Theodor Rombouts

Nous avons déjà rencontré ce peintre anversois du siècle d’or et ses joueurs de cartes (voir la virée belge), mais voici que notre ami néerlandophone Daniel  le remet sur notre chemin avec cet Echanson (Allégorie de la tempérance, vers 1630) exposé au MUba Eugène Leroy de Tourcoing.

Certains y voient une aiguière dont se déverse un liquide coupé d’eau, justifiant cette référence à la tempérance. Mouais. Un autre y voit « une composition à la fois élégante et morale, où le geste mesuré du serviteur illustre la vertu de la modération, chère aux humanistes du XVIIe siècle ». (voir l’article de Florian Terryn sur le site les plats pays) . Ca s’entend.

Theodor Rombouts, disciple du Caravage, est également l’auteur de ces personnages mangeant et buvant autour d’une table (1634)

(Figures eating and drinking around a table)

et de cette « compagnie musicale » où une femme porteuse de fruits brandit une coupe de vin rouge destinée au musicien ?

Voici son portrait par Van Dyck en 1632.

et une gravure du même.

Né en 1597, Rombouts meurt en 1637 à 40 ans.

De Leipzig à Berlin

Nous voilà repartis vers l’Est, sur le traces des Anciens.

Depuis la voie ferrée aux alentours de Wurzburg, en basse Franconie, on longe le vignoble. Est-ce là que l’on produit le célèbre vin de Stein dans sa « bockbeutel »?

Nous sommes au pays de Johann Wolfgang von Goethe, qui déclama dans son Wanderlied

Là où nous buvons, où nous aimons, est un riche et libre monde

Leipzig, au carrefour de la Via Imperii, qui menait de Rome à la mer Baltique, et de la via Regia, menant vers l’est vers Kiev, Vilnius et Moscou, et vers l’ouest vers Paris, Bordeaux et l’Espagne, est très tôt devenue une Messestadt, une majeure ville de foire.

La ville a été largement reconstruite après la guerre. Le Speckshof abritait et abrite encore le plus ancien passage de la ville. « Messepalast Specks Hof
Construit dans les années 1908–1911 d’après les plans de l’architecte E. F. Hänsel, comme premier nouveau bâtiment de foire de Leipzig avec passage  commercial. Nommé d’après le marchand et collectionneur d’art Maximilian Speck,qui acquit en 1815 le grand magasin situé au même endroit. Après de graves dommages de guerre, la reconstruction débuta en 1947. Réaménagement du passage en 1982/83« 

le specks hof dans les années 1900

Le voici après reconstruction

Rénové dans les années 90,

Screenshot

on peut maintenant y voir cette fresque murale

Autre lieu intéressant, Auerbachs Keller, cinq fois centenaire,

temple de la tradition culinaire germanique.

« En 2025, la cave Auerbachs Keller de Leipzig fêtera un anniversaire particulier : 500 ans de tradition et d’histoire ! En 1525, le Dr Heinrich Stromer von Auerbach, médecin et professeur d’université de Leipzig, eut l’idée révolutionnaire de servir du vin aux étudiants dans la cave de sa maison. Ce faisant, il posa les bases de l’une des auberges les plus anciennes et les plus célèbres d’Allemagne. Aujourd’hui, la cave Auerbachs est un symbole vivant de la ville et un lieu de rencontre culturel dont l’histoire est inextricablement liée au célèbre poème « Faust » de Johann Wolfgang Goethe. » (communiqué de presse)
Le docteur Faust, personnage semi-légendaire, s’y serait tenu à cheval sur un tonneau en 1535, « dans un épisode héroï-comique immortalisé par une peinture sur bois accompagnée de six vers narrant ce haut fait« . On y trouvait deux peintures sur bois datant de 1625 : Le docteur Faust lors d’un festin d’étudiants et Le docteur Faust chevauchant un tonneau de vin. Ces représentations ont directement inspiré Goethe pour la scène ultérieure.

(lire la scène sur Wikisource dans la tradition de Nerval, p 84 et suivantes)

Ce que l’on peut y voir aujourd’hui

Aux murs, des buveurs de cave

et des assemblées d’hier et d’aujourd’hui.

Ich hätte Lust, nun abzufahren. (J’aurais envie de partir maintenant.)
Faust 1, Szene Auerbachs Keller

Le musée des beaux arts de Leipzig recèle quelques belles choses.

Voici Le Christ à l’Olympe, de Max Klinger, refusant la coupe de vin offerte par Dionysos, scène fantastique et qui peut sembler anachronique (mais après tout les dieux sont immortels) où se confrontent la jouissance aimée des dieux gréco-romains et le sacrifice chrétien.

Voici aussi un mignon paysage de vignes (vendanges sur les côteaux de Sèvres), de Camille Corot (1872)

et des scènes de genre hollandaises du 17ème siècle

détail du joueur de flute Dirck Hals
Le joueur de flûte, Dirck Hals 1635
auberge Egbert Vander Poel 165x (détail)
musiciens Pieter de Hooch 166x
auteur hollandais 1670

Ne quittons pas Leipzig sans un regard sur une belle collection d’étiquettes de bière, collée sur une armoire métallique, vue au musée de la ville dans l’ancien Rathaus.

Leipzig n’est qu’à une heure de train de Berlin, où nous attendent d’autres merveilles.

Quel plaisir de retrouver, à la Berlinische Gallerie (musée d’art moderne), Lovis Corinth, dont nous connaissons les Bacchanales!

Ce « Bacchant » fait partie d’un cycle de onze peintures du « Katzenellenbogen Cycle » (d’après le nom de la collectionneuse Estella K.) que la BG a l’ambition de réunir.

C’est en effet un thème cher à Lovis Corinth, comme le montre ces autres oeuvres

Mais c’est à la Gemalde Galerie que l’on fera la plus belle récolte.

On y trouve de nombreuses scènes de genre du siècle d’or néerlandais, représentant de joyeuses compagnies

Ce buveur là n’est pas joyeux, son verre est vide !

Le buveur de Jacob Backer vers 1634
les 3 musiciens de Diego Velasquez

Jouer de la musique n’empêche pas d’avoir soif

joueurs aux cartes non plus

les tricheurs, Wouter Crabeth II, après 1626

Des messieurs font boire des jeunes personnes,

Ici ce sont de jeunes personnes qui font boire un vieux monsieur (Lott et ses filles, de Joachim Wtewael, 1610 ; et un fragment d’un tableau de Hans Baldung, dit Grien 1520, où l’on ne voit plus que Lott)

Voici aussi des scènes de groupe dans des tavernes et maisons plus ou moins bien tenues

On finira la visite avec ces natures mortes aux bouteilles de l’alsacien Sebastien Toskopff (1597-1657) et au verre de vin d’Anne Vallayer-Coster (1744-1818)

et avec cette fête de Bacchus de Pieter Brueghel le Jeune et Henrick van Balen l’Ancien (avant 1632) illustrant l’antique adage : « sans Cérès et Bacchus, Vénus a froid ».

CHAP

Une étiquette originale vue chez un caviste, et c’est la découverte d’un artiste peu commun : Christophe Heymann, alias CHAP (Christophe Heymann Artiste Peintre)

Une façon imagée de rendre hommage à Christophe Coquard, « artisan négociant » en Beaujolais et Mâconnais, dont cette cuvée « tape-à-l’oeil » pourrait accompagner harmonieusement des cervelles au beurre noir…

Chap, fils du peintre Georges Heymann, a commencé sa carrière dans le vin mais a toujours voulu peindre, ce à quoi il se consacre à temps plein depuis 15 ans. Pas étonnant donc que nombre de ses oeuvres nous parlent, ici au Bon Clos. En voici quelques unes trouvées sur le site christophe-heymann.com. On y croisera des vignerons, des confréries, et des amateurs de vin !

Chap réside à Clermont-l’Hérault, où il expose régulièrement. Sa marque de fabrique, son style ce sont ces tableaux de vie®, sortes de biographies en peinture. On dit que de nombreuses maisons bourguignonnes lui en ont commandé.

A suivre….

Fritz Wagner

Nous connaissions Eduard von Grützner, nous découvrons, au hasard de nos pérégrinations sur le Net, Fritz Wagner, un peintre bavarois (1896-1939) qu’il a visiblement influencé. Comme lui il a représenté des moines amateurs de vin à la bonne vie…

Le Cardinal entouré de moines à la bibliothèque du cloître
Une lecture intéressante
ein guter Schluck

Né à Munich, il y a vécu, ainsi que sur Frauenchiemsee ( l’ile aux femmes : des bénédictines) voisine.

« Wagner fut l’élève de Karl Roth et Robert Seitz à Munich et fut influencé par Hiasl Maier-Erding. Il entreprit des voyages d’études en Italie, en Hongrie et en Roumanie. « 

C’est aussi un spécialiste des scènes de genre à la manière hollandaise. En voici quelques uns représentant des « civils ».

Et maintenant, une série de buveurs éclairés

Finissons avec ce dégustateur d’huîtres, tableau sur isorel en vente à Nice ces jours-ci.

Prost !

lansquenet (Landsknecht bei Wein trinken)

Et pour ceux qui voudraient en voir plus, voici un lien.

Vous avez dit… anachronisme ?

Voici un tableau rapporté de Naples par l’ami Alain : c’est une représentation contemporaine (2020) des Noces de Cana.

L’auteur est Stefano di Stasio, un « formidable créateur de paradoxes visuels, de duperies, de mystères, d’énigmes qui se cachent dans la réalité apparente, quotidienne. », nous dit la galerie placido.com

« Stefano di Stasio (Naples, 1948) est considéré comme l’un des artistes les plus importants du mouvement anachronisme et l’un des protagonistes des artistes qui sont revenus à la peinture qui a caractérisé les vingt dernières années du XXe siècle. » apprend-on sur artsper.com

L’anachronisme en art n’a rien de nouveau, on pourra consulter l’ouvrage de Robert de la Sizeranne (1894) sur Wikisource pour s’en convaincre. On peut le voir de deux façons : représenter la scène antique et légendaire avec des personnages portant des habits modernes, voire dans des décors modernes ; ou tout simplement représenter ce genre de scène au 21ème siècle, à la manière des maitres anciens…

Ce tableau-ci, manifestement inspiré par les pélerins d’Emmaüs du Titien, a été vu tout récemment en septembre 2025 au salon art3f à Paris.

Son auteur est la peintre estonienne Sanda Mezeka, qui vit et travaille en Suisse. « Ancrée dans la tradition, inspirée par l’éternel » est son motto.

Bien plus moderne ce petit tableau signé W, vu dans la même expo ?

A Turin

Belle ville que Turin, capitale du Piémont, et du défunt Duché de Savoie, puis brièvement de l’Italie. A six heures de train de Paris, elle offre au visiteur bien des attraits, et mérite le voyage.

Turin, Milan, Gênes et Venise en PLM depuis Paris

La région est viticole et produit les plus grands vins d’Italie : le Barolo,  « le roi des vins, le vin des rois« , le Barbaresco, et bien d’autres comme le fameux Asti Spumante…

Il y a des restaurants partout. L’Angolo di Parîn est un resto traditionnel, idéal pour une mise en bouche ; son motto : « Ij antipast pì bon, ij primi d’la tradission, e Për ël dòss a-i é semper spàss« 

Il s’y trouve un curieux autel

Cette affiche d’Ernst Dryden y vante le champagne Veuve Devaux

Le Palazzo Reale abrite la collection Sabauda des ducs de Savoie , essentiellement des oeuvres des 14ème au 18ème.

Dans la salle des cuirassiers (anciennement des Dignités) on trouve ces allégories de Novara et Torino

Plus loin ces jolies scènes de taverne de David Teniers III et Pieter 2 Brueghel (détails),

et cette scène de bombance à table

Cette jeune hollandaise à sa fenêtre, une grappe de raisin à la main, est de Gerrit Dou (1613-1675)

voici des putti vendangeurs

ici un détail d’une tapisserie représentant Noé chargeant son arche

Et aussi ces deux représentations d’Ariane et Bacchus, celle-ci de Luca Demaret Dameret ?

et celle-ci de Giovanni Antonio Burrini.

Au palais Carignano est installé le musée du Risorgimento qui conte l’histoire de la formation de l’Italie moderne.
On change de siècle. Ci-dessous une litho du caricaturiste Dalsani, figurant le politicien Depretis champion du « transformisme ».

Du même auteur, cette affiche vantant CUPROL, produit à base de sulfate ce cuivre pour la vigne,

et cette publicité pour le grignolino de Callianetto (un vin de la région d’Asti) de G.Granero.

On ne quitte pas Turin sans faire un tour au musée de l’Auto, FIAT oblige !

Ici le vin est au service de l’auto, et vice-versa.

Mais gare à l’accident !

Chaque pays a sa façon de réagir, ci-dessus : la française (vue d’Italie).

Il y a aussi un musée du cinéma installé dans une grande tour, la Mole Antoniella. Vaut la visite !

On en saura plus sur les vins de la région et en particulier ceux d’Alba, où un séjour-découverte de vins s’est déroulé en mai dernier, en lisant l‘article paru sur le site de la FICB.

A la fête du vin de VRŠAC (Serbie)

Cette petite ville, chef-lieu d’un district viticole au nord est de la Serbie, dans le Banat serbe (occidental), organise chaque année une fête des vins début juillet. L’occasion de goûter les vins locaux, d’écouter des chansons du cru, et de faire de belles rencontres.

L’histoire de la ville est ancienne, et mouvementée, elle a plus d’un atout touristique.
Le vin y est attesté depuis 1494.

On peut voir ce triptyque de Vršac , oeuvre de Paja Jovanović (1859-1957), au musée municipal.

Voici aussi un tableau que l’on peut voir au domaine Helvecja, bâti par un suisse en 1880.

L’hotel Serbja arbore fièrement l’affiche du festival

et les bouteilles de vin local.

Sur l’allée piétonne où se tient le festival, on croise Vinko Lozic, un personnage  créé par Jovan Sterija Popovic dans son calendrier satirique , allégorie du citoyen bon vivant, protecteur des vendanges et mascotte de la ville.

sculpture de Zivko Grozdanic

En voici une incarnation publicitaire

On y fait bien d’autres rencontres et l’on peut déguster toute sortes de crus.

Pas de fête sans musique, les orchestres se succèdent sur la scène.

Voici quelques chansons typiques : » Kad čujem tambure, ja skočim na bure » (Quand j’entends des tambourins, je saute sur le tonneau) ; « Donesi vina, krcmarice Marko Nesic » (Apporte moi du vin, aubergiste »; et « Tamburica » (tambourin)

Kad čujem tambure 
ja skočim na bure, 
popijem litru dve, 
i pevam do zore. 

REF : Hej, haj vinca, ca 
vinca rumena, ha, ha 

Iz Vršca stiže glas 
u vinu leži spas, 
ko vino ne pije, 
taj nek se ubije. 

 Gospodin profesor 
izašo na prozor, 
i spazi bratiju 
gde pije rakiju. 

Quand j’entends des tambourins,
je saute sur le tonneau,
je bois deux litres
et je chante jusqu’à l’aube.

Hé, hé, vinca, ça, vinca rouge, ha, ha,
Hé, hé, vinca, ça, vinca rouge.

Une voix vient de Vršac,
dans le vin se trouve le salut,
qui ne boit pas de vin,
qu’il se tue.

Monsieur le professeur,
est sorti par la fenêtre
eta vu le frère,
où il boit du raki.

Donesi vina, krcmarice,
rumenog kao tvoje lice.
Daj da pijem, tugu da razbijem.
Srce me bole, jadi ga more.

Rumeno lice, dve ruzice,
a oci carne zeravice.
Oko tvoje srce mi izgore.
Muce mene muke paklene.

Oj, Boze, Boze,sto je stvori,
da mlade momke muci i mori.
Celo selo za njom se zanelo,
i svi piju da jad razbiju.

Apporte-moi du vin, aubergiste,
rouge comme ton visage.
Laisse-moi boire, pour apaiser mon chagrin.
Mon cœur souffre, il est tourmenté par la mer.

Un visage rouge, deux roses,
et des yeux comme des braises noires.
Mon cœur brûle à ta vue.
Je suis tourmenté par les tourments de l’enfer.

Oh, mon Dieu, mon Dieu, pourquoi l’as tu créée,
pour tourmenterles jeunes gens  ?
Tout le village est épris d’elle,
et chacun boit pour apaiser son chagrin.

Kad zasviram sa jaranima
ne dolazim kuci danima
od vina i pjesme poludim
cesto kraj druge se budim
i mnoge prespavam dane
zbog vina, ljubavi, kafane

Ref.
Sve zbog moje tamburice
vole me ljepotice
bila smedja ili plava
svaka mi je ljubav prava
kad se igra i pjeva
najbolje mi stoji garava

Idem kuci zora svanula
tambura mi kod nje ostala
ona nece da je vrati
zeli da joj opet svratim
doci cu sunce moje
najsladje su usne tvoje

Quand je joue de la tamburica
Je ne rentre pas à la maison
Le vin et les chansons me rendent fou
Je me réveille souvent chez les autres
Et je passe beaucoup de nuits dehors
À cause du vin, de l’amour, des cafés

Ref.
Tout ça à cause de ma tamburica
les belles me veulent
qu’elle soit brune ou blonde
chaque amour est vrai pour moi
quand on joue et chante
c’est là que je suis le mieux

Je rentre à la maison, l’aube est levée
ma tamburica est restée chez elle
elle ne veut pas me la rendre
elle veut que je lui rende la pareille
jusqu’à ce que le soleil se lève
tes lèvres sont les plus douces

Le soir, l’ami Nikola nous a emmenés chez lui, sur le coteau qui domine la ville. On boit en parlant poésie et en mangeant des spécialités serbes.

Nikola le serbe, et Janesz le slovène, amis par le vin

Nikola est le grand maitre de la confrérie bachique Saint Théodore, qui célébrait ses 20 ans. Dans son caveau il tient sous clé des bouteilles pour ses petites filles, lorsqu’elles auront l’âge; et quelques oeuvres à déguster avec les yeux…

Merci Nikola pour ton accueil !

Et adieu aussi à la Jelen…

Allez encore une chanson ! Vino i Gitare (Chanson d’Arsen Dedić et Gabi Novak ‧ 1970)

Vin et guitares Laisse-les remplir à nouveau ma nuit Ce vieux vin et ces guitares Des amis viendront ce soir
Vino i gitare Nek’ opet ispune mi noć To vino staro i gitare Večeras će prijatelji doć’

Laisse le temps s’arrêter Quand tout le monde se rassemble ici La vie d’un autre côté Nous resterons debout ce soir
Vrijeme neka stane Kad ovdje okupe se svi Životu s neke druge strane Večeras stajat’ ćemo mi

Laissons partir la jeunesse aussi La vie doit aller quelque part’ Des blessures même visibles tout passera
I mladost neka ide Život mora nekud poć’ Pa i rane što se vide Sve će proć’

Vin et guitares Je veux être chez moi ce soir Quand de vieux amis viennent Qu’ils ne trouvent pas de douleur dans mon cœur
Vino i gitare Želim noćas ja u domu svom Kad stari prijatelji dođu Nek’ ne nađu bol u srcu mom

La-la-la-la-la-la-la La-la-la-la-la-la-la
La-la-la-la-la-la-la La-la-la-la-la-la-la

Quelques peintres suisses

La Suisse, grand pays du vin. Nous connaissons sa fête des vignerons, qui se tient 4 fois par siècle à Vevey. Ses musées consacrés au vin, comme celui de l’Aigle, où se tenait une exposition « Eros et Bacchus  » il y a 2 lustres. Et ses vins bien sûr, comme ces chasselas dégustés à la fête de Russin il y a peu ; de ce cépage sont issus plus de la moitié des vins blancs suisses.

De ses artistes, nous connaissions Hans Erni (1909-2015) pour ses 60 lithographies illustrant des poésies bachiques (de Goethe, Khayyam, Hafiz, Apollinaire, Hugo, Heredia, Baudelaire, Nietzsche, Rilke, Ramuz, Claudel, etc.) dans un ouvrage paru en 1962 : Ivresse. La vigne – le vin.

Mais aussi pour son Bacchus dessiné à la craie sur un foudre de feu le domaine de la Milhère dans le vignoble bandolais.

Magie du Net, nous en avons découvert quelques autres.

Frédéric Rouge (1867-1950, natif d’Aigle, a peint ce grand tableau intitulé « le retour de vendanges » en 1934

On lui doit aussi ce récit de chasse (1892)

et ce petit portrait, « la verte » (1893)

Marius Borgeaud (1861-1924), natif de Lausanne, a peint de nombreuses scènes d’intérieur, où il y a toujours une bouteille sur la table, comme ici : le bistrot(1912) !

voir aussi l’intéressant article d’André Deyrieux sur son blog les 5 du vins.

Ernest Biéler (1863-1948), originaire de Préverenges près de Lausanne, nous a laissé plusieurs oeuvres remarquables.
Voici « les vendanges », réalisé pour la fête des vignerons de Vevey en 1905

un buveur (mais est-ce du vin ? peut-être coupé d’eau ?), à la pause du moissonneur

et, là pas de question, c’est le « vin nouveau » ou « le bon vin » (1944)

enfin, une sympathique tablée (lithographie ).

« Schweizer verschiedener Stände beim Wein »

François Barraud (1899-1934) est né à La Chaud-de-Fonds dans le canton de Neuchâtel. Voici une de ses nombreuses natures mortes.

Nature morte avec carafe de vin, pain et lunettes.

Voici encore Friedrich Dürrenmatt (1921-1990), natif de Berne, peintre et écrivain, et son « portrait d’un psychiatre« .

Voici maintenant Jean-Michel Jaquet, né à la Chaud-de-Fonds en 1950. Son style est sobre,

 En souvenir du Ciel
Série: En attendant la pluie III. Lithographie 2006

peut-être un peu inquiétant ?

Visitons maintenant la galerie galantica, une galerie online pour des tableaux de peintre suisses. On y a fait une jolie vendange. Avec des paysages comme ce tableau de Ernst Hodel senior(1852-1902), natif de Thoune et décédé à Lucerne.

Les vendanges, sur le Chemin du Dézaley

et cette Huile sur toile de Walter Malfi 1950, dévoilant un joli clos

Vue sur le lac Léman – St-Saphorin,- Château de Glérolles 

On travaille dans les vignes, en voici la démonstration avec Charles Menge (1920-2009)

Travaux des vignes, au printemps (1959)

et avec son fils Olivier Menge né à Sion en 1971

Travail dans les vignes, maison rose à St-Léonard, année 2001

David Arnold Burnand(1888-1975) a traité le même sujet

Travail aux vignes

Terminons ce tour d’horizon de la peinture oenophile suisse avec cette porteuse de raisin de Paul-Théophile Robert (1879-1954), natif de Bienne

et avec Marguerite Burnat-Provins (1872-1952), écrivaine et peintre franco-suisse, et son affiche de 1905 pour l’emblématique fête des vignerons de Vevey

Fête des Vignerons, Vevey en 1905 lithographie

estampes, dessins et autres…

Le site analectapictura.fr , créé il y a 1 an 8 mois, présente déjà 5000 « miettes culturelles choisies ». Nous en avons trouvé une trentaine susceptibles d’intéresser les lecteurs du bon clos…

Voici pour commencer cinq oeuvres de Jacob Gole (1660-1737), un graveur et dessinateur néerlandais. Elles sont extraites d’un ouvrage édité à Amsterdam « avec privilège d’Innocent XI », Le Renversement de la Morale Chrétienne par les désordres du Monachisme, 1ère partie, « un pamphlet resté anonyme et considéré à juste titre comme la plus importante attaque contre les moines et les jésuites ».

Le frère Robinet,
Ie suis maistrre du Robinet,
Prest a tiré du Vin, si tost qu’on le m’ordonne,
Mais sans oublier ma personne,
Car ie bois a Coupe bonnet.

(Au passage, cette expression « boire à Coupe Bonnet » nous interpelle. Peu d’attestations : on la trouve chez Antoine du Verdier (voir ici), un humaniste du 16ème siècle.)

Le père Dominique
Ie bois avec plaisir a la santé du Roy,
Afin de bien gagner l’Indulgence pleiniere.
Si quelqu’un entreprend de combattre avec moi,
Quil s’arme d’un bon verre, et entre en la Corriere.
Le père Ignace
Ie tire les marrons du feu,
Et les ames du Purgatoire.
Parle moi de l’Enfer, ie m’en soucie peu,
Si iay de la santé et de bon vin a boire.
Le père Victoire,
A la gloire de Dieu, ie boiray comme un trou,
Pourgagner le pardon que l’on gagne a bien boire,
Tout m’est un pour cela, ius qu’a faire le fou
Car ie pretens icy remporter la Victoire.
Le Roy du carnaval
Reveillez vous Amis ! Indulgence pleiniere
A qui dit le Roy boit, et y boira aussi :
Point de Messe a present ; mais sans aucun souci,
Beuvons a la Bouteille, et faisons chere entiere

Ce Sac à vin avec sa brouette (1521), est de Hans Weiditz (1495-1537) connu pour ses scènes de genre et pour avoir illustré des oeuvres de Pétanque.

De la même époque est ce dessin de Hans Holbein, le Triomphe de la mort : Le roi, publié en 1780 par Christian von Mechel dans un recueil de gravures.

« On le voit manger en cérémonie, assis sous un dais & servi par ses grands officiers ; la Mort est venue se mettre du nombre, & fait en ce moment l’office d’Échanson. Elle verse à boire au Monarque qui lui tend la large coupe, qu’il va vraisemblablement vider pour la dernière fois. Ce Prince tient de la main gauche un papier, sans doute un placet qu’on vient de lui remettre. »

Plus proche de nous, cette invitation à boire d’Helen M. Sinclair (1914)

Voici maintenant quelques oeuvres de Georges Cruikshank, illustrateur et caricaturiste anglais des années 1800-1850, décriant l’alcoolisme.

Tom et Jerry prennent un mauvais alcool, par Georges Cruikshank (1820)

puis le charme est rompu ( la vie à Londres )

Le commerce anglais d’alcool, par Georges Cruikshank (1829)



Oh là là, c’est une idée choquante.
Ils fabriquent le gin à partir d’eau-forte :
Ils le font exprès pour raccourcir la vie des gens
et le vendent à deux pence le quart.

Les enfants de l’ivrogne(1848)

scène d’ivresse dans une boutique de gin avec des enfants à qui l’on donne de l’alcool.

Le Cognac français, du même (1831)

Un siècle plus tard, le combat contre l’alcoolisme est toujours d’actualité…

L’alcool et la prostitution sont les tueurs de l’humanité (1919)

affiche de propagande hongroise

Et maintenant quelques dessins d’humour de l’époque Napoléon III…

Guide du noble étranger dans Paris, tempérance (1863) La vie parisienne – 1ère année – 1863
Un grand diner, un valet (1863)La vie parisienne – 1ère année – 1863 

et de la 3ème République

journal satirique Le Rire – 9 février 1895
Une bombe turque étant tombée sur la table (1889) M. de Crac, sans lâcher son verre, prit la bombe et la renvoya par le même chemin chez les Turcs, où elle éclata.
Les aventures de M. de Crac – Le petit français illustré du 18 mai
Famille bouteille de champagne, par Heinrich Kley (1909)
Nos viticulteurs (1902) L’album comique de la famille n° 13
Mon mari est cachottier, par Perré (1928) Midinette n° 90, le journal illustré du 3 août 1928

Nous finissons avec des scènes de genre, comme cette inspirante  » fine bouteille « de Daumier

Daumier : la fine bouteille (1864)

et ce touchant « verre de vin » de Jean Veber (1905)

Le verre de vin, par Veber Jean (1905)

Arrêtons nous là avec cette affiche pour le vin mousseux Robba de Leonetto Cappiello (1911), que nous avons rencontré à plusieursreprises.

Vu en mars

A la Halle des Blancs Manteaux, le coutumier Expo4art réunissait 90 artistes.
4 ont attiré notre attention.

Sig (Sigrid HUET) se plait à représenter les jeunes femmes d’origine africaine de la Réunion, communément (et positivement) appelées les Cafrines.
En voici deux qui prennent du bon temps, un verre à la main.

Un peu plus loin c’est Carole Géniès, qui peint féminins, masculins, et esquisses.

Son motto : Capturer l’essence féminine, sublimer l’émotion, peindre l’âme. L’art comme un hommage à la femme. On en verra plus sur instagram.

Cette belle composition, la dernière valse,  est une photographie de Victoria Vinas, photographe multiprimée. (voir une impressionnante présentation sur Instagram).

Elle donne envie d’en savoir plus : la soirée a été chaude, les verres n’ont pas été vidés, que s’est-il passé ?

Et pour tous ceux et celles qui ont imaginé le pianocktail de l’Ecume des Jours, en voici une réalisation miniature en diorama. L’auteur ? Alain Pras, qui fut fabricant de maquettes industrielles et se plait maintenant à « mettre en volume une petite histoire teintée d’humour, un clin d’œil à l’art, un hommage aux artistes… » 

Merci à tous pour ce bon moment !

Dans un tout autre registre, voici des stèles funéraires mégalithiques appelés balbal qui viennent du Kazakhstan. Le personnage masculin porte une coupe libatoire. Elles datent du 6ème siècle.

On pouvait les voir, exceptionnellement prêtés par les plus grands musées kazakhs, au musée Guimet (expo Kazakhstan, Trésors de la Grande Steppe).