Encore un salon artistique dans la capitale, au Grand-Palais cette fois. Ce salon en regroupe en réalité 4 :
le salon des artistes indépendants, qui existe depuis 1884 (les rebelles du temps de l’impressionisme et de l’art moderne y ont été accueillis) et est largement ouvert à l’international et à la jeunesse.
le salon Comparaisons né en 1956, organisé par tendances au sein desquelles les oeuvres d’artistes différents sont confrontées (ici encore, la liste des grands noms qui y ont été exposés est impressionante)
le salon des artistes français, successeur du salon de l’Académie des Beaux-Arts, en est à sa 227ème édition et présente toutes les tendances actuelles en peinture, sculpture, gravure, photographie, architecture.
– ma famille de coeur, du géorgien russe Zourab Tsereteli surtout connu comme sculpteur monumentaliste
– le vigneron, triptyque de Sergueï Chmarinov qui s’est fait connaitre comme réalisateur de vitraux à Moscou, décorateur de théâtre, et illustrateur de revues
– voici Champagne, d’Emmanuel Lemarinier
– le moment décisif, de Kenny Kim porte bien son nom : elle est partie, il est abattu, peut-on penser
– celui-ci, de Cesare Novi, qu’on pourrait qualifier de naïf raffiné, pourrait être intitulé soirée vénétienne. Ici c’est lui que l’on attend, où est-il passé ?
– ce panier de raisins est signé Zhu Shigi
– ce tableau de Martine Coppens nous rappelle étrangement une autre peintre Françoise Leblond (qui saurait dire pourquoi ?).
On pourrait l’intituler « quand les maîtres ne sont pas là, les chats trinquent ».
On termine avec cette partie de billard après minuit, de Shimizu Moto
Et merci à Mary Brilli, rencontrée à la Saint-Vincent de Rueil, qui nous a invité à ce salon où elle expose ce délire de soi(e) « Tour Eiffel de livres »
Composées (paroles et musique) il y a un bail par Daniel Cherrier, elles font le bonheur des réunions et des fêtes de la Confrérie du Clos de Clamart.
ci-dessus-dessous au tambour avec son acolyte Bernard Jacob, bien connu des lecteurs du bon clos, à l’accordéon
Certaines sont de vrais tubes (on a tous un grain dans la Confrérie… goûtons, goutons voir ce vin de fête.. et bien sûr A Clamart il y a du bon vin) mais d’autres gagnent à être redécouvertes.
Hélas peu sont les élus qui possèdent la cassette ou le CD jadis réalisés et peuvent ainsi s’en délecter.
A l’occasion du 30ème anniversaire de la Confrérie (25 et 26 mars prochains, sauvez la date), le bon clos propose à ses lecteurs de les découvrir en ligne.
A Clamart, à Clamart, il y a du bon vin, A Clamart, à ClamartDu bon vin de nos raisins
1.Sur le chemin des vignes Les grains ont mûri Dans les chais de la ville Le vin a vieilli 2. Buvons on vous invite Le vin est tiré Mais attention pas trop vite Il faut le déguster 3. A Bacchus tout le mérite De ce bon bouillon Buvez ça facilite L’élocution
Nous voulons…nous voulons nous voulons nous voulons Nous voulons du vin à profusion Nous voulons nous voulons nous voulons nous voulons Nous voulons l’meilleur parmi les bons 1.au soleil de nos arpents fleuris Jaillira le meilleur des bouillons Et Bacchus goûtant ce nectar surpris S’écriera qui sont ces vignerons ? 2. Quand ensemble tous nous nous retrouverons Pour la gloire de Saint-Vincent notre patron De bon vin de plaisirs et de chansons En joyeux compagnons nous profiterons 3. Et lorsqu’arrive la séparation En main le verre au cœur l’émotion De se revoir tous nous promettons En amis et fidèles compagnons !
A Clamart le vignoble… Le vin à ses notables A Clamart le vin noble Reviendra sur nos tables 1. Le retour aux sources Quand il s’agit de vin Ce n’est pas de l’eau douce Mais du jus de raisin 2.le raisin dans le fut Fut transformé en vinUn vin du meilleur cru En bouteille il devint 3. Quelques chevaliers Armés d’une pipette Partiront guerroyer Pour que l’on chante dans les guinguettes 4. Chevaliers du sarment Notables de la ville Vous qui prêtez serment Pour que la récolte soit digne 5. Chevaliers du clos de la ville Le bonheur est entre vos mains Plantez Taillez la vigne Que l’on ait du bon vin demain
On a tous un grain…Sous nos coiffes on rit On a tous un grain Dans la confrérie 1. Un grain de raisin que l’on garde dans la main Un grain de raisin que l’on donne à son voisin Un grain de raisin que l’on croque avec envie Cela fait un grain de moins et c’est tant pis pour le vin 2. Un grain de raisin contre in grain de sympathie C’est du troc de sarrasin mais c’est comme ça entre amis Un grain de raisin contre un grain de folie Un grain de raisin et tout le monde est gentil
Buvons buvonsgoûtons voir ce vin de fêteBuvons buvons à la santé des vignerons (bis)
1. Le clos de Clamart (bis) Goûtons goûtons voir (bis) Ce petit vin charmant (bis) Ah ah ah ah 2. Sans aucune manière Versons dans nos verres Ce vin qui nous est cher 3. Pour continuer l’histoire De notre beau terroir Prenons soin de nos vignes pour qu’enfin on puisse voir
Dernier refrain Buvons buvons oui le bon vin de Clamart Buvons buvons à la santé des vignerons
La dive bouteille
Quand ta robe si douce s’étoffe de velours Et que ton corps se pare d’or pur ou de rubisJ’étreins alors mon verre et j’hume avec amour Ton arôme subtil aux effluves réjouies
Lorsque tu t’alanguis et qu’en ton impudeur Tu offres à nos regards et ta jambe et ta cuisse Ton corps souple et soyeux qui est tout en rondeur Appelle alors ma bouche qui goûte à tes délices
Que ce soit ta souplesse ou ton teint de carmin J’apprécie ta douceur ton ampleur ta chaleur, Je trouve en ta jeunesse mille plaisirs divins Car tu m’offres en l’instant la joie et le bonheur
Quant au berceau d’osier où la dive bouteille Repose auprès des verres sur la blanche nappe Dans ma tête déjà un grand rêve s’éveille Et je me vois alors en un bel hanap
Entouré de bacchantes vêtues de feuilles de vigne M’enivrant de ton âme respirant tes parfums Avec Bacchus Dionysos en une transe divine Voulant que ce bonheur n’ait plus jamais de fin
Et sans même te boire sans même te goûter Rien qu’à humer ton âme rien qu’à te regarder C’est déjà le bonheur qu’il me faut partager Prions que ce bonheur n’ait plus jamais de fin…
La mise en bouteille
Comme dit le dicton, quand le vin est tiré, amis, il faut le boire alors buvons, buvons
Et sans trop nous presser, amis goûtons pour voir le vin de nos contrées, le grand Clos de Clamart
Lorsque vient la froidure et qu’au coeur des tonneaux le vin s’est fait plus pur, lorsqu’il est vin nouveau…
Quand le vin de Clamart prend sa robe vermeil vite, que l’on démarre la grande mise en bouteille
Notre maître de chais a pris la décision: notre vin est très bon, il est beau et parfait
Alors, oui, dans la joie de la mise en bouteilles, je verse, et puis je bois le bon jus de la treille.
A la Saint-Vincentc’est la fête au village A la Saint-Vincent du vin et de cépages
Compagnons vignerons sachons dans le bonheur fêter le saint patron de cette précieuse liqueur
Au milieu de l’hiver quand il fait froid dehors buvons levons nos verres et réchauffons nos corps
Grand-maître officiers chevaliers tastevins il faut ce jour chanter Saint-Vincent et bon vin
Si vous buvez de notre vingardez bien en bouche (bis)(bis) ce plaisir divin (bis)
Robe brillante ou reflet gris Du rose pâle au jaune flétri Belle couleur qui donne envie De le boire jusqu’à la lie
Au nez d’une grande fraîcheur arôme floral et noisetté bouquet qui sent le bonheur le fruit le miel et la gaieté
attaque ferme non agressive évolution franche et vive il a vraiment belle charpente corps ample et bouche puissante
(et un grand merci à Jeannine Dessienne pour les photos retrouvées dans ses albums, véritable mémoire de la Confrérie)
Celui-là est à Madrid (Musée Thyssen-Bornemisza)Et ce dernier tient un verre d’une hauteur inhabituelle. Il est à L’Ermitage de Saint-Petersbourg.Et voici un concert (1623, National Gallery of Art, Washington DC)
Remercions la direction du cinéma le Balzac, aux Champs-Elysées, qui tous les ans nous gratifie, à l’occasion du Nouvel An russe, d’une pépite du cinéma soviétique peu ou pas connue sous nos latitudes. Cette année, c’était la prisonnière du Caucase, de Leonid Gaïdaï, énorme succès qui eut plus de 70 millions de spectateurs lors de sa sortie en 1967.
Dans ces montagnes reculées le droit des femmes n’est guère reconnue et Nina, jeune fille moderne, sportive et membre des Komsomols a fort à faire pour échapper aux malandrins qui veulent l’enlever pour la marier contre son gré.
Vue de Russie, cette contrée, le Caucase, est le pays de la vigne
et ses habitants, des buveurs de vin impénitents.
Aussi boit-on dans toutes les occasions !
Ce n’est pas une légende. Alexandre Dumas, qui voyagea en Géorgie en 1858, en rapporta ces impressions (in Le Caucase chap. 47):
Un dîner géorgien est un repas où les petits buveurs boivent leurs cinq ou six bouteilles de vin, et les grands leurs douze ou quinze. Quelques-uns ne boivent même pas à la bouteille, ils boivent à l’outre ; ceux-là vont à vingt-cinq bouteilles. C’est en Géorgie une gloire de boire plus que son voisin. Or, la moyenne du voisin c’est toujours une quinzaine de bouteilles.Dieu, qui mesure la rigueur du vent en faveur de l’agneau nouvellement tondu, a donné aux buveurs géorgiens le vin de Kakétie, c’est-à-dire un vin charmant, qui ne grise pas, ou plutôt, entendons-nous bien, qui ne monte pas au cerveau. Aussi, les Géorgiens ont été humiliés de pouvoir boire dix ou douze bouteilles sans se griser. Ils ont inventé un récipient qui les grise malgré eux, ou plutôt malgré le vin. C’est une espèce d’amphore que l’on appelle une goulah. La goulah, qui est, en général, une bouteille à gros ventre et à long goulot, emboîte le nez en même temps que la bouche, de façon qu’en buvant on ne perd non seulement rien du vin, mais encore rien de sa vapeur. Il en résulte que, tandis que le vin descend, la vapeur monte, de sorte qu’il y en a pour tout le monde : pour l’estomac et pour le cerveau. Mais, à part la goulah, les buveurs géorgiens ont encore une foule d’autres vases des formes les plus fantastiques : ils ont des courges à long tuyau ; des cuillers à soupe au fond desquelles, je ne sais pourquoi, il y a une tête de cerf en vermeil dont les bois sont mobiles : elles s’appellent quabi ; des coupes, larges comme des soupières ; des cornes montées en argent, longues comme la trompe de Roland.
Le moindre de ces récipients contient une bouteille, qu’il faut toujours boire d’un seul coup et sans se reprendre. D’ailleurs, le convive géorgien ou étranger qui s’assied, je me trompe, qui s’accroupit à une taille géorgienne, toujours maître de ce qu’il mange, n’est jamais maître de ce qu’il boit.
C’est celui qui lui porte un toast qui décide de la capacité de son estomac. Si le toast est porté avec une goulah pleine, avec une courge pleine, avec une quabi pleine, avec une coupe pleine, avec une corne pleine, celui qui accepte le toast doit vider jusqu’à la dernière goutte la goulah, la courge, la coupe, la quabi ou la corne. Celui qui porte le toast dit ces paroles sacramentelles : « Allah verdi. » Celui qui accepte le toast répond : « Yack schioldi. » Ce défi lancé, il faut boire ou crever.