…ne fait pas forcément le bonheur des autres, il s’en faut de beaucoup. Mais quand c’est « pour de faux » comme au cinéma, ou pas vraiment grave, il peut faire rire. On ne compte pas les émissions de télé sur les chutes les plus drôles.
En voici une, terrible si l’on y pense, au rayon vins d’un supermarché.
Ceux-la (Superior Discount Liquors à Sheboygan -Wisconsin) l’ont pris avec bonne humeur. Apprécions la musique (when the wine is gone de Rink Hardin, encore une chanson country sur l’absence et la souffrance « quand il n’y a plus de vin »))
Notre comité de rédaction a décidé de ne pas mettre en ligne la video d’un mariage adressée par l’ami Hervé. Trop horrible ! Lecteur du bon clos, Sache seulement que si tu veux prendre une coupe sur une pyramide de coupes de champagne, il faut commencer par le haut !
Faisons une incursion dans la Country avec cette chanson de Delbert McClinton qui date de 1979, two more bottles of wine. Elle a été chantée par Emmylou Harris.
Mon chéri s’est tiré et m’a laissée là, mais tout va bien, car il est minuit et j’ai encore deux bouteilles de vin.
We came out west together with a common desire The fever we had migtha set the West Coast on fire Two months later got trouble in mind Oh my baby moved out and left me behind
But it’s all right ’cause it’s midnight And I got two more bottles of wine
The way he left sure turned my head around Seemed like overnight it just up and put me down Well I ain’t gonna let it bother me today I’ve been workin’ and I’m too tired anyway
But it’s all right, midnight And I got two more bottles of wine
Well I’m sixteen hundred miles from the people I know Have been doin’ all I can but opportunity sure come slow Well I’d be in the sun all day But I’m sweepin’ out a warehouse in West L.A.
But it’s all right ’cause it’s midnight And I got two more bottles of wine
I’m sixteen hundred miles from the people I know Been doin’ all I can but opportunity sure come slow Lord, I’d be in the sun all day But I’m sweepin’ out a warehouse in West L.A.
But it’s all right ’cause it’s midnight And I got two more bottles of wine Yes, it’s all right ’cause it’s midnight And I got two more bottles of wine Yes, it’s all right ’cause it’s midnight And I got two more bottles of wine
Dans la même veine country, mais moins « rocky », voici une chanson de Merle Haggard qui date de 1966 (et fut chantée aussi par Emmylou Harris) : The bottle let me down
(Ce soir la bouteille m’a laissé tomber, et le souvenir du seul ami que je pensais avoir trouvé, est revenu)
Each night I leave the bar room when it’s over Not feeling any pain at closing time But tonight your memory found me much too sober I can’t drink enough to keep you off my mind
Tonight the bottle let me down And let your memory come around The one true friend I thought I’d found Tonight the bottle let me down
I’ve always had a bottle I could turn to And lately I’ve been turnin’ everyday But the wine don’t take effect the way it used to And I’m hurtin’ in an old familiar way
Voici enfin le même Merle Haggard (et George Jones) et son Yesterday’s wine, chanson plutôt encourageante qui dit qu’avec le temps, nous prenons de l’âge comme le vin d’hier.
Nous avons déjà croisé la route du roi de Thulé et de sa coupe, lors d’un concert au Musée de Cluny il y a une paire d’ans. Nous l’empruntons à nouveau, étant tombés par hasard sur une Légende du Nord en 10 chants, intitulée Le Roi de Thulé (musique de Jean Fragerolle, Poème de Desveaux Vérité) qui doit dater de 1908,
Thulé est une île légendaire située quelque part en Islande ou aux alentours de la Norvège, dont on dit qu’elle fut découverte par Pytheas vers -330. Elle inspira Goethe, qui en 1774 écrivit Der König in Thule (le Roi de Thulé), qu’il incorporera dans Faust, et qui fut traduit par Nerval (voir en fin d’article)
L’histoire tient en peu de mots : sentant la mort venir, le Roi de Thulé jeta au flot la coupe d’or qu’il tenait de son amante disparue, et jamais ne devait plus boire.
Voici la partition du chant 9 de Fragerolle.
Ce poème inspira de nombreux musiciens et compositeurs comme Schubert, Berlioz, Liszt, Schuman, Gounod…
Voici une très belle version par Karl Friedrich Zelter, sur un air populaire (volkslied) dont nous ne connaissons pas l’auteur, illustrée d’images du film de Fritz Lang les Niebelungen.
Et voici la composition de Schubert (1816), chantée par Hermann Prey
Et voici l’air de Marguerite (la Callas) dans Faust de Gounod
et la version de Robert Schumann, par le choeur 43
et celle de Berlioz (la damnation de Faust, autrefois un roi de Thulé…) par Yvonne Minton
Au vieux roi de Thulé sa maîtresse fidèle Avait fait en mourant don d’une coupe d’or, Unique souvenir qu’elle lui laissait d’elle, Cher et dernier trésor.
Dans ce vase, présent d’une main adorée, Le pauvre amant dès lors but à chaque festin. La liqueur en passant par la coupe sacrée Prenait un goût divin.
Et quand il y portait une lèvre attendrie, Débordant de son cœur et voilant son regard, Une larme humectait la paupière flétrie Du noble et doux vieillard.
Il donna tous ses biens, sentant sa fin prochaine, Hormis toi, gage aimé de ses amours éteints ; Mais il n’attendit point que la Mort inhumaine T’arrachât de ses mains.
Comme pour emporter une dernière ivresse. Il te vida d’un trait, étouffant ses sanglots, Puis, de son bras tremblant surmontant la faiblesse» Te lança dans les flots.
D’un regard déjà trouble il te vit sous les ondes T’enfoncer lentement pour ne plus remonter : C’était tout le passé que dans les eaux profondes Il venait de jeter.
Et son cœur, abîmé dans ses regrets suprêmes, Subit sans la sentir l’atteinte du trépas. En sa douleur ses yeux qui s’étaient clos d’eux-mêmes Ne se rouvrirent pas.
Coupe des souvenirs, qu’une liqueur brûlante Sous notre lèvre avide emplissait jusqu’au bord, Qu’en nos derniers banquets d’une main défaillante Nous soulevons encor,
Vase qui conservais la saveur immortelle De tout ce qui nous fit rêver, souffrir, aimer. L’œil qui t’a vu plonger sous la vague éternelle N’a plus qu’à se fermer.
C’était, en 1933, l’injonction du Ministère de l’Agriculture, qui éditait cette affiche de Leonetto CapielloIl s’agissait sans doute de promouvoir la viticulture française, à une époque où l’on était moins regardant sur les méfaits de l’alcool.
Est-ce cette campagne qui donna l’idée à Raymond Souplex (bon dieu ! mais c’est bien sûr !), et Georges Matis de composer la fantaisie musicale du même titre, en 1935, pour la Revue des Deux Anes ?
Nous l’avons retrouvée dans les Quarts d’Heure de Rabelais *,
une publication humoristique d’inspiration gastronomo-éroto-bachique parue en 1949 sous l’égide de l’Académie Rabelais** que nous a diligentée l’ami Alain, merci à lui. La voici :
* Pour la petite histoire, le quart d’heure de Rabelais est « le moment où il faut payer la dépense d’une consommation quelconque »
** Quant à l’Académie Rabelais, c’est une compagnie de bons vivants (elle a pour objet d’encourager chez ses membres et leurs amis le respect des principes du Maître François RABELAIS: le rire, l’ironie, la farce, la chanson joyeuse, le bien penser, le gai savoir, et bien sûr le bien manger et le bien boire) qui compte ou a compté dans ses rangs des gens aussi illustres que Curnonsky, Kleber Haedens, Henri Jeanson… qui s’étaient retrouvés à Lyon pendant l’Occupation. (Voir son histoire là). Elle décerne annuellement un prix littéraire (qui eut entre autres pour lauréats René Fallet en 1980 pour sa Soupe aux choux, François Cavanna pour les yeux plus grands que le ventre, Alphonse Boudard pour la fermeture, Jacques Pessis pour son Pierre Dac, Pierre Perret…) , et la Coupe du Meilleur Pot de Beaujolais (attribué à l’ami Jacques Mélac en 1981, au Vin des Rues en 1989…)
Certes il y eut des vignes à Bagnolet comme dans toute l’Ile de France, même si l’on n’en entend plus guère parler. L’abbé Lebeuf écrit en 1754 dans son Histoire de la Banlieue Ecclésiastique que « tout est presque planté de vignes » dans le Parc de Bagnolet. Le petit vin se vend bien aux barrières ; à la Révolution les vignerons demandent le réaménagement des taxes sur leur petit vin gris à l’entrée dans Paris (cf l’histoire de la ville).
Mais le vin de Bagnolet, c’est toute une histoire, la voici.
L’histoire du vin de Bagnolet (1883), c’est toute une histoire, qui nous rappelle le grand metingue du metropolitain, de la même époque (1887) une grande histoire aussi ! La voici, chantée par Stéphane Branger
On le sait, un cep de « žametna črnina » (velours noir, cépage slovène) donné en 2003 par nos amis de Maribor, en Slovénie, pousse au pied de la colline de Passy où il a été planté en 2006 à l’entrée du Musée du Vin, caveau des échansons de France.
La saison Offenbach s’est terminée en beauté avec une reprise épique de la Belle Hélène au théâtre du Châtelet. On y a pu entendre le choeur du 3ème acte, qui mêle allégrement le culte de Bacchus et celui de Vénus.
Dansons ! aimons ! Buvons ! chantons ! Et trémoussons-nous avec verve !… Gloire à Vénus ! Gloire à Bacchus ! Et foin de la chaste Minerve !… Dansons ! aimons ! Buvons ! chantons ! Gloire à Vénus ! Gloire à Bacchus ! Et foin de la chaste Minerve !…
Les amateurs d’opérette ne pouvaient pas laisser passer « les mousquetaires au couvent », de Louis Varney, dernièrement à l’Opéra Comique. Et ils ont eu raison. C’est une oeuvre délicieuse et pleine d’humour. Elle date de 1880. Et on y boit !
L’intrigue est classique. Deux mousquetaires s’introduisent, déguisés en moines, dans un couvent où des jeunes filles sont pensionnaires…
Mousquetaires et bourgeois s’affrontent à l’hotellerie Pichard. Mais tout va s’arranger :
Sans nous chercher querelle / Officiers et soldats
Buvons à pleine écuelle / Chantons à pleine voix
C’est la fête au village…
Dans le village on dansera / Gaiment sous le grand chêne
Le vin de Vouvray moussera / Dans la futaille pleine
Ah ! Hi, dia / Boire et danser à perdre haleine
Ah ! Hi, dia / Tant pis pour qui s’en lassera…
Le Mousquetaire Brissac s’apprête à sermonner les jeunes filles à sa façon, après un repas bien arrosé !
(On ne peut pas ne pas évoquer la Périchole (Ah quel diner je viens de faire) et la Vie Parisienne (il est gris))
Gris, suis je gris ? La chose est bien possible
Mais la faute est aux bonne soeurs
Qui me comblèrent de douceurs
Auxquelles je fus très sensible
Ah ! Ah! quel déjeuner j’ai fait
Quelle cave et quel buffet…
C’est une truite saumonée / Avec un marsala très vieux
Puis un jambonneau de Mayence / escorté de quatre perdrix
Que je baptise en conscience / D’un fin Bordeaux du plus haut prix
Après le chapon de la Bresse / Et pour finir vint le homard
Je les arrose avec largesse / De Chambertin et de Pommard
Car j’ai vu troupe respectable / J’ai vu dans leurs flacons ventrus
J’ai vu défiler sur ma table / Les meilleurs vins des meilleurs crus
Vins de Sicile et vins d’Espagne / Muscat Bordeaux Mâcon Champagne…
Elle vient d’être remise en scène par le Groupe Lyrique. Nous l’avons vue dans une mise en scène moderne, dont on pourra trouver la distribution et la note d’intention là.
« Une plongée dans un Paris contemporain, sur une place où la fête ne finit jamais. Il s’y passe des événements cocasses, des couples se forment et se transforment… S’y croisent des comédiens, un faux prince « jet-setteur », une ancienne strip-teaseuse, un groupe de vieilles filles sous la coupe d’une redoutable chaperonne espagnole, le directeur d’un musée de cire qui envoie son neveu se déniaiser avant le mariage, un cabaretier coquin, et tout cela sous les yeux de la police qui semble plus intéressée à se distraire qu’à verbaliser. »
Nous en avons ramené quelques extraits sonores.
Après la Foire Saint-Laurent /C’est à la Courtille qu’on se rend
C’est chez Ramponneau Grégoire / Que l’on vient chanter et boire !
On connait la chanson du grand Serge qui nous faisait plonger dans son univers érotique.
Le Bon Clos va plus loin avec ce W(h)ine on the Beat, qui veut nous immerger dans les méandres d’une dégustation poussée. A ingurgiter un (bon) verre à la vin, en écoutant Love on the Beat ?
Autour de toi je n’ai de cesse D’inspirer l’air que tu parfumes Percer ce secret qui m’oppresse Encore et toujours je te hume.
D’étranges sensations m’assaillent Quand tous mes sens sont en éveil Prêter attention aux détails… Vois-tu déjà je m’émerveille.