quand mon verre est plein (pierre dac : l’integrale ?)

Quand mon verre est plein je le vide, disait Pierre Dac,

(avant lui  Raoul Ponchon, écrivain, poète et grand buveur mort en 1937,

ponchon au tonneau

avait écrit le quatrain célèbre :

« Quand mon verre est vide 
Je le plains
Quand mon verre est plein 
Je le vide. »

(voir un superbe blog sur raoul ponchon   )

Pierre Dac est mort en 1975, par manque de savoir-vivre sans doute, un jour comme aujourd’hui, un 9 février.

C’est l’occasion de rassembler pour les amis du Clos toutes les citations (c’est sans doute présomptueux, nous remercions les internautes qui nous en signaleraient d’autres) sur le vin et les boissons de l’immortel loufoque.

Les voici, et tout d’abord sa version de quand mon verre est plein :

Quand mon verre est plein, je le vide. Quand il est vide, je suis plein, et quand je suis plein, on me vide, mais je me plains!

Je préfère le vin d’ici à l’eau de là! (image trouvée sur http://images.waxoil.com/potes/philosophie.php)

frenchart

 
Greffez des plants de rosiers sur des plants de vigne, ça fera du vin rosé naturel.

Si la vérité est dans le vin, qu’elle y reste !

Le gros-qui-tache est au mouton-rothschild ce que la brebis galeuse est à l’agneau pascal.

Les bons crus font les bonnes cuites.

Il y en a qui sont faits pour commander et d’autres pour obéir. Moi je suis fait pour les deux : ce midi, j’ai obéi à mes instincts en commandant un deuxième pastis.

Le rire est à l’homme ce que la pression est à la bière (Alphonse Allais aurait dit : Le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression)

Si vous n’aimez pas les cercueils, on vous fera monter de la bière

Il y a aussi les « pubs« 

Il vaut mieux être assis que debout et vermouth cassis.

On peut transpirer de bonheur, être moite d’émotion ou mieux encore, être Moite et Chandon.

les petites annonces

Ivrogne cherche embouteillage pour cuver son vin.

A vendre jolie collection de pots de vin. S’adresser à n’importe qui, Hôtel de ville de Paris

Qu’on le veuille ou non et qu’on l’admette ou pas : pisser rouge dans un verre de blanc ne donne pas pour autant du vin rosé

C’est dans les hospices de Beaune que les vieux crus sont les mieux traités et présentés sous les meilleurs auspices


les modes d’emploi

Pour débouteiller un bouchon, procédez comme pour déboucher une bouteille, mais en sens inverse.
Introduisez le tire-bouteille dans le centre du cul de bouteille ; maintenez solidement le bouchon entre le pouce, l’index, le genou et le thorax gauche, et tirez la bouteille de la main droite ou toute autre demeurée libre. Une fois le bouchon débouteillé, jetez la bouteille et mettez le bouchon à rafraîchir.

les recettes (celle-ci trouvée sur le blog « au fil des mots et des idées « , merci à son auteur)

Voici l’époque où les cerises vont se trouver en abondance sur nos marchés; profitons de leur prix abordable pour préparer de délicieuses cerises à l’eau-de-vie.Pour cette préparation, employez de préférence la cerise anglaise, la Montmorency, la griotte d’Etampes ou la tardive de Saint-Quentin.Enlevez les queues, dénoyautez.

Prendre un litre de bonne eau-de-vie à 45° et procédez de la façon suivante : absorber une dizaine de cerises d’un seul coup, boire immédiatement la valeur d’un verre à bordeaux d’eau-de-vie et continuer ainsi jusqu’à épuisement des cerises et de l’eau-de-vie. Cette méthode, qui laisse à la cerise toute sa saveur, évite l’emploi toujours fastidieux des pèse-sirop et des bocaux de verre.

 

Le breuvage de Lady Pinkham

On se souvient de Richard Anthony et de son « sirop typhon  » sorti en 1968, peut-être moins du tube des Scaffold, Lily the Pink, dont le titre donne le surnom de Lydia Pinkham, américaine du Massachusetts (1819-1883), figure des femmes entrepreneuses, inventeur d’un breuvage médicinal sensé soigner les troubles féminins qui connut dès beaucoup de succès aux Etats Unis, en particulier pendant la… Prohibition.

lydiapinkham

Il était composé en effet de divers extraits d’herbes et produits médicinaux (rhizome de l’aletris, séneçon doré, actée à grappes, asclépiade tubéreuse, fenugrec – on dit aussi trigonelle…),  mélangés à de l’alcool à 18°.

flacon

(Voila qui nous rappelle le vin mariani qui eut aussi son heure avant la première guerre mondiale.

Mais la pub est plus sage !

stretchingyourdollar

homexercises

quoique..

examining

Ce fut la gloire, immortalisée par de multiples chansons à boire.

The Ballad of Lydia Pinkham

Let us sing of Lydia Pinkham
The benefactress of the human race.
She invented a vegetable compound,
And now all papers print her face.
Mrs. Jones she had no children,
And she loved them very dear.
So she took three bottles of Pinkham’s
Now she has twins every year.
Peter Whelan, he was sad
Because he only had one nut
Till he took some of Lydia’s compound
Now they grow in clusters ’round his butt.
Mrs. Smith had nursing problems
Had nursing problems, she didn’t know how.
But after drinking a bottle of compound
They had to milk her like a cow.
Mrs. Johnson has kidney trouble
Had kidney trouble, she could not pee.
But after drinking a bottle of compound
They had to pipe her to the sea.

Voici les Scaffold en action. L’un d’eux est le frère de Paul Mc Cartney, lequel ?

Et voici Richard Anthony, en juin 68 !

 

On boit, on verra

C’est le message que nous adresse le peintre japonais GAKI, rencontré à l’aftersquat de la rue de Rivoli. C’est un précepte zen nous a-t-il dit.  Kissako en japonais. On boit et puis on voit. Il ne pouvait pas mieux tomber !

Voila qui nous change du « on avance et puis on voit » attribué à Napoléon Bonaparte.

onboit

Après huit années en France, Gaki regagne bientôt son pays natal.

jeregagnemonpays

On peut encore le rencontrer au  5eme étage du 59 rue de Rivoli , ex-squat devenu par la volonté du Maire de Paris un lieu hébergeant des artistes, ouvert au public.

Il expose du 13 février au 7 mars 2010 au 5eme étage du 59Rivoli à Paris (vernissage le 17 à 18h)

Voici quelques toiles de Gaki, d’inspirations variées (d’autres peuvent être vues )

bizarre

portrait1

Bonne chance Gaki !

Et voici une toile de Deinki , autre artiste de l’aftersquat (ils sont plus de trente !), des bouteilles qui parlent ?

 

 

 

Chopin… chopine

En cette année du bicentenaire, le moment est venu de faire le point sur le pays de Chopin.

Pas de vigne ou si peu sous ces cieux incléments : quatre cent hectares si l’on en croit sommelier-à-domicile… (mais les choses changent depuis 2005 qui a vu la vente de vins polonais autorisée par l’Union européenne).

Il y a bien quelques restaurants qui font honneur à notre boisson fétiche.

Voici ce qu’on peut voir à l’entrée de U Fukiera, sur la vieille place de Varsovie (Starego Miasto)

restofukieravarsovie

Ce tableau est visible au restaurant Sweik, place de la Constitution à Varsovie

tableausweik

NB  : ce tableau est de Jennifer Garant, découverte à Tenerife (29/3/2013)

Il a donc bien fallu troquer la chopine (de vin) contre la chope de bière, qui coule ici à flot : Warka (fondée en 1478), Zywiec (fondée en 1858), Tyskie,  Okocim, …Chopin-chopine…La chopine est une ancienne mesure d’une demi-pinte, quand le chopin est un objet de collection acheté à un prix bien inférieur à sa valeur, voire un objet volé…Curieuse proximité sur laquelle l’étymologie ne nous éclaire guère : elle fait découler chopine de Schoppen, « puisoir de brasseur », attesté au XIIeme siècle, mais renvoie chopin à choper (dérober).

Et si Chopin n’était pas tout simplement l’homme à la chopine ?Chopin, voila un nom bien de chez nous. Et oui, Frédéric était le fils d’un Nicolas Chopin venu de Lorraine peu avant la Révolution Française, dont la chopine (la chopine de Colas, bien connue des contrepéteristes), était si l’on peut dire un bijou de famille.Le grand Frédéric ne devait d’ailleurs pas la dédaigner,cette chopinette, car comme dit fort justement Internetalis Universalus« Il se passionne alors pour les mazurkas endiablées qui formeront la base de son œuvre à venir.  Pour les ignares, la mazurka c’est entre la polka et la rumba congolaise (mais à trois temps bien sûr).  L’intérêt principal est donc comme dans la valse musette de se boire en même temps un petit vin blanc sec bien frais. »

Ne composa-t-il pas aussi une chanson à boire, Hulanka ? (paroles de Stefan Witwitcki )

Szynkareczko, szafareczko, bój się Boga, stój!
Tam się śmiejesz,
A tu lejesz miód na kaftan mój!

Nie daruję, wycałuję!
Jakie oczko, brew!
Nóżki małe, ząbki białe,
Hej! spali mnie krew!

Cóż tak bracie wciąż dumacie?
Bierz tam smutki czart!
Pełno nędzy
Ot, pij prędzej, świat tendiabła wart!

Piane nogi zbłądzą z drogi,
Cóż za wielki srom?
Krzykiem żony rozbudzony
Trafisz gdzie twój dom.

Pij, lub kijem się pobijem!
Biegnij dziewczę w czas,
By pogodzić, nie zaszkodzić,
Oblej miodem nas!

Take care, pretty girl; be careful!
You are laughing so much
You're spilling wine all down my coat!

I'll not forgive you! I'll make you pay;
I'll kiss you till I'm exhausted!
Ah, those shining eyes, and those divine lips
set my blood afire!

Come now, moody one,
Let all this brooding go to the devil!
Drink, don't waste time, my boy,
For this sorry world already has its fill of woe.

So what if you can barely walk.
What's the disgrace in that?
When your wife shouts you'll won't hear her;
You'll be out cold on the floor!

Drink down or feel my fist.
Hey, lass, over here!
Just serve us. Don't entice us.
Pour us some beer!
Voici une des nombreuses versions visibles sur youtube, Jacek Ozimkowski starring

Pas de doute, chopin, chopine, « ça le fait ».

Et ce n’est pas Pierre Vassiliu qui dirait le contraire !

alainaline

Lui qui composa une pas très chopinesque Alain- Aline  (1965) (elle aimait bien Chopin, lui c’était la chopine…),  incontournable dans cet article !

Les trois capitaines ne se posaient pas la question, qui disaient

Hôtesse tire-moi une chopine (bis)
Chopinette de vin blanc
brave, brave
Chopinette de vin blanc oh! bravement (bis)

I Heard it through the Grapevine

C’est le titre d’une chanson culte, que l’on pouvait entendre récemment sur Taratata par Jack Penate , mais qui a plus de 40 ans et a été chantée, après Gladys Knight , par Marvin Gaye , Creedence , etc.

Voici une version de Marvin Gaye, au piano

 

Intriguante, cette évocation de la vigne dans une chanson d’amour (décu) ! Que peut-on bien apprendre d’un sarment de vigne ? La même chose que de notre téléphone arabe.

L’expression est apparue aux Etats-Unis à l’époque du télégraphe, dont la vigne est une représentation métaphorique bien sûr (dans les années 1840 donc). Plus de détails sur answers.com

ecce… vino

Nous parlions il y a quelques jours des vignerons d’alex , qui propose un service de proximité de découverte des vins.

Diamétralement opposée est la démarche d’eccevino , qui propose un service de conseil en ligne, adossé aux principaux vendeurs de vin on-line.

eccevino

Les conseils sont donnés par David Cobbold (qu’on peut entendre le samedi matin sur BFM dans in vino BFM de 10 à 11h ou le dimanche de 16 à 17h,  » la seule émission de radio en France 100 % dédiée à l’univers des vins et spiritueux », nous dit-on) et Sébastien Durand -Viel, tous deux « dégustateurs, auteurs et enseignants du vin », qui comptent de nombreuses réalisations ludiques et pédagogiques à l’atelier du vin.

A tester.

Princesse de Trébizonde

Offenbach  était à l’honneur ces jours-ci au Trianon où les Tréteaux Lyriques jouaient sa « Princesse de Trébizonde (*) », opéra-bouffe monté pour la première fois en 1869 à Baden et longtemps oublié ; en voici l’ouverture

Il s’y trouve un délicieux air à boire chanté en duo dont voici les paroles, et qui fait référence à la malvoisie, vin grec doux, originaire de Μονεμβασία, qui fut célèbre au Moyen-Age. C’est aussi un groupe de cépages . Pour en savoir plus)

airaboiretrebizonde

trouvé dans le livret de censure de 1869 (version en 2 actes).

L’oeuvre fut ensuite remaniée en 3 actes et il se pourrait bien que certains textes aient changé. N’avons nous pas entendu plutôt : « quel parfum merveilleux a ce vin vieux ?

(* Trébizonde, cité d’Asie Mineure sur la Mer Noire, fut du 12eme au 15eme siècle la capitale d’un Empire )

1910 : qui l’eût crue ?

Janvier 2010 : l’occasion d’évoquer cette légendaire crue « centenale » de la Seine qui envahit Paris en 1910, et qu’une exposition nous remet en mémoire (jusqu’au 28 mars, galerie des bibliothèques à Paris 4eme).

Voici quelques images choc pour les lecteurs du bon clos, qui remercient « la seine  en partage  » d’avoir mis en ligne le fond photographique crue 1910

« Les entrepôts de Bercy sont totalement inondés dès le 22 janvier ; un lac de 5 mètres de profondeur s’y forme, et les tonneaux dérivent dans une forte odeur d’alcool« , nous informe paris.fr

Mais les parisiens font front contre l’adversité…

la banlieue n’est pas en reste

sevressaintcloud

les populations s’adaptent…

mais que fait la police ?

 

le verre demandeur

Voici un tableau de Jean-Paul Chambas que l’on peut voir actuellement (et jusqu’au 17 janvier) à la Villa Tamaris (à la Seyne/mer) dans le cadre d’une rétrospective de l’oeuvre de ce peintre figuratif.

Curieuse scène, qui pose plus de questions qu’elle ne donne de réponses…

« Grand viveur, amateur de corridas, fou de théâtre et d’opéra, mais artiste avant tout, Jean-Paul Chambas, 58 ans, est l’un des peintres français les plus demandés au monde », disait L’Express en 2005, qui rapportait aussi que sa boisson préférée est le vin (et le mescal). La bonne réponse pour figurer dans la galerie du bon clos !