Au musée du vin de Passy

C’est une exposition de peintres contemporains qui nous fait revenir dans ce musée situé sous la colline de Passy. Nous en reparlerons.

Il y a quelques lustres nous y avions partagé un repas moyenâgeux avec l’ami Jean-Marc Pastré, ci-devant grand-maître de la Confrérie du Clos de Clamart.

C’est un lieu chargé d’histoire, établi dans des galeries creusées dès le 13ème siècle dans le calcaire grossier du lutécien, qui servirent ensuite de cellier aux frères Minimes du Couvent de Passy, puis au restaurant de la Tour Eiffel.

Il est Musée du Vin, propriété du Conseil des Echansons de France, depuis 1984.

Un restaurant y est installé, où étaient accrochés les tableaux de l’exposition.

Voici quelques vues de ce lieu magique, en avant-goût.

Il nous ramène au temps béni des monastères…

On peut y rencontrer des échansons en pleine action…

des buveurs…

se retrouver dans une cave champenoise…

aviser quelques enseignes anciennes…

un porte-bouteilleune tirette pour la mise en bouteilles

un curieux fût hexagonal

Et voici la main de Jean Jaurès, réalisée par la verrerie ouvrière d’Albi à l’occasion du centenaire de la fondation, à l’issue d’un conflit historique, de la première coopérative ouvrière de France (aujourd’hui filiale de Saint-Gobain).

Ce raseur à bascule signifiait au client qu’il devait quitter les lieux à la fin des oscillations (Alsace, 19ème siècle)

Ce ratelier de Thomery permettait de conserver les grappes de raisin pendant tout l’hiver

Et voici une vigne qui prospère dans le quartier

 

 

 

 

 

 

 

 

Le dernier

Voici Ariane Lumen qui se rappelle à notre bon souvenir avec ce petit dernier.

Les lecteurs du bon clos la connaissent bien pour ses filles de Bacchus et autres roubignolle (peinture sélectionnée pour nos voeux 2011).

Il s’agit du dernier verre bien sûr, à voir et à méditer en écoutant l’ivrogne du grand Jacques.

Pour Ariane, ce n’est sûrement pas le dernier dirait-on…


A ta santé, beauté !


Et maintenant ?

l’atelier de Bacchus

Les lecteurs du bon clos ont peut-être avisé le commentaire de Sébastien Basile, jeune artiste valenciennois, qui a choisi la barrique comme support privilégié de ses créations picturales.

Il vient ainsi rejoindre la cohorte de peintres mobilisés par Gérard Bru pour ses « barriques peintes de puech haut »

Lisons sur son blog « l’atelier de bacchus » sa profession de foi…

« Pourquoi les barriques ?
La barrique est un objet universel dont la forme ovale, féminine est rassurante. De plus, elle est chargée d’un imaginaire fort : la magie aromatique par laquelle elle transforme des vins en grands crus ; la noblesse de son bois et du travail artisanal qu’elle requiert ; mais aussi le voyage à bord des navires, la piraterie…
D’un point de vue graphique et picturale, c’est un terrain de jeu idéal de près de 2 m² dont la forme et la dualité des matières bois / acier offrent des possibilités infinies. »

Voici quelques unes de ses créations.



Il est ce week-end au festival du Touquet.

au barbezingue

Guinguette ? restaurant ? bar à vin  ? Voici en tout cas une excellente adresse à deux pas de Clamart, à Châtillon.

Deux formules : restaurant au RC, où un petit jardin

permet de pratiquer son lancer de boules, au son de l’accordéon (avec un peu d’imagination).

ou buffet/table d’hôtes à l’étage, que nous avons essayé. Il y a une terrasse et de grandes tablées à l’intérieur.

On peut aussi s’y faire tailler la barbe si l’on en croit Siné.

 

A la National Gallery de Londres

Un petit tour à la National Gallery de Londres ne pouvait pas ne pas apporter sa moisson d’oeuvres intéressant nos lecteurs.

Voici Ariane et Bacchus, par Titien (vers 1520)

un Silène soutenu par des satyres, par Van Dyck (vers 1620)

une nature morte (Willem Kalf 1653)

les effets de l’intempérance (Jan Steen 1663)

Un Intérieur hollandais (Pieter de Hooch 1658)

un concert dans une arrière-cour du même de Hooch (1677)

la fête des vendanges à Mâcon (JMW Turner 1803)

et pour finir, un déjeuner de Vuillard (1901-1935)

 

 

 

 

 

Chez Artdies

Dans cette  petite galerie lilloise se cachent pour quelques jours encore quelques oeuvres qui ont leur place dans la galerie du bon clos.

François Dreulle y présente sa retrospective 1958-2012.

Voici une oeuvre de sa période cubiste. Qui dira par quels mystérieux chemins de l’inconscient se trouvent réunis là cette grappe de raisin à ces gazettes, cartes à jouer et autres objets hétéroclites ?

Et voici curieusement la même scène d’estaminet (peut-être  n’est-ce qu’une question de temps ?) représentée par deux autres artistes du Nord.

Le verre de vin rouge de Thérèse Seynhaeve

Le vin de René Peccolo

Ah ! les fraises et les framboises…

du bon vin j’en ai bu…

C’est une chanson, pas inoubliable mais sympathique, créée au Québec par la famille Soucy en 1949,

et reprise sous une forme plus coquine par les charlots en 1972.

Merci à Marie-Claire qui a attiré notre attention sur cette joyeuse chanson

PS

Cette chanson a l’air ancienne et a été déjà reprise en 1926 par Parisys (adaptation paroles de Serge Plaute et E.Wolf, musique de Georges Matis)

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Aux crayères des Montquartiers

Moins connues que les caves du Chemin des Vignes à Issy-les-Moulineaux, les Crayères des Montquartiers se situent un peu plus loin sous le même coteau.Depuis Clamart, une sente y descend.

Elles valent le déplacement, surtout lorsqu’une dégustation y est organisée comme c’était le cas ce dernier week-end. En avant pour une petite visite…

Ces Crayères ont été creusées il y a deux cents ans pour extraire la craie, on y cultiva ensuite des champignons de Paris, elle hébergea enfin la plus grande brasserie de la région parisienne, nous dit-on.

Remercions les viticulteurs des Lutinières de Montlouis qui nous avaient invité à cette rencontre entre amis vignerons. Nous les connaissons pour les avoir rencontré dans d’autres caves à Cinq Mars la Pile, au salon Vins et Délices, réunion annuelle que l’ensemble vocal Alingavia de Langeais anime avec bonheur.

Nous découvrîmes aussi quelques beaux crus comme ce domaine de Calavon (côteaux d’Aix) « tradition » 2009 (carignan/grenache), au nez de café, délicieux, les Arbois de Martin Faudot, et l’excellent Chinon  « cuvée Fleurs de la famille Rouet à Cravant les côteaux.

 

 

le vin au moyen-âge

C’est le thème de l’exposition que l’on peut découvrir jusqu’au 11 novembre 2012 à la tour Jean Sans Peur, bâtiment ancien sis rue Etienne Marcel près des Halles.

Le site en lui-même mérite le déplacement : la tour est l’unique vestige de l’ancien hôtel de Bourgogne, qui à la fin du 13e siècle était adossé à l’enceinte Philippe Auguste ; Jean Sans Peur la fit construire vers 1410 pour se protéger de ses ennemis (ce qui ne l’empêchera pas d’être assassiné en1419) ; ses latrines, modernes pour l’époque (chauffées et reliées à une fosse) passent pour les plus anciennes de Paris ; un remarquable escalier à vis permet d’accéder à ses six étages.

Voici une photographie de la tour prise à l’époque du percement de la rue Etienne Marcel en 1877 par Charles Marville (Bibliothèque Historique de la Ville de Paris)

L’exposition est intéressante sur le plan linguistique (voir ci-dessous un florilège d’expressions anciennes),  iconographique (même si on aurait aimé découvrir des documents originaux), et bien sûr historique. Un petit livret disponible sur place rassemble ces informations.

C’est l’occasion de découvrir Ibn Butlan, médecin irakien du 11eme siècle, et son ouvrage  « préservation de la santé » ; Pietro de Crescenzi, agronome italien du 13eme siècle ; valère maxime, romain du 1er siècle… ; Watriquet de Couving et son « dit des trois dames de Paris » (vers 1320)…

« taille tôt taille tard, mais taille en mars »

« qui bine vine », « en lieu bas sème le froment, en lieu haut plante ton sarment », « vigne double si elle est close » (à l’abri des prédateurs)…

Pietro de Crescenzi, livre des prouffitz champestres et ruraulx, 15e siècle

« quand octobre prend sa fin dans la cave est le vin »

vigne sous pergola, ibn butlan

« en vaisseau mal lavé ne peut-on vin garder », « un vaisseau vide sonne plus haut que le plein », « bon vin s’aigrit en chaud cellier »…

(ibn butlan, tacuinum sanitatis, vers 1395)

« l’eau fait pleurer, le raisin chanter »

bonnes et mauvaises manières de boire, valère maxime vers 1475

« parler de vin, parler divin »

dégustation du vin nouveau, ibn butlan

« à la trogne connait-on l’ivrogne », « à bon ivrogne, bonne panse »…

Dame Tifaigne la coifière (modiste)
Qui dist : je sai vin de rivière
Si bon qu’ainz tiex ne fu plantez (qu’on n’en planta jamais un tel);
Qui en boit, c’est droite santez,
Car c’est uns vins clers fremians (frémissant),
Fors, fins, frès, sus langue frians (vif, pétillant),
Douz et plaisanz à l’avaler.
A celui nous couvient aler,
Autre vin goust ne nous ara.
 »

(voile texte intégral ici et le commentaire de maisons-champagne )

Ainsi « de bon terroir bon vin », « à bon vin ne faut d’enseigne », on peut le boire « à pot ou à table » (debout, dans la rue ou dans la taverne, assis), et être « plus ivre qu’une soupe… » (pain trempé de vin)

Pour conclure, nous informons les lecteurs du bon clos qu’une série de conférences accompagne cette exposition :

le vin de messe (16 mai), le vin à la cour de Bourgogne (30 mai), viticulture et vinification au moyen-âge (13 juin), les vins « français » et les vignobles de la région parisienne au moyen-âge (26 septembre, symbolique médiévale du vin (3 octobre). Réservation au 01 40 26 20 28.

Les prévoyants qui auront réservé leurs places assez tôt pourront assister au concert-dégustation (chansons à boire du Moyen-Age au 18eme siècle et vins d’appellations médiévales) le 24 octobre avec l’ensemble vocal Montorgueil.