Vla l’printemps

Et oui, ce lundi 2 mars commençait le printemps des poètes, lancé au son du saxophone de Louis Sclavis aux Folies Bergère sous la houlette de l’étonnant Jacques Bonnaffé. Celui-ci n’a-t-il pas déclamé jusqu’à plus soif l’épitaphe dédiée par Ronsard à Rabelais ?

Lequel aimait le vin, on peut le dire !

Si d’un mort qui pourri repose
Nature engendre quelque chose,
Et si la génération
Se fait de la corruption,
Une vigne prendra naissance
De l’estomac et de la panse
Du bon Rabelais qui buvoit
Tousjours cependant qu’il vivoit.

La fosse de sa grande gueule
Eust plus beu de vin toute seule
L’épuisant du nez en deux coups,
Qu’un porc ne hume de laict doux,
Qu »Iris de fleuves, ne qu’encore
De vagues le rivage More.


Jamais le soleil ne l’a veu,
Tant fût-il matin, qu’il n’eust beu;
Et jamais au soir, la nuit noire,
Tant fût tard, ne l’a veu sans boire:
Car altéré, sans nul séjour
Le galant boivait nuit et jour.

Mais quand l’ardente Canicule
Ramenait la saison qui brûle,
Demi-nu se troussoit les bras,
Et se couchait tout plat à bas,
Sur la jonchée, entre les tasses,
Et parmi les escuelles grasses,
Sans nulle honte se souillant.
Allait dans le vin barbouillant,
Comme une grenouille en la fange ;

Puis ivre chantait la louange
De son ami le bon Bacchus…
Il chantoit la grande massue,
Et la jument de Gargantue,
Le grand Panurge, et le pais
Des Papimanes ébahis,
Leurs loix, leurs façons et demeures;
Et frère Jean des Entomeures,
Et d’Epistème les combas,
Mais la mort, qui ne boivoit pas,
Tira le beuveur de ce monde,
Et ores le fait boire en l’onde
Qui fuit trouble dans le giron
Du large fleuve d’Acheron.
Or toy, quiconque sois, qui passes,
Sur sa fosse répans des tasses,
Répans du bril et des flacons,
Des cervelas et des jambons;
Car si encor dessous la lame
Quelque sentiment à son âme,
Il les aime mieux que des lis
Tant soient-ils fraîchement cueillis

Et puisque le soleil commence à nous chauffer la couenne, célébrons ce printemps qui vient avec le québecois Paul Piché… et ses émules

Bacchus russe

Terrible fléau que l’alcoolisme.

alcoolrusse

Témoin cette affiche, qui daterait des années vingt en Russie.

Qu’as tu fait de ton argent ? Penses tu à ta famille ?

Il reste encore à faire, au pays de la vodka.

Ici aussi sans doute.

Ne croyez pas que je plaisante,

dans ma gorge le chagrin est comme un sac.

Et j’entends tonton Georges soupirer :

Fils de pécore et de minus, ris pas de ce pauvre Bacchus.

dans les chaumières de France

couplealabonbonne

Il est des chaumières de France qui recèlent de doux trésors et où il fait bon vivre.
A Montmorency nous en avons visité, en ce doux pays qui a donné son nom au notre !

couplealabonbonne

coupleauxfuts

Gemütlich !

vinsdefrance

Ici le vin n’est pas un drapeau que l’on met dans sa poche.

lhotedemontmo

Et voici notre hôte, bien connu des amis du clos, qui soigne dans la gaieté sa santé en compagnie d’un chateau grand renard, excellent Blaye ! Tous les espoirs sont permis.

Saint-Vincent à Bercy

Ce dimanche 25 janvier, les confréries d’ile de France se retrouvaient à Bercy pour fêter la St-Vincent :

messe (en l’église ND de la Nativité),

NDnativité

défilé dans le parc de Bercy et sur le cours St-Emilion.

Suivant les anciens rails, avisant les vignes plantées il y a une douzaine d’années

vignes

et la maison des percepteurs des taxes, toujours debout, les médiums et autres oreilles fines s’exercèrent à capter le bruissement fossile des anciens entrepôts, disparus dans les années 80 après deux siècles de service.

medaillon

 

Il faisait froid et sec, il y avait du monde et de l’ambiance !

On remarquait bien sûr les tambours des poulbots de montmartre, menés par Anaïs,

poulbots

la fanfare poilobrass

fanfarepoilobrass

Et le président toujours à la manoeuvre

president

Tout cela s’est terminé au Club Med World par un déjeuner dansant arrosé aux vins de Loire (touraine blanc la chapiniere , chinon rouge du domaine de Noiré).

bouteillesbues

Revivons ces bons moments en video

Quand je suis paf

Une amie du clos vient de nous faire (re?)découvrir l’inoubliable « quand je suis paf » immortalisé par Marguerite Deval

margueritedeval

dans « mon amant », opérette de J. Ardot – M. Lupin – C. Alix qui commence à dater (1932), et dont Paulus disait (mémoires, chap 32 )

« Marguerite Deval, un diable en jupon ! une Strasbourgeoise ultra-parisienne ; a fait les délices  de toutes les scènes où elle a joué ; excelle à lancer le couplet grivois ; les comptes-rendus de la critique sont clichés pour elle : «Hier, Marguerite Deval a été acclamée»  »

Merci Céline !

goûte compagnon

Voici une belle chanson à boire ancienne, chantée par Tri Yann (album « au café du bon coin »)

Nous la devons à Gabriel Bataille, musicien spécialiste des « airs de cour » ( il partagea avec Boesset la charge de Maître de Musique de la Reyne).

En voici les paroles, tirées du 6eme livre d’Airs de différents autheurs mis en tablature de luth par Gabriel Bataille. Paris, Pierre Ballard, 1615)

Qui veut chasser une migraine N’a qu’a boire toujours du bon, Et maintenir la table pleine de servelas et de jambon.
L’eau ne fait rien que pourrir le poulmon, Boute boute boute boute compagnons, Vuide nous ce verre et nous le remplirons.
Le vin qousté par ce bon pere Qui s’en rendit si beau garçon, Nous fait discourir sans grammere, Et nous rend sçavans sans leçon.
L’eau ne fait rien que pourrir….
Loth beuvant dans une caverne de ses filles enfla le sein, Montrant qu’un cyropt de taverne Passe celui d’un médecin.
L’eau ne fait rien que pourrir….
Beuvons donc tous a la bonne heure Pour nous esmouvoir le rognon, Et que celuy d’entre nous meure Qui dédira son compagnon.
L’eau ne fait rien que pourrir….

PS. Les aficionados ne rateront pas le spectacle dansé proposé en cette fin janvier au théâtre de Chaillot « Un air de folies « où l’on retrouvera Gabriel Bataille avec d’autres musiciens de l’époque

Am Weintisch

Après l’expo Picasso , voici encore une belle occasion découvrir des toiles où l’on boit !
Berlin, 1911. Emil Nolde investit ses cafés, ses cabarets, ses bars de nuit…

il a ainsi croqué ce couple « Am Weintisch » (devant un verre de vin)

verredevin

et ces « slovenes » en goguette

slovenes

Amis du clos, ne ratez pas cette superbe expo au Grand Palais. Jusqu’au 19 janvier, vite ! Et l’entrée est gratuite accompagné du tenancier du clos !

pomme d’api

Encore une oeuvre de maître Jacques que les vrais fans d’Offenbach n’auront pas laissé passer. C’est au théâtre Marsoulan (où nous avions déjà eu le bonheur de voir l’ami Pascal Bolantin en récital il y a quelques semaines) et c’est par la compagnie de l’élixir enchanté , mise en scène de Florian Cléret.
Bonne pioche pour les amis du bon clos, qui auront à coeur d’entonner cet ode enamouré au champagne avec la sémillante Mélanie Guindeo.

Versez ! Versez !

On pourra écouter cet air à boire (entre 3mn 30 et 5mn30) et d’autres dans cette video disponible sur youtube

A table, à table

Et le verre en main

Envoyons au diable

Tristesse et chagrin


Versez, versez, versez encor ;
Allez donc jusqu’au bord.
Voyez, voyez, ça mousse, mousse,
Voyez, voyez, ça pousse, pousse,
Ça pousse à se désennuyer.
Par les lèvres ça glisse, glisse,
On dirait un feu d’artifice
Qu’on vous tire dans le gosier !

Amis du clos n’attendez plus ! Dernière le 4 janvier 2009 à 20h30

pablo et ses maîtres

Voici une exposition qui attire les foules au Grand Palais, où l’on voit comment le petit Pablo s’est inspiré des grands maîtres, pour les défier. Nous retenons bien sûr

le triomphe de Pan de Nicolas Poussin (qui est ordinairement à la London National Gallery)

triomphedepanpoussin

cette « famille heureuse » de Le Nain (Louvre)

lenainfamilleheureuse

et ce vivant « El bobo » qui brandit son carafon depuis bientôt 50 ans

elbobo

Entrée coupe-file pour les amis du Clos, munis de la carte Sesame bien entendu (jusqu’au 2 février).