Nous avons déjà rencontré ce peintre anversois du siècle d’or et ses joueurs de cartes (voir la virée belge), mais voici que notre ami néerlandophone Daniel le remet sur notre chemin avec cet Echanson (Allégorie de la tempérance, vers 1630) exposé au MUba Eugène Leroy de Tourcoing.
Certains y voient une aiguière dont se déverse un liquide coupé d’eau, justifiant cette référence à la tempérance. Mouais. Un autre y voit « une composition à la fois élégante et morale, où le geste mesuré du serviteur illustre la vertu de la modération, chère aux humanistes du XVIIe siècle ». (voir l’article de Florian Terryn sur le site les plats pays) . Ca s’entend.
Theodor Rombouts, disciple du Caravage, est également l’auteur de ces personnages mangeant et buvant autour d’une table (1634)
(Figures eating and drinking around a table)
et de cette « compagnie musicale » où une femme porteuse de fruits brandit une coupe de vin rouge destinée au musicien ?
Nous voilà repartis vers l’Est, sur le traces des Anciens.
Depuis la voie ferrée aux alentours de Wurzburg, en basse Franconie, on longe le vignoble. Est-ce là que l’on produit le célèbre vin de Stein dans sa « bockbeutel »?
Nous sommes au pays de Johann Wolfgang von Goethe, qui déclama dans son Wanderlied
Là où nous buvons, où nous aimons, est un riche et libre monde
Leipzig, au carrefour de la Via Imperii, qui menait de Rome à la mer Baltique, et de la via Regia, menant vers l’est vers Kiev, Vilnius et Moscou, et vers l’ouest vers Paris, Bordeaux et l’Espagne, est très tôt devenue une Messestadt, une majeure ville de foire.
La ville a été largement reconstruite après la guerre. Le Speckshof abritait et abrite encore le plus ancien passage de la ville. « Messepalast Specks Hof Construit dans les années 1908–1911 d’après les plans de l’architecte E. F. Hänsel, comme premier nouveau bâtiment de foire de Leipzig avec passage commercial. Nommé d’après le marchand et collectionneur d’art Maximilian Speck,qui acquit en 1815 le grand magasin situé au même endroit. Après de graves dommages de guerre, la reconstruction débuta en 1947. Réaménagement du passage en 1982/83«
le specks hof dans les années 1900
Le voici après reconstruction
Rénové dans les années 90,
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on peut maintenant y voir cette fresque murale
Autre lieu intéressant, Auerbachs Keller, cinq fois centenaire,
temple de la tradition culinaire germanique.
« En 2025, la cave Auerbachs Keller de Leipzig fêtera un anniversaire particulier : 500 ans de tradition et d’histoire ! En 1525, le Dr Heinrich Stromer von Auerbach, médecin et professeur d’université de Leipzig, eut l’idée révolutionnaire de servir du vin aux étudiants dans la cave de sa maison. Ce faisant, il posa les bases de l’une des auberges les plus anciennes et les plus célèbres d’Allemagne. Aujourd’hui, la cave Auerbachs est un symbole vivant de la ville et un lieu de rencontre culturel dont l’histoire est inextricablement liée au célèbre poème « Faust » de Johann Wolfgang Goethe. » (communiqué de presse) Le docteur Faust, personnage semi-légendaire, s’y serait tenu à cheval sur un tonneau en 1535, « dans un épisode héroï-comique immortalisé par une peinture sur bois accompagnée de six vers narrant ce haut fait« . On y trouvait deux peintures sur bois datant de 1625 : Le docteur Faust lors d’un festin d’étudiants et Le docteur Faust chevauchant un tonneau de vin. Ces représentations ont directement inspiré Goethe pour la scène ultérieure.
Ich hätte Lust, nun abzufahren. (J’aurais envie de partir maintenant.) Faust 1, Szene Auerbachs Keller
Le musée des beaux arts de Leipzig recèle quelques belles choses.
Voici Le Christ à l’Olympe, de Max Klinger, refusant la coupe de vin offerte par Dionysos, scène fantastique et qui peut sembler anachronique (mais après tout les dieux sont immortels) où se confrontent la jouissance aimée des dieux gréco-romains et le sacrifice chrétien.
Voici aussi un mignon paysage de vignes (vendanges sur les côteaux de Sèvres), de Camille Corot (1872)
et des scènes de genre hollandaises du 17ème siècle
Ne quittons pas Leipzig sans un regard sur une belle collection d’étiquettes de bière, collée sur une armoire métallique, vue au musée de la ville dans l’ancien Rathaus.
Leipzig n’est qu’à une heure de train de Berlin, où nous attendent d’autres merveilles.
Quel plaisir de retrouver, à la Berlinische Gallerie (musée d’art moderne), Lovis Corinth, dont nous connaissons les Bacchanales!
Ce « Bacchant » fait partie d’un cycle de onze peintures du « Katzenellenbogen Cycle » (d’après le nom de la collectionneuse Estella K.) que la BG a l’ambition de réunir.
C’est en effet un thème cher à Lovis Corinth, comme le montre ces autres oeuvres
Bacchantin
Ariadne a Naxos
retourdesbacchantes
Mais c’est à la Gemalde Galerie que l’on fera la plus belle récolte.
On y trouve de nombreuses scènes de genre du siècle d’or néerlandais, représentant de joyeuses compagnies
Jan Steen- Casual Company 166x
Pieter de Hooch1650 joyeux buveur
merry company 1620 Van De Velde
merry company Dirck Hals deb 17ème
Ce buveur là n’est pas joyeux, son verre est vide !
Le buveur de Jacob Backer vers 1634
les 3 musiciens de Diego Velasquez
Jouer de la musique n’empêche pas d’avoir soif
joueurs aux cartes non plus
les tricheurs, Wouter Crabeth II, après 1626
Des messieurs font boire des jeunes personnes,
Galante conversation 1654 Gerard Ter Jan Vermeer 1660 – le verre de vin
Ici ce sont de jeunes personnes qui font boire un vieux monsieur (Lott et ses filles, de Joachim Wtewael, 1610 ; et un fragment d’un tableau de Hans Baldung, dit Grien 1520, où l’on ne voit plus que Lott)
Voici aussi des scènes de groupe dans des tavernes et maisons plus ou moins bien tenues
Kermis flammande D.Teniers 1640
les vieux chantent…Jan Steen vers 1660
au bordel brunswick monogrammist 1530
maison mal tenue Jan Steen v.1660
On finira la visite avec ces natures mortes aux bouteilles de l’alsacien Sebastien Toskopff (1597-1657) et au verre de vin d’Anne Vallayer-Coster (1744-1818)
et avec cette fête de Bacchus de Pieter Brueghel le Jeune et Henrick van Balen l’Ancien (avant 1632) illustrant l’antique adage : « sans Cérès et Bacchus, Vénus a froid ».
Une étiquette originale vue chez un caviste, et c’est la découverte d’un artiste peu commun : Christophe Heymann, alias CHAP (Christophe Heymann Artiste Peintre)
Une façon imagée de rendre hommage à Christophe Coquard, « artisan négociant » en Beaujolais et Mâconnais, dont cette cuvée « tape-à-l’oeil » pourrait accompagner harmonieusement des cervelles au beurre noir…
Chap, fils du peintre Georges Heymann, a commencé sa carrière dans le vin mais a toujours voulu peindre, ce à quoi il se consacre à temps plein depuis 15 ans. Pas étonnant donc que nombre de ses oeuvres nous parlent, ici au Bon Clos. En voici quelques unes trouvées sur le site christophe-heymann.com. On y croisera des vignerons, des confréries, et des amateurs de vin !
Le buveur
Jean-Claude Mas
Jaffelin
Bar Le 66 à Beaune
Beaune
la clairette d’audissan
Catalan
Patrick Chabrier
Nîmes
Annick
Chap réside à Clermont-l’Hérault, où il expose régulièrement. Sa marque de fabrique, son style ce sont ces tableaux de vie®, sortes de biographies en peinture. On dit que de nombreuses maisons bourguignonnes lui en ont commandé.
Nous connaissions Eduard von Grützner, nous découvrons, au hasard de nos pérégrinations sur le Net, Fritz Wagner, un peintre bavarois (1896-1939) qu’il a visiblement influencé. Comme lui il a représenté des moines amateurs de vin à la bonne vie…
Le Cardinal entouré de moines à la bibliothèque du cloître
Une lecture intéressante
ein guter Schluck
Né à Munich, il y a vécu, ainsi que sur Frauenchiemsee ( l’ile aux femmes : des bénédictines) voisine.
« Wagner fut l’élève de Karl Roth et Robert Seitz à Munich et fut influencé par Hiasl Maier-Erding. Il entreprit des voyages d’études en Italie, en Hongrie et en Roumanie. «
C’est aussi un spécialiste des scènes de genre à la manière hollandaise. En voici quelques uns représentant des « civils ».
Et maintenant, une série de buveurs éclairés
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Screenshot
Finissons avec ce dégustateur d’huîtres, tableau sur isorel en vente à Nice ces jours-ci.
Prost !
lansquenet (Landsknecht bei Wein trinken)
Et pour ceux qui voudraient en voir plus, voici un lien.
Voici un tableau rapporté de Naples par l’ami Alain : c’est une représentation contemporaine (2020) des Noces de Cana.
L’auteur est Stefano di Stasio, un « formidable créateur de paradoxes visuels, de duperies, de mystères, d’énigmes qui se cachent dans la réalité apparente, quotidienne. », nous dit la galerie placido.com
« Stefano di Stasio (Naples, 1948) est considéré comme l’un des artistes les plus importants du mouvement anachronisme et l’un des protagonistes des artistes qui sont revenus à la peinture qui a caractérisé les vingt dernières années du XXe siècle. » apprend-on sur artsper.com
L’anachronisme en art n’a rien de nouveau, on pourra consulter l’ouvrage de Robert de la Sizeranne (1894) sur Wikisource pour s’en convaincre. On peut le voir de deux façons : représenter la scène antique et légendaire avec des personnages portant des habits modernes, voire dans des décors modernes ; ou tout simplement représenter ce genre de scène au 21ème siècle, à la manière des maitres anciens…
Ce tableau-ci, manifestement inspiré par les pélerins d’Emmaüs du Titien, a été vu tout récemment en septembre 2025 au salon art3f à Paris.
Belle ville que Turin, capitale du Piémont, et du défunt Duché de Savoie, puis brièvement de l’Italie. A six heures de train de Paris, elle offre au visiteur bien des attraits, et mérite le voyage.
Turin, Milan, Gênes et Venise en PLM depuis Paris
La région est viticole et produit les plus grands vins d’Italie : le Barolo, « le roi des vins, le vin des rois« , le Barbaresco, et bien d’autres comme le fameux Asti Spumante…
Il y a des restaurants partout. L’Angolo di Parîn est un resto traditionnel, idéal pour une mise en bouche ; son motto : « Ij antipast pì bon, ij primi d’la tradission, e Për ël dòss a-i é semper spàss«
Il s’y trouve un curieux autel
Cette affiche d’Ernst Dryden y vante le champagne Veuve Devaux
Le Palazzo Reale abrite la collection Sabauda des ducs de Savoie , essentiellement des oeuvres des 14ème au 18ème.
Dans la salle des cuirassiers (anciennement des Dignités) on trouve ces allégories de Novara et Torino
Plus loin ces jolies scènes de taverne de David Teniers III et Pieter 2 Brueghel (détails),
et cette scène de bombance à table
Cette jeune hollandaise à sa fenêtre, une grappe de raisin à la main, est de Gerrit Dou (1613-1675)
voici des putti vendangeurs
ici un détail d’une tapisserie représentant Noé chargeant son arche
Et aussi ces deux représentations d’Ariane et Bacchus, celle-ci de Luca Demaret Dameret ?
et celle-ci de Giovanni Antonio Burrini.
Au palais Carignano est installé le musée du Risorgimento qui conte l’histoire de la formation de l’Italie moderne. On change de siècle. Ci-dessous une litho du caricaturiste Dalsani, figurant le politicien Depretis champion du « transformisme ».
Du même auteur, cette affiche vantant CUPROL, produit à base de sulfate ce cuivre pour la vigne,
et cette publicité pour le grignolino de Callianetto (un vin de la région d’Asti) de G.Granero.
On ne quitte pas Turin sans faire un tour au musée de l’Auto, FIAT oblige !
Ici le vin est au service de l’auto, et vice-versa.
Mais gare à l’accident !
Chaque pays a sa façon de réagir, ci-dessus : la française (vue d’Italie).
Il y a aussi un musée du cinéma installé dans une grande tour, la Mole Antoniella. Vaut la visite !
On en saura plus sur les vins de la région et en particulier ceux d’Alba, où un séjour-découverte de vins s’est déroulé en mai dernier, en lisant l‘article paru sur le site de la FICB.
Cette petite ville, chef-lieu d’un district viticole au nord est de la Serbie, dans le Banat serbe (occidental), organise chaque année une fête des vins début juillet. L’occasion de goûter les vins locaux, d’écouter des chansons du cru, et de faire de belles rencontres.
On peut voir ce triptyque de Vršac , oeuvre de Paja Jovanović (1859-1957), au musée municipal.
Voici aussi un tableau que l’on peut voir au domaine Helvecja, bâti par un suisse en 1880.
L’hotel Serbja arbore fièrement l’affiche du festival
et les bouteilles de vin local.
Sur l’allée piétonne où se tient le festival, on croise Vinko Lozic, un personnage créé par Jovan Sterija Popovic dans son calendrier satirique , allégorie du citoyen bon vivant, protecteur des vendanges et mascotte de la ville.
sculpture de Zivko Grozdanic
En voici une incarnation publicitaire
On y fait bien d’autres rencontres et l’on peut déguster toute sortes de crus.
Pas de fête sans musique, les orchestres se succèdent sur la scène.
Voici quelques chansons typiques : » Kad čujem tambure, ja skočim na bure » (Quand j’entends des tambourins, je saute sur le tonneau) ; « Donesi vina, krcmarice Marko Nesic » (Apporte moi du vin, aubergiste »; et « Tamburica » (tambourin)
Kad čujem tambure ja skočim na bure, popijem litru dve, i pevam do zore.
REF : Hej, haj vinca, ca vinca rumena, ha, ha
Iz Vršca stiže glas u vinu leži spas, ko vino ne pije, taj nek se ubije.
Gospodin profesor izašo na prozor, i spazi bratiju gde pije rakiju.
Quand j’entends des tambourins, je saute sur le tonneau, je bois deux litres et je chante jusqu’à l’aube.
Hé, hé, vinca, ça, vinca rouge, ha, ha, Hé, hé, vinca, ça, vinca rouge.
Une voix vient de Vršac, dans le vin se trouve le salut, qui ne boit pas de vin, qu’il se tue.
Monsieur le professeur, est sorti par la fenêtre eta vu le frère, où il boit du raki.
Donesi vina, krcmarice, rumenog kao tvoje lice. Daj da pijem, tugu da razbijem. Srce me bole, jadi ga more.
Rumeno lice, dve ruzice, a oci carne zeravice. Oko tvoje srce mi izgore. Muce mene muke paklene.
Oj, Boze, Boze,sto je stvori, da mlade momke muci i mori. Celo selo za njom se zanelo, i svi piju da jad razbiju.
Apporte-moi du vin, aubergiste, rouge comme ton visage. Laisse-moi boire, pour apaiser mon chagrin. Mon cœur souffre, il est tourmenté par la mer.
Un visage rouge, deux roses, et des yeux comme des braises noires. Mon cœur brûle à ta vue. Je suis tourmenté par les tourments de l’enfer.
Oh, mon Dieu, mon Dieu, pourquoi l’as tu créée, pour tourmenterles jeunes gens ? Tout le village est épris d’elle, et chacun boit pour apaiser son chagrin.
Kad zasviram sa jaranima ne dolazim kuci danima od vina i pjesme poludim cesto kraj druge se budim i mnoge prespavam dane zbog vina, ljubavi, kafane
Ref. Sve zbog moje tamburice vole me ljepotice bila smedja ili plava svaka mi je ljubav prava kad se igra i pjeva najbolje mi stoji garava
Idem kuci zora svanula tambura mi kod nje ostala ona nece da je vrati zeli da joj opet svratim doci cu sunce moje najsladje su usne tvoje
Quand je joue de la tamburica Je ne rentre pas à la maison Le vin et les chansons me rendent fou Je me réveille souvent chez les autres Et je passe beaucoup de nuits dehors À cause du vin, de l’amour, des cafés
Ref. Tout ça à cause de ma tamburica les belles me veulent qu’elle soit brune ou blonde chaque amour est vrai pour moi quand on joue et chante c’est là que je suis le mieux
Je rentre à la maison, l’aube est levée ma tamburica est restée chez elle elle ne veut pas me la rendre elle veut que je lui rende la pareille jusqu’à ce que le soleil se lève tes lèvres sont les plus douces
Le soir, l’ami Nikola nous a emmenés chez lui, sur le coteau qui domine la ville. On boit en parlant poésie et en mangeant des spécialités serbes.
Nikola le serbe, et Janesz le slovène, amis par le vin
Nikola est le grand maitre de la confrérie bachique Saint Théodore, qui célébrait ses 20 ans. Dans son caveau il tient sous clé des bouteilles pour ses petites filles, lorsqu’elles auront l’âge; et quelques oeuvres à déguster avec les yeux…
Merci Nikola pour ton accueil !
Et adieu aussi à la Jelen…
Allez encore une chanson ! Vino i Gitare (Chanson d’Arsen Dedić et Gabi Novak ‧ 1970)
Vin et guitares Laisse-les remplir à nouveau ma nuit Ce vieux vin et ces guitares Des amis viendront ce soir Vino i gitare Nek’ opet ispune mi noć To vino staro i gitare Večeras će prijatelji doć’
Laisse le temps s’arrêter Quand tout le monde se rassemble ici La vie d’un autre côté Nous resterons debout ce soir Vrijeme neka stane Kad ovdje okupe se svi Životu s neke druge strane Večeras stajat’ ćemo mi
Laissons partir la jeunesse aussi La vie doit aller quelque part’ Des blessures même visibles tout passera I mladost neka ide Život mora nekud poć’ Pa i rane što se vide Sve će proć’
Vin et guitares Je veux être chez moi ce soir Quand de vieux amis viennent Qu’ils ne trouvent pas de douleur dans mon cœur Vino i gitare Želim noćas ja u domu svom Kad stari prijatelji dođu Nek’ ne nađu bol u srcu mom
De ses artistes, nous connaissions Hans Erni (1909-2015) pour ses 60 lithographies illustrant des poésies bachiques (de Goethe, Khayyam, Hafiz, Apollinaire, Hugo, Heredia, Baudelaire, Nietzsche, Rilke, Ramuz, Claudel, etc.) dans un ouvrage paru en 1962 : Ivresse. La vigne – le vin.
Mais aussi pour son Bacchus dessiné à la craie sur un foudre de feu le domaine de la Milhère dans le vignoble bandolais.
Magie du Net, nous en avons découvert quelques autres.
Frédéric Rouge (1867-1950, natif d’Aigle, a peint ce grand tableau intitulé « le retour de vendanges » en 1934
On lui doit aussi ce récit de chasse (1892)
et ce petit portrait, « la verte » (1893)
Marius Borgeaud(1861-1924), natif de Lausanne, a peint de nombreuses scènes d’intérieur, où il y a toujours une bouteille sur la table, comme ici : le bistrot(1912) !
Ernest Biéler (1863-1948), originaire de Préverenges près de Lausanne, nous a laissé plusieurs oeuvres remarquables. Voici « les vendanges », réalisé pour la fête des vignerons de Vevey en 1905
un buveur (mais est-ce du vin ? peut-être coupé d’eau ?), à la pause du moissonneur
et, là pas de question, c’est le « vin nouveau » ou « le bon vin » (1944)
enfin, une sympathique tablée (lithographie ).
« Schweizer verschiedener Stände beim Wein »
François Barraud (1899-1934) est né à La Chaud-de-Fonds dans le canton de Neuchâtel. Voici une de ses nombreuses natures mortes.
Nature morte avec carafe de vin, pain et lunettes.
Voici encore Friedrich Dürrenmatt (1921-1990), natif de Berne, peintre et écrivain, et son « portrait d’un psychiatre« .
Voici maintenantJean-Michel Jaquet, né à la Chaud-de-Fonds en 1950. Son style est sobre,
En souvenir du Ciel Série: En attendant la pluie III. Lithographie 2006
peut-être un peu inquiétant ?
Visitons maintenant la galerie galantica, une galerie online pour des tableaux de peintre suisses. On y a fait une jolie vendange. Avec des paysages comme ce tableau deErnst Hodel senior(1852-1902), natif de Thoune et décédé à Lucerne.
Les vendanges, sur le Chemin du Dézaley
et cette Huile sur toile de Walter Malfi1950, dévoilant un joli clos
Vue sur le lac Léman – St-Saphorin,- Château de Glérolles
On travaille dans les vignes, en voici la démonstration avec Charles Menge (1920-2009)
et avecMargueriteBurnat-Provins (1872-1952), écrivaine et peintre franco-suisse, et son affiche de 1905 pour l’emblématique fête des vignerons de Vevey
Le site analectapictura.fr , créé il y a 1 an 8 mois, présente déjà 5000 « miettes culturelles choisies ». Nous en avons trouvé une trentaine susceptibles d’intéresser les lecteurs du bon clos…
Le frère Robinet, Ie suis maistrre du Robinet, Prest a tiré du Vin, si tost qu’on le m’ordonne, Mais sans oublier ma personne, Car ie bois a Coupe bonnet.
(Au passage, cette expression « boire à Coupe Bonnet » nous interpelle. Peu d’attestations : on la trouve chez Antoine du Verdier (voir ici), un humaniste du 16ème siècle.)
Le père Dominique Ie bois avec plaisir a la santé du Roy, Afin de bien gagner l’Indulgence pleiniere. Si quelqu’un entreprend de combattre avec moi, Quil s’arme d’un bon verre, et entre en la Corriere.Le père Ignace Ie tire les marrons du feu, Et les ames du Purgatoire. Parle moi de l’Enfer, ie m’en soucie peu, Si iay de la santé et de bon vin a boire.Le père Victoire, A la gloire de Dieu, ie boiray comme un trou, Pourgagner le pardon que l’on gagne a bien boire, Tout m’est un pour cela, ius qu’a faire le fou Car ie pretens icy remporter la Victoire.Le Roy du carnaval Reveillez vous Amis ! Indulgence pleiniere A qui dit le Roy boit, et y boira aussi : Point de Messe a present ; mais sans aucun souci, Beuvons a la Bouteille, et faisons chere entiere
Ce Sac à vin avec sa brouette (1521), est de Hans Weiditz (1495-1537) connu pour ses scènes de genre et pour avoir illustré des oeuvres de Pétanque.
« On le voit manger en cérémonie, assis sous un dais & servi par ses grands officiers ; la Mort est venue se mettre du nombre, & fait en ce moment l’office d’Échanson. Elle verse à boire au Monarque qui lui tend la large coupe, qu’il va vraisemblablement vider pour la dernière fois. Ce Prince tient de la main gauche un papier, sans doute un placet qu’on vient de lui remettre. »
Plus proche de nous, cette invitation à boire d’Helen M. Sinclair (1914)
Voici maintenant quelques oeuvres de Georges Cruikshank, illustrateur et caricaturiste anglais des années 1800-1850, décriant l’alcoolisme.
Tom et Jerry prennent un mauvais alcool, par Georges Cruikshank (1820)
puis le charme est rompu ( la vie à Londres )
Le commerce anglais d’alcool, par Georges Cruikshank (1829)
Oh là là, c’est une idée choquante. Ils fabriquent le gin à partir d’eau-forte : Ils le font exprès pour raccourcir la vie des gens et le vendent à deux pence le quart.
Les enfants de l’ivrogne(1848)
scène d’ivresse dans une boutique de gin avec des enfants à qui l’on donne de l’alcool.
Le Cognac français, du même (1831)
Un siècle plus tard, le combat contre l’alcoolisme est toujours d’actualité…
L’alcool et la prostitution sont les tueurs de l’humanité (1919)
affiche de propagande hongroise
Et maintenant quelques dessins d’humour de l’époque Napoléon III…
Guide du noble étranger dans Paris, tempérance (1863) La vie parisienne – 1ère année – 1863
Un grand diner, un valet (1863)La vie parisienne – 1ère année – 1863
et de la 3ème République
journal satirique Le Rire – 9 février 1895
Une bombe turque étant tombée sur la table (1889) M. de Crac, sans lâcher son verre, prit la bombe et la renvoya par le même chemin chez les Turcs, où elle éclata. Les aventures de M. de Crac – Le petit français illustré du 18 mai
Famille bouteille de champagne, par Heinrich Kley (1909)
Nos viticulteurs (1902) L’album comique de la famille n° 13
Mon mari est cachottier, par Perré (1928) Midinette n° 90, le journal illustré du 3 août 1928
Nous finissons avec des scènes de genre, comme cette inspirante » fine bouteille « de Daumier
Daumier : la fine bouteille (1864)
et ce touchant « verre de vin » de Jean Veber (1905)
Le verre de vin, par Veber Jean (1905)
Arrêtons nous là avec cette affiche pour le vin mousseux Robba de Leonetto Cappiello (1911), que nous avons rencontré à plusieurs – reprises.
A la Halle des Blancs Manteaux, le coutumier Expo4art réunissait 90 artistes. 4 ont attiré notre attention.
Sig (Sigrid HUET) se plait à représenter les jeunes femmes d’origine africaine de la Réunion, communément (et positivement) appelées les Cafrines. En voici deux qui prennent du bon temps, un verre à la main.
Un peu plus loin c’est Carole Géniès, qui peint féminins, masculins, et esquisses.
Son motto : Capturer l’essence féminine, sublimer l’émotion, peindre l’âme. L’art comme un hommage à la femme. On en verra plus sur instagram.
Elle donne envie d’en savoir plus : la soirée a été chaude, les verres n’ont pas été vidés, que s’est-il passé ?
Et pour tous ceux et celles qui ont imaginé le pianocktail de l’Ecume des Jours, en voici une réalisation miniature en diorama. L’auteur ? Alain Pras, qui fut fabricant de maquettes industrielles et se plait maintenant à « mettre en volume une petite histoire teintée d’humour, un clin d’œil à l’art, un hommage aux artistes… »
Merci à tous pour ce bon moment !
Dans un tout autre registre, voici des stèles funéraires mégalithiques appelés balbal qui viennent du Kazakhstan. Le personnage masculin porte une coupe libatoire. Elles datent du 6ème siècle.
On pouvait les voir, exceptionnellement prêtés par les plus grands musées kazakhs, au musée Guimet (expo Kazakhstan, Trésors de la Grande Steppe).