Les paresseux, les amateurs de vin débordés voire les néophytes pourront se laisser tenter par l’offre d’alex , caviste virtuel qui propose de découvrir chaque mois 3 vins qu’il sélectionne chez des vignerons « authentiques et talentueux », pour un prix modique (19,90 euro le panier mensuel de 3 bouteilles), et de passer commande le cas échéant « au prix direct producteur ».
Les paniers sont livrés dans des points relais comme le Manneken Pis à Paris rue Daunou (bien connu des amis du clos), où des dégustations sont aussi organisées.
C’est là que nous avons rencontré Alex ce mardi soir, ce qui nous a permis d’apprécier le champagne Albert Beerens, délicieux et très compétitif (carte noire : 83,4 euro la caisse de 6 pour les abonnés).
anne-laure Beerens au remuage
C’est là aussi que nous avons fait la connaissance de Carole Saby, (entre un verre de fronsac et, rendons grâce à Dieu, un verre de saint-émilion éponyme), qui propose un usage décoratif original (photophores, vases, porte-verrines apéritives) des douelles de récupération, ces lattes de bois dont sont faits les tonneaux.
Voici quelques oeuvres (Epoque Empire et début 19e semble-t-il) vues dand ce musée parisien , couramment associé à Claude Monet et où l’on peut voir actuellement une exposition consacrée aux » fauves et expressionnistes « .
(on sait (? ) qu’Ariane suivit celui-ci après avoir été abandonnée par Thésée dans des circonstances controversées..)
cette vigne en hiver à coquiau, d’odette delmas
ces vendanges naïves de michele gaubour
voici un tableau sans titre de jacques borzycki, peintre installé à Burlat dans le Tarn, dont on pourra trouver d’autres oeuvres sur le thème du vin là
les bouteiles vertes de constantin kouzminikh
le poeme d’automne de yue cuying
les cristaux de l’hyperréaliste paco yuste demontreal
et cette sculpture du turc kemal uludag: bouteilles ou êtres humains ?
Voici une très belle chanson de Jacques Brel qui date de 1961 (album Marieke), poignante, un peu oubliée peut-être. Cet ivrogne-là a le mal d’amour, il boit à celle qui lui a tordu le coeur….
Réécoutons-la !
Ami remplis mon verre
Encore un et je vas
Encore un et je vais
Non je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Mais j’ai mal d’être moi
Ami remplis mon verre
Ami remplis mon verre
Buvons à ta santé
Toi qui sais si bien dire
Que tout peut s’arranger
Qu’elle va revenir
Tant pis si tu es menteur
Tavernier sans tendresse
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans tristesse
Buvons à la santé
Des amis et des rires
Que je vais retrouver
Qui vont me revenir
Tant pis si ces seigneurs
Me laissent à terre
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans colère
Ami remplis mon verre
Encore un et je vas
Encore un et je vais
Non je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Mais j’ai mal d’être moi
Ami remplis mon verre
Ami remplis mon verre
Buvons à ma santé
Que l’on boive avec moi
Que l’on vienne danser
Qu’on partage ma joie
Tant pis si les danseurs
Me laissent sous la lune
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans rancune
Buvons aux jeunes filles
Qu’il me reste à aimer
Buvons déjà aux filles
Que je vais faire pleurer
Et tant pis pour les fleurs
Qu’elles me refuseront
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans passion
Ami remplis mon verre
Encore un et je vas
Encore un et je vais
Non je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Mais j’ai mal d’être moi
Ami remplis mon verre
Ami remplis mon verre
Buvons à la putain
Qui m’a tordu le cœur
Buvons à plein chagrin
Buvons à pleines pleurs
Et tant pis pour les pleurs
Qui me pleuvent ce soir
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans mémoire
Buvons nuit après nuit
Puisque je serai trop laid
Pour la moindre Sylvie
Pour le moindre regret
Buvons puisqu’il est l’heure
Buvons rien que pour boire
Je serai bien dans une heure
Je serai sans espoir
Ami remplis mon verre Encore un et je vas Encore un et je vais Non je ne pleure pas Je chante et je suis gai Tout s’arrange déjà Ami remplis mon verre Ami remplis mon verre Ami remplis mon verre
Le héros fondateur de la littérature espagnole a inspiré Maurice Ravel qui composa en 1932 « Don Quichotte à Dulcinée », un ensemble de 3 chansons : romanesque, épique, et.. à boire (paroles de Paul Morand), presqu’un hymne à la joie !
Il nous fut donné de l’écouter ce dimanche :
Foin du bâtard, illustre Dame,
Qui pour me perdre à vos doux yeux
Dit que l’amour et le vin vieux
Mettent en deuil mon cœur, mon âme !
Je bois à la joie !
La joie est le seul but
Où je vais droit…
Lorsque j’ai bu !
A la joie, à la joie !
Je bois à la joie !
Foin du jaloux, brune maîtresse,
Qui geint, qui pleure et fait serment
D’être toujours ce pâle amant
Qui met de l’eau dans son ivresse !
Je bois à la joie !
La joie est le seul but
Où je vais droit…
Lorsque j’ai bu !
A la joie! A la joie !
Je bois à la joie !
En voici une interprétation par le baryton Andrew Garland
Et pour ceux qui voudraient tout entendre, voici une version historique avec Gérard Souzay.
C’est l’occasion d’honorer aussi Francis Poulenc qui composa dix ans plus tôt (1922) sa « chanson à boire« ,
Les rois d’Egypte et de Syrie, Voulaient qu’on embaumât leurs corps, Pour durer plus longtemps morts. Quelle folie!
Buvons donc selon notre envie, Il faut boire et reboire encore. Buvons donc toute notre vie, Embaumons-nous avant la mort.
On y apprend que Pasteur avait rajouté : « Malheureusement les propriétés hygiéniques du vin, on ne saurait le dissimuler, sont altérées par une augentation de son élément alcoolique. Plus un vin est riche en alcool, plus il s’éloigne des qualités requises”. Et qu’il était co-fondateur de la Ligue anti-alcoolique en 1872.
Il y a un peu plus d’un siècle, justement, un petit village de France, Morogues , s’est illustré dans ce registre. Voici ce qu’il délibéra à l’unanimité le 7 novembre 1907 :
En bref, pour ceux qui auraient du mal à déchiffrer ce document d’époque, « l’alcoolisme n’existait pas à Morogues » où l’on ne consommait qu’une « boisson hygiénique », et « il n’y avait pas lieu de prendre des mesures coercitives » ; malin et discipliné, on fixa à 20 mètres (sic) l’éloignement minimum d’un débit de boisson des lieux protégés par la loi du 17 juillet 1880.
Morogues, qui est sur l’appellation Menetou-Salon, a célébré le 7 novembre 2007 cette délibération par un Conseil Municipal « extraordinaire », qui décida d’approuver la délibération séculaire.
On trouvera plus d’information sur cet évènement ici et là .
Les personnes intéressées pourront consulter l’analyse détaillée faite par Olivier Ménard dans son mémoire de DEA au Centre de Recherches en Histoire de l’Université de Rennes 1. On y apprend que les maires ne se sont pas pressés pour prendre des décisions sur la protection des écoles, lieux de culte et autres cimetières, et que la distance toute symbolique de 20 mètres n’était pas rare !
Une fois n’est pas coutume, le bon clos va s’intéresser à la bière. Ne la fait-on pas avec la « vigne du Nord », dite aussi « couleuvrée » ou plus couramment houblon (Humulus lupulus) ?
Cette « vigne » ne pousse pas qu’au Nord d’ailleurs si l’on en croit la carte de sa culture en France que présente « à fleur de peau »
Cela nous donne l’occasion d’enrichir notre collection de chansons à boire avec un grand standard, le fameux beer barrel polka, dont voici les paroles
Beer Barrel Polka
There’s a garden, what a garden
Only happy faces bloom there
And there’s never any room there
For a worry or a gloom there
Oh there’s music and there’s dancing
And a lot of sweet romancing
When they play the polka
They all get in the swing
Every time they hear that oom-pa-pa
Everybody feels so tra-la-la
They want to throw their cares away
They all go lah-de-ah-de-ay
Then they hear a rumble on the floor, the floor
It’s a big surprise they’re waiting for
And all the couples form a ring
For miles around you’ll hear them sing…
Roll out the barrel, we’ll have a barrel of fun
Roll out the barrel, we’ve got the blues on the run
Zing boom tararrel, ring out a song of good cheer
Now’s the time to roll the barrel, for the gang’s all here
Da-da-da-da, da-da-da-da, da-da-da-da-da-da-da-da
Then they hear a rumble on the floor-or-or-or
It’s a big surprise they’re waiting for
And all the couples they form a ring
For miles around you’ll hear them sing
Zing do da do ding do da-do-do-day
—– instrumental break —–
Roll it out, roll it out, roll out the barrel
Dump-dump-da da-da da-dat en da-da-da-da-da
Sing a song of good cheer
‘Cause the whole gang is here
Roll it out, roll it out
Let’s do the beer barrel polka
Ecoutons les Andrews Sisters qui l’ont chantée à la fin des années trente
Et rendons hommage à son créateur tchèque, Jaromir Vejvoda,
qui composa en 1927 ce qui s’appelera dans son pays « Skoda Lasky » une fois écrites les paroles de Vasek Zeman en 1934 et deviendra la chanson tchèque la plus célèbre au monde
Très populaire pendant la WW2, elle aurait aidé les américains à gagner la guerre (dixit Ike)…
En Allemagne c’est Rosamunde, en France Frida Oum Papa …que chanta Annie Cordy en 1975
En Bavière Mon grand-père Etait un brasseur de bière Quand j’suis née en Bavière J’fus baptisée à la bière Ma nourrice Sans malice Me gavait de grosses saucisses Elle voulait que je grandisse J’ai grandi et me voilà
Avec ma petite plume et mon chapeau
Mes grandes nattes et ma culotte de peau
Dans les tavernes de Munich
Dès que j’arrive, c’est la panique. ja wohl
On me fait grimper sur un tonneau
Et je chante comme un petit oiseau
Un grand pichet dans chaque main
On chante, on danse jusqu’au matin
Ein, zwei, prozitt, ein, zwei, prozitt
Lala lalala. Je suis Frida oum Papa
Lala lalala. La petite gretchen aux gros bras, ein, zwei
Lala lalala. C’est moi fraülein oum Papa
Venez donc trinquer avec moi
Frida oum Papa
Lala lalala. Ich bin Fraülein oum Papa Lala lalala. La petite gretchen aux gros bras ein, zwei, drei Lala lalala. C’est moi fraülein oum Papa Venez donc trinquer avec moi Frida oum Papapi papapa
—
Nous ne résistons pas au plaisir de présenter aux lecteurs du bon clos quelques unes des versions disponibles sur Internet
L’histoire ne s’arrête pas là grâce à la créativité d’IAM et des supporters de l’OM qui ont repris le refrain avec des paroles bien à eux, à découvrir (instructif) là
plaque apposée sur les murs du restaurant Skoda Lasky, à Zbraslav près de Prague
Voici un sculpteur qui nous intéresse et dont on peut voir les oeuvres un peu partout dans les rues de Paris, au Louvre, ou encore aux Musée des Beaux Arts de Lille et de Rouen
Wikipedia nous apprend qu’il naquit à Genève en 1790 pour mourir à Bougival en 1850.
Entre temps il fut sculpteur et peintre et enseigna aux Beaux-Arts.
Il a laissé quelques oeuvres d’inspiration bachique.
Comment ne pas penser à Auguste Clesinger, son cadet de vingt ans, rencontré au petit palais ?
D’après le Louvre , « ce groupe en marbre réalisé par l’un des plus grands sculpteurs romantiques fit scandale au Salon de 1834. Le gouvernement ayant refusé l’acquisition, c’est le comte Anatole Demidoff qui l’acheta et l’emporta en Italie. On a voulu y reconnaître les traits de Pradier lui-même et de sa maîtresse Juliette Drouet. »
l’enfance de Bacchus (gravure par William French)
bacchante à la coupe (gravure par William French d’après statuette)
Qui se souvient du vin Mariani, boisson tonique ancêtre du Coca Cola , faite de vin de Bordeaux et d’extraits de coca, qui eut son heure de gloire sous la IIIème République ?
Qui avait toutes sortes de vertus thérapeutiques, avec des effets immédiats contre la grippe !
Qui « conserve la force à ceux qui la dépensent et la rend à ceux qui ne l’ont plus » (Emile Zola) ?
A qui le pape Léon XIII a décerné une médaille spéciale ?
Cet élixir, dû au préparateur en pharmacie Angelo Mariani , contenait 6 à 7 mg de cocaïne dans une bouteille. Soit l’équivalent d’un « rail de cocaïne » par verre ! Quand on sait cela, et le succès extraordinaire de cette boisson, on comprend mieux certains excès de cette « Belle Epoque ».
Mais las, cet apport fut proscrit à partir de 1910, et la production cessa dans les années 30.