Son architecture a été largement remaniée depuis, mais il en reste la Conciergerie (qui fut prison sous la Révolution), la cuisine et la salle des gens d’armes où l’on pouvait voir récemment une exposition sur la gastronomie française.
Le clou en était le menu du déjeuner offert, en l’honneur de l’empereur de Bohême Charles IV et de son fils Wenceslas (dit l’Ivrogne) par le roi Charles V le Sage en janvier 1378.
Ce n’est pas encore Versailles, mais déjà bien appétissant. Ci-dessous une enluminure de ce banquet
Hélas rien n’est dit sur les vins servis à cette occasion. Il y en avait pourtant !
Cette représentation du terroir d’Ile de France est très instructive.
On y note y quelques alcools, mais quid des vins ? On y retrouve notre poule de Houdan, les asperges d’Argenteuil, nos glorieux Brie de Meaux et de Melun, le Chasselas de Thomery… Mais plus de petits pois à Clamart, et le Claquesin a émigré de Malakoff à Provins. Voici encore quelques images glanées dans l’exposition, qui nous ramènent aux 19ème et 20ème siècles : couples au restaurant, dîners fins, à l’issue duquel l’homme attend son heure
ou se fait pressant
Autre ambiance dans un bouillon parisien
De quand date cette photo du personnel d’un bistrot : début des années 20?
Et la Tour Eiffel toujours associée au vin (ici le Champagne)
Finissons avec ce remarquable petit meuble en pâte de pain, commandé par Salvador Dali à Lionel Poilâne, en haut duquel on distingue pampres, feuilles de vigne et grappes de raisin.
Le 29 juin dernier, nous assistions à la remise du prix Rabelais de l’Académie du même nom à Charles Senard, un éminent latiniste, pour son livre Carpe Diem.
C’est un livre à lire, plein d’enseignements et de poésies. L’amateur de vin ne doit pas filer tel l’éclair au chapitre 9 (le vin du souvenir), mais au contraire cueillir chaque page… Et l’on verra que le vin est au centre de la philosophie sous-jacente, celle d’Epicure.
Carpe Diem : cueille le jour, profite de chaque instant, car le temps fuit… » Sois sage, filtre (apprête) tes vins «
Cette injonction figure dans une Ode d’Horace et s’adresse à Leuconoé, une femme invitée à se libérer pour se concentrer sur le jour présent. Le contexte de cette ode est celui du banquet et du plaisir du vin, nous dit Senard.
Horace, grand poète romain, ami de Mécène, contemporain d’Auguste, n’eut de cesse de propager l’enseignement d’Epicure, philosophe grec de 3 siècles son aîné, dont l’Ecole, le Jardin, fit florès pendant 6 siècles.
A la question : comment mener une vie heureuse ? L’épicurisme répond par une certaine ascèse qui n’empêche pas l’épanouissement de la sensualité et préserve la capacité à jouir de l’existence et de ses plaisirs. Car « Le plaisir est le principe et la fin de toute vie bienheureuse ».
Mais les désirs illimités sont source de frustration ; tout plaisir n’est donc pas à rechercher, il faut les trier : les naturels et nécessaires, les naturels non nécessaires, les ni naturels ni nécessaires.
Il faut donc, par un raisonnement sobre, anticiper les effets de l’accomplissement du désir, bénéfiques ou maléfiques.
Sont nécessaires au bonheur : l’amitié et la philosophie
« la voix de la chair » contre la faim, la soif, le froid, est nécessaire à la bonne santé du corps, voire à la vie. Le vrai plaisir est déjà dans cette sortie de la douleur, le reste n’est qu’une question de variation. La pratique de la sobriété permet de mieux aborder les difficultés qui peuvent survenir. L’enrichissement, la gloire et sa rançon, la soif du pouvoir, sont des désirs non nécessaires. Le désir sexuel est naturel, mais non nécessaire (cela reste très débattu) ; et que dire de l’amour-passion et de ses dégâts…
Au delà des plaisirs immédiats, nécessaires à la vie, l’amitié est donc le principal plaisir, avec sa pratique de la conversation amicale, orale ou écrite ; le voyage entre amis, le symposion (banquet) enfin, où l’on boit ensemble, dehors ou dans un jardin. Elle se manifeste par exemple en faisant boire à un ami un vin de son année de naissance ou d’un moment important de son existence…
« saisissons, mes amis, l’occasion que nous offre cette journée… Toi, apporte nous des vins pressés sous le consulat de mon cher Torquatus (année de naissance du poète) » (Horace)
ou encore, accueillant son ami et bienfaiteur Mécène,
Tu boiras un vin de Sabine bon marché dans de modestes coupes, vin que j’ai moi-même enfermé dans une amphore légère, quand au théâtre tu reçus des applaudissements, cher chevalier Mécène..
Mieux vaut boire un vin bon marché avec un ami cher, qu’un très bon vin avec des convives indifférents, conclut Senard.
Aussi, le vin est-il présent dans les célébrations. Ainsi, après la victoire d’Auguste à la bataille d’Actium :
« Nunc est bibendum… Maintenant buvons. Auparavant il était sacrilège de tirer le Césure (fameux vin de Campanie) du cellier des aïeux…«
15 siècles plus tard, Lorenzo Valla fait dire à un épicurien dans « Sur le plaisir » :
« O vin, père de la joie, maître des plaisirs, compagnon des heures heureuses, consolateur dans l’adversité ! Tu présides toujours les banquets, toi le guide et le chef des noces ; toi arbitre de la paix, de la concorde et de l’amitié, père du sommeil le plus doux, restaurateur de la force dans les corps éreintés, le cultivateur comme le dit Virgile, le libérateur de l’inquiétude et du souci. Faibles, tu nous rends forts ; timides, audacieux ; silencieux, éloquents.
Mais la modération est de mise (« Tout est affaire de mesure ».)
« ce ne sont point les banquets et les parties de plaisir qui se suivent les unes après les autres, ni les jouissances amoureuses…,ni tous ces plats qui garnissent une table somptueuse, qui produisent la vie heureuse » (lettre d’Epicure à Ménécée).
Quant à la peine, c’est la force du souvenir qui permet de revivre les bons moments, de supporter la peine.
Quant à la mort, un faux problème ; plus de sensation, donc plus de souffrance. Avant de mourir Epicure « serait entré dans une baignoire d’airain remplie d’eau chaude et aurait demandé du vin pur » (Diogene Laërce).
Cet enseignement ne pouvait que déplaire aux religions de l’au-delà. Il fut décrié, caricaturé, et il fallut attendre la Renaissance pour que les humanistes (Valla, Pontano, Erasme, Montaigne…) redécouvrent l’épicurisme et ses thuriféraires.
Quelle meilleure mise en oeuvre de cet enseignement que la remise du prix Rabelais aux Noces de Jeannette ce jeudi 29 juin : amis s’entretenant de toute part, vins frais, gouleyants de nos amis vignerons du Beaujolais, plateaux de charcuterie et de fromages exquis…
Merci à tous ceux qui ont oeuvré pour ce bel événement !
Une fois de plus la cité papale aux cent (?) monuments religieux accueille pendant un mois les saltimbanques de tout poil, comédiens, standupeurs, musiciens, chanteurs, illusionnistes, danseurs, circassiens… : près de 1500 spectacles pour 1200 troupes.
Une fois de plus les reporters du Bon Clos sont allés y faire un tour, histoire de voir si les fleurs de vigne poussent encore en cette saison.
On ainsi vu deux baladins raconter en 65 minutes » l’histoire du vin, sans gueule de bois », en éclusant force verres d’un liquide rouge dont ils n’ont pas révélé la composition. Sans doute pas que du vin, mais si, quand même, un peu. C’est dense, quoique parcellaire, on ne dit pas tout en si peu de temps, et plutôt amusant!
C’est le Nectar des Dieux, au théâtre des Brunes, que l’on peut voir jusqu’au 29 juillet.
On a aussi pu entendre fredonner « buvons, chers amis buvons, le temps qui fuit nous y convie » , les connaisseurs auront reconnu l’air à boire du Bourgeois Gentilhomme, dans « le Voyage de Molière », plaisante aventure onirico-temporelle qui nous fait croiser Jean-Baptiste à l’heure de composer le Dépit Amoureux. Du théâtre comme on l’aime ! (au Chien qui fume jusqu’au 29 juillet)
Apérotomanie, voila un titre accrocheur !
Ce spectacle venu de Brest ne ment pas : c’est vraiment un apéritif qui nous est proposé dans la cour du musée d’Angladon, avec deux vins naturels servis par Mme A et Mme Vé (des p’tits Gaillac), entre deux déclamations de tirades plus ou moins érotiques d’auteurs (l’apéro possède un potentiel érotique, nous dit-on), et des préparations culinaires préparées par ces dames.
Nin, Reyes, Laclos…Baudrillard, Quignard… Tiens, voila Dubillard, et son apéritif.
On en aura une version plus complète au théâtre des Corps Saints où l’on joue les nouveaux Dialogues.
Cet apéritif est une pépite, on en trouve des interprétations en ligne, la plus courte en petit format, mais si bien jouée
une autre un peu plus longue (« la prochaine fois je prendrai un vermouth »)
Au théâtre des Béliers, avec « c’est un métier d’homme », production oulipienne, on assiste à des exercices de style où deux protagonistes viennent tour à tour décrire leur métier en respectant les mêmes contraintes. Le buveur a retenu toute notre attention :
« Mon métier consiste à descendre du haut de la bouteille jusqu’en bas. Et la descendre le plus vite possible. C’est un métier d’homme. D’abord parce que quand la bouteille est pleine, l’homme a envie de la descendre, ensuite parce que quand il y a plusieurs hommes autour de la même bouteille, ils veulent tous la descendre plus vite les uns que les autres. Un métier humain. Je suis buveur. » (Ian Monk)
Voir la video où les deux acteurs expliquent leur démarche (voir un extrait du buveur à 3mn10s).
Terminons en mentionnant un lieu magique où il convient de se rendre dès l’ouverture à 19h : le bar à vins des Côtes du Rhône dans la cour de la maison des vins d’Avignon.
Un prix d’entrée modique donne droit à un verre et permet de déguster en musique les produits des vignerons présents, qui changent chaque jour.
Difficile de se représenter aujourd’hui le monstre sacré qu’a pu être en son temps Sarah Bernhardt, actrice,tragédienne, mais aussi peintre, sculptrice, dirigeant le théâtre qui porta longtemps son nom place du Châtelet à Paris….
Une exposition au Petit Palais (jusqu’au 27 août) permet de la connaitre mieux. En voici quelques images
diner dans la serre, de Lousie Abbéma, 1877
Sarah dégustant des fraises, pastel, Lousie Abbéma 1885
Edmond Rostand portant un toast à Sarah Bernard, vers 1897-1900
le toast de Victorien Sardou, pour le journal l’Illustration, par George-Bertin Scott 1896
C’était le temps de l’absinthe reine…
Cette affiche a une histoire, que l’on peut lire sur le site sliteshare.net :
« Sur l’affiche de 1892 par Tamagno pour l’absinthe Terminus figurent deux personnalités de scêne célèbres de l’époque: Constant Coquelin et Sarah Bernhardt. Bernhardt fut furieuse de se voir dépeinte sans avoir donné son accord, et poursuivit avec succès les fabricants en justice – après quoi ils furent forcés de faire enlever toutes les affiches des murs de Paris »
Il est d’autres expos en ville, comme celle réunissant Manet et Degas au Musée d’Orsay (jusqu’au 23 juillet), où l’on peut voir ces buveuses
Un nouveau clos est né à Villeneuve Saint-Georges, et avec lui une confrérie bachique : la confrérie des coteaux de Saint-Georges. Son grand-maître est l’ami Jean-Pierre Vic, le tenancier de la Guinguette Auvergnate, accordéoniste Président d’honneur de la Bourrée Montagnard…
Ce samedi 3 juin, des confréries étaient venues de toute l’Ile de France, accueillis par l’harmonie de Limeil-Brévannes, pour découvrir ce clos
et assister aux plantations et à l’inauguration du lieu
Jean-Pierre Vic au centre, et à droite le maire Philippe Gaudin
Il faut dire que la vigne à Villeneuve Saint-Georges, c’est une longue histoire, ainsi que l’explique Michel Miersman, dont on connait les travaux historiques sur le vin en Ile de France :
Villeneuve-Saint-Georges occupait une bonne place dans la production de vin. En bord de Seine avec des coteaux, à 91 m d’altitude, plein sud, les vignes y ont trouvé une place idéale. L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés qui a reçu Villeneuve en donation en 558 par Childebert 1er, en seigneurie religieuse avec les « vignes », va y développer la production du vin. Les surfaces plantées en vigne à Villeneuve ont atteint 120 ha en 813, selon le polyptyque de l’abbé Irminon de l’abbaye de Saint Germain-des-Prés, 91 ha vers l’an 1200, ils étaient encore de 30 ha en 1788. A la veille de la Révolution, les vignerons propriétaires de vignes étaient au nombre de 125, représentant 28 grandes familles.
Il fallait fêter ça en musique, ce fut fait avec le Hot Swing Orchestra de Michel Cabu
qui ont « mis le feu » au gymnase ! Merci à eux…
Et bravo aux lauréats du Concours des vins D’Ile de France organisé par Cocorico qui ont été annoncé ce soir-là !
Ouvert le 11 novembre 2011 sur le territoire de la Première bataille de la Marne à Meaux, ce musée est le plus grand musée d’Europe consacré à la Première Guerre mondiale.
Le visiter, c’est goûter la chance inouïe de vivre dans un pays en paix. C’est appréhender les souffrances des générations suppliciées. C’est aussi fraterniser en pensée avec les soldats installés pendant des mois voire des années dans les tranchées, et partager leurs joies et leurs peines en les voyant s’activer entre deux combats.
Nous nous sommes comme d’habitude concentrés sur tout ce qui pouvait avoir un rapport avec le vin, et plus généralement l’alcool, sujet que nous avions déjà abordé il y a quelques années (voir » le vin des poilus« ) Les mots pinard et gnôle sont sortis de l’incognito pendant cette guerre :
Le terme pinard existait, dit-on, en Bourgogne dès la fin 16ème siècle pour désigner le vin ; d’autres citent les déclarations du professeur Pinard, gynécologue célèbre à l’époque, qui, député, aurait fait voter un texte pour la fourniture quotidienne d’un quart de vin rouge aux soldats du front. Mais il ne sera député qu’en 1919. Toujours est-il que le mot devint populaire :
Le pinard c’est de la vinasse Ça réchauff’ là oùsque ça passe Vas-y, Bidasse, remplis mon quart Viv’ le pinard, viv’ le pinard! (Louis Bousquet & Georges Picquet, Vive le Pinard, 1916)
était devenu le compagnon incontournable des poilus, comme en témoigne cette couverture du journal Le Front, exclusivement illustré par les poilus de l’avant;
Si dans le camp retranché de Paris la vente d ‘alcool aux militaires est proscrite,
A l’arrière on se mobilise pour les soldats du front
en claironnant des slogans d’un autre temps.
Au front, on s’arrange avec les moyens du bord
Cette ingénieux alambic de poche est fait avec une boite de conserve et une lampe à alcool !
Topettes et chopes font partie de l’équipement du soldat de part et d’autre de la ligne de front.
In the glad revels, in the happy fêtes, When cheeks are flushed, and glasses gilt and pearled With the sweet wine of France that concentrates The sunshine and the beauty of the world,
Drink sometimes, you whose footsteps yet may tread The undisturbed, delightful paths of Earth, To those whose blood, in pious duty shed, Hallows the soil where that same wine had birth.
Dans les joyeux banquets, dans les heureuses fêtes, Quand les joues sont empourprées et que les verres sont pleins Des perles dorées du doux vin de France, où se concentrent Les rayons du soleil et la beauté du monde,
Buvez quelquefois, vous dont les pas pourront encore fouler Les sentiers tranquilles et délicieux de la terre, A ceux dont le sang, versé par un pieux devoir, Sanctifie le sol où ce même vin est né.
Retrouvez sur le bon clos l’entiereté de ce poème d’Alan Seeger, cet américain qui n’avait « pas pris les armes par haine des Allemands ou de l’Allemagne, mais par amour pour la France ».
Nous poursuivons la relation de notre visite au Portugal, où nous sommes venus pour participer au Congrès de la Fédération Internationale des Confréries Bachiques au cours duquel nous avons découvert ces deux régions du Nord du Portugal. L’une produit le vin du même nom, l’autre le célèbre Porto.
Le Vinho Verde, Le vin vert, ce n’est donc pas qu’un vin, c’est aussi une région située au Nord-ouest du Portugal, où le vent du Nord souffle et rafraichit océan et région côtière. La terre ne manque pas d’eau, le pays est bien vert. La vigne est cultivée en hauteur, et les raisins, exposés à l’humidité et aux maladies, sont généralement vendangés avant d’arriver à maturité. Le vint « vert « est donc peu alcoolisé, sec et gagne à être bu frais. Historiquement majoritairement rouge, c’est le blanc qui prédomine dorénavant. Une multiplicité de cépages (45…) induisent certainement une multiplicité de vins. Nous en retenons un : Casa da Senra, de cépage loureiro.
C’est à Viana do Castelo que la Confraria do Vinho Verde a célébré son 54ème chapitre ; une trentaine de congressistes ont été intronisés.
On reconnaitra un costume et une tête bien connus des amis du Clos !
Les danses folkloriques ne nous ont pas surpris, de semblables ont bien souvent accompagné nos chapitres clamartois.
La Confrérie du Vinho Verde a un hymne, l’âme du vinho verde ! (Artur Coimbra, João Martins). Le voici, chanté par Cristina Lima
Desde a raiz da memória Nas terras férteis do Minho Colhe-se na tradição O mais saboroso vinho! Nas festas e romarias Por esse país profundo Brinda-se à alegria Com o melhor néctar do mun- do!
REFRÃO Pelo nosso vinho verde Que aquece o dia a dia Pelos confrades, enfim Viva a nossa Confraria!
No mais fresco vinho verde Constrói a alma o seu hino Entre a serra e o mar É que se bebe o destino! Numa mesa portuguesa Sobre a toalha de linho Há sempre um naco de pão E um bom copo de vinho!
REFRÃO
Nas lides dos nossos campos Quando é p’ra descansar Põe-se a merenda ao dispor E um tinto a acompanhar! Não há vinho como o nosso Regado a esforço e suor O sangue de todo um povo Num copo de puro amor!
Il faut signaler ici que la version portugaise du fameux Vino Griego a été adaptée, et a pour titre ici « Verde Vinho » ! L’exil des portugais vaut bien celui des grecs ! Elle est chantée par Paulo Alexandre.
Vamos brindar com vinho verde Que é do meu Portugal E o vinho verde me fará recordar A aldeia branca que deixei atrás do mar.
Allons trinquer au vinho verde Qui est de mon Portugal Et le vinho verde me rappellera Mon village blanc au-delà de la mer.
Vamos brindar com verde vinho P’ra que possa cantar, canções do Minho Que me fazem sonhar, Com o momento de voltar ao lar.
Allons trinquer au vinho verde Qu’on puisse chanter, les chansons du Minho Qui font me font rêver, Au moment de retourner à la maison
___________
Au delà des serras do Marão et de Montemuro, la région du Douro jouit d’un climat méditerranéen beaucoup plus clément. Le paysage de collines en terrasses est superbe, et a été classé par L’Unesco.
La Quinta da Pacheca, dont le nom rend hommage à la première propriétaire identifiée (1738) du domaine, Da. Mariana Pacheco Pereira, produit des vins Douro DOC et Porto. Ce fut le lieu d’une belle dégustation.
Le vin de Porto rouge est fortifié après quelques jours de macération par ajout d’eau de vie de vin à 77°, stoppant ainsi la fermentation, puis passe quelques années en fût ou en foudre. Le tawny est le produit phare, mais le porto blanc, plus sec, s’avère agréable à l’apéritif.
Sa production est sans commune mesure avec celle du Madère. On en saura plus sur le Porto en lisant la synthèse de wikipedia.
Cette curieuse structure prolonge la vie d’un chêne multi-séculaire. Son nom : Nectar da Pacheca, son auteur : Oscar Rodrigues (2014).
Voici une autre oeuvre vue sur place.
Le retour en bateau vers Porto donne l’occasion d’admirer les incroyables paysages du Douro et de franchir la plus haute écluse d’Europe (36m).
Le chapitre de la confrérie du vin de Porto était parfaitement rythmée. Toutes les confréries présentes ont été intronisées.
Et du porto 10 anos Tawny fut servi au diner de gala dans l’historique maison de la Douane.
Ne quittons pas le Portugal sans écouter les commandements du vin !
Personnage atypique de la scène française, Jean-Louis Murat vient de tirer sa révérence. Il avait composé une musique originale et interprété une chanson de Pierre-Jean de Béranger, ‘la bacchante », oeuvre poétique d’une grande puissance érotique, qui chante l’union de l’amour et du vin, sortie en 2005 (album MOCKBA). Elle lui ouvre les portes de la galerie du Bon Clos.
Entre ici, Jean-Louis Murat , et rejoins Pierre-jean de Béranger !
Cher amant, je cède à tes désirs De champagne enivre Julie Inventons, s’il se peut, des plaisirs; Des amours épuisons la folie Verse-moi ce joyeux poison Mais surtout bois à ta maîtresse; Je rougirais de mon ivresse Si tu conservais ta raison
Vois déjà briller dans mes regards Tout le feu dont mon sang bouillonne Sur ton lit, de mes cheveux épars Fleur à fleur vois tomber ma couronne Le cristal vient de se briser: Dieu! baise ma gorge brûlante Et taris l’écume enivrante Dont tu te plais à t’arroser
Verse encore! mais pourquoi ces atours Entre tes baisers et mes charmes? Romps ces noeuds, oui, romps-les pour toujours: Ma pudeur ne connait plus d’alarmes Presse en tes bras mes charmes nus Ah! je sens redoubler mon être! A l’ardeur, qu’en moi tu fais naître Ton ardeur ne suffira plus
Dans mes bras tombe enfin à ton tour: Mais hélas! tes baisers languissent Ne bois plus, et garde à mon amour Ce nectar où tes feux s’amortissent De mes désirs mal apaisés Ingrat, si tu pouvais te plaindre J’aurais du moins pour les éteindre Le vin où je les ai puisés
Sait-on que ces deux villes qui se font face de part et d’autre du Douro ont donné leur nom au Portugal ? Nous y avons passé quelques jours à l’occasion du 52ème Congrès de la Fédération Internationale des Confréries Bachiques, événement qui a lieu tous les 2-3 ans et qui était oreganisé cette année par les confréries portugaises.
Commençons par Porto, ville bâtie sur des collines au bord du Douro.
Le Palacio da Bolsa, célèbre pour son salon arabe, contient quelques peintures de grande taille de Jose Maria Veloso Salgado représentant transport maritime
ou encore les vendanges
Une autre scène de vendanges, toute en azulejos, peut être vue à la gare San Bento
où nous avons aussi croisé ces soldats au repos et ce camion de livraison de Trovador Rosé (un vin du nord du Portugal). C’était une autre époque (la scène doit dater de la révolution des oeillets, en 1974)
La maison du collectionneur Fernando de Castro est maintenant un musée,( incroyable capharnaüm de mobilier et décorations d’église),
où l’on trouve aussi quelque pièces intéressantes de notre point de vue, comme ce petit chariot transportant un tonneau
et ces céramiques de buveurs
et plus rare, ce couple en grande conversation.
Voici aussi un dessin d’humour représentant un Dr Artaete attablé
6 ponts permettent de rallier Villa nova de Gaia depuis Porto. C’est là que sont les maisons de vin de Porto, à pied d’oeuvre pour expédier les barriques.
Une bouteille perchée l’annonce fièrement au visiteur franchissant le pont Luis.
Chez Ramos Pinto, on peut apprécier ces affiches publicitaires qui datent du début du 20ème siècle et dont nous avons identifié quelques auteurs comme Leopoldo Metlicovitz ou René Vincent…
Les passants sont invités à prendre place !
Mais c’est au WoW que nous avons fait les plus belles découvertes. Ce complexe comporte boutiques, restaurants et musées. L’un d’eux abrite la collection d’Adrian Bridge ; ce musée archéologique présente près de deux mille pièces de vaisselle antiques ou plus récentes, de différentes cultures : 9000 ans de libations !
Nous sommes accueillis par cette vendangeuse
et cette table de dégustation d’un domaine bordelais apparemment disparu…
C’est en Chine, à Jiahu que serait attestée la plus ancienne trace de vin, il y a 9000 ans, soit 1000 ans avant les traces trouvées en Géorgie à Gadachrili Gora et Shulaveris. Mais les récipients présentés ne remontent pas aussi loin !
Cette figurine en terre cuite portant deux coupes provient de la vallée de l’Indus (vers – 2500-2000)
Cette coupe en argent finement ouvragée aux frises de vigne a été trouvée à Marlik dans l’ancienne Perse (vers -1400-1000)
Cette phiale en or provient de Phénicie (vers -700-500)
Cet archetype de vase grec représente Herakles et Dionyisos kantharos en main, en joyeuse compagnie…
Nous voici à Rome, avec cette statuette en bronze, ce calice aux 3 rangs d’écailles de pin, et une terre cuite romaine représentant Bacchus thyrse et coupe en main
Plus proche de nous, mais plus loin géographiquement, ce calice inca
Ce keru en cuivre de la même origine était clairement destiné aux libations comme on peut le voir en observant le détail
Bien plus proches de nous, ces verres servaient pour des jeux de boisson (il fallait boire d’un seul coup d’un trait à l’autre)
Ce grand verre de l’époque des mousquetaires (?) est joliment décoré
Rien n’arrête l’imagination, avec ce gobelet à deux coupes représentant une jeune mariée, qui permettait à un couple de boire de concert.
Ce gobelet a usage militaire (20ème siècle) est pratique car, téléscopique, il tient dans un petit étui.
Ces personnages en céramique émaillée nous rappellent ceux vus au musée Fernando de Castro
Admirons aussi cette carafe finement ouvragée
et cette chope en marbre qui ne l’est pas moins
La visite se conclut avec cette vitrine de verres radioactifs qui brillent d’une lumière fluorescente verte quand ils sont placés sous une lumière ultraviolette
En ce qui concerne le Portugal, on a eu des informations intéressantes lors de la conférence donnée par le Professeur J.A. Gonçalves Guimarães sur le thème « Vin et culture au Portugal » dans le cadre du congrès de la FICB, où plusieurs pièces intéressantes, témoignant de l’antiquité de la culture de la vigne, ont été présentées.
Voici un sarcophage romain avec des scènes de vigne, du 3ème siècle, trouvé à Castanheira do Ribateijo (au musée national d’archéologie de Lisbonne)
Cet élément de colonne wisigoth date du 5-6ème siècle (Vale de Aguieiro)
cette pierre du 8ème (Lisbonne)
et ce linteau du 11 ème (Castelo de Soure, près de Coimbra)
Scène de vendange, Oeuvre du Moine Egas (1189), au monastère de Lorvão, à Coimbra
Taille de la vigne, livre d’heures du roi D.Manuel, par Antonio de Holanda (1517-1538)
Cette sculpture dorée est au monastère San Bento da Victoria à Porto (17ème siècle)
les saints patrons de la vigne et du vin au Portugal sont Saint Vincent de Saragosse, St Martin de Tours, et St Gonçalo d’Amarante (12ème siècle, qui aurait fait jaillir du vin d’un rocher en le frappant d’un bâton pour nourrir des ouvriers ; son nom est aussi associé à des patisseries érotiques et des rites de fertilité)
Voici enfin des vues du port de Porto au 19ème siècle et au 20ème.
La conférence s’est terminée sur ce « toast aux jeunes mariés »(Saúde aos Noivos) du peintre portugais Carlos Reis. Saúde !( et merci au conférencier !)
On connait aussi de Carlos Reis Plus de vin (connu aussi comme the empty flagon, 1932)
Tout cela donne soif, c’est l’heure des dégustation des vins du Portugal, mais aussi des vins venus du monde entier. Tchin !
Après un hiver frais et long, le printemps est bien venu, et avec lui les fêtes des Confréries.
Le 16 avril, nous voila chez nos amis les Compagnons d’ Irminon de Combs-la-Ville, qui fêtaient les 35 ans de leur Confrérie, l’une des plus anciennes d’Ile de France. Nous y avons retrouvé les 3 grand-maitres qui se sont succédés à sa tête : Joseph Perret, Michel Courtois et Didier Charles, sous l’édicule récemment construit pour abriter l’antique pressoir sous la devise « NON QUANTUM SED QUAM BENE » que l’on pourrait traduire par « mieux vaut moins mais mieux »,
NON QUANTUM SED QUAM BENE
passé en revue les blasons personnalisés que chacun arbore sur son plastron,
revu avec bonheur le clos aux 600 pieds de sémillon, sauvignon, et maintenant chardonnay,
considéré le pressoir désormais hydraulique
admiré les étiquettes renouvelées artistiquement chaque année,
fait un clin d’oeil au chat de Barberousse et à un jardinier en pause, esquissé une prière
et assisté au chapitre proprement dit et aux nombreuses intronisations parmi lesquelles des gens bien connus des lecteurs du Bon Clos…
Le 29 avril, c’était au tour du Clos de Clamart de faire la fête.
Un cortège de 14 confréries s’est formé et, passant par le Clos Franquet où sont les vignes et les chais, a parcouru les rues de la ville, accompagné par les trompettes du Berry.
Lors du chapitre proprement dit, entouré par les dignitaires,
le Grand-Maître exposa à l’assistance les efforts réalisés pour faire de nouveau du vin du Clos de Clamart, dont la qualité ces dernières années laissait à désirer, « un vin comme nous l’aimons ».
Il y eut 7 intronisations :
Daniel Fréry, Echanson conservateur de Musée du Vin de Paris ; Vincent Carrière, Meudonnais Président du Lyons Club de Saint Cloud, actif au Clos de Clamart et qui avec son groupe musical avait animé notre dernière « galette » ; Gilbert Delaveau, Grand Prévôt de la Confrérie des coteaux de Sucy-en-Brie ; Stéphanie SIMONIN-EDWARDS, une jeunesse du Devoir Parisien du Beaujolais (venue avec son papa); Catherine FAUCHERON , de la Confrérie Balnéolaise des Chevaliers de Bacchus ; Evelyne PRIE, de la Confrérie de la Faisanderie de Sully/Loire (qui promeut la terrine de faisan et la chasse à courre) ; et Anne-Marie LOCQUET, de la Confrérie des Talmeliers d’Ile de France du bon pain
On les reconnaitra sur ces photos (mais qui est qui ? piste : la cape des talmeliers est couleur de la mie crème du pain ; la plume orne la coiffe des chasseurs…)
Le chapitre fut suivi d’un déjeuner servi par le traiteur MBRA d’Arnouville-lès-Mantes, et animé musicalement par Jacky Bouleaux – Le Roi du Bal.
Nous avons eu la joie d’y accueillir Daniel Cunin, bruxellois ami du Bon Clos à qui l’on doit la traduction d’un poème néerlandais ancien (« Wijns gebruik en misbruik » : Usage et mesusage du vin, en commentaire à notre article sur le musée Magnin), ainsi qu’une bonne bouteille de « là-bas » (i.e. Maastricht), la Cuvée des XII Apôtres.
Une coupe fut offerte par le Grand-Maître pour saluer l’ancienne statue de Saint-Vincent, qui date 17ème siècle, et a été transmise, à la dernière St-Vincent, à la Confrérie par les Amis de Clamart.
Le président des Amis ce Clamart Christian Hamon remettant le bâton de St Vincent au GM Marcel
Une tombola aux nombreux lots permit à une quinzaine de chanceux de recevoir des mains d’un charmant tandem des bouteilles de Champagne et d’autres vins, certaines offertes par des donateurs qui tiennent à rester anonymes.
Enfin le samedi 13 mai se tenait le Chapitre de la Fleur au Musée du Vin, chez les Echansons.
On y retrouva nos amis choristes du Souffle de Bacchus, dans la dernière ligne droite pour leur concert commun avec la chorale Aperto (Dimanche 18 juin à 17h, Eglise Sainte Rosalie, 50 Bd Auguste Bianchi Paris 13ème).
Un nouvel Echanson fut adoubé Compaignon, et 3 autres montèrent en grade
Ils n’ont pas dérogé au rituel.
Le thème du dîner, la Méditerranée, fut décliné avec la soupe de poissons, suivi d’un buffet d' »antipasti » (pissaladière, salade de poulpe, etc.) précédant le fameux Poulet sauce Echanson inspiré d’un ancien restaurant de Perpignan (L’Echanson, aujourd’hui disparu), les fromages (fameux brebis), les tartes tropézienne et mentonnaise et la salade de fruits.
Plusieurs réclamèrent des doggybags.
On n’oubliera bien sûr pas de parler des vins servis : un vermentino (=rolle) et un Viognier du pays d’oc, un côtes de Provence Rosé du château Mauvanne, et un rouge de La Clape, appellation peu connue du Languedoc. Frontignan et Rivesaltes furent servis au dessert.
« Ah quel repas je viens de faire, et quels vins extraordinaires ! », pouvait-on fredonner, en s’intéressant aux cadeaux reçus par le Grand-Maître Claude qui atteindra un âge doublement canonique dans quelques jours !
Lequel, de cette bouteille de Cognac » fine champagne » de 1805,
et de ce « lampion », aux bas reliefs évocateurs, sorti d’une imprimante 3D, donnerait-on la palme ?