au rendez-vous des bons vivants (rue cadet)

Attiré par l’exposition Daumier ou « la caricature au service de la liberté »  au Grand Orient de France, nous sommes tombés en arrêt devant celle-ci :

alasantécompaproustAu rendez-vous des bons vivants, avec qui trinque la Camarde ? Un médecin peut-être qui lui fait lire sa publicité ? Voici ce qu’en dit Baudelaire (trouvé sur le blog mémoire de la littérature)

Figurez-vous un coin très retiré d’une barrière inconnue et peu passante, accablée d’un soleil de plomb. Un homme d’une tournure assez funèbre, un croque-mort ou un médecin, trinque et boit chopine sous un bosquet sans feuilles, un treillis de lattes poussiéreuses, en tête-à-tête avec un hideux squelette. A côté est posé le sablier et la faux.

On pourrait rajouter qu’au fond un corbillard passe….

A deux pas du Grand Orient, un agréable endroit pour se sustenter est la Brasserie le Royal Cadet, à  l’accueil féminin et chaleureux.

royalcadetOn y trouve une impressionnante collection de bouteilles de Saint-Pourçain « à la ficelle » qui ravira les « bons vivants »

collecstpourcainIl faut dire que depuis 1987,  chaque année un dessinateur est chargé de décorer la fameuse bouteille, qui perpétue le souvenir du tavernier Gaultier qui estimait, en y plongeant une ficelle à noeuds, la contenance des cruchons et donc la consommation des ses pratiques.

On peut les voir sur le site la ficelle. On y trouve des grands noms comme Piem, Trez, Barbe,  Willem, et tout un tas d’ Humoristes Associés (HA !). Voici celle de 2007, signée JY (Jean-Yves Hamel), qui a bien illustré le travail d’équilibriste des vignerons qui, nous dit-on, ont eu un millésime « difficile » à maitriser.

2007

 

 

Revoila Gotlib

On n’entendait plus guère parler de ce roi de la déconnade, digne héritier des loufoques de tout (tuyau d’) poil. Voilà qu’une exposition le remet en scène.

Gotlib-afficheexpoNotez bien : c’est jusqu’au 27 juillet au musée d’art et d’histoire du judaïsme.

Dessinateur génial, cet humoriste cher à notre coeur a travaillé aussi pour les lecteurs du bon clos.

N’a-t-il pas conté les débuts du futur Henri Quatre , dont on sait qu’il eut bébé les lèvres baptisées au jurançon ?

vinsurlabouche

pèred'henriquatreSon album Jactances 2 rassemble 70 des meilleurs éditos publiés par Fluide Glacial pendant 25 ans.

jactances02couvEn voici un consacré aux mystères de la traduction assistée par ordinateur mettant en scène les tribulations d’un verre de vin au temps béni du Minitel.

My Minitel is rich

Au commencement, il y avait la sonnette. Un seul bouton, on appuyait dessus et ça marchait. C’était le Vert Paradis de la Technologie. Ensuite ça s’est compliqué pour en arriver à l’hyper-sotisphication des super-machines d’aujourd’hui, comme le Minitel.

A priori, le Minitel, c’est pas fait pour moi. J’ai déjà assez de mal à utiliser un distributeur de billets le dimanche, quand la banque est fermée. J’ai quand même plongé. Mais que faire avec un Minitel? J’ai essayé d’appeler « 3615 Maud » mais il y avait une liste d’attente de 40 personnes, pire qu’un guichet d’Air Inter.

C’est alors que j’ai appris l’existence d’un service de traduction automatique! Voilà une idée intéressante! Je vais essayer ça. J’ai choisi arbitrairement un ballon extrait d’un album de BD, ballon libellé comme suit: « Un coup de rouge, Mémère, c’est bon pour le travail de force. Rien que pour trinquer. »

Il se trouve que cette phrase a déjà été traduite en anglais, (l’album en question étant publié aux USA) par: « Hey granny, how about a glass of wine? It’s great when you are working hard. Come on, just a small one for the road. »

Pour m’amuser (car je suis un grand enfant), j’ai rentré cette phrase anglaise dans le Minitle et j’en ai demandé une traduction française que voici: « Hey granny, comment environ un verre de vin? Il est grand quand vous travaillez dur. Venu dessus, juste un petit pour le road. » Traduction qui m’a laissé perplexe.

Voulant en savoir plus, j’ai redemandé la traduction anglaise de cette dernière phrase, ce qui a donné: « Hey granny, how approximately a glass of the wine? It is large when you work hard. Come above, right small for the road. » De plus en plus intéressant.

Aussi sec, je redemande la traduction de cette dernière phrase en français. Minitel me donne: « Hey granny, comment approximativement un verre de vin? Il est grand quand vous travaillez dur. Venu au-dessus de petit droit pour la route. » Ca commençait à prendre tournure. Nouvelle demande de traduction en anglais. Je reçois en retour: « Hey granny how roughly a glass of wine? It is large when you work hard. Come above right for the road. »

D’après certains spécialistes que j’ai consultés par la suite, ces changements de mots, d’une traduction à l’autre (« great » puis « large ») seraient dus à des glissements sémantiques provenant de termes synonymes ou homonymes (« glass » signifie « verre à boire » mais aussi « verre à vitre »). D’après moi qui ne suis pas un spécialiste, ces changements de mots d’une traduction à l’autre seraient dus à des couilles dans le réseau.

Quoi qu’il en soit, j’ai continué sur ma lancée, anglais, français, anglais, français, etc. Voici, dans l’ordre, les traductions que j’ai obtenues au fur et à mesure (je vous fais grâce des phrases anglaises).
1/ Hey granny, comment rugueusement une vitre du le vin? Il est grand quand vous travaillez hard. Venez là pour un petit coup sur la route.
2/ Hey granny, comment ce vitrail du le des la de vin est rugueuse? J’en ai une grande pour vous travailler dans le hard. Venez, on va tringler sur la route.
3/ Hey granny, le vin rouge comme un miroir. Je sors ma grosse. Mettez-vous sur levrette comme une bête pour un petit coup sur la périphérique.
4/ Hey granny, goûtons-voir si le vin est bon. et des comme ça, t’en as déjà vu des comme ça? Tiens, fume c’est du belgian.

Après, j’ai arrêté car ma note de téléphone se montait déjà à 28 397 524,98 de nos anciens francs. J’ai trouvé qu’il y avait disproportion au niveau du rapport qualité/prix.

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Terminons avec ce rébus bien « gotlibien » trouvé sur le site de fluide glacial (proposé par bruno léandri et publié par totodernoncourt ; on y trouvera la solution…)

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Arrêtons nous là avec la coccinelle car il commence à faire soif ! A bientôt ami Gotlib !coccinelle à la bière

 

ma vie d’échanson

Nous évoquions récemment la Saint Vincent des Echansons de France du 26 janvier dernier. Ce fut une journée exceptionnelle, marquée par le concert du Souffle de Bacchus en l’église Sainte Colette des Buttes Chaumont le matin, par le chapitre au Musée du Vin auquel s’était joint la Jurade de Saint-Emilion, le soir.

On en trouvera une relation « institutionnelle » sur le site du Conseil, et une beaucoup plus personnelle ci-dessous.

Un grand moment !

Toujours sifflant, toujours buvant, toujours chantant
Le coeur content, je regardais filer le temps.
Un soir de mai, ou juin, était-ce un fait exprès ?
Sur mon chemin, hasard heureux, je rencontrai
Des ménestrels qui égrenaient quelques chansons
A boire. C’était des compaignons échansons
Qui se retrouvaient tard le soir dedans des caves
Pour ensemble exercer leurs voix aigües ou graves
Et écluser aussi quelques godets. L’affaire
Fut vit’ conclue. Top’ là ! Vingt amis m’embrassèrent.
De concert nous entonnons hymnes et rengaines
d’ivrogne, il n’y a là rien pour me mettre en peine.
C’est joie d’être convié à chanter et à boire
de vider maints flacons de glorieux terroirs !

Survient la Saint-Vincent. Ce saint homme n’est-il pas
Patron des vignerons ? Une messe, un repas
Voila ce qui convient pour fêter ce grand Saint.
Il faut autant qu’on peut obliger son prochain
Et ma nature impie saura bien s’y plier.
D’ailleurs ne dit-on pas  » la joie au chevalier »,
Quand il va goûter « Courte messe et long diner » ?
Passy vaut bien une messe, n’est-ce bien raisonner
S’Il nous garde en santé jusqu’après les vendanges ?
Nous voilà donc chantant sous le regard des anges
De Ses bienfaits rendant grâce car, qui le nierait ?
Fit-Il rien de meilleur que ce p’tit vin clairet ?


Venons-en au repas qui s’ensuivit. Un cu-
-Rieux chapitre en tenue nous aura convaincus
des mérites des vins de Saint-Emilion

S’il en était besoin. Revoilà l’occasion
Dans ces caves voûtées que nous affectionnons
De louer Saint-Vincent patron des vignerons
Noé qui but premier le jus de son raisin
Et Bacchus Dieu Puissant de la vigne et du Vin.

Nous prenons place enfin en de longues tablées
Selon un plan secret nullement dévoilé.
C’est un Haut Dignitaire * qui est mon vis à vis
Disons pour le situer qu’il a plutôt l’air vi-
F. A ma gauche deux prêtres entendus le matin
Qui voulaient eux aussi prendre part au festin.
A ma droite deux veuves (je n’en dirai point l’âge
Mais il n’était point bas).  Voyez vous bien l’ image ?
C’est un fort grand honneur me dis-je « In petto »
qui m’est fait car ici je suis incognito !
Ma nature loquace et prompte à l’ironie
Saura-t-elle se tenir en cette compagnie
Sans effrayer les dames et choquer les curés ?

* dont le nom est tapi quelque part dans ce texte

Mais on ne peut non plus bouche bée demeurer !
Allons ! brisons la glace et jetons nous à l’eau
Sous l’oeil inquiet des uns, celui gourmand des au-
tres en narrant l’histoire de cet explorateur
qui rencontre un lion bien loin de sa demeure.
Il se jette à genoux, psalmodie cette antienne :
« Faites que cet animal ait une pensée chrétienne »,
 Le roi des animaux en cette occasion
 s’exclama derechef, sans laisser d’illusion :
« Par ma barbe, Seigneur, Bénissez mon repas ! »
Tous s’esclaffent en choeur et je n’en connais pas
Qui ne vida son verre pour le remplir encor.
Il sera temps demain pour les Confiteor !

Un échanson se doit d’honorer bien les vins
Qui ce soir sont servis pour les mets les plus fins :
Qu’ils viennent de Lussac ou de Saint-Emilion
Tous ces brillants flacons appellent l’ovation.
Notre tablée leur livre une guerre sans merci.
Les langues se délient, fredonnant sans souci.
C’est que l’une des veuves, arrivée en retard,
Réclamait d’écouter malgré le tintamarre
les chansons entonnées en début de soirée.
Les prêtres sont ravis, tout bien considéré
Ils goûtent le bonheur qu’ils ne pratiquaient guère
de descendre de chaire pour faire bonne chère.
Les veuves oublieraient (mais tout en restant sages)
Leurs époux disparus pour un très long voyage.
Et l’auteur de ces vers,  le mécréant, l’impie,
bon chantre bon yvrogne, à demi assoupi,
rentra dans ses foyers, aux lèvres une chanson
en bénissant le Nom du Plus Grand Echanson.
 

Au jardin du Luxembourg

Sur les grilles du Luco, affichage ces jours-ci (et jusqu’au 1er mars 2013) de dessins d’humour égrenant l’histoire contemporaine : le XXème siècle en 80 dessins de presse.
Celui-ci met en scène Yasser Arafat et Shimon Pérès négociant les accords d’Oslo sous la houlette de Bill Clinton. L’un boit, l’autre pas…

dessin de Ferdinand Guiraud, dit Kiro publié par le Canard Enchaîné

Celui-là, de Jean Sennep (1894-1982, « dessinateur attitré » du Figaro), a été publié en 1943 dans l’album Vichy…

On peut encore boire, mais manger ?

Sur Jean Sennep, voir l’intéressantissime blog Wodka, de Mapero