Le bar de Barbe

Se souvient-on de Barbe, ce dessinateur emblématique de Harakiri et de Charlie (mensuel), qui maniait le zoom comme la similitude des formes pour aboutir à des images souvent érotiques ?

Une exposition lui est consacrée à la galerie An-Girard, 7 rue Campagne Première à Paris 14ème (jusqu’au 17 novembre). Cette galerie est spécialisée dans le dessin d’humour.

On peut y voir ce curieux bar qui apporte une réponse à une question qui nous turlupine depuis longtemps : comment boit-on sur une bande de Moebius ?

Se souvient-on de Jiri Sliva ? Cette galerie l’a exposé il y a quelque temps, on pouvait y voir ce chat

Edward Hopper

Voici une nouvelle exposition au Grand Palais, consacrée à Edward Hopper, ce peintre américain décédé en 1967 et dont les peintures « donnent lieu aux interprétations les plus contradictoires« .

On pourra y admirer ce couple buvant un coup sur une terrasse(vers 1906).

Couple Drinking

Une fois n’est pas coutume, ils regardent « l’objectif » du peintre.

C’est jusqu’au 28 janvier 2013

Symbolique du tonneau

Ce mercredi 3 octobre à la Tour Jean Sans Peur, c’était le tour de l’historien médiéviste Michel Pastureau d’éclairer un fidèle public sur la symbolique du vin au Moyen-Age.

Ne disposant que d’une heure, il a choisi de consacrer son exposé au tonneau, et d’aborder aussi la figure de l’ivrogne.

Ce récipient, fut semble-t-il inventé  par les celtes (les rhètes peut-être). On le rencontrait déjà en Etrurie et jusqu’en Scandinavie plusieurs siècles avant notre ère. Plus solide, plus maniable, il a fini par supplanter l’amphore traditionnelle à la fin de l’Empire Romain.

Servant à conserver le sel, les grains,  les aliments aussi bien que le vin et autres liquides, ou encore des objets de valeur (livres, vaisselle, fourrures, monnaie…), il s’est rendu indispensable au Moyen-Age et faisait vivre toute une population de tonneliers attelés à sa fabrication et à son entretien.

Côté symbolique, il partage avec les autres récipients les notions de protection, d’abri (voir le tonneau de Diogène), de cachette (ainsi saint Cénéri en Italie), mais ausi de miracle (morts retrouvant la vie dans la légende des 3 enfants de saint Nicolas, tonneaux remplis par miracle) et de métamorphose.

Il est aussi assimilé à une barque : c’est un vaisseau (vessel, etymologiquement lié à vase). Des histoires de navigation miraculeuse abondent, comme celle de Saint Antonin, navigant décapité dans un tonneau sur l’Ariège, de saint Brieuc, retournant de Bretagne au pays de Galles sur un tonneau…

Fait de bois, matériau vivant, le tonneau symbolise aussi richesse et abondance, voir l’avarice (cf la cathédrale de Magdeburg ou un tonneau symbolise ce péché capital sur un ouvrage).

Quant à l’ivrognerie, elle ne semble guère fustigée en ces temps, car peu de documents y réfèrent. D’ailleurs, pour St Thomas d’Acquin, très indulgent envers la gloutonnerie (lui-même très corpulent,  » sans doute le plus gros de son siècle », à l’instar de Platon et de Bouddha !), « celui qui s’enivre est excusé du péché s’il ignore l’effet du vin », et « un homicide est plus grave s’il est perpétré par quelqu’un de sobre ».

Le latin de l’époque distingue l' »ebrietas (légère ivresse) de la crapuila (ivrognerie, puis débauche, crapulerie). L’ivrogne, c’est le « crapulosus ».

Guillaume le Roux, fils de Guillaume le Conquérant, buvait, dit un chroniqueur, tant le soir qu’il ne pouvait conduire la chasse le lendemain. Le clergé ne faisait pas de cadeau à cet anticlérical qui fut traité de rubicundous, crispus, rufus, crassus (=obèse) et crapulosus.

L’empereur Venceslas, ditr l’Ivrogne, né en 1361, était faible, indolent, paresseux, débauché. Il abuse du vin. Il sera déposé par la Diète impériale en 1400.

Robert de Masmines, chevalier flamand, un des premiers membres de l’ordre de la Toison d’Or, se serait vu reprendre son collier pour ivrognerie. Le voici peint par Robert Campin. Et voici une  curieuse représentation de ce chevalier un poisson sur la tête

Dans le cycle de la Table Ronde, Yvain l’Avoutre (le bâtard)  demi-frère d’Yvain, fils d’Urien, voit son surnom se transformer en ivrogne.

(On ne peut s’empêcher de penser à d’autres « ivrognes » connus des lecteurs du bon clos, comme ce juge anglais mobilisé dans la bataille des vins, qui finit ivre mort (« Puis geta la chandeille a terre, Et puis si ala sommeillier .iij. nuis, .iij. jors sanz esveillier. », ou ces trois dames de Paris (dit des, de Watriquet de Couvin)

Un spécialiste des couleurs,  ne pouvait pas ne pas aborder in fine ce thème. On observa que la couleur réelle du vin n’est pas la couleur nommée (blanc, rouge). En vieux français on disait d’ailleurs vermeil. Au Moyen-Age, blanc et rouge sont opposés, plutôt que blanc et noir. Et l’eau n’était pas blanche, mais verte…

 

 

 

 

 

 

Dionysos, dieu du vin et… de la bière ?

Avec un article intitulé « une mousse, sinon rien  » la revue Books attire ces jours notre atttention sur le positionnement de cet antique breuvage par rapport au vin. Sa recette était connue par les sumériens 6000 ans avant notre ère, nous dit-on. Mais les romains la méprisaient, lui préférant le vin. L’empereur Julien, dit l’Apostat, connu pour avoir résidé à Lutèce, aurait consacré un poème dédié aux deux Dionysos, celui du vin et celui de l’orge.

Nous l’avons retrouvé, traduit par Eugène Talbot (Plon, 1863)  :

 

vendanges 2012 (suite et fin)

Comme prévu les vendanges 2012 à Clamart seront à marquer d’une pierre blanche pour la quantité, trois fois moindre qu’à l’accoutumée. Il n’y aura pas de Clos Franquet, la production étant extrêmement faible. Quant au Clos de Clamart, tous les espoirs sont permis en qualité, avec un jus bien sucré (degré potentiel d’alcool de 11, 3°).

Il faut dire que l’on disposait de nouveaux moyens, avec deux tables de tri…

…permettant de chasser efficacement les grains insuffisamment mûrs,  pourris ou simplement suspects…

…et un fouloir-érafleur tout neuf.

Ci-dessous, un édile venu nous encourager

Sous la conduite d’Edouard, notre oenologue, on s’est contenté d’un pressage raisonné, avec pour résultat un moût de meilleure qualité en principe. Un double levurage sensé améliorer la qualité organoleptique (effet de Torulaspora delbrueckii), une chaptalisation sans excès (on vise 12° d’alcool), plus quelque secret de fabrication…

Remercions ici les récoltants,

celui-ci, outre du bon raisin, n’omet jamais d’apporter une bonne bouteille

et nos fidèles bénévoles : Evelyne, François, Gérard (de Palaiseau, mais clamartois de souche), Gisèle, Jean-Luc, Louis, Marcel, Roger, les deux Michel…

Et voici un ami de passage.

Qui l’aura reconnu ?

les vins « français » au moyen-âge

C’étatit le titre d’une conférence donnée ce mercredi 26 septembre par Mickaël Wilmart, de l’Ecole Des Hautes Etudes En Sciences Sociales, à la Tour Jean Sans Peur, dans le cadre des manifestations autour d’une exposition sur le vin au moyen-âge dont nous avons rendu compte. En voici un résumé, agrémenté de quelques compléments glané ici ou là.

L’ancienneté des vins d’Ile de France est révélée par la toponymie : rue des Vignes comme à Passy, passage du Clos Bruneau  (Montagne Sainte-Geneviève), rue des Vignoles, rue du Clos à Charonne, rue du Clos Feuquières à Vaugirard, etc.

Déjà au 4ème siècle les vignes poussaient autour de Lutèce, saluées par l’empereur Julien qui y a séjourné dans les années 350 (« il y pousse de bonnes vignes« ).

Au Moyen-Age, alors que  la vigne était cultivée aussi au nord qu’est Anvers, elle couvrait un dixième de l’espace cultivable. Le relief de Paris et de l’Ile de France, avec ses coteaux, s’y prêtait admirablement. Et les fleuves et rivières, puis le réseau routier, permettaient de transporter le vin jusqu’en Angleterre dont des marchands venaient s’approvisionner à Saint-Denis.

La vigne s’étage sur trois cercles : dans Paris ; dans la boucle de la Seine (d’Argenteuil à Vanves ; et dans les vallées de la Marne (jusqu’en Champagne) et de la Seine (jusqu’à Vernon). Deux abbayes possèdent des domaines étendus : Saint-Denis et Saint-Germain des Prés. Mais nobles et bourgeois possèdent aussi des treilles (dans leurs résidences) et des clos (hors la ville, clôtures en haies d’osier ou en pierres sèches) .

Le vin est blanc, claret ou rouge. Les principaux cépages sont fromentel (le meilleur), morillon (une sorte de pinot noir), et le gouais ou goué, de piètre qualité, mais plus productif, que la croissance de la population au 13ème siècle favorisera, et que les dommages de la guerre et de la peste, et les reculs du vignoble consécutifs, favoriseront encore. Tous les vins ne se valent pas bien sûr. Vers 1220 Henri  d’Andeli écrit la bataille des vins (bien connue des amis du clos) où l’on saura qui sont les vainqueurs ! Argenteuil semble le meilleur de tous, par les textes et la diffusion. Plus tard Eustache Deschamps (1346-1406) ajoutera son grain de sel, dénigrant la Brie et sa froidure.

« le corps me rompt, le corps me crie,

Quand je pense au pays de Brie :

Durs vins y a, neant charnus,

Apres de goust, de liqueur nus. »

Avec les pertes démographiques causées par la peste noire et la guerre de cent ans, le coût de la main-d’oeuvre monte et l’on passe d’une économie d’exploitation directe employant des salariés à une économie de louage des terres.

Ls vignerons s’organiseront en corporation au quinzième siècle (confréries de saint-vincent). Des taxes protègent les vins franciliens distribués par 80 courtiers. On exporte jusqu’au Danemark, à Bruges des grues gigantesques permettent de charger et décharger les tonneaux des vaisseaux.

Des « étapes » du vin se mettent en place à Arras, Saint-Quentin, Valenciennes… Arras et Compiègne se spécialisent dans le commerce. Et des fortunes vigneronnes se constituent…

Vendanges 2012

La nature a trois semaines de retard, nous a déclaré Edouard Macé, oenologue du clos de clamart, bagneux, cachan…

A Clamart, on a donc « sauté « la vendange prévue début septembre. Ceux qui souhaitent participer au Clos de Clamart 2012 pourront apporter leur raisin les 28 et 29 septembre. Au Clos des Volontaires, les amis du Clos sont conviés le 28 au soir. Le raisin sera-t-il assez mûr ?

 

 

en aquitaine

L’Aquitaine s’étendait jusqu’à la Loire aux temps anciens. Aujourd’hui elle est réduite à 5 départements du sud-ouest. Son nom renvoie à l’eau qui l’enserre. Un amateur de vins se doit de passer dans cette région viticole s’il en fut !

La fontaine Larrieu à Bordeaux semble trop excentrée pour attirer les visiteurs, et c’est dommage. Cette allégorie du vin et de l’eau vaut le détour.

L’amoureux de Bordeaux et photographe amateur Bernard Tocheport nous explique tout sur son remarquable site 33-bordeaux.com : cette fontaine qui date de 1902 est l’oeuvre du sculpteur Raoul Verlet, il l’a baptisée Burdigala en hommage à sa ville.

A quelques kilomètres de là sur la Garonne Rions est le plus ancien village de la Gironde. Au 24 de la rue du Lhyan on peut voir ce dessus de porte seigneurial.

Traversant la mer de vignes qui constitue l’entre-deux-mers (une pareille étendue de vignes existe-t-elle quelque part ailleurs ?) on rallie Saint-Emilion, autre point de passage obligé du Bordelais.

Chez Art-déco-design, galerie de la rue de la porte Bouqueyre, voici la Jurade de Christian Naura

et aussi cet assemblage, du même

Voici aussi une nature morte à la bouteille, signée Melendez

La porte à côté, un sommelier (Emmanuel Emonot) affiche sa philosophie :

Voici son métier expliqué en images :

appréhender…

mirer…

humer…

servir enfin !

Voila qui nous rappelle Monseigneur le Vin et les illustrations de Charles Martin

Un peu plus loin au restaurant « O 3 Fontaines », cette sculpture aux grappes

Entrons maintenant à l’espace Saint-Emilion, où l’on peut trouver en libre service tous les vins de l’appellation en plusieurs millésimes

Un quiz permet à tout un chacun de tester son sens olfactif sur une douzaine de senteurs.

(spoiler) il fallait dire musc

Poursuivons vers le Nord.  Voici un paillasson vu dans une maison de vigneron à Berson, près de Blaye.

Dans les chais voisins, une belle jeunesse s’use à déceler la fin du vin…

tandis qu’ à la citadelle, les sommeliers sont épuisés

Partons maintenant vers la Dordogne, où nous brûlons de rencontrer notre artiste fétiche, Ariane Lumen, bien connue des lecteurs du bon clos pour son dernier, ses filles de bacchus, et bien sûr de ses roubignolles (sélectionnées par le bon clos pour nos voeux 2011) .

La voici dans son petit village de Saint-Georges de Monclar.Pas d’atelier à visiter, malheureusement, le local municipal dont elle disposait lui ayant été repris. Guère de toiles non plus, toutes en exposition à gauche et à droite. Mais cette fille de Bacchus acrobatique valait le déplacement…

Aubeterre sur Dronne sera notre destination la plus au nord. Ce (plus) joli (village de France) mérite qu’on s’y arrête, mais il faut d’abord trouver l’entrée (ceux qui y iront me comprendront) ! Un point commun avec Saint-Emilion ? les deux villages possèdent une église souterraine remarquable.

Vu, quelque part sur la place, cette scène de bistrot, affiche de l’illustratrice Ana Juan,

Et découvert un antiquaire éclectique qui propose vieux flacons prestigieux et vieux chiffons qui le sont moins

Il s’appelle Jean de Galzain, son capharnaum (antiquites de la dronne) se trouve rue saint-jean