A Tenerife

Cette grande île des Canaries bénéficiait d’un climat clément en ce mois de mars, alors qu’ailleurs on se gelait. Une bonne raison pour y faire un tour et voir ce qui pourrait intéresser les lecteurs du bon clos…

Il y avait de quoi faire en effet dans cette île conquise par les Espagnols à la fin du 15ème siècle, et où la vigne et le vin ont été de première importance et largement exportés pendant 200 ans, jusqu’à ce que les vins du Portugal et d’Andalousie viennent les concurrencer auprès des Anglais.

Nous y avons médité sur d’antiques adages…

« avec du bon vin, on fait du chemin »

« Qu’il ne se plaigne de son destin, celui qui vit d’amour et de vin »

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A Cologne

Nous voici au delà du « weinland », le vignoble de Rhénanie s’arrêtant au sud de Bonn, et la boisson locale est la kölsch,

une bière légère à déguster dans les nombreuses brasseries, à la décoration attrayante, qui n’oublie pas le vin, comme ici.

En fait, il y a bien des choses à découvrir pour les amis du clos et les amoureux du vin.

Et tout d’abord, voici un sympathique caviste qui nous présente ses voeux :

Glück, Gesundheit und alles Gute !

Ici, on boit du vin de la vallée du Rhin moyen (Mittelrhein, planté principalement en riesling)qui s’étend de Bingen au sud jusqu’à Bonn au nord…

Voici une bonne adresse pour déguster vin et bière, (accompagnés par exemple d’un schweine haxe ?) : Weinhaus Vogel, 74 Eigelstein

La vigne est une vieille histoire  en Rhénanie, qui fut romaine dès le 1er siècle, comme en témoigne cette superbe mosaïque dédiée à Dionysos, trouvée en 1941 lors de la construction d ‘un abri anti-aérien, et que l’on peut voir au Musée Romain-Germanique construit sur place.

quelques détails

Dans le même musée on pourra admirer ces statues de Bacchus

et ce bas-relief

Voici un superbe vase en céramique avec scène de vendange

A voir aussi l’étonnante collection d’objets en verre

ce verre-là date du 4ème siècle. C’est un type de verre bien particulier (pour en savoir plus)

cette inscription en grec, ΠΙΕ ΖΗΣΑΙΣ ΚΑΛΩΣ ΑΕΙ, nous l’avons déjà vue quelque part (sur un verre trouvé dans une pyramide au Soudan)

… elle dit simplement : « bois et sois toujours heureux »

A quelques centaines de mètres,  au Papa Joe Klimperkasten, un sympathique jazz bar, on peut voir sous une dalle de verre une étonnante mosaïque difficile à photographier.

Sont-ce les dieux de l’Olympe s’enivrant de nectar ?

celui-là boit, les autres ont lâché les coupes…

Filons maintenant au musée des arts décoratifs, où il y a aussi beaucoup à voir.

Des récipients en verre ou en cristal

des vases de Legras (vers 1900), le quatrième maitre-verrier à la fondation de l’Art Nouveau, avec Daum, Gallé et Lalique. Cet homme s’est beaucoup intéressé aux bouteilles, voir à ce sujet l‘article du collectionneur Gérard Wagner.)

Celui-ci qui représente une vendangeuse en pleine action dans le plus simple appareil, est décoré par Maurice Denis

Voici une assiette de métal

une théière bachique

Un hanap

Et voila encore des vendangeurs !

et un bahut pour ranger tout cela ?

Ne quittons pas Cologne sans passer par le musée Wallraf où l’on peut voir quelques pièces intéressantes, comme ce

goldener herbst (weinlaube auf Neukastel, lit-on ailleurs), de Max Slevogt  représentant sa famille sous  la treille dans sa maison de Leinsweiler près de Landau, en 1917.

Comme on envie cette paisible pause devant les meules de foin au jardin des étincelles, à Criqueboeuf de Vuillard (1902).

Et voici un curieux sermon de midi fait à des marins manifestement pris de boisson (par le peintre canadien Henry Ritter 1816-1853)

Bohêmes

Voici quelques images rapportées de l’exposition Bohèmes en cours au grand Palais (jusqu’au 14 janvier)

Plein Air, de Ramon Casas (peintre et affichiste catalan)

un des petits gitanos, d’Edouard Manet

Verlaine (*) et Rimbaud, au coin de (la) table, de Fantin Latour (détail)

* qui écrivit

Heureux qui, profitant des plaisirs de la terre,

Baisant un petit cul, buvant dans un grand verre

Remplit l’un, vide l’autre et passe avec gaieté

Du cul de la bouteille au cul de la beauté

Les deux là qui suivent de l’absinthe, mais la maison propose du bourgogne !

(les déclassés, de Jean-François Raffaelli, 1881)

et que boit Madeleine de Boisguillaume au moulin de la Galette ? (Ramon Casas, 1892)

Ci-dessous une « scène de la vie bohémienne » de James Abbott McNeal Whistler (1855). Là, c’est du rouge assurément.

Ce quartier latin est du poète Germain Nouveau, dans une lettre à Verlaine

chantons les buveurs de bocks

chantons un air de Lecoq !

peut-on lire ; le fumeur à gauche serait Rimbaud…

 

Edward Hopper

Voici quelques images glanées à l’exposition Hopper , peintre américain qui a marqué le 20ème siècle (au grand palais jusqu’au 28 janvier), que nous avions annoncée il y a 15 jours, avec ce « drinking couple »

Voici maintenant un buveur bien de chez nous (Hopper a longuement et à plusieurs reprise séjourné en France avant la Grande Guerre).

Celui-ci est d’un autre style,il rappellerait Toulouse-Lautrec

Ce tableau-la est intitulé « soir bleu ». Il date de 1914. Un des rares où figurent plusieurs personnages. L’ambiance est comme d’habitude étrange (pour une analyse détaillée, voir )

Terminons par cette illustration de revue (Hopper a travaillé à ses débuts comme illustrateur)

Des vignes aux barricades

C’est le thème d’une exposition qui se tient au Pavillon de l’Ermitage, délicieuse « folie » de style Régence, dernier élément du domaine de Bagnolet, « près du village de Charonne ».

C’est de ce village de Charonne qu’il est donc question.

Voici à quoi pouvait ressembler le paysage à l’époque (extrait des quatre saisons de Carmontelle, oeuvre peinte sur un support transparent conservée au domaine de Sceaux)

 

 

Edward Hopper

Voici une nouvelle exposition au Grand Palais, consacrée à Edward Hopper, ce peintre américain décédé en 1967 et dont les peintures « donnent lieu aux interprétations les plus contradictoires« .

On pourra y admirer ce couple buvant un coup sur une terrasse(vers 1906).

Couple Drinking

Une fois n’est pas coutume, ils regardent « l’objectif » du peintre.

C’est jusqu’au 28 janvier 2013

en aquitaine

L’Aquitaine s’étendait jusqu’à la Loire aux temps anciens. Aujourd’hui elle est réduite à 5 départements du sud-ouest. Son nom renvoie à l’eau qui l’enserre. Un amateur de vins se doit de passer dans cette région viticole s’il en fut !

La fontaine Larrieu à Bordeaux semble trop excentrée pour attirer les visiteurs, et c’est dommage. Cette allégorie du vin et de l’eau vaut le détour.

L’amoureux de Bordeaux et photographe amateur Bernard Tocheport nous explique tout sur son remarquable site 33-bordeaux.com : cette fontaine qui date de 1902 est l’oeuvre du sculpteur Raoul Verlet, il l’a baptisée Burdigala en hommage à sa ville.

A quelques kilomètres de là sur la Garonne Rions est le plus ancien village de la Gironde. Au 24 de la rue du Lhyan on peut voir ce dessus de porte seigneurial.

Traversant la mer de vignes qui constitue l’entre-deux-mers (une pareille étendue de vignes existe-t-elle quelque part ailleurs ?) on rallie Saint-Emilion, autre point de passage obligé du Bordelais.

Chez Art-déco-design, galerie de la rue de la porte Bouqueyre, voici la Jurade de Christian Naura

et aussi cet assemblage, du même

Voici aussi une nature morte à la bouteille, signée Melendez

La porte à côté, un sommelier (Emmanuel Emonot) affiche sa philosophie :

Voici son métier expliqué en images :

appréhender…

mirer…

humer…

servir enfin !

Voila qui nous rappelle Monseigneur le Vin et les illustrations de Charles Martin

Un peu plus loin au restaurant « O 3 Fontaines », cette sculpture aux grappes

Entrons maintenant à l’espace Saint-Emilion, où l’on peut trouver en libre service tous les vins de l’appellation en plusieurs millésimes

Un quiz permet à tout un chacun de tester son sens olfactif sur une douzaine de senteurs.

(spoiler) il fallait dire musc

Poursuivons vers le Nord.  Voici un paillasson vu dans une maison de vigneron à Berson, près de Blaye.

Dans les chais voisins, une belle jeunesse s’use à déceler la fin du vin…

tandis qu’ à la citadelle, les sommeliers sont épuisés

Partons maintenant vers la Dordogne, où nous brûlons de rencontrer notre artiste fétiche, Ariane Lumen, bien connue des lecteurs du bon clos pour son dernier, ses filles de bacchus, et bien sûr de ses roubignolles (sélectionnées par le bon clos pour nos voeux 2011) .

La voici dans son petit village de Saint-Georges de Monclar.Pas d’atelier à visiter, malheureusement, le local municipal dont elle disposait lui ayant été repris. Guère de toiles non plus, toutes en exposition à gauche et à droite. Mais cette fille de Bacchus acrobatique valait le déplacement…

Aubeterre sur Dronne sera notre destination la plus au nord. Ce (plus) joli (village de France) mérite qu’on s’y arrête, mais il faut d’abord trouver l’entrée (ceux qui y iront me comprendront) ! Un point commun avec Saint-Emilion ? les deux villages possèdent une église souterraine remarquable.

Vu, quelque part sur la place, cette scène de bistrot, affiche de l’illustratrice Ana Juan,

Et découvert un antiquaire éclectique qui propose vieux flacons prestigieux et vieux chiffons qui le sont moins

Il s’appelle Jean de Galzain, son capharnaum (antiquites de la dronne) se trouve rue saint-jean

 

 

 

 

 

 

visite à l’aftersquat rivoli

Les amis du clos connaissent bien cet étonnant immeuble peuplé d’artistes et ouvert à tous les curieux, situé 59 rue de Rivoli à Paris.

Nous y sommes repassés, avons été heureux de revoir Anita Savary qui nous a donné des nouvelles de Bazilio : il serait dans les parages et souhaiterait même s’incruster. Nous avons hâte de le voir en chair et en os.

En attendant, Thierry, un autre peintre, nous a présenté un petit autoportrait du même.

Un peu plus bas nous sommes tombés sur Fredok, un farceur qui peint des pubs en jouant avec les mots. Comment ne pas se dérider ?

Fredok en a peint des dizaines, certaines fort savoureuses comme cette vache qui fume ou ces maisons de joie…

Il y a du professeur Choron chez cet homme ! comment ne pas penser à son fameux potage

Et l’on évoquerait même l’Humour Rouge, publication aujourd’hui disparue qui eut son heure de gloire aux temps héroïques..

Continue l’artiste !