Bacche, bene venies… chanson à boire en latin

Qui eut dit qu’une chanson à boire, en latin, se cacherait au sein du beau concert de la Boston Camerata de Joël Coen, « Tristan et Iseult », donné récemment à l’Atrium de Chaville ? La voici, venue du 13ème siècle, dans ce manuscrit découvert en 1803 dans l’abbaye de Benidiktbeuren, autrement dit des « carmina burina », deux centième chant du nom

Bacche, bene venies gratus et optatus,
per quem noster animus fit letificatus.

Ref

Istud vinum, bonum vinum, vinum generosum,
reddit virum curialem, probum, animosum.

Bacchus forte superans pectora virorum
in amorem concitat animos eorum.

Ref

Bacchus sepe visitans mulierum genus
facit eas subditas tibi, o tu Venus.

Ref

Bacchus venas penetrans calido liquore
facit eas igneas Veneris ardore.

Ref

Bacchus lenis leniens curas et dolores
confert iocum, gaudia, risus et amores.

Ref

Bacchus mentem femine solet hic lenire
cogit eam citius viro consentire.

Ref
Bacchus illam facile solet expugnare,
a qua prorsus coitum nequit impetrare.

Ref

Bacchus numen faciens hominem iocundum,
reddit eum pariter doctum et facundum.

Ref
Bacche, deus inclite, omnes hic astantes
leti sumus munera tua prelibantes.

Ref

Omnes tibi canimus maxima preconia,
te laudantes merito tempora per omnia.

—–

Ecrite dans un latin de « cave » plutôt que de cuisine, son sens ne devrait guère résister pour peu qu’on dispose d’un dictionnaire ad hoc !

En voici un enregistrement par le Clemencic consort

Bacche, bene venies.mp3

Chanson à apprendre pour nos prochaines agapes, amis du clos !

ménage d’hiver à la grange Franquet

Tel Hercule nettoyant les écuries d’Augias, la Confrérie du Clos de Clamart s’est mobilisée ce jeudi 20 décembre, sous la direction de son Grand-Maître Michel, pour nettoyer une bonne fois la grange qui avait vu, années après années, s’y amonceler les scories du temps. Sous les yeux médusés des riverains, la dizaine de volontaires l’a ainsi expurgé des vieilles planches, fauteuils déglingués, cageots défoncés, cadavre de pigeon et autres vieilles bouteilles (vides) qui en barraient l’accès.

Il reste certes encore à faire, mais on y voit plus clair, et on y respire !

Nous en reparlerons.

l’amour… au travail

Nous avons déjà parlé ici de l’Oulipo . Un de ses membres, Jacques Jouet, vient de faire jouer au théâtre du Rond-Point « l’amour au travail », suite de saynètes qui chacune raconte en douze minutes, une histoire ayant en commun avec les autres les rôles (1 homme et deux femmes) et le noeud de l’intrigue (un acte sexuel). Nous ne sommes pas loin des exercices de style du regretté Raymond Queneau.

Quel rapport avec la ligne éditoriale de ce blog ? C’est que l’une de ces saynètes a pour scène les vendanges ! De quoi faire fantasmer les amis de la vigne et du vin, lecteurs de ce blog et rituels participants aux vendanges du Clos des Volontaires et du clos Franquet.

La salle Jean Tardieu était comble au théâtre du Rond-Point ce lundi 17 décembre pour l’unique représentation. Le public, comblé également. Amis du clos, vous aurez bientôt l’occasion de (re)voir cette pièce à la Bibliothèque Nationale de France, car

La Compagnie l’Amour au travail jouera à la BnF la pièce de Jacques Jouet qui porte le même nom, jeudi 8 février 2007 à 19h.

Ne la ratez pas ! (Ce Jacques Jouet est vraiment très fort)

petite boîte

Une « petite boîte », au sens de l’Oulipo , est un poème bref, basé sur des règles strictes , visant à mettre en valeur en son sein un mot, proprement « mis en boîte » comme dans un écrin.

En voici une, dédiée au vin :

On l’appréhende, on le mire,

On le hume, on le savoure,

On le déguste longuement,

le Vin,

On l’ingurgite, on le vénère,

Pour ce qu’il nous dit de nous.

Plus on est d’amis plus on boit

Connaissez vous Vanessa Hidden ?

vanessa

Cette artiste lyrique vient de présenter au théâtre de l’Ile Saint-Louis « C’est toujours ça de pris » où elle redonne vie à un répertoire (celui des Marie Dubas, Yvette Guilbert et Yvonne Printemps) que l’on pourrait croire déliceusement désuet, mais finalement pas tant que ça. Jugez en avec cette chanson que l’on chanterait bien au Clos des Volontaires si on en avait la partition (l’air serait celui de « Francs buveurs que Bacchus inspire« , et l’auteur Paul de Kock) :

Plus on est d’amis plus on boit

Loin de nous chassant l’humeur noire
Tous gais, artistes, bons vivants
Aimant à chanter, rire et boire,
Nous nous rassemblons tous les ans.
A nous, un ami s’incorpore
Avec plaisir, on le reçoit
Nous en trinquerons mieux encore

Plus on est d’amis, plus on boit…
Plus on est d’amis, d’amis, plus on boit
Plus on est d’amis, plus on boit,
Plus on est d’amis, d’amis, plus on boit
Plus on est d’amis, plus on boit

Le plaisir fuit la solitude
Pour le trouver vive un banquet
Où se délassant de l’étude
Chacun chante un joyeux couplet.
A trinquer, un ami m’engage
J’en vois deux, mon plaisir s’accroît,
J’en vois trois, je bois davantage…

Plus on est d’amis…
Plus on est d’amis, d’amis, plus on boit
Plus on est d’amis, plus on boit,
Plus on est d’amis, d’amis, plus on boit
Plus on est d’amis, plus on boit…

La vigne date du déluge
Noé patriarche divin
Quand vient la fin de ce grabuge
Dit : Assez d’eau vive le vin !
C’est grâce à lui qu’on se rassemble,
A notre amour il a bon droit
Buvons buvons buvons ensemble

Plus on est d’amis, plus on boit …
Plus on est d’amis…
Plus on est d’amis, d’amis, plus on boit
Plus on est d’amis, plus on boit,
Plus on est d’amis, d’amis, plus on boit
Plus on est d’amis, plus on boit…

Plus on est d’amis, d’amis, plus on boit
Plus on est d’amis, plus on boit,
Plus on est d’amis, d’amis, plus on boit
Plus on est d’amis, plus on boit…
Plus on est d’amis, d’amis, plus on boit
Plus on est d’amis, plus on boit,
Plus on est d’amis, d’amis, plus on boit
Plus on est d’amis, plus on boit…
Plus on est d’amis, d’amis, plus on boit
Plus on est d’amis, plus on boit,
Plus on est d’amis, d’amis, plus on boit
Plus on est d’amis, plus on boit…

(voici une version plus complète )

salon des vignerons indépendants -novembre 2007

Rendez-vous obligé de cette fin d’automne, le salon a accueilli une fois de plus tout ce que l’Ile de France compte d’amateurs de vins.

Est-ce un hasard ? Il partageait le Hall 7 du Parc des Expositions de la porte de Versailles avec le Salon de l’Education, sans pour cela attirer lycéens et étudiants, nous a-t-on assuré ; des éducateurs par contre, si ; mais faut-il les blâmer ? pas dans cette tribune en tout cas, où l’on connait bien leur abnégation et leurs parfois dures conditions de travail.

Cette fois, c’est sur un « petit » producteur de Bandol que nous braquons notre projecteur.

thierry simon

Thierry Simon a créé à Saint-Cyr le domaine de la Chrétienne il y en a moins de 10 ans, et fait, sur des vignes qu’il loue et avec un investissement en capital minime, un vin « de garage ». Le résultat est étonnant avec des Bandol rosés bien équilibrés, des Bandol rouge plaisants, et des « vins de table », où le mourvèdre obligé de l’appelation Bandol laisse la place à un Carignan très concentré, ce qui donne des vins très intéressants qu’il va falloir suivre (les indomptables).

Et puisqu’on parle bandol, signalons le blog d’Alain Hoffmann qui donne toute sorte d’informations sur les vins de l’appelation et dont on espère la mise à jour prochaine.