vinification mode d’emploi

Voila bien le sujet que l’association Cocorico (Comité de Coordination région Ile-de-France des Confréries) proposait de décrypter à ses adhérents, ce samedi 14 mars à Sucy en Brie.

detailaffichesucy

Pour ce faire un authentique vigneron (du Val de Loire), diplômé d’études supérieures spécialisées en oenologie s’il vous plaît, avait été réquisitionné : Vincent Lacour. Plus que sur les connaissances théoriques, toujours nécessaires, l’objectif était de mettre l’accent sur la pratique de la vinification en blanc sec.

vincentlacour

La trentaine de vignerons d’Ile-de-France présents -venus (la grappe à la main ?) de Chenevieres,Clamart, Combs la ville, Joinville, Nogent, Marolles, Villiers, Noisy le Grand, Livry/seine, et bien sûr de Sucy- n’auront pas regretté d’être venus.

portegrappe

Pour peu qu’ils aient été attentifs, ils n’ignorent plus grand chose des dangers de la pourriture grise, des risques liés à l’oxydation des moûts et des moyens d’y remédier, de l’importance d’une température régulée, des aléas de la fermentation alcoolique, des taux de sucre et d’acidité cible…

Cocorico a mis en ligne un diaporama de l’évènement…

ronddetonneau

Le déjeuner pris au fort de Sucy, sous les voûtes, a été un moment de franche convivialité qui s’est prolongé bien au-delà du sacro-saint horaire, mais qu’importe.

assiettesucy

On y dégusta les délicieux vins de Sucy et put s’y repaitre d’un excellent coq au vin.

Merci donc à Jean Caugant et Georges Kopcsan, qui nous ont concocté cette formation, et à Jean-Marie Durand et ses confrères de Sucy qui nous ont si sympathiquement accueilli.

plaqueconfreriesucy

Et merci la cantinière !

lacantiniere

Amis de Sucy

Qui nous recevez

Sous vos voûtes

De notre merci

Soyez assurés

Sans nul doute

plaqueconfreriesucy

cepsdeporte

Les aventures de Bacchus

Cavanna écrivit en son temps les aventures de Dieu, de roborative mémoire. Mais qui se souvient encore de celles de Bacchus, « les Dyonisiaques », narrées au Veme siècle par Nonnos de Panopolis ?

Cet amateur égyptien de poésie grecque les aurait composé entre 450 et 470, avant, Dieu merci, sa conversion au christianisme. Ce recueil épiques de 48 chants ne survit semble-t-il que grâce à la découverte d’un manuscrit au 16eme siècle.
En ce printemps des poètes il est temps qu’il refasse surface.

pagedegardedesdyonisiaques

 

De quoi s’agit-il ? Laissons la parole au traducteur, le comte de Marcellus :

Avant de montrer le Dieu bienfaiteur, il fallait expliquer de quel chaos sa présence allait faire sortir le monde. De là, au début, la lutte du bien ou du mal, ou de Jupiter contre Typhée ; puis les essais de Cadmus, qui, suivi d’Harmonie, porte au sein de la Grèce le culte et les arts de la Phénicie et de l’Égypte.

Après Zagrée disparu dans la conjuration des Titans, second effort de l’élément malfaiteur, parait enfin le grand Bacchus, Bacchus le Thébain, le génie civilisateur engendré par la foudre; il échappe à la demeure d’Athamas, à la jalousie de Junon, et grandit à coté de la mère universelle, Rhéa. Puis le Dieu dompte lei monstres fléaux de la terre, assouplit son corps aux exercices auxiliaires des combats, et crée la vigne, arme pacifique et conquérante. Bientôt il rassemble de tous les points du monde et recrute dans les rangs des races divines une armée immense; il part à sa tête pour asservir les Indes, par le même chemin que prit Alexandre. Viennent alors les journées du lac Astacide et des défilés du Liban, qui sont pour Bacchus les batailles d’Ipsus et du Granique : on suit lentement la marche envahissante de la vigne dans ce pompeux itinéraire du fond du golfe de Nicomédie jusqu’aux rives de l’Hydaspe à travers les embûches ennemies, ou l’hospitalité de la chaumière et du palais. Dans les Indes, la guerre se développe avec toutes ses péripéties, les avantages, les défaites, les trêves, les surprises et lei stratagèmes. Enfin Bacchus l’emporte, et il constitue son culte et son empire chez les peuples de l’Orient indien. Dès lors, il revient aux bords de la Méditerranée, où il n’a pins d’autre armée que son cortège habituel ; il visite, chemin faisant, Tyr, la patrie de son aïeul Cadmus, comble de ses dons la brillante Béryte et les vallées du Liban ; puis, traversant de nouveau la Cilide et la Lydie, il porte en Europe son influence et ses bienfaits, descend de l’Illyrie et de la Macédoine vers Thèbes, où il est né, et où sa divinité et son pouvoir se manifestent par le châtiment d’un roi incrédule ; il initie bientôt Athènes à ses mystères, console à Naxos une amante délaissée, car il possède l’art de sécher les larmes et de calmer les douleurs. Ensuite il lutte contre son éternelle ennemie Junon au sein d’Argos, centre terrestre de la puissance de la reine des dieux, dompte les géants de la Thrace ou les monts infertiles, soumet Pallène, ou son sol, rebelle à la culture; revenu en Phrygie, domaine de sa nourrice Cybèle, d’où il est parti, il y combat les insalubres émanations des airs qu’il adoucit, et quitte enfin la terre pour occuper un trône dans l’Olympe, au sein des immortels.

 

Le lecteur assidu de ce blog pourra utilement compléter les informations publiées il y a un an (indovino )

Merci à Philippe Remacle qui nous les fait découvrir sur son beau site remacle.org

(NB : l’ouvrage est édité chez les Belles Lettres )

Vla l’printemps

Et oui, ce lundi 2 mars commençait le printemps des poètes, lancé au son du saxophone de Louis Sclavis aux Folies Bergère sous la houlette de l’étonnant Jacques Bonnaffé. Celui-ci n’a-t-il pas déclamé jusqu’à plus soif l’épitaphe dédiée par Ronsard à Rabelais ?

Lequel aimait le vin, on peut le dire !

Si d’un mort qui pourri repose
Nature engendre quelque chose,
Et si la génération
Se fait de la corruption,
Une vigne prendra naissance
De l’estomac et de la panse
Du bon Rabelais qui buvoit
Tousjours cependant qu’il vivoit.

La fosse de sa grande gueule
Eust plus beu de vin toute seule
L’épuisant du nez en deux coups,
Qu’un porc ne hume de laict doux,
Qu »Iris de fleuves, ne qu’encore
De vagues le rivage More.


Jamais le soleil ne l’a veu,
Tant fût-il matin, qu’il n’eust beu;
Et jamais au soir, la nuit noire,
Tant fût tard, ne l’a veu sans boire:
Car altéré, sans nul séjour
Le galant boivait nuit et jour.

Mais quand l’ardente Canicule
Ramenait la saison qui brûle,
Demi-nu se troussoit les bras,
Et se couchait tout plat à bas,
Sur la jonchée, entre les tasses,
Et parmi les escuelles grasses,
Sans nulle honte se souillant.
Allait dans le vin barbouillant,
Comme une grenouille en la fange ;

Puis ivre chantait la louange
De son ami le bon Bacchus…
Il chantoit la grande massue,
Et la jument de Gargantue,
Le grand Panurge, et le pais
Des Papimanes ébahis,
Leurs loix, leurs façons et demeures;
Et frère Jean des Entomeures,
Et d’Epistème les combas,
Mais la mort, qui ne boivoit pas,
Tira le beuveur de ce monde,
Et ores le fait boire en l’onde
Qui fuit trouble dans le giron
Du large fleuve d’Acheron.
Or toy, quiconque sois, qui passes,
Sur sa fosse répans des tasses,
Répans du bril et des flacons,
Des cervelas et des jambons;
Car si encor dessous la lame
Quelque sentiment à son âme,
Il les aime mieux que des lis
Tant soient-ils fraîchement cueillis

Et puisque le soleil commence à nous chauffer la couenne, célébrons ce printemps qui vient avec le québecois Paul Piché… et ses émules

Bacchus russe

Terrible fléau que l’alcoolisme.

alcoolrusse

Témoin cette affiche, qui daterait des années vingt en Russie.

Qu’as tu fait de ton argent ? Penses tu à ta famille ?

Il reste encore à faire, au pays de la vodka.

Ici aussi sans doute.

Ne croyez pas que je plaisante,

dans ma gorge le chagrin est comme un sac.

Et j’entends tonton Georges soupirer :

Fils de pécore et de minus, ris pas de ce pauvre Bacchus.

dans les chaumières de France

couplealabonbonne

Il est des chaumières de France qui recèlent de doux trésors et où il fait bon vivre.
A Montmorency nous en avons visité, en ce doux pays qui a donné son nom au notre !

couplealabonbonne

coupleauxfuts

Gemütlich !

vinsdefrance

Ici le vin n’est pas un drapeau que l’on met dans sa poche.

lhotedemontmo

Et voici notre hôte, bien connu des amis du clos, qui soigne dans la gaieté sa santé en compagnie d’un chateau grand renard, excellent Blaye ! Tous les espoirs sont permis.

Saint-Vincent à Bercy

Ce dimanche 25 janvier, les confréries d’ile de France se retrouvaient à Bercy pour fêter la St-Vincent :

messe (en l’église ND de la Nativité),

NDnativité

défilé dans le parc de Bercy et sur le cours St-Emilion.

Suivant les anciens rails, avisant les vignes plantées il y a une douzaine d’années

vignes

et la maison des percepteurs des taxes, toujours debout, les médiums et autres oreilles fines s’exercèrent à capter le bruissement fossile des anciens entrepôts, disparus dans les années 80 après deux siècles de service.

medaillon

 

Il faisait froid et sec, il y avait du monde et de l’ambiance !

On remarquait bien sûr les tambours des poulbots de montmartre, menés par Anaïs,

poulbots

la fanfare poilobrass

fanfarepoilobrass

Et le président toujours à la manoeuvre

president

Tout cela s’est terminé au Club Med World par un déjeuner dansant arrosé aux vins de Loire (touraine blanc la chapiniere , chinon rouge du domaine de Noiré).

bouteillesbues

Revivons ces bons moments en video

Quand je suis paf

Une amie du clos vient de nous faire (re?)découvrir l’inoubliable « quand je suis paf » immortalisé par Marguerite Deval

margueritedeval

dans « mon amant », opérette de J. Ardot – M. Lupin – C. Alix qui commence à dater (1932), et dont Paulus disait (mémoires, chap 32 )

« Marguerite Deval, un diable en jupon ! une Strasbourgeoise ultra-parisienne ; a fait les délices  de toutes les scènes où elle a joué ; excelle à lancer le couplet grivois ; les comptes-rendus de la critique sont clichés pour elle : «Hier, Marguerite Deval a été acclamée»  »

Merci Céline !

goûte compagnon

Voici une belle chanson à boire ancienne, chantée par Tri Yann (album « au café du bon coin »)

Nous la devons à Gabriel Bataille, musicien spécialiste des « airs de cour » ( il partagea avec Boesset la charge de Maître de Musique de la Reyne).

En voici les paroles, tirées du 6eme livre d’Airs de différents autheurs mis en tablature de luth par Gabriel Bataille. Paris, Pierre Ballard, 1615)

Qui veut chasser une migraine N’a qu’a boire toujours du bon, Et maintenir la table pleine de servelas et de jambon.
L’eau ne fait rien que pourrir le poulmon, Boute boute boute boute compagnons, Vuide nous ce verre et nous le remplirons.
Le vin qousté par ce bon pere Qui s’en rendit si beau garçon, Nous fait discourir sans grammere, Et nous rend sçavans sans leçon.
L’eau ne fait rien que pourrir….
Loth beuvant dans une caverne de ses filles enfla le sein, Montrant qu’un cyropt de taverne Passe celui d’un médecin.
L’eau ne fait rien que pourrir….
Beuvons donc tous a la bonne heure Pour nous esmouvoir le rognon, Et que celuy d’entre nous meure Qui dédira son compagnon.
L’eau ne fait rien que pourrir….

PS. Les aficionados ne rateront pas le spectacle dansé proposé en cette fin janvier au théâtre de Chaillot « Un air de folies « où l’on retrouvera Gabriel Bataille avec d’autres musiciens de l’époque

Am Weintisch

Après l’expo Picasso , voici encore une belle occasion découvrir des toiles où l’on boit !
Berlin, 1911. Emil Nolde investit ses cafés, ses cabarets, ses bars de nuit…

il a ainsi croqué ce couple « Am Weintisch » (devant un verre de vin)

verredevin

et ces « slovenes » en goguette

slovenes

Amis du clos, ne ratez pas cette superbe expo au Grand Palais. Jusqu’au 19 janvier, vite ! Et l’entrée est gratuite accompagné du tenancier du clos !