Au musée de la grande-guerre, à MEAUX

Ouvert le 11 novembre 2011 sur le territoire de la Première bataille de la Marne à Meaux, ce musée est le plus grand musée d’Europe consacré à la Première Guerre mondiale.

Le visiter, c’est goûter la chance inouïe de vivre dans un pays en paix. C’est appréhender les souffrances des générations suppliciées. C’est aussi fraterniser en pensée avec les soldats installés pendant des mois voire des années dans les tranchées, et partager leurs joies et leurs peines en les voyant s’activer entre deux combats.

Nous nous sommes comme d’habitude concentrés sur tout ce qui pouvait avoir un rapport avec le vin, et plus généralement l’alcool, sujet que nous avions déjà abordé il y a quelques années (voir  » le vin des poilus« )
Les mots pinard et gnôle sont sortis de l’incognito pendant cette guerre :

Le terme pinard existait, dit-on, en Bourgogne dès la fin 16ème siècle pour désigner le vin ; d’autres citent les déclarations du professeur Pinard, gynécologue célèbre à l’époque, qui, député, aurait fait voter un texte pour la fourniture quotidienne d’un quart de vin rouge aux soldats du front. Mais il ne sera député qu’en 1919. Toujours est-il que le mot devint populaire :

Le pinard c’est de la vinasse
Ça réchauff’ là oùsque ça passe
Vas-y, Bidasse, remplis mon quart
Viv’ le pinard, viv’ le pinard!
 
 (Louis Bousquet & Georges Picquet, Vive le Pinard, 1916)

Quant à la gnôle, il s’agirait d’un mot franco-provençal.

L’alcool, décrié avant-guerre,

était devenu le compagnon incontournable des poilus, comme en témoigne cette couverture du journal Le Front, exclusivement illustré par les poilus de l’avant;

Si dans le camp retranché de Paris la vente d ‘alcool aux militaires est proscrite,

A l’arrière on se mobilise pour les soldats du front

en claironnant des slogans d’un autre temps.

Au front, on s’arrange avec les moyens du bord

Cette ingénieux alambic de poche est fait avec une boite de conserve et une lampe à alcool !

Topettes et chopes font partie de l’équipement du soldat de part et d’autre de la ligne de front.

In the glad revels, in the happy fêtes,
When cheeks are flushed, and glasses gilt and pearled
With the sweet wine of France that concentrates
The sunshine and the beauty of the world,

Drink sometimes, you whose footsteps yet may tread
The undisturbed, delightful paths of Earth,
To those whose blood, in pious duty shed,
Hallows the soil where that same wine had birth.

Dans les joyeux banquets, dans les heureuses fêtes, Quand les joues sont empourprées et que les verres sont pleins
Des perles dorées du doux vin de France, où se concentrent
Les rayons du soleil et la beauté du monde,

Buvez quelquefois, vous dont les pas pourront encore fouler
Les sentiers tranquilles et délicieux de la terre,
A ceux dont le sang, versé par un pieux devoir,
Sanctifie le sol où ce même vin est né.

Retrouvez sur le bon clos l’entiereté de ce poème d’Alan Seeger, cet américain qui n’avait « pas pris les armes par haine des Allemands ou de l’Allemagne, mais par amour pour la France ». 

Vinho Verde et Douro

Nous poursuivons la relation de notre visite au Portugal, où nous sommes venus pour participer au Congrès de la Fédération Internationale des Confréries Bachiques au cours duquel nous avons découvert ces deux régions du Nord du Portugal. L’une produit le vin du même nom, l’autre le célèbre Porto.

Le Vinho Verde, Le vin vert, ce n’est donc pas qu’un vin, c’est aussi une région située au Nord-ouest du Portugal, où le vent du Nord souffle et rafraichit océan et région côtière. La terre ne manque pas d’eau, le pays est bien vert.  La vigne est cultivée en hauteur, et les raisins, exposés à l’humidité et aux maladies,  sont généralement vendangés avant d’arriver à maturité. Le vint « vert «  est donc peu alcoolisé, sec et gagne à être bu frais. Historiquement majoritairement rouge, c’est le blanc qui prédomine dorénavant. Une multiplicité de  cépages (45…) induisent certainement une multiplicité de vins. Nous en retenons un : Casa da Senra,  de cépage loureiro. 

C’est à Viana do Castelo que la  Confraria do Vinho Verde a célébré son 54ème chapitre ; une trentaine de congressistes ont été intronisés.

On reconnaitra un costume et une tête bien connus des amis du Clos !

Les danses folkloriques ne nous ont pas surpris, de semblables ont bien souvent accompagné nos chapitres clamartois.

La Confrérie du Vinho Verde a un hymne, l’âme du vinho verde ! (Artur Coimbra, João Martins). Le voici, chanté par Cristina Lima

Desde a raiz da memória 
Nas terras férteis do Minho
Colhe-se na tradição
O mais saboroso vinho!
Nas festas e romarias
Por esse país profundo 
Brinda-se à alegria
Com o melhor néctar do mun- do!

REFRÃO
Pelo nosso vinho verde 
Que aquece o dia a dia 
Pelos confrades, enfim 
Viva a nossa Confraria!

No mais fresco vinho verde 
Constrói a alma o seu hino 
Entre a serra e o mar
É que se bebe o destino! 
Numa mesa portuguesa
Sobre a toalha de linho
Há sempre um naco de pão 
E um bom copo de vinho!

REFRÃO

Nas lides dos nossos campos 
Quando é p’ra descansar 
Põe-se a merenda ao dispor 
E um tinto a acompanhar!
Não há vinho como o nosso 
Regado a esforço e suor
O sangue de todo um povo 
Num copo de puro amor!

Il faut signaler ici que la version portugaise du fameux Vino Griego a été adaptée, et a pour titre ici « Verde Vinho » !
L’exil des portugais vaut bien celui des grecs ! Elle est chantée par Paulo Alexandre.

Vamos brindar com vinho verde
Que é do meu Portugal
E o vinho verde me fará recordar
A aldeia branca que deixei atrás do mar.
Allons trinquer au vinho verde
Qui est de mon Portugal
Et le vinho verde me rappellera
Mon village blanc au-delà de la mer.
Vamos brindar com verde vinho
P’ra que possa cantar, canções do Minho
Que me fazem sonhar,
Com o momento de voltar ao lar.
Allons trinquer au vinho verde
Qu’on puisse chanter, les chansons du Minho
Qui font me font rêver,
Au moment de retourner à la maison

___________

Au delà des serras do Marão et de Montemuro, la région du Douro jouit d’un climat méditerranéen beaucoup plus clément. Le paysage de collines en terrasses est superbe, et a été classé par L’Unesco.

La Quinta da Pacheca, dont le nom rend hommage à la première propriétaire identifiée (1738) du domaine,  Da. Mariana Pacheco Pereira, produit des vins Douro DOC et Porto. Ce fut le lieu d’une belle dégustation.

Le vin de Porto rouge est fortifié après quelques jours de macération par ajout d’eau de vie de vin à 77°, stoppant ainsi la fermentation, puis passe quelques années en fût ou en foudre. Le tawny est le produit phare, mais le porto blanc, plus sec, s’avère agréable à l’apéritif. 

 Sa production est sans commune mesure avec celle du Madère. On en saura plus sur le Porto en lisant la synthèse de wikipedia.

Cette curieuse structure prolonge la vie d’un chêne multi-séculaire. Son nom : Nectar da Pacheca, son auteur : Oscar Rodrigues (2014).

Voici une autre oeuvre vue sur place.

Le retour en bateau vers Porto donne l’occasion d’admirer les incroyables paysages du Douro et de franchir la plus haute écluse d’Europe (36m). 

Le chapitre de la confrérie du vin de Porto était parfaitement rythmée. Toutes les confréries présentes ont été intronisées.

Et du porto 10 anos Tawny fut servi au diner de gala dans l’historique maison de la Douane.

Ne quittons pas le Portugal sans écouter les commandements du vin !

La bacchante de jean-louis

Personnage atypique de la scène française, Jean-Louis Murat vient de tirer sa révérence. Il avait composé une musique originale et interprété une chanson de Pierre-Jean de Béranger, ‘la bacchante », oeuvre poétique d’une grande puissance érotique, qui chante l’union de l’amour et du vin, sortie en 2005 (album MOCKBA). Elle lui ouvre les portes de la galerie du Bon Clos.

Entre ici, Jean-Louis Murat , et rejoins Pierre-jean de Béranger !

Cher amant, je cède à tes désirs 
De champagne enivre Julie 
Inventons, s’il se peut, des plaisirs; 
Des amours épuisons la folie 
Verse-moi ce joyeux poison 
Mais surtout bois à ta maîtresse; 
Je rougirais de mon ivresse 
Si tu conservais ta raison
 

Vois déjà briller dans mes regards 
Tout le feu dont mon sang bouillonne 
Sur ton lit, de mes cheveux épars 
Fleur à fleur vois tomber ma couronne 
Le cristal vient de se briser: 
Dieu! baise ma gorge brûlante 
Et taris l’écume enivrante 
Dont tu te plais à t’arroser 

Verse encore! mais pourquoi ces atours 
Entre tes baisers et mes charmes? 
Romps ces noeuds, oui, romps-les pour toujours: 
Ma pudeur ne connait plus d’alarmes 
Presse en tes bras mes charmes nus 
Ah! je sens redoubler mon être! 
A l’ardeur, qu’en moi tu fais naître 
Ton ardeur ne suffira plus 

Dans mes bras tombe enfin à ton tour: 
Mais hélas! tes baisers languissent 
Ne bois plus, et garde à mon amour 
Ce nectar où tes feux s’amortissent 
De mes désirs mal apaisés 
Ingrat, si tu pouvais te plaindre
J’aurais du moins pour les éteindre 
Le vin où je les ai puisés 

A Porto et Gaia

Sait-on que ces deux villes qui se font face de part et d’autre du Douro ont donné leur nom au Portugal ? Nous y avons passé quelques jours à l’occasion du 52ème Congrès de la Fédération Internationale des Confréries Bachiques, événement qui a lieu tous les 2-3 ans et qui était oreganisé cette année par les confréries portugaises.

On pourra en savoir plus sur ce Congrès sur le site de la dite FICB.

Commençons par Porto, ville bâtie sur des collines au bord du Douro.

Le Palacio da Bolsa, célèbre pour son salon arabe, contient quelques peintures de grande taille de Jose Maria Veloso Salgado représentant transport maritime

ou encore les vendanges

Une autre scène de vendanges, toute en azulejos, peut être vue à la gare San Bento

où nous avons aussi croisé ces soldats au repos et ce camion de livraison de Trovador Rosé (un vin du nord du Portugal). C’était une autre époque (la scène doit dater de la révolution des oeillets, en 1974)

La maison du collectionneur Fernando de Castro est maintenant un musée,( incroyable capharnaüm de mobilier et décorations d’église),

où l’on trouve aussi quelque pièces intéressantes de notre point de vue, comme ce petit chariot transportant un tonneau

et ces céramiques de buveurs

et plus rare, ce couple en grande conversation.

Voici aussi un dessin d’humour représentant un Dr Artaete attablé

6 ponts permettent de rallier Villa nova de Gaia depuis Porto. C’est là que sont les maisons de vin de Porto, à pied d’oeuvre pour expédier les barriques.

Une bouteille perchée l’annonce fièrement au visiteur franchissant le pont Luis.

Chez Ramos Pinto, on peut apprécier ces affiches publicitaires qui datent du début du 20ème siècle et dont nous avons identifié quelques auteurs comme Leopoldo Metlicovitz ou René Vincent

Les passants sont invités à prendre place !

Mais c’est au WoW que nous avons fait les plus belles découvertes. Ce complexe comporte boutiques, restaurants et musées. L’un d’eux abrite la collection d’Adrian Bridge ; ce musée archéologique présente près de deux mille pièces de vaisselle antiques ou plus récentes, de différentes cultures : 9000 ans de libations !

Nous sommes accueillis par cette vendangeuse

et cette table de dégustation d’un domaine bordelais apparemment disparu…

C’est en Chine, à Jiahu que serait attestée la plus ancienne trace de vin, il y a 9000 ans, soit 1000 ans avant les traces trouvées en Géorgie à Gadachrili Gora et Shulaveris. Mais les récipients présentés ne remontent pas aussi loin !

Cette figurine en terre cuite portant deux coupes provient de la vallée de l’Indus (vers – 2500-2000)

Cette coupe en argent finement ouvragée aux frises de vigne a été trouvée à Marlik dans l’ancienne Perse (vers -1400-1000)

Cette phiale en or provient de Phénicie (vers -700-500)

Cet archetype de vase grec représente Herakles et Dionyisos kantharos en main, en joyeuse compagnie…

Nous voici à Rome, avec cette statuette en bronze, ce calice aux 3 rangs d’écailles de pin, et une terre cuite romaine représentant Bacchus thyrse et coupe en main

Plus proche de nous, mais plus loin géographiquement, ce calice inca

Ce keru en cuivre de la même origine était clairement destiné aux libations comme on peut le voir en observant le détail

Bien plus proches de nous, ces verres servaient pour des jeux de boisson (il fallait boire d’un seul coup d’un trait à l’autre)

Ce grand verre de l’époque des mousquetaires (?) est joliment décoré

Rien n’arrête l’imagination, avec ce gobelet à deux coupes représentant une jeune mariée, qui permettait à un couple de boire de concert.

Ce gobelet a usage militaire (20ème siècle) est pratique car, téléscopique, il tient dans un petit étui.

Ces personnages en céramique émaillée nous rappellent ceux vus au musée Fernando de Castro

Admirons aussi cette carafe finement ouvragée

et cette chope en marbre qui ne l’est pas moins

La visite se conclut avec cette vitrine de verres radioactifs qui brillent d’une lumière fluorescente verte quand ils sont placés sous une lumière ultraviolette

En ce qui concerne le Portugal, on a eu des informations intéressantes lors de la conférence donnée par le Professeur J.A. Gonçalves Guimarães sur le thème « Vin et culture au Portugal » dans le cadre du congrès de la FICB, où plusieurs pièces intéressantes, témoignant de l’antiquité de la culture de la vigne, ont été présentées.

Voici un sarcophage romain avec des scènes de vigne, du 3ème siècle, trouvé à Castanheira do Ribateijo (au musée national d’archéologie de Lisbonne)

Cet élément de colonne wisigoth date du 5-6ème siècle (Vale de Aguieiro)

cette pierre du 8ème (Lisbonne)

et ce linteau du 11 ème (Castelo de Soure, près de Coimbra)

Scène de vendange, Oeuvre du Moine Egas (1189), au monastère de Lorvão, à Coimbra

Taille de la vigne, livre d’heures du roi D.Manuel, par Antonio de Holanda (1517-1538)

Cette sculpture dorée est au monastère San Bento da Victoria à Porto (17ème siècle)

les saints patrons de la vigne et du vin au Portugal sont Saint Vincent de Saragosse, St Martin de Tours, et St Gonçalo d’Amarante (12ème siècle, qui aurait fait jaillir du vin d’un rocher en le frappant d’un bâton pour nourrir des ouvriers ; son nom est aussi associé à des patisseries érotiques et des rites de fertilité)

Voici enfin des vues du port de Porto au 19ème siècle et au 20ème.

La conférence s’est terminée sur ce « toast aux jeunes mariés »(Saúde aos Noivos) du peintre portugais Carlos Reis. Saúde !( et merci au conférencier !)

On connait aussi de Carlos Reis Plus de vin (connu aussi comme the empty flagon, 1932)

Tout cela donne soif, c’est l’heure des dégustation des vins du Portugal, mais aussi des vins venus du monde entier. Tchin !

Et on peut continuer dans les rues de Gaia.

1, 2, 3 Chapitres de Printemps

Après un hiver frais et long, le printemps est bien venu, et avec lui les fêtes des Confréries.

Le 16 avril, nous voila chez nos amis les Compagnons d’ Irminon de Combs-la-Ville, qui fêtaient les 35 ans de leur Confrérie, l’une des plus anciennes d’Ile de France. Nous y avons retrouvé les 3 grand-maitres qui se sont succédés à sa tête : Joseph Perret, Michel Courtois et Didier Charles, sous l’édicule récemment construit pour abriter l’antique pressoir sous la devise « NON QUANTUM SED QUAM BENE » que l’on pourrait traduire par « mieux vaut moins mais mieux »,

NON QUANTUM SED QUAM BENE

passé en revue les blasons personnalisés que chacun arbore sur son plastron,

revu avec bonheur le clos aux 600 pieds de sémillon, sauvignon, et maintenant chardonnay,

considéré le pressoir désormais hydraulique

admiré les étiquettes renouvelées artistiquement chaque année,

fait un clin d’oeil au chat de Barberousse et à un jardinier en pause, esquissé une prière

et assisté au chapitre proprement dit et aux nombreuses intronisations parmi lesquelles des gens bien connus des lecteurs du Bon Clos…

Ils ont prêté serment

bu le vin local

cul sec par Irminon ! et signé le Livre d’Or.

Le 29 avril, c’était au tour du Clos de Clamart de faire la fête.

Un cortège de 14 confréries s’est formé et, passant par le Clos Franquet où sont les vignes et les chais, a parcouru les rues de la ville, accompagné par les trompettes du Berry.

Lors du chapitre proprement dit, entouré par les dignitaires,

le Grand-Maître exposa à l’assistance les efforts réalisés pour faire de nouveau du vin du Clos de Clamart, dont la qualité ces dernières années laissait à désirer, « un vin comme nous l’aimons ».

Il y eut 7 intronisations :

Daniel Fréry, Echanson conservateur de Musée du Vin de Paris ;
Vincent Carrière, Meudonnais Président du Lyons Club de Saint Cloud, actif au Clos de Clamart et qui avec son groupe musical avait animé notre dernière « galette » ;
Gilbert Delaveau, Grand Prévôt de la Confrérie des coteaux de Sucy-en-Brie ;
Stéphanie SIMONIN-EDWARDS, une jeunesse du Devoir Parisien du Beaujolais (venue avec son papa);
Catherine FAUCHERON , de la Confrérie Balnéolaise des Chevaliers de Bacchus ;
Evelyne PRIE, de la Confrérie de la Faisanderie de Sully/Loire (qui promeut la terrine de faisan et la chasse à courre) ;
et Anne-Marie LOCQUET, de la Confrérie des Talmeliers d’Ile de France du bon pain

On les reconnaitra sur ces photos (mais qui est qui ? piste : la cape des talmeliers est couleur de la mie crème du pain ; la plume orne la coiffe des chasseurs…)

Le chapitre fut suivi d’un déjeuner servi par le traiteur MBRA d’Arnouville-lès-Mantes, et animé musicalement par Jacky Bouleaux – Le Roi du Bal.

Nous avons eu la joie d’y accueillir Daniel Cunin, bruxellois ami du Bon Clos à qui l’on doit la traduction d’un poème néerlandais ancien (« Wijns gebruik en misbruik » : Usage et mesusage du vin, en commentaire à notre article sur le musée Magnin), ainsi qu’une bonne bouteille de « là-bas » (i.e. Maastricht), la Cuvée des XII Apôtres.

Une coupe fut offerte par le Grand-Maître pour saluer l’ancienne statue de Saint-Vincent, qui date 17ème siècle, et a été transmise, à la dernière St-Vincent, à la Confrérie par les Amis de Clamart.

Le président des Amis ce Clamart Christian Hamon remettant le bâton de St Vincent au GM Marcel

Une tombola aux nombreux lots permit à une quinzaine de chanceux de recevoir des mains d’un charmant tandem des bouteilles de Champagne et d’autres vins, certaines offertes par des donateurs qui tiennent à rester anonymes.

Enfin le samedi 13 mai se tenait le Chapitre de la Fleur au Musée du Vin, chez les Echansons.

On y retrouva nos amis choristes du Souffle de Bacchus, dans la dernière ligne droite pour leur concert commun avec la chorale Aperto (Dimanche 18 juin à 17h, Eglise Sainte Rosalie, 50 Bd Auguste Bianchi Paris 13ème).

Un nouvel Echanson fut adoubé Compaignon, et 3 autres montèrent en grade

Ils n’ont pas dérogé au rituel.

Le thème du dîner, la Méditerranée, fut décliné avec la soupe de poissons, suivi d’un buffet d' »antipasti » (pissaladière, salade de poulpe, etc.) précédant le fameux Poulet sauce Echanson inspiré d’un ancien restaurant de Perpignan (L’Echanson, aujourd’hui disparu), les fromages (fameux brebis), les tartes tropézienne et mentonnaise et la salade de fruits.

Plusieurs réclamèrent des doggybags.

On n’oubliera bien sûr pas de parler des vins servis : un vermentino (=rolle) et un Viognier du pays d’oc, un côtes de Provence Rosé du château Mauvanne, et un rouge de La Clape, appellation peu connue du Languedoc. Frontignan et Rivesaltes furent servis au dessert.

« Ah quel repas je viens de faire, et quels vins extraordinaires ! », pouvait-on fredonner, en s’intéressant aux cadeaux reçus par le Grand-Maître Claude qui atteindra un âge doublement canonique dans quelques jours !

Lequel, de cette bouteille de Cognac » fine champagne » de 1805,

et de ce « lampion », aux bas reliefs évocateurs, sorti d’une imprimante 3D, donnerait-on la palme ?

A l’Hôtel de la Marine

Ce bâtiment magnifique, érigé en 1772 au Nord-Est de la place Louis XV (qui deviendra ensuite la place de la Concorde) sous la direction de l’architecte Gabriel, a abrité un temps le Garde Meuble de la Couronne puis le Mobilier Imperial, avant d’accueillir l’administration de la Marine.

C’est là que fut notamment signé par Victor Schœlchersous-secrétaire d’État à la Marine le 27avril 1848 le décret d’abolition de l’esclavage.

Après le départ de la Marine en 2015, le palais est restauré et son premier étage accueille désormais le public. On peut y voir quelques oeuvres pouvant intéresser les lecteurs du Bon Clos, comme cette pendule bachique

et ce dessus de porte portant une treille

Cette table dressée et richement ornée, où l’on fit bonne chère d’huitres et de champagne, fait envie

avec ses biscuits qui valent le coup d’oeil

Evoquons avec Voltaire les soupers qui s’en tinrent (in Le Mondain)

Allons souper. Que ces brillants services,  
Que ces ragoûts ont pour moi de délices !  
Qu’un cuisinier est un mortel divin !  
Chloris, Églé, me versent de leur main  
D’un vin d’Aï dont la mousse pressée[15]
De la bouteille avec force élancée,  
Comme un éclair fait voler le bouchon ;  
Il part, on rit ; il frappe le plafond.  
De ce vin frais l’écume pétillante  
De nos Français est l’image brillante. 

Just Rosé, le retour

3 ans qu’on l’attendait, le voilà revenu : Just Rosé, qui met la cité de Sanary en fête, et permet aux milliers de festivaliers de déguster les crus, exclusivement rosés, de 72 domaines, la plupart Varois, comme le château Saint Martin, cru classé en 1955,

ou encore les Annibals, où le confrère Henri de Wulf ne chômait pas,

Il faut quand même saluer la présence de 4 Champenois, un Bourguignon, un Corse, un Tarnais et un Meusien, le Cellier de Révigny, qui fait un vin de fraise délicieux et avait déjà tout vendu lors de notre passage, et de quelques autres des départements limitrophes !

Le vin était bien frais, certains diront trop frais, grâce au service innovant ICE CAR,

Le rosé donc, IGP, Côtes de Provence, Bandol… coulait à flot, dans la bonne humeur.

Cette « peinture sur soi » méritait le coup d’oeil !

Et le tuk-tuk de Matthieu assurait le retour au bercail.

Merci Sanary !

Le chant des Pochards

Pochard, cet adjectif et aussi substantif est apparu semble-t-il au début du 19ème siècle. Dérivant de poche, il renvoie à sac, sac à vin, et signifie donc ivrogne, poivrot…

Nous connaissons le thermomètre du pochard, qui permet de mesurer le degré d’ébriété;

les Pochards, une toile d’Ensor (1883),

et aussi la chanson j’suis pocharde d’Yvette Guilbert (1927).

Mais pas le chant des pochards, une chanson écrite par Marcel Pagnol et publiée dans la revue Massilia en 1911, à l’âge de 16 ans !

Le maestro J.C.Keck l’a déniché on ne sait comment. La voici.

Gloire à nous, buveurs insatiables !

On aimerait bien la chanter cette chanson, mais quel en est l’air ?

Ils font du vin en ville…

Ce dernier week-end quelques vignerons de « chais urbains » s’étaient retrouvés au Hoba, un lieu de vie dédié à la « cuisine durable et joyeuse », « niché au cœur du Parc Martin Luther King, dans l’écoquartier de Clichy-Batignolles, Paris 17e », pour débattre est faire déguster leur production.

L’affiche était prometteuse :

C’est Alvina Ledru-Johansson, du magazine « des bonnes femmes et de la bonne bouffe » Culs-de-poule, à l’origine de cette initiative, qui animait la table ronde. Y participaient Géraldine Dubois et Florent Sabourin.

Géraldine Dubois à installé La Têtue, un chai en pleine zone urbaine lyonnaise, et y vinifie ses raisins d’un domaine des coteaux du Lyonnais, situé à une vingtaine de kilomètres. L’idée est d’être au plus près des consommateurs, de privilégier les circuits courts, en recyclant les bouteilles voire en vendant le vin en vrac. Et bien sûr de faire des vins nature, sans levures exogènes, avec un sulfitage réduit à l’essentiel à la mise en bouteille.

Florent Sabourin, avec son compère Marc Event, fait de même à Montreuil, avec des raisins bio qu’ils vont chercher un peu partout. Leur marque Michtovino renvoie à l’argot local, Michto, d’origine romani, qui veut dire agréable, cool. Nous avons particulièrement apprécié leur claret.

(En apprendre plus sur Francebleu.fr et sur radiovino)

Les deux reconnaissent que leur modèle économique est loin d’être profitable, en raison des coûts et des contraintes urbaines. La comparaison avec les brasseurs, qui peuvent multiplier les cuvaisons, ne tient pas. Des cinq producteurs présents, le seul à s’en sortir pour l’instant est adossé à un bar où il peut écouler sa production. Dira-t-on qu’ils font ça pour la gloire ?

Lors de la dégustation nous avons aussi pu rencontrer le cadet des Ferchaud, Benjamin, qui produit avec son frère aîné ses vins sur l’île de Nantes, et les fait boire au Bras de Fer, un espace attenant à la cave de partage musical et oenologique. Les raisins vinifiés proviennent de la région ou de l’Anjou voisin.

A Courbevoie en banlieue parisienne, c’est un fils et un père (Antoine Et Fady Sfeir) qui proposent le Pif à Papa. En attendant d’avoir leurs propres vignes en Ile de France, ils vinifient des raisins de Loire et proposent une douzaine de cuvées originales, dont les noms (fiston, mamie, etc.) rappellent le jeu des 7 familles.

Nous avons été séduits par la cuvée Mamie, assemblage élevé sous voile de grolleau gris et d’un gamay vinifié en macération carbonique, aux arômes de noisette grillée étonnants.

Last but not least, c’est au D.O.C.K de Reims que nous donnons la palme, pour son Dock power, un délectable assemblage de muscat et de viognier, et son Dock en stock, un rouge complexe, puissant et épicé. Merci et bon courage à Laure et Fabrice Renaud !

Etonnant, non ?

Au rendez-vous annuel d’Artshopping

Comme chaque année, nous sommes allés faire un tour au Carrousel du Louvre pour cette nouvelle édition de « l’art contemporain accessible » (entendons : à moins de 5000 euro). De taille plus réduite que les années précédentes, il y avait quand même quelques images à grappiller pour les amateurs du bon clos.

Tout d’abord, cette « Cène des Médecins », une huile du peintre chinois Cai Pingpei, installé à la Grande Chaumière depuis plus de 20 ans, la Cène des Médecins, sur un thème suggéré par la pandémie.

Cai Pingpei est aussi restaurateur. Son restaurant, le Mandarin Dunois, au 77 de cette rue du 13ème arrondissement de Paris, mérite sûrement une visite !

Voici aussi une scène onirique avec un verre, de l’artiste turque Gülay Hakgönül. Un homme (dans le verre), une femme (au pied du verre), une lune, un arbre, une mer, une île ? Cette symbolique reste à décrypter…

Et voici pour finir une jolie photo d’un verre de vin avec pour fond un glacier. Tchin !