Viens (boire un p’tit coup) à la taverne, pourrait-on traduire. C’est le titre d’une chanson entendue à la Maison de la Culture Yiddish au cours d’un shabes-tish très laïque (repas du vendredi soir qui marque traditionnellement le début du repos hebdomadaire) consacré aux chansons à boire.
Informé, le bon clos se devait d’y être présent !
Lionel à la guitare
Le yiddish, cette langue d’un monde disparu que quelques passionnés s’acharnent à faire survivre, a été la langue vernaculaire de la population juive du Yiddishland, qui s’étendait de la Pologne à la Biélorussie, la Lithuanie, l’Ukraine … Dialecte germanique mâtiné d’emprunts aux langues voisines, écrit en caractères hébraïques, il a donné naissance à une littérature, et des productions artistiques incomparables.
Des centaines de chansons populaires nous sont parvenues. Elles sont savoureuses par leur style, l’usage des onomatopées (Bim bam bam Ay di di di day day tchiribim) et leur humour souvent (bois donc un coup, il n’est pas sûr qu’il y en ait dans l’autre monde). Tout cela ne dépaysera pas les amateurs d’Offenbach qui connaissent par exemple l’air de Castilbeta dans les deux pêcheurs (bom bi di bom…). Les chansons parlent de vodka, bien sûr, mais aussi de vin ! Certaines racontent des histoires, d’autres sont pleines de philosophie…
En voici quelques unes, en alphabet latin, avec la traduction de Yitzkhok Niborski,
un des meilleurs connaisseurs au monde du yiddish, qui animait la soirée.
en voici une video par le groupe klezmer levine and his flying machine
Voici la version des Klezmatics
Voici une interprétation par le Vancouver Jewish Folk Choir
Voici une interprétation récente par Shaun Williams et ses amis à l’université d’Indiana
On trouvera mélodies et accords dans les 3 ouvrages ci-dessous
En ces temps de chapitres, c’est à Bagneux, où se déroulait le Chapitre d’Automne de la Confrérie Balnéolaise des Chevaliers de Bacchus, que nos pas nous ont ramené (nous y étions pour le jubilé des dix ans en 2008) ce samedi 22 novembre.
Il attira de nombreuses Confréries, que l’on reconnaitra à leurs habits et bannières, dont 8 clamartois en habits s’il vous plait.
Deux clamartois furent intronisés par le Grand-Maître Yves Bozon, notre ami Gérard Aubineau
et l’auteur de ces lignes.On goûta bien sûr l’excellent vin blanc local, assemblage de sémillon et de sauvignon. Le concert vocal donné par l’ensemble vocal Kaléidoscope sous la direction d’Anne Périssé recelait une surprise : Quel plaisir me fait la bouteille …
Quel plaisir me fait la bouteille,
Quand j’entens son charmant glou glou ! [bis]
Rien ne flatte plus mon oreille,
Que le son d’un accord si doux;
Quel plaisir, &c.
Aussi-tôt qu’on me verse un coup,
Je sens que mon coeur se reveille;
Quel plaisir, &c.
J’avalle du vin comme un trou,
Et chante comme une merveille;
Quel plaisir, &c.
Si par hazard on me voit fou,
J’arreste le Dieu de la treille;
Quel plaisir, &c.
En voici un extrait vidéo
Quant au banquet, il était animé par 5 musiciens
et une chanteuse, au répertoire inépuisable (formation André Philippe).
Le tout pour un prix somme toute modique qui laisse pantois le Grand-Maître du Clos de Clamart.
Après les vendanges, une fois le vin en cuve, vient le temps des chapitres et autres festivités.
La Confrérie du Clos de Clamart (répondant à l’invitation de la Municipalité) avait ouvert le ban cette année en participant au Marché du Goût, le 18 octobre.
Quelques bonnes volontés avaient été recrûtées, bien résolues à faire goûter les vins du Clos. Mais compte tenu de l’impossibilité d’en vendre (le vin est non commercial) , il fallait trouver un moyen de justifier notre présence et de diffuser notre breuvage. Ce fut fait grâce à un quizz, rempli dans la bonne humeur par quelques dizaines de clamartois, qui permit à trois heureux gagnants de repartir chacun avec une bouteille. La question la plus délicate demandait de retrouver le grand-maître du clos de Clamart dans la phrase suivante :
« Ce soir nous irons dîner chez mon ami. Chez lui il y a toujours des mets de choix, je m’en lèche déjà les babines : rillons ou canard, cochon ou lard, oh que c’est bon ! »
Mais c’est évidemment la question subsidiaire (combien y aurait-il de réponses au jeu) qui permit de départager les ex-aequo.
Hors compétition, c’est un descendant de la glorieuse famille Abraham, viticulteurs clamartois attestés depuis le 17ème siècle et jusqu’au 19ème, qui s’est vu remettre une bouteille du Clos sous les acclamations.
Le chapitre se tint la semaine suivante. Il fut notamment animé par une délégation de danseurs alsaciens (les Bretzels).
Parmi les nombreux intronisés (ci-dessous prêtant serment),
il faut citer nos amis Michel et Nicolas,
et Jean-Didier Berger, le jeune et tout nouveau maire de Clamart, nommé Commandeur,
notre oenologue et ami Edouard,
et le chanteur montmartrois Alain Turban,
qui a animé le banquet avec Bernard et Sam, bien connus des lecteurs du bon clos.
Tombé amoureux de l’Ardèche, il a chanté le « vin du pays », « la plus belle aventure évidemment »…
Etait là aussi André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux, vieil ami de la Confrérie
venu soutenir son jeune confrère.
Et n’oublions pas l’intendance, avec Patrick Demongeas (traiteur Petit Lys)
et la teuf avec Pierre Bonneau de la Guinness Tavern rue des Lombards,
musique 365 jours par an !
Des Confréries venues en nombre : République de Montmartre, Bagneux, Issy, Suresnes, Coubron (clos de Bréon), Sucy en Brie, marmite d’Or, Bon Pain de Saint Bacchus, Culs d’ours et cabinets d’vigne en pays de Georges Sand, Saint Romain en bordelais et libournais, Hospitaliers curieux et courtois…
voici l’ami Michel Mella, dont la Confrérie vient d’être fondée à Yerres
et les deux miss Nicole et Elsa
toujours très entourées…
… et tous ceux qui nous pardonneront de ne pas les nommer. Merci à tous !
Et pour en savoir plus, voici l’article du journal local, Le Parisien
Aimer, chanter et boire. C’est le titre d’une valse de Johannes Strauss (ci-dessous par l’Orchestre Philharmonique d’Odessa).
C’est aussi celui d’un tableau de l’illustrateur allemand Georg Mühlberg (1863-1925)
celui qui suit (was die welt morgen bringt, qu’on pourrait traduire par : A l’avenir !) n’est pas mal non plus
C’est aussi une chanson du groupe de rock médiéval Die Streuner
En voici les paroles
Wein, Weib und Gesang Und das ganze ein Leben lang Wenn das nicht mehr wär Ich armer Tor Dann wär mir Angst und Bang Ja dann wär mir Angst und Bang
Schlaget an das erste Faß Denn der Wein schlichtet größten Haß Er benebelt die Sinne Und schlägt auf die Stimme Aus jedem Tenor wird ein Baß
Mannen hebet an den Kilt Für die Weiber ein lustiges Bild Doch wer sich nicht traut Weil er klein ist lieber schaut Verstecke sich hinter sein Schild
Weiber knöpft auf euer Hemd aber schnell Denn wir Mannen lieben Blusen ohne « l » Bleibt das Hemd zu bis oben Kriegt ihr keinen Mann zum Toben Tut ihr’s doch gibts Gejaul und Gebell
Ja das Lied hat mir Spaß gemacht Doch ich seh es hat nichts gebracht Drum pack ich die Laute und spiel andern Leuten Meine ganze Liederpracht
Une autre ? voici trinke wein !
Dunkel wars in der Taverne, ich allein saß noch am Tisch. Denn alle meine Saufkumpanen, aßen gestern Mittag Fisch.
Wasser verdirbt, die Leber und den Darm, drum trinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach. Trinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach.Also trank ich was ich konnte für meine Kameraden mit. Schnell verlohr ich meine Sinne, auf das ich nicht mehr weiter lit.Wasser verdirbt, die Leber und den Darm, drum tinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach. Trinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach.
Meine liebste brannte dreimal, durch mit einem andren Mann. Doch sie kam bald darauf wieder, weil er nur Wasser suffen kann.
Wasser verdirbt, die Leber und den Darm, drum tinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach. Trinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach.
Willst du dich gar recht vergnügen, so nimm ein prächtig Fässlein her. Acht nur drauf das es gefüllt ist, mit bestem Wein und sauf es leer.
Wasser verdirbt, die Leber und den Darm, drum tinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach. Trinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach. und fülle wieder nach und fülle… fülle… fülle… wieder nach
On ne peut pas laisser de côté Trinke Trinke !
Hoch vom Baume ruft der Fink Lustig mahnend: Trinke! Trink! Und schon fallen Tropfen schwer Aus dem grauen Wolkenmeer
Alles trinket, Baum und Strauch Und die Blumen trinken auch Doch noch immer ruft der Fink Von dem Baume: Trinke! Trink!
Le mas des Tourelles, dans les Costières de Nîmes, sis dans un site gallo-romain de production d’amphores, s’est fait une spécialité de réaliser du vin comme au temps des Romains. C’est ce que nous avions appris lors de l’exposition au temps d’Auguste. Il méritait une petite visite !
Des citations de Caton (-234,-149 auteur du traité De Agri Cultura), Varron (-116,-27 auteur d’un De Re Rustica), Pline (23-79 qui écrivit l’Histoire Naturelle livre 14), Columelle (1er siècle, auteur de Res Rustica dont le 4ème livre est consacré aux vignobles), Palladius (5ème siècle, auteur aussi d’un de rustica) illustrent le niveau élevé de la viticulture et de la vinification antique.Dans le jardin romain on a essayé de reproduire la viticulture romaine.
Ci-dessous trois ceps font la ronde, dirait-on.
Une treille en carré enserre un clos de pieds plus classique
Et ce cep-là s’est installé sur un olivier !la vendange a lieu un dimanche de septembre, elle est foulée à l’anciennePour construire ce pressoir on a suivi les indications de Caton !
Trois vins sont produits chaque année au Mas des Tourelles dans de grandes « dolia ». Un mulsum (vin mêlé de miel et autres aromates), un turicullae, (notre préféré) vin blanc sec au curieux arôme de curry, réalisé par adjonction au moût de fenugrec et d’eau de mer ! et un carenum, vin doux réalisé par adjonction de vin cuit réduit dans le moût.
Attiré par l’exposition Daumier ou « la caricature au service de la liberté » au Grand Orient de France, nous sommes tombés en arrêt devant celle-ci :
Au rendez-vous des bons vivants, avec qui trinque la Camarde ? Un médecin peut-être qui lui fait lire sa publicité ? Voici ce qu’en dit Baudelaire (trouvé là sur le blog mémoire de la littérature)
Figurez-vous un coin très retiré d’une barrière inconnue et peu passante, accablée d’un soleil de plomb. Un homme d’une tournure assez funèbre, un croque-mort ou un médecin, trinque et boit chopine sous un bosquet sans feuilles, un treillis de lattes poussiéreuses, en tête-à-tête avec un hideux squelette. A côté est posé le sablier et la faux.
On pourrait rajouter qu’au fond un corbillard passe….
A deux pas du Grand Orient, un agréable endroit pour se sustenter est la Brasserie le Royal Cadet, à l’accueil féminin et chaleureux.
On y trouve une impressionnante collection de bouteilles de Saint-Pourçain « à la ficelle » qui ravira les « bons vivants »
Il faut dire que depuis 1987, chaque année un dessinateur est chargé de décorer la fameuse bouteille, qui perpétue le souvenir du tavernier Gaultier qui estimait, en y plongeant une ficelle à noeuds, la contenance des cruchons et donc la consommation des ses pratiques.
On peut les voir sur le site la ficelle. On y trouve des grands noms comme Piem, Trez, Barbe, Willem, et tout un tas d’ Humoristes Associés (HA !). Voici celle de 2007, signée JY (Jean-Yves Hamel), qui a bien illustré le travail d’équilibriste des vignerons qui, nous dit-on, ont eu un millésime « difficile » à maitriser.
Voici encore une bonne question posée par l’improbabologue Pierre Barthélémy, passeur de sciences toujours à l’affût d’études atypiques, et dont nous rapportons régulièrement les travaux, lorsqu’ils nous concernent (voir nos articles le prix et le plaisir, ivre sans boire, 1258, et tout récemment la couleur des odeurs)
La réponse est NON, comme il le démontre dans son article paru dans le Monde du 6 novembre dernier. Ni par les pieds, ni par les mains, contrairement à une légende danoise. L’absorption d’alcool ne peut être que minime, comme le montrent les expériences relatées.