Elle mesure 3m sur plus de 8m. De gauche à droite sont évoqués : la joie, la force, l’esprit, l’appel, le vin,les hommes (en bas au centre), l’invitation, les vendanges, la sorcière préparant le feu pour l’alambic, la divine liqueur et enfin l’Alcool.
PS Grâce à Nicole Mikuljan, nous sommes allés voir cette fresque au musée du Patrimoine à Chaillot où elle est exposée jusqu’au 3 mars (1925, l’art déco séduit le monde). Avis aux amateurs. Voici deux détails, représentant le vin, les vendanges, l’alambic.
Jean Dupas vécut de 1882 à 1824. C’est un des grands de l’Art Déco.
Merci aux amis Pierre et Aline qui ont attiré notre attention.
Trop tard pour aller voir cette opérette d’Offenbach jouée et chantée par les Brigands à l’Athénée pendant les fêtes, un grand moment dont votre serviteur a pu jouir dans la loge directoriale.
Mais pas trop tard pour entonner la légende du verre, un grand air à la fin du troisième acte.
Isabelle Druet, grande-duchesse de Gerolstein
1. Il était un de mes aïeux Lequel si j’ai bonne mémoire Se vantait d’être l’un des fameux Parmi les gens qui savaient boire. (bis) Le verre qu’il avait tenait Un peu plus qu’une tonne entière Et son échanson lui versait Nuit et jour du vin dans ce verre. (bis)
Refrain Ah mon aïeul comme il buvait Et quel grand-verre il vous avait Ah comme autrefois l’on buvait Et quel grand verre on vous avait
2. Un jour on ne sait pas comment Il le laissa tomber par terre Ah fit-il douloureusement Voilà que j’ai cassé mon verre (Voila qu’il a cassé son verre) Quand on voulut le remplacer Non dit-il ce n’est pas le nôtre Et mieux il aima trépasser Que jamais boire dedans un autre.(bis)
Unerès belle production, dont on pourra lire une présentation là.
L’air se trouve à 2h19mn49s dans l’enregistrement ci-dessous de la version présentée en 2004 au théâtre du Châtelet (avec Felicity Lott dans le rôle titre)
En voici une version audio par la troupe de l’opéra Eclaté (festival de saint-céré, avec Béatrice Burley en grande-duchesse)
On y trouvera bien d’autres airs qui réjouiront les lecteurs du bon clos, comme le récit de la bataille gagnée par le général Fritz grâce à quatre mille bouteilles moitié vin et moitié liqueur… raflées par les maraudeurs !
C’est avec Marc Chagall et son Double Portrait au Verre de Vin que le Bon Clos vous adresse ses meilleurs voeux pour l’année 2014. Le maître peignit ce tableau vers 1917, après son mariage à Vitebsk avec Bella, l’amour de sa vie.
Nous l’avons vu à Roubaix en janvier de l’an dernier.
Puisse cette belle image, qui réside habituellement au musée d’Art Moderne du Centre Pompidou, nous inspirer tous !
Pour vous dérider en ce début d’année si vous n’avez pas tout suivi, vous pouvez :
Il vit passer plus de 10 000 internés originaires de 38 pays, dont 2000 juifs qui furent déportés à Auschwitz via Drancy et Rivesaltes.
Certains étaient artistes, comme le peintre Karl Bodek, qui réalisérent les étonnantes peintures murales du réfectoire des gardiens.
S’étonnera-t-on si certaines évoquent la vigne et le vin ?
Et si l’humour, cette « politesse du désespoir« , n’est jamais loin ?
Si vos assiettes ne sont pas très garnies… Puissent nos dessins vous calmer l’appétit, est-il écrit.
Salute ! semble dire cet italien du « banquet des nations »
Cette peinture laisse perplexe : personnages de carnaval (noter le panier de raisin), au centre une bouteille d’eau de Seltz, au fond les ombres de bouteilles…
L’association Cocorico (Comité de Coordination de la Région Ile de France des Confréries) organise tous les deux ans (en principe) un Symposium des vignes d’Ile de France. Cette année, ce sont les Confréries du Clos des Pierrottes (Livry/Seine) et celle des Compagnons d’Irminon (Combs-la-Ville) qui étaient à la manoeuvre.
Les Confréries (23 au total) ont été accueillies au Musée Safran de Réau et ont pu suivre une présentation de Joël Rochard, (de l’Institut Français de la Vigne et du vin), sur le climat, puis une de John Dyer de Cincinati Ohio, sur les vins américains comparés aux français.
Du premier on retiendra la complexité et la variété des phénomènes intervenant dans l’évolution du climat (périodes orbitales, météorites, éruptions volcaniques, activité solaire, effet de serre, acidification de la mer…), la certitude du réchauffement en cours, mais aussi l’incertitude sur son ampleur (augmentation de la température de 0,3° à 5° selon les scénarios développés par le GIEC pour le siècle).
L’impact sur la viticulture est clairement la montée vers le nord (180 km par degré de réchauffement) déjà en oeuvre avec le développement de vignobles dans le sud de l’Angleterre. Mais aussi l’évolution du rendement (en augmentation dans le nord (meilleur ensoleillement), en baisse dans le sud en raison du stress thermique et hydrique et du raccourcissement du cycle)
L’exposé de John Dyer nous rappela d’abord que le Président Thomas Jefferson était un amoureux du vin (ses préférés étaient Haut-Brion, Margaux, Latour (de ségur) et La Fite) dont il favorisa le développement aux Etats Unis.
La vigne fut d’abord implantée dans la vallée de l’Ohio, vers Cincinnati, au 19ème siècle. Phylloxera, prohibition, etc. n’ont pas empêché son développement, notamment en Californie dont les vins sont les plus fameux (vallées de Napa au climat chaud et régulier produisant cabernet-sauvignon et merlot ; et de Sonoma au climat plus océanique, où dominent pinot noir et chardonnay).
Le goût américain, de constitution plus récente que le goût français, privilégie le fruité, la maturité, la concentration, le degré alcoolique, comparativement aux vins français traditionnels jugés plus « austères ». La notion de terroir n’a pas l’importance qu’on lui accorde en Europe, les vins sont le plus souvent monocépages. La plupart sont européens, mais le Zinfandel, d’origine obscure, est très populaire en raison de son rendement et d’un goût inconnu en Europe.
Ces présentations « sérieuses » étaient ponctuées d’interventions d’un conteur inspiré, Bernard Sorbier, qui a évoqué dans sa langue de terroir le vin, la vigne, et leur rapport à l’humain.
Citons le :
« laisse moi boire tes paysages et tes fertiles rivières pourpres qui coulent dans ton nid où je veux faire mon lit. »
« je suis en toi cheveux au vent, t’es mon idole, je passe un cassis et tu me fais oublier mes ex… grâce aux côteaux d’Aix, de Bandol et de Cassis…«
On ne peut pas tout citer, il faut lire « les mots du vin » ou assister à un spectacle vivant de Bernard SorbierIl a été très applaudi, tout particulièrement après un irrésistible déferlement érotico-bachique qu’il a déclamé en prélude à l’élection de la Reine du Symposium devant des candidates impassibles.
De gauche à droite, la reine et ses trois dauphines, entourées des excellents grands-maîtres Gérard Laviec, Philippe Jouvin et Michel Courtois
Egalement très apprécié le chanteur Maurice Gueguen, au répertoire impressionnant (du guinguette traditionnel à Bobby Lapointe !), a égrené ses chansons en s’accompagnant d’un orgue de Barbarie. (Et l’on n’a pas tout vu : il chante aussi en breton).
Bravo l’artiste !
La journée qui vit aussi un défilé en fanfare dans les rues de Livry/Seine
et la visite du clos des Pierrottes (planté en chardonnay : ci-dessous, la délégation clamartoise)
se termina comme il se doit par un banquet dansant ou fut annoncé le résultat du concours des vins d’Ile de France. Les lecteurs du bon clos savent déjà que Clamart y décrocha une médaille d’or, à l’issue d’une sélection sévère sous contrôle d’huissier.
Monique Josse, Présidente du Jury, (également Professeur à l’institut du Goût et Grand Pipetier du Conseil des Echansons de France) salue le vin rosé de Clamart 2012 en ces mots : « gouleyant, frais, net en vinification » ; un vin « sympathique », « un vin de soif à boire sur des charcuteries.. »
C’est le scoop de ce week-end : le Clos de Clamart 2012, ce petit vin rosé que quelques amateurs de la confrérie du Clos de Clamart confectionnent année après année avec les raisins vendangés dans leurs jardins et clos par des dizaines de clamartois, s’est vu attribuer la médaille d’or, catégorie « vins divers », par le jury du symposium des vins d’Ile de France.
C’est la première fois que ce vin est récompensé. Voila enfin de quoi faire taire ceux qui prétendent que ce vin est de longue, très longue garde ! (Dans le passé, le clos Franquet, vin blanc produit de la vigne municipale sise rue Pierre Franquet, avait été primé à plusieurs reprises (en 1998, 2000, et 2004).)
Sérieusement, faire un passe-tout-grains avec les raisins de cépages aussi divers que le bacot, le chasselas, le noah, etc. n’est pas chose aisée. On procède à deux vendanges à quinze jours d’intervalle pour permettre à chaque raisin d’arriver à maturité. Depuis quelques années, un tri de plus en plus rigoureux est effectué pour éliminer la pourriture et les grains immatures. Ce tri est de plus en plus anticipé par les producteurs qui ont à coeur d’apporter un raisin sain et mûr. Les deux cuvées fermentent séparément et sont assemblées après six mois d’élevage.
Bien entendu, il faut un « homme de l’art » pour diriger les opérations de traitement et d’élevage du vin. Depuis deux ans, c’est Edouard Macé, oenologue et caviste qui est à la manoeuvre. Qu’il soit ici remercié pour son travail. Ce succès, notre succès, c’est aussi le sien !
Immense est la joie des vignerons clamartois, elle inspire déjà les poètes comme notre amie Nicole Olmeta :
Quel honneur, pour la Confrérie ! Ce n’est plus le grain de folie, Qui fait que sous la coiffe, on rit ! Une autre nouvelle, aujourd’hui, (Qui se propage et fait grand bruit … ) Fait que tous les cœurs sont réjouis !
Bravo a tous nos Vignerons Qui ont concocté le « produit » Avec amour, avec passion, Pour nous conduire au Paradis
Cette « Médaille d’Or » acquise Vient, a point, comme une cerise Sur le gâteau de ce Chapitre.
Du Symposium, tous les arbitres Ont pense : « CLAMART ? Une élite ! La Confrerie est favorite ! «
Levons nos verres tous ensemble, Trinquons a ce qui nous rassemble, A l’amitié que nous trouvons, Et « VIVE TOUS LES VIGNERONS » !
Voici de nouveau venu le temps des vendanges à Clamart. Elles se dérouleront les 27 et 28 septembre pour les raisins hâtifs et précoces, les 11 et 12 octobre pour les autres.
Le pressoir est en place, son fond remastiqué, nous disposons maintenant d’un érafleur électrique, toute l’attention des bénévoles (dix-sept sont annoncés, il y aura même des people) pourra se concentrer sur le tri des raisins.
Au Clos des Volontaires, nous vendangerons le 10 au soir et attendons les amis qui viendront obligeamment nous prêter main forte. Nous les restaurerons, qu’ils se le disent !
Voici une initiative de winetourisminfrance (« le magazine de l’oenotourisme) qui sur une même page les affiches des fêtes et événements consacrés au vin.
C’est bien.
Ce serait encore mieux si les affiches étaient présentées avant les événements. A suivre donc…
C’est à une cérémonie atypique que la Confrérie des Enlumineurs de museaux nous convie, pour quelques jours seulement, au théâtre de la vieille grille.
Disons plus précisément une conférence magistrale, en chansons, mettant à notre portée un fameux traité (inédit dont l’original reste à découvrir) de François Rabelais, véritable plaidoyer pro vino. Ne donne-t-il pas, les jours durant, des selles fermes et assurées ? pisse saine et rose ? et verge puissante et belle…
Le traité aurait été publié sous le nom de maître Alcofribas (pseudonyme de Rabelais), et il n’en reste, nous dit-on, que trois exemplaires en…tchèque, dûs à un certain Martin Kraus de Krausenthal qui l’aurait traduit en 1622. Une traduction en français rabelaisien actuel, dûe à Marianne Canavaggio, est parue en 2009.
Fichtre ! On voudrait nous faire croire cela ! Tout est fait pour, comme cette étude d’Olga Spilar (un aller-retour pour maître Alcofribas) (sur le site de l’écrivain tchèque Patrick Ourednik), qui cite force sources savantes, recherches et documents anciens.
Mais que vient faire cet écrivain en cette affaire ?
Emule de Perec, traducteur de Vian, Queneau, Beckett, on le voit bien s’adonnant, tel le Gaspard Winckler du Condottiere, aux délices du pastiche et de la contrefaçon. Sa fiche wikipedia ne dévoile-t-elle pas le pot aux roses, avec la soi-disant traduction en 1995, du français au tchèque, du fameux traité ?
Bien joué, nous le lirons!
Revenons au spectacle, qui tourne depuis quelques années. En voici un avant-goût..
Les néophytes y prendront de la graine, les oenophiles confirmés réviseront leurs classiques (avec une mention spéciale pour les citations de l’Ecclesiaste), et tous pourront entonner un répertoire de chansons bachiques.
Et ça se termine avec la fête continue de Jacques Prévert (Paroles).
dessin de gabriel lefevre
Debout devant le zinc Sur le coup de dix heures Un grand plombier zingueur Habillé en dimanche et pourtant c’est lundi Chante pour lui tout seul Chante que c’est jeudi Qu’il n’ira pas en classe Que la guerre est finie Et le travail aussi Que la vie est si belle Et les filles si jolies Et titubant devant le zinc Mais guidé par son fil à plomb Il s’arrête pile devant le patron Trois paysans passeront et vous paieront Puis disparaît dans le soleil Sans régler les consommations Disparaît dans le soleil tout en continuant sa chanson