enfance

Ont partagé les jeux

De leurs frères

Les raisins ordinaires

Sans que rien ne les distingue

Les uns des autres…

Et puis l’âge est venu

L’âge ardu

de l’adolescence

Age ingrat

S’il en fut

L’âge où les raisins

S’adonnent à la boisson

 

Certains se convertissent au vin blanc

D’autres au rouge,

Sans compter

Les timorés

Qui se laissent aller

Au vin rosé…

raisins secs

Les raisins secs,

Eux, tiennent bon.

Amoureux de la vertu,

Ils résistent

Et s’obstinent,

S’isolant dans leur sobriété ;

Petit à petit

Ils perdent le jus

De leur sève

Et se retrouvent un jour

Complètement désséchés !…

 

Sombre destin

Des raisins secs

Qui se traînent

Sans but,

Sans espoir,

Jusqu’au soir,

Où, lassés,

Epuisés

De lutter,

Ils exerceront

Le métier déshonorant

De mendiants…

mendiant

Qui plaint les raisins secs ?

Personne..

Et pourtant…

 

 

 

Pinot… more

Il y avait le pinot blanc, le noir, le gris, le meunier, il y aurait maintenant en Californie le pino(t) « more », « a new wine for seniors« , aux vertus antidiurétiques. C’est ce qu’on veut nous faire avaler sur un site « humoristique » comme urbandictionnary.

Le jeu de mots est lamentable, certes, enfin pas à pisser de rire,  mais efficace, et rien de ce qui concerne le vin ne nous est étranger.

Merci donc à l’ami Gordon d’avoir porté cette info à notre connaissance.

pino more

 

quand mon verre est plein (pierre dac : l’integrale ?)

Quand mon verre est plein je le vide, disait Pierre Dac,

(avant lui  Raoul Ponchon, écrivain, poète et grand buveur mort en 1937,

ponchon au tonneau

avait écrit le quatrain célèbre :

« Quand mon verre est vide 
Je le plains
Quand mon verre est plein 
Je le vide. »

(voir un superbe blog sur raoul ponchon  là )

Pierre Dac est mort en 1975, par manque de savoir-vivre sans doute, un jour comme aujourd’hui, un 9 février.

C’est l’occasion de rassembler pour les amis du Clos toutes les citations (c’est sans doute présomptueux, nous remercions les internautes qui nous en signaleraient d’autres) sur le vin et les boissons de l’immortel loufoque.

Les voici, et tout d’abord sa version de quand mon verre est plein :

Quand mon verre est plein, je le vide. Quand il est vide, je suis plein, et quand je suis plein, on me vide, mais je me plains!

Je préfère le vin d’ici à l’eau de là! (image trouvée sur http://images.waxoil.com/potes/philosophie.php)

frenchart

 
Greffez des plants de rosiers sur des plants de vigne, ça fera du vin rosé naturel.

Si la vérité est dans le vin, qu’elle y reste !

Le gros-qui-tache est au mouton-rothschild ce que la brebis galeuse est à l’agneau pascal.

Les bons crus font les bonnes cuites.

Il y en a qui sont faits pour commander et d’autres pour obéir. Moi je suis fait pour les deux : ce midi, j’ai obéi à mes instincts en commandant un deuxième pastis.

Le rire est à l’homme ce que la pression est à la bière (Alphonse Allais aurait dit : Le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression)

Si vous n’aimez pas les cercueils, on vous fera monter de la bière

Il y a aussi les « pubs« 

Il vaut mieux être assis que debout et vermouth cassis.

On peut transpirer de bonheur, être moite d’émotion ou mieux encore, être Moite et Chandon.

les petites annonces

Ivrogne cherche embouteillage pour cuver son vin.

A vendre jolie collection de pots de vin. S’adresser à n’importe qui, Hôtel de ville de Paris

Qu’on le veuille ou non et qu’on l’admette ou pas : pisser rouge dans un verre de blanc ne donne pas pour autant du vin rosé

C’est dans les hospices de Beaune que les vieux crus sont les mieux traités et présentés sous les meilleurs auspices


les modes d’emploi

Pour débouteiller un bouchon, procédez comme pour déboucher une bouteille, mais en sens inverse.
Introduisez le tire-bouteille dans le centre du cul de bouteille ; maintenez solidement le bouchon entre le pouce, l’index, le genou et le thorax gauche, et tirez la bouteille de la main droite ou toute autre demeurée libre. Une fois le bouchon débouteillé, jetez la bouteille et mettez le bouchon à rafraîchir.

les recettes (celle-ci trouvée sur le blog « au fil des mots et des idées « , merci à son auteur)

Voici l’époque où les cerises vont se trouver en abondance sur nos marchés; profitons de leur prix abordable pour préparer de délicieuses cerises à l’eau-de-vie.Pour cette préparation, employez de préférence la cerise anglaise, la Montmorency, la griotte d’Etampes ou la tardive de Saint-Quentin.Enlevez les queues, dénoyautez.

Prendre un litre de bonne eau-de-vie à 45° et procédez de la façon suivante : absorber une dizaine de cerises d’un seul coup, boire immédiatement la valeur d’un verre à bordeaux d’eau-de-vie et continuer ainsi jusqu’à épuisement des cerises et de l’eau-de-vie. Cette méthode, qui laisse à la cerise toute sa saveur, évite l’emploi toujours fastidieux des pèse-sirop et des bocaux de verre.