Au fil des expos

Voici quelques images rencontrées pendant l’été.

Commençons par cette fresque vue rue du roi René à Avignon.

Elle représente une scène de Richard III (2015), l’homme de « mon royaume pour un cheval« . On trouvera une relation de la mise en scène par Thomas Ostermeier .
Il y ainsi une flopée de fresques représentant des scènes de pièces appartenant à la légende du festival d’Avignon. Elles sont signées Marion Pochy et Dominique Durand. On peut les voir là.

A Avignon également, dans un tout autre genre, on peut voir ces chats, signés S.Binet. pas Sophie, Sylvain, un spécialiste de ce genre de scène.

Plus à l’ouest, à Montricoux, petit village Tarn et Garonne, se trouve le musée Marcel-Lenoir. On y a vu cette femme à la coupe

et ce retour des vendanges et danseurs (1919-20)

Le musée Marcel-Lenoir se trouve au château de Montricoux et mérite le détour.

Ce pendant la vie parisienne suivait son cours, avec son exposition Matisse et Marguerite au Musée d’art moderne. Celle qui fut la fille et l’accompagnatrice du maître avait aussi quelque talent comme on peut voir acec cette nature morte à la bouteille.

L’exposition retrace son parcours et nous la montre servant à boire à son fiancé de façon touchante.

Au musée Carnavalet, c’est dans la ruelle où Agnès Varda a élu domicile qu’Alexandre Calder vient lui rendre visite. Que comptait-t-il faire dans cette posture avec sa bouteille ?

Terminons avec l’exposition sur le mur de Berlin à la cité de l’architecture et du patrimoine, et ces scènes de liesse lors de la chute du mur (9 novembre 1989).

Quelques leçons du professeur Buccella

Qui ne connait le professeur Bucella ?

Cet amoureux du vin, directeur de l’école d’oenologie bruxelloise « Inter Wine & Dine » professe avec beaucoup d’humour les mathématiques de l’incertitude à l’Université libre de Bruxelles. 
Fort de cette triple compétence, il a écrit de nombreux ouvrages sur le vin, récréatifs et instructifs.
Voici quelques vérités, assez iconoclastes,  trouvées dans ses « Tribulations Oenologiques ».

  • de l’intérêt de vins réputés à ne pas participer à des dégustations collectives étiquette couverte :
    Tôt ou tard ,en vertu de la loi des séries, après un grand nombre d’essais, ils risquent de ne pas sortir du lot, et  « une seule expérience négative suffit pour abîmer une réputation »

Inversement, un petit vin finira bien par « sortir premier ou deuxième » d’une de ces dégustations, « et c’est le jackpot. »

Et de citer l’exemple de chateau Reignac, simple bordeaux supérieur qui surclass(a) les plus Grands … en 2012.

  • du bon rapport qualité-prix : le jeu du vin

    Pour choisir un vin, produit non substituable par excellence, le raisonnement rationnel conduit à privilégier le meilleur rapport qualité-prix pour un budget donné, opération compliquée. 
    Quel prix paierait-on pour une bouteille donnée ? c’est la question posée à ses étudiants. « S’il est plus élevé que le prix réel, vous êtes face à un bon rapport qualité-prix, (selon votre échelle de valeurs) ».

Dans tous les cours donnés par le professeur, le jeu du prix suit toujours la dégustation. De ce fait,  » les étudiants ne sont jamais influencés par le prix lorsqu’ils goûtent »; Chiche ?

« Il n’y a qu’une solution, c’est la dégustation », conclut-il.

  • les vIns bio et biodynamiques sont-ils meilleurs ?

Une étude menée par 2 scientifiques français, après analyse des notes après dégustation à l’aveugle de 128 182 vins français dans 3 revues, dont 8% de biologiques ou biodynamiques certifiés, conclut sans appel à la supériorité de ceux-ci : +6 points pour les biologiques, + 11,7 pour les biodynamiques.

En revanche, selon les auteurs, « le label autoproclamé « raisonné » a reçu, dans le meilleur des cas, des notes similaires à des vins conventionnels ». Du greenwashing…

  • peut-on reconnaitre un vin dont on ignore tout ?

C’est la question posée dans la nouvelle de Roald Dahl , « The Taste », parue en 1945, où,au cours d’un dîner, un expert découvre, point par point, l’appellation, le château, et le millésime du vin servi.
On ne dévoilera pas la chute.
30 ans plus tard, on retrouvera cette situation dans l’Aile ou la cuisse.
Nous en avons trouvé une adaptation théâtrale russe de 2015, avec des sous-titres en allemand. Bon visionnage !

Et en voici une autre britannique qui date de 1980, un épisode de la série Tales of the Unexpected

William Schuman en a même fait un opéra !

  • comment sélectionner les bons vins dans un lot?

le meilleur expert n’est pas infaillible : température de service, bouteille déviante, humeur, fatigue… Il peut aussi bien passer à côté d’un bon vin que d’en laisser passer un médiocre. D’où l’intérêt de disposer d’un jury de taille conséquente, merci Condorcet, car la probabilité d’un verdict juste augmente avec le nombre des votants.

Une illustration maintes fois constatées de ce précepte : « mettez dix bouteilles sur le guéridon d’un buffet… La première qui se vide est la meilleure ».

  • à quoi servent les concours de vins ?

« ils organisent moins la compétition entre bouteilles que la promotion desdites bouteilles ».

Avec 6704 macarons délivrés sur 11000 participants à l’International Wine Challenge, « le véritable exploit est de ne pas recevoir de médaille ».

En France, l’OIV limite à 30 % le nombre de vins médaillés. En envoyant le même échantillon à 7 concours différents, la probabilité de décrocher au moins une médaille atteint 91% !

La DGCCRF est moins exigeante : la limite est fixée à 33,3%, mais avec une contrainte supplémentaire : les deux tiers des membres du jury doivent être des dégustateurs compétents ! quant aux autres…

  • dégustateur novice ou expert, lequel est le plus crédible ?

« Plus un dégustateur est expert, plus il modifie son traitement sensoriel par sa connaissance du contexte, plus il est sujet à se conformer au biais de confirmation d’hypothèse ». C’est le paradoxe du dégustateur, le novice étant peu ou pas soumis à ce biais.

  • Est-ce le vin qu’on juge ou son étiquette ?

Les expériences le prouvent : un vin moyen présenté à des étudiants comme un vin de table est moins bien noté que le même présenté comme grand cru classé. L’analyse par IRM des zones du cerveau montre que les dégustateurs ont plus de plaisir à déguster un vin pas cher présenté comme cher, que l’inverse ; un vin dégusté chez un vigneron sera préféré au même dégusté en classe.

  • Faut-il prendre un accord mets-vins dans un restaurant ?

Non. A quoi bon se fier au goût du sommelier ?

  • Le terroir existe-t-il?

Le géographe Roger Dion a émis la thèse que les vignobles ne se sont pas tant développés sur des terrains magiques et bénis des dieux qu’autour des voies de communication. Les vins de différentes parcelles sont vinifiés différemment, la variable terroir est donc difficile à isoler. Ce sont les choix techniques qui influencent le plus la qualité (cf étude Gergaud-Ginsburgh, 2008. Mais si l’on inclut les facteurs humains dans la notion de terroir, « l’effet étant pris pour la cause, on peut donc affirmer que le terroir fait bien la différence ».

  • de la persistance aromatique, de la musique et du bruit

Aussi surprenant que cela paraisse, la persistance est ressentie très semblablement d’une personne à l’autre,  (il n’en est pas de même en matière de goût). Une musique relaxante en accentue la perception. On consomme plus avec des écouteurs sur les oreilles. Une musique classique en fond sonore fait acheter plus de vin et dépenser plus chez un caviste. Mais plus il y a de bruit dans un bar, plus on boit ! Va comprendre… 

La petite mariée

Voici encore une opérette (en fait un opéra-bouffe) de Charles Lecocq (livret de Vanloo et Leterrier) qui recèle une chanson à boire intéressante, parce qu’elle nous parle d’une vieille coutume : le coup de l’étrier.

Elle fut créé à Paris en 1875 et connut un certain succès avec de nombreuses reprises, mais n’est plus guère jouée depuis un siècle.

. On trouvera sur le site Théâtre musical une description détaillée. En deux mots, une histoire de mari trompé, qui voudrait bien se venger de l’amant, à présent en instance de mariage, mais finit par pardonner…

Nous sommes au 16ème siècle en Italie. Des voyageurs sont attablés dans une relais de poste (c’était au temps des diligences), ils mangent et boivent, mais il faut faire vite car la voiture va partir..

mangeons vite, buvons vite la voiture va partir

Mais il est un usage auquel il faut se conformer avant de se mettre en voyage : c’est le coup de l’étrier, ce dernier verre que l’on boit avant de partir

il est un usage auquel il faut se conformer, dit l’hôtelière, avant de vous mettre en voyage.

le vin est vieux, encore un verre, encore un verre, le dernier…
à la santé de l’hôtelière, buvons le coup de l’étrier, buvons, buvons…

nos aïeux avaient le raisin le plus doré de l’Italie
cela fit un nectar divin que tout le monde nous envie…

En voici un enregistrement datant de 1963, par l’orchestre lyrique de la RTF sous la direction de Georges Derveaux, mise en scène d’Henri Spade. L’air est chanté au début du 1er acte (2’52) , la distribution est au générique.

Revenons au « coup de l’étrier ». L’expression remonterait au moins au temps de Louis XIII avec l’anecdote du maréchal de Bassompierre en 1625, rapportée par Alexandre Dumas après son voyage en Suisse en 1832 (En Suisse, chapitre 19) où il avait été surpris par une auberge à l’enseigne d’une botte :

Henri IV avait envoyé, en 1602, Bassompierre à Berne en qualité d’ambassadeur près des treize cantons pour renouveler avec eux l’alliance déjà jurée en 1582 entre Henri III et la fédération. Bassompierre, par la franchise de son caractère et la loyauté de ses relations, réussit à aplanir les difficultés de cette négociation, et à faire des Suisses des alliés et des amis fidèles de la France. Au moment de son départ, et comme il venait de monter à cheval à la porte de l’auberge, il vit s’avancer de son côté les treize députés des treize cantons, tenant chacun un énorme widercome à la main, et venant lui offrir le coup de l’étrier. Arrivés près de lui, ils l’entourèrent, levèrent ensemble les treize coupes, qui contenaient chacune la valeur d’une bouteille, et, portant unanimement un toast à la France, ils avalèrent la liqueur d’un seul trait. Bassompierre, étourdi d’une telle politesse, ne vit qu’un moyen de la leur rendre. Il appela son domestique, lui fit mettre pied à terre, lui ordonna de tirer sa botte, la prit par l’éperon, fit vider treize bouteilles de vin dans ce vase improvisé ; puis, la levant à son tour pour rendre le toast qu’il venait de recevoir : « Aux treize cantons ! » dit-il ; et il avala les treize bouteilles.

Une anecdote analogue est racontée en 1707 par Anne-Marguerite Du Noyer dans ses lettres historiques et galantes -pp 445 et suivantes- à propos du marquis de Léri, rentrant en France d’une ambassade à Cologne ; dans la même lettre est aussi rapporté le mariage fin soûl, avec .. sa maitresse, de ce grand buveur , « à l’insu de son plein gré » dirait-on aujourd’hui.

L’expression a fait florès. En voici quelques manifestations.

Le chansonnier berrichon Jean Rameau (1852-1931) a écrit plus de 300 chansons et s’est fait connaitre en en faisant de cartes postales. Ici, le coup de l’étrier.

Ma foué dame in ben p’tit coup d’vin Qui soit du Berry ou d’Touraine
Dounn’va,sa m’guérira d’ma peine/Pourvu qu’on verre y soit tout plein

Encore dans le Berry, une illustration de la même époque

Dans les années 1920, un apéritif voit le jour près de Toulouse, dans les vignes du chateau de la Durante, à Auzeville Tolosane.

le chateau de la Durante

Poésies (Claude Pierre), pièces de théâtre (Marcel Dubé), photos, tableaux, sculptures (Picault, Gueyton) : le choix est large.

le coup de l’étrier photo Jules Girardet

Nous conclurons avec ce savoureux dessin d’anticipation de 1910 (Jean-Marc Côté, dessinateur présumé ; Villemard, lithographe).

Voir aussi l’article d’André Deyrieux sur le blog les 5 du vin : Quel verre pour le coup de l’étrier?

Revoilà la Périchole !

Nous l’avions vu en 2012 au même festival de Bruniquel, la revoilà sur les planches avec toujours la même équipe (Franck T’Hézan à a mise en scène, J.C.Keck à la direction d ‘orchestre, mais évidemment avec quelques changements de casting : la divine Emmanuelle Z. dans le rôle titre,

le palpitant Xavier Mauconduit en Piquillo, et dans les « seconds » rôles les ineffables, magistraux, increvables, impayables Dominique Desmons, Jeanne-Marie Lévy, Christophe Crapez, Till Fechner n’est-ce pas. .. (voir toute la distribution là)

Et toujours le même bonheur pour les artistes comme pour les spectateurs.
Saluons en passant la prestation de Sébastien Lemoine (le vice-roi), qui tint son rôle stoïquement malgré un lumbago destructeur.

En attendant de revoir en DVD ce spectacle, un des plus grands chefs d’oeuvre de Jacques Offenbach, nous avons extrait de celui de 2012 quelques scènes culte.

Tout commence au cabaret des 3 cousines, à Lima qui se prépare à la fête du vice-roi et où les principaux personnages apparaissent. Et on y boit, au cabaret des 3 cousines (jouées par Aude Fabre, Jeanne-Marie Lévy et Isabelle Fleur) !

L’intrigue progresse (le livret est là). Le vice roi (Till Fechner) désire séduire la Périchole (la regrettée Maryline Fallot), mais elle doit être mariée pour être admise à la cour. On cherche un mari, et, coïncidence, c’est son ami Piquillo l’élu ! Mais il faut faire boire Piquillo (Frédéric Mazzotta) le saltimbanque pour le convaincre d’épouser une « inconnue »alors qu’il en aime une autre (croit-il) : le gouverneur de Lima (Philippe Ermelier) et le 1er gentilhomme de la chambre (Michel Vaissière) sont à l’oeuvre.

Il faut faire boire aussi les notaires (Franck T’Hézan et Dominique Desmons)!

Et il faut faire boire bien sûr la Périchole (Maryline Fallot), c’est l’air le plus connu.     

On peut acheter le DVD complet sur le site du festival.

Mais il faut surtout venir, car le bonheur est là !

A l’année prochaine !

Et merci aux auteurs des photos empruntées, c’est pour la bonne cause !

A Turin

Belle ville que Turin, capitale du Piémont, et du défunt Duché de Savoie, puis brièvement de l’Italie. A six heures de train de Paris, elle offre au visiteur bien des attraits, et mérite le voyage.

Turin, Milan, Gênes et Venise en PLM depuis Paris

La région est viticole et produit les plus grands vins d’Italie : le Barolo,  « le roi des vins, le vin des rois« , le Barbaresco, et bien d’autres comme le fameux Asti Spumante…

Il y a des restaurants partout. L’Angolo di Parîn est un resto traditionnel, idéal pour une mise en bouche ; son motto : « Ij antipast pì bon, ij primi d’la tradission, e Për ël dòss a-i é semper spàss« 

Il s’y trouve un curieux autel

Cette affiche d’Ernst Dryden y vante le champagne Veuve Devaux

Le Palazzo Reale abrite la collection Sabauda des ducs de Savoie , essentiellement des oeuvres des 14ème au 18ème.

Dans la salle des cuirassiers (anciennement des Dignités) on trouve ces allégories de Novara et Torino

Plus loin ces jolies scènes de taverne de David Teniers III et Pieter 2 Brueghel (détails),

et cette scène de bombance à table

Cette jeune hollandaise à sa fenêtre, une grappe de raisin à la main, est de Gerrit Dou (1613-1675)

voici des putti vendangeurs

ici un détail d’une tapisserie représentant Noé chargeant son arche

Et aussi ces deux représentations d’Ariane et Bacchus, celle-ci de Luca Demaret Dameret ?

et celle-ci de Giovanni Antonio Burrini.

Au palais Carignano est installé le musée du Risorgimento qui conte l’histoire de la formation de l’Italie moderne.
On change de siècle. Ci-dessous une litho du caricaturiste Dalsani, figurant le politicien Depretis champion du « transformisme ».

Du même auteur, cette affiche vantant CUPROL, produit à base de sulfate ce cuivre pour la vigne,

et cette publicité pour le grignolino de Callianetto (un vin de la région d’Asti) de G.Granero.

On ne quitte pas Turin sans faire un tour au musée de l’Auto, FIAT oblige !

Ici le vin est au service de l’auto, et vice-versa.

Mais gare à l’accident !

Chaque pays a sa façon de réagir, ci-dessus : la française (vue d’Italie).

Il y a aussi un musée du cinéma installé dans une grande tour, la Mole Antoniella. Vaut la visite !

On en saura plus sur les vins de la région et en particulier ceux d’Alba, où un séjour-découverte de vins s’est déroulé en mai dernier, en lisant l‘article paru sur le site de la FICB.

Le vent du Nord

Voici un groupe de musique traditionnelle québécoise qui connait un grand succès :plus de 2000 concerts dans le monde entier en un peu plus de 20 ans. Ils chantent aujourd’hui a Paimpol, au festival des chants de marins. Caramba, nous les avons raté !

Nous sommes allés enquêter et avons trouvé quelques chansons à notre goût. En chemin, nous avons recroisé la route de Bernard Simard, rencontré à Paimpol il y a une paye, et membre du groupe à ses débuts, hélas décédé en 2020. Est-ce sa voix dans « chers amis buvons »?

chers amis buvons ! (2003 : Maudite Moisson! )

Chers amis buvons, ne perdons jamais la raison
J’ai du bon vin dans ma bouteille
Prends ton verre et moi le mien
Ebréissons nos chagrins
J’ai de l’argent à dépenser, que mon grand-père m’avait laissé
Des écus et des pistoles et des demi-quarts d’écus
C’est pour y faire la tramponne à la table du vieux roi Bacchus

(les paroles complètes sont )

Dans la même veine, voici
Le bon buveur Le reel du quatrième (in  Les amants du Saint-Laurent, 2005)

amis buvons caressons la bouteille pour passer notre temps
Un bon buveur c’est l’ami de la bouteille
Le soir et le matin il me dit à l’oreille
j’aime la bouteille moi

Vigneron, paru dans Tromper le temps (2012) raconte l’histoire d’un employé qui surprend son maitre en train de galvauder son vin.

Vigneron

Ah c’était un jeune garçon vigneron et il travaillait dans la maison
V’l’a qu’il aperçoit son maître en faisant semblant de rien 
Il faisait du galvaudage met de l’eau dans son vin 

Et là mon maître que faites-vous pourquoi donc ce vin baptisez vous 
Ce vin n’est pas assez rustique ne le baptisez donc pas 
Car moi qui travaille la vigne je ne l’tolère pas 

Eh vigneron mon petit ami fais donc ton paquet tu vas partir
Mais je le veux bien mon maître vous êtes maître chez vous 
Comptez moi mon dû tout de suite j’m’éloignerai de vous 

Je te donnerai mes blancs chevaux et mes serviteurs et mes habits 
Et si tu t’en vas demain dans ton village natal 
J’n’aurai rien vu rien entendu elle n’en saura rien 

Mais la maîtresse elle lui répondit toi le vigneron tu restes ici 
Tu la travailleras la vigne tu la travailleras fort bien 
T’auras toujours la bouteille le soir le matin

« L’Auberge », paru en 2022 dans l’album anniversaire 20 printemps est  » une ode a cappella pour célébrer l’amitié et le partage, une religion dont l’autel du temple possède un comptoir et des fûts! « 

L’autre jour dans une auberge avec plusieurs de mes amis
J’ai passé la nuit à boire, ma maîtresse auprès de moi

Moi, j’aime à boire, je m’en fais gloire
Je veux dépenser mon bien
J’suis toujours d’humeur égale
Je prends le temps comme il vient

Tous les jours ma mère me gronde, elle me traite de libertin
Elle m’dit que j’suis dans le monde pour lui causer du chagrin

Laissez-passer les robes noires, laissez les cantiques passer
On leur dira qu’on est après boire, tout l’argent d’leurs héritiers

L’autre jour dans une auberge, avec plusieurs de mes amis
Ce sont des gens comme nous autres, qui s’enivrent à la boisson

Le bedeau, ce grand ivrogne, boira-t-il tout comme nous?
Boira-t-il dans l’autre monde, comme il a bu parmi nous ?

Dans le même album, Si vous voulez

Si vous voulez que je chante, versez-moi un verre de vin
Qu’il soit doux et qu’il m’enchante, pourvu que l’amour nous rassemble

Ah ah ah! Ne me donnez pas, si vous voulez que je chante
Ah ah ah! Ne me donnez pas, jamais de l’eau entre les repas

Allez donc tous à la table, chercher du vin nouveau
Pour remplir tombleurs et verres, les bouteilles et puis les pots

La veillée est terminée, il faut penser à s’en aller
Il est grand temps que je parte, avant que je meure sur quatre pattes

Le matin quand je m’éveille, je me sens tout friponné
D’avoir vidé, verres et bouteilles, de ce bon vin qui nous réveille

Je voudrais que les rivières, les fontaines et les ruisseaux
Viendraient rincer, les choppes, les verres, les bouteilles et puis les pots

On termine avec Verse Verse, paru en 2018 dans l’album

J’avais fait le choix d’une jolie maîtresse 
Mais par un trahi, je m’en suis retiré 

Verse verse ah oui verse à plein verre 
Verse verse, mon verre y é pas plein 

Ami buvons ne craignons rien mon frère 
Nous savons bien que le vin nous soutient 

Toi, tu es riche tu payeras les dépenses 
Pas’ moi chu pauvre pis j’ai rien d’quoi payer 

Nous avons parcouru les quatre coins de la terre 
De bons buveurs n’ont jamais peur de rien

Dans le vignoble de Faugères

Le vignoble de Faugères, qui s’étend sur 1800 hectares sur les coteaux schisteux des avants-monts du haut Languedoc en Hérault, ne s’est développé que récemment. Son terroir n’est délimité qu’en 1948, et l’AOC date de 1982.

Pas de cours d’eau en surface, mais le sol, schisteux, retient l’humidité, et la vigne puise en profondeur. (voir un article développant les qualités du schiste )

à gauche, le schiste bleu au mas des Capitelles

Les cépages principaux en rouge sont la syrah, le grenache noir, le carignan et le mourvèdre . L’assemblage est libre, mais obligatoire. Roussane et vermentino pour le blanc. Le climat est méditerranéen, avec des nuits fraiches.

Ce terroir a ainsi bien des qualités pour donner des grands vins.

L’ami Michel, grand-maître de la commanderie du Faugères, nous a fait découvrir le domaine Mas des Capitelles, l’un des plus qualitatifs, qui privilégie le carignan.

Les frères Cedric et Brice nous reçoivent. A la suite de leur père Jean, ils ont pris les rênes de ce domaine de 28 hectares, sorti de la coopérative en 1999.

Les capitelles sont ces cabanes de pierre sèches servant d’abri dans les garrigues. Brice en a construit une l’hiver dernier

Les frères sont un peu artistes, voici la 4ème dimension vue par Cedric.

et un arbre mobile (ça tourne) vu par Brice.

Ici le Carignan est roi. Taillé en gobelet, les vieilles vignes donnent peu (20-30 hl à l’hectare) mais bon.

Aeration des sols, biodynamie, décoctions de plantes, tri sur souche, utilisation de levures neutres : c’est la qualité qui est recherchée, et la garde.

Les prix s’en ressentent, évidemment. Voici la gamme des vins produits.

Heureusement, on trouve des vins de Faugères à des prix bien plus doux, que l’on peut déguster à la cave coopérative Vilavigne. 

Nous avons bien aimé le Parfum, du mas Olivier, médaillé d’Or au concours international de Lyon 2022

Nous avons bien aimé aussi La Jasse d’Aimé Rouge 2023. Rapport qualité/prix incroyable. Allez à Faugères !

la devise vue à la cave Vilavigne

Et merci à l’ami Michel qui nous y a guidé !

A la fête du vin de VRŠAC (Serbie)

Cette petite ville, chef-lieu d’un district viticole au nord est de la Serbie, dans le Banat serbe (occidental), organise chaque année une fête des vins début juillet. L’occasion de goûter les vins locaux, d’écouter des chansons du cru, et de faire de belles rencontres.

L’histoire de la ville est ancienne, et mouvementée, elle a plus d’un atout touristique.
Le vin y est attesté depuis 1494.

On peut voir ce triptyque de Vršac , oeuvre de Paja Jovanović (1859-1957), au musée municipal.

Voici aussi un tableau que l’on peut voir au domaine Helvecja, bâti par un suisse en 1880.

L’hotel Serbja arbore fièrement l’affiche du festival

et les bouteilles de vin local.

Sur l’allée piétonne où se tient le festival, on croise Vinko Lozic, un personnage  créé par Jovan Sterija Popovic dans son calendrier satirique , allégorie du citoyen bon vivant, protecteur des vendanges et mascotte de la ville.

sculpture de Zivko Grozdanic

En voici une incarnation publicitaire

On y fait bien d’autres rencontres et l’on peut déguster toute sortes de crus.

Pas de fête sans musique, les orchestres se succèdent sur la scène.

Voici quelques chansons typiques : » Kad čujem tambure, ja skočim na bure » (Quand j’entends des tambourins, je saute sur le tonneau) ; « Donesi vina, krcmarice Marko Nesic » (Apporte moi du vin, aubergiste »; et « Tamburica » (tambourin)

Kad čujem tambure 
ja skočim na bure, 
popijem litru dve, 
i pevam do zore. 

REF : Hej, haj vinca, ca 
vinca rumena, ha, ha 

Iz Vršca stiže glas 
u vinu leži spas, 
ko vino ne pije, 
taj nek se ubije. 

 Gospodin profesor 
izašo na prozor, 
i spazi bratiju 
gde pije rakiju. 

Quand j’entends des tambourins,
je saute sur le tonneau,
je bois deux litres
et je chante jusqu’à l’aube.

Hé, hé, vinca, ça, vinca rouge, ha, ha,
Hé, hé, vinca, ça, vinca rouge.

Une voix vient de Vršac,
dans le vin se trouve le salut,
qui ne boit pas de vin,
qu’il se tue.

Monsieur le professeur,
est sorti par la fenêtre
eta vu le frère,
où il boit du raki.

Donesi vina, krcmarice,
rumenog kao tvoje lice.
Daj da pijem, tugu da razbijem.
Srce me bole, jadi ga more.

Rumeno lice, dve ruzice,
a oci carne zeravice.
Oko tvoje srce mi izgore.
Muce mene muke paklene.

Oj, Boze, Boze,sto je stvori,
da mlade momke muci i mori.
Celo selo za njom se zanelo,
i svi piju da jad razbiju.

Apporte-moi du vin, aubergiste,
rouge comme ton visage.
Laisse-moi boire, pour apaiser mon chagrin.
Mon cœur souffre, il est tourmenté par la mer.

Un visage rouge, deux roses,
et des yeux comme des braises noires.
Mon cœur brûle à ta vue.
Je suis tourmenté par les tourments de l’enfer.

Oh, mon Dieu, mon Dieu, pourquoi l’as tu créée,
pour tourmenterles jeunes gens  ?
Tout le village est épris d’elle,
et chacun boit pour apaiser son chagrin.

Kad zasviram sa jaranima
ne dolazim kuci danima
od vina i pjesme poludim
cesto kraj druge se budim
i mnoge prespavam dane
zbog vina, ljubavi, kafane

Ref.
Sve zbog moje tamburice
vole me ljepotice
bila smedja ili plava
svaka mi je ljubav prava
kad se igra i pjeva
najbolje mi stoji garava

Idem kuci zora svanula
tambura mi kod nje ostala
ona nece da je vrati
zeli da joj opet svratim
doci cu sunce moje
najsladje su usne tvoje

Quand je joue de la tamburica
Je ne rentre pas à la maison
Le vin et les chansons me rendent fou
Je me réveille souvent chez les autres
Et je passe beaucoup de nuits dehors
À cause du vin, de l’amour, des cafés

Ref.
Tout ça à cause de ma tamburica
les belles me veulent
qu’elle soit brune ou blonde
chaque amour est vrai pour moi
quand on joue et chante
c’est là que je suis le mieux

Je rentre à la maison, l’aube est levée
ma tamburica est restée chez elle
elle ne veut pas me la rendre
elle veut que je lui rende la pareille
jusqu’à ce que le soleil se lève
tes lèvres sont les plus douces

Le soir, l’ami Nikola nous a emmenés chez lui, sur le coteau qui domine la ville. On boit en parlant poésie et en mangeant des spécialités serbes.

Nikola le serbe, et Janesz le slovène, amis par le vin

Nikola est le grand maitre de la confrérie bachique Saint Théodore, qui célébrait ses 20 ans. Dans son caveau il tient sous clé des bouteilles pour ses petites filles, lorsqu’elles auront l’âge; et quelques oeuvres à déguster avec les yeux…

Merci Nikola pour ton accueil !

Et adieu aussi à la Jelen…

Allez encore une chanson ! Vino i Gitare (Chanson d’Arsen Dedić et Gabi Novak ‧ 1970)

Vin et guitares Laisse-les remplir à nouveau ma nuit Ce vieux vin et ces guitares Des amis viendront ce soir
Vino i gitare Nek’ opet ispune mi noć To vino staro i gitare Večeras će prijatelji doć’

Laisse le temps s’arrêter Quand tout le monde se rassemble ici La vie d’un autre côté Nous resterons debout ce soir
Vrijeme neka stane Kad ovdje okupe se svi Životu s neke druge strane Večeras stajat’ ćemo mi

Laissons partir la jeunesse aussi La vie doit aller quelque part’ Des blessures même visibles tout passera
I mladost neka ide Život mora nekud poć’ Pa i rane što se vide Sve će proć’

Vin et guitares Je veux être chez moi ce soir Quand de vieux amis viennent Qu’ils ne trouvent pas de douleur dans mon cœur
Vino i gitare Želim noćas ja u domu svom Kad stari prijatelji dođu Nek’ ne nađu bol u srcu mom

La-la-la-la-la-la-la La-la-la-la-la-la-la
La-la-la-la-la-la-la La-la-la-la-la-la-la

La musique et le vin à Vidauban

Ce vendredi 25 juillet, l’association ACME (Association Culturelle Méditerranéenne) nous invitait à un concert en l’église de Vidauban, Var.

Au programme : une dizaine d’airs lyriques, chantés par le ténor Franck Asparte, tenor « Lirico spinto », accompagné à l’orgue symphonique par Stéphane Eliot, tous deux des « figures » à la carrière internationale.

On a ainsi pu découvrir l’Halleluia du vin, de Jules Massenet (le jongleur de Notre Dame.)

Ce miracle lyrique en 3 actes date de 1902. Il est rarement joué. C’est l’histoire d’un jongleur au 15ème siècle qui se fera moine pour se repentir d’avoir parodié une prière. Chahuté par la foule, il avait entonné l’Halleluia du vin.

Pater noster.
Le vin, c’est Dieu, c’est Dieu le Père
Qui descend du tréfonds des cieux,
Culotté de velours soyeux.
Tout au long de mon cou pieux,
Quand je vide mon verre.
Chantons l’Alleluia du vin!

Ave. Vénus la belle aux galants dit:
«Compère,
La nuit encor plus que le jour
Bois le vin, le vieux vin, philtre d’amour:
On a le coeur chaud comme four,
Quand on vide son verre.»

Ne buvez d’eau, breuvage délétère.
A buveur d’eau l’antre infernal!
Mais pour qu’à  mon nez triomphal
Le ciel dise: «Entrez, Cardinal.»

En voici une version filmée en 2023.

Le voici aussi dans les contes d’Hoffmann (O Dieu de quelle ivresse embrases tu mon âme…)

Ona retrouvé avec plaisir « les rois d’Egypte » de Poulenc, ou « quand la flamme » de la jolie fille de Perth, dont nous connaissions les interprétations de Rémi-Charles Caufman.

Les frères jumeaux « Cav et Pag » étaient là aussi, avec les airs de Turridu (« Mamma, quel vino è generoso« ) et de Canio (« Vesti la giubba e la faccia infarina. »)

L’organisatrice Odile Thomas, également épouse du ténor, nous régala de l’air de la griserie de la Périchole d’Offenbach, et  lui donna la réplique dans le Brindisi de la Traviata qui clôt ce beau concert.

On trouvera là une video d’un concert similaire donné l’an dernier à Nice, à l’occasion de la St Vincent, en costume de saison !

Merci pour cette belle initiative, e viva la musica !

P.S. le concert a été mis en ligne !

Avec la commune libre de Montmartre

Ce mardi 17 juin, la Commune libre de Montmartre recevait dans le local de la commanderie du clos de Montmartre, « une ancienne fontaine à eau devenu « temple bachique » ,  curieuse bâtisse octogonale, de style néo-renaissance datant de 1835,  entourée d’un jardin agrémenté de ceps de vignes.

Nous étions une bonne quarantaine, rassemblés autour de la présidente, Colette PRÉMESNIL, et du maire, Jean-Loup BOUVIER,

Au centre en veste rouge Colette, et Jean-Loup au micro

tout juste élu après le décès l’an passé de la regrettée Marielle-Frédérique Turpaud, maire depuis 1998. Mais l’heure n’était plus aux lamentations, bien plutôt aux libations, de beaujolais blanc et de pinot noir d’Auvergne , soutenues par un buffet de haute tenue charcutière.

Aux fourneaux Fred préparait son aligot

et faisait mijoter ses saucisses de Toulouse,

délaissant pour un soir son restaurant de la rue des acacias (le petit acacia 3, 47 rue des acacias (du côté de la place des ternes).

Que fêtait-on au juste ? L’été peut-être ? ou bien l’exposition de photos « bistrots et cafés de France », de Pierrick Bourgault et Pierre Josse sur les grilles au pied du Sacré Coeur ? En voici une :

Il semble de toute façon que chez ces gens là, dont la devise est  : Pour ce qui est contre et Contre ce qui est Pour,  on n’ait pas besoin de de raison pour faire la fête.

Et Guy poussait la chansonnette.

Guy Léger chante Paris

Merci à tous !
On pourra en savoir plus sur l’histoire de la commune libre de Montmartre .