Parodies bachiques

Le concert de Willie Christie et de ses Arts Florissants tenu mardi 25 juin à la Cité de la Musique nous a révélé des parodies bachiques, sorte de goguettes qui détournent des airs d’opéra ou d’opéra-comique.

C’était l’habitude à l’époque classique, où il y avait sans doute plus de rimeurs que de compositeurs et où la reprise d’airs connus du public rendait plus facile la diffusion des nouvelles chansons.

Judith le Blanc a étudié ce phénomène. Dans son article : Le phénomène parodique, révélateur et catalyseur des succès de l’Opéra, elle constate que « Lully est également le compositeur le plus parodié au sens musical du terme, sous la forme de pièces détachées, pendant toute la première moitié du xviiie siècle « , et que « les airs de Lully se diffusent en revanche à la fois horizontalement et verticalement, leur simplicité, leur universalité et leur qualité mnémotechnique, ayant le pouvoir – sinon le charme – de rendre les frontières sociales poreuses « depuis la Princesse jusqu’à la servante de cabaret »

« Pour qu’un opéra ait du succès, il faut en effet que le public puisse s’en approprier des airs, autrement dit, il faut qu’il soit un réservoir de tubes. Un opéra n’a de succès que si le public de l’époque sort du théâtre en en fredonnant certains airs. » « Tout est fait pour faciliter l’apprentissage et la participation du spectateur chantant

Pour aller plus loin, voir aussi l’ouvrage publié par Judith le Blanc chez Garnier classiques :

Avatars d’opéras, Parodies et circulation des airs chantés sur les scènes parisiennes (1672-1745)

Les parodies chantées par les Arts Florissants sont dans le recueil « parodies bachiques, sur les airs des symphonies des opéra », paru en 1696.

Il fait la part belle à Lully. Mais les airs joués par les Arts Florissants sont de Marc-Antoine Charpentier (Médée, I : chi témé d’amore =malgré l’esclavage ; III : second air des démons= que sur mer et sur terre ) et de Henry Desmarest (Circé, V: le prélude des vents= lorsque je suis au cabaret). Pas de signature pour les textes, mais des initiales :  M.R et Md’Y.

Dommage de ne pas avoir d’enregistrement de ces parodies. Mais on peut écouter les airs originaux, en chantonnant les parodies :

Chi teme d’amore, par le concert spirituel

Malgré l’esclavage où l’amour t’engage De ce doux breuvage Parbleu tu boiras

Le second air des démons, Par les arts florissants

Le prélude des vents, par Boston Early Music Festival Orchestra

Lorsque je suis au cabaret A l’ombre d’un buffet Je me moque du temps…

D’une trop c courte vie, rions et chantons, Vuidons les flacons…

A noter, parmi les dizaines de parodies répertoriées dans le recueil de monsieur Ribon, cette mention du rouge bord dont nous avons parlé il y peu.

Amis je bois un rouge bord, secondez mon effort

Pour les gastronomes, des parodies ont été écrites pour accompagner des recettes de cuisine. Voici le festin joyeux, publié en 1738, (déjà rencontré).

On y retrouvera la recette des fricandeaux en ragoût, chantée sur l’air Boire à la capucine.

A le parcourir, on réalise que c’est quand même quelque chose, la gastronomie française ! et qu’elle vient de loin…

Pour les amateurs de cuisine au vin, on recommandera par exemple :

Les pigeons au soleil
La galantine de poisson
Le brochet rôti à la Bavière
La matelote aux petits oignons
Les soles à l’espagnolle
la carpe farcie à l’angloise
les truites aux huitres
La barbue au court-bouillon
les soles à la sainte Menou
l’anguille à l’angloise
les lottes à l’allemande
les vives aux truffes vertes
la terrine de poisson
Le faisan à la sauce à la carpe,
La hure de sanglier,
La teste de boeuf à l’angloise
Les andouilles de porc
Les pieds à la Sainte Menou
Les lapereaux à l’espagnole

Tous les airs sont en fin de volume

Mazette !

Bien nous en pris de répondre à l’invitation de l’agence Rouge aux lèvres de Margot Ducancel, « l’influenceuse n°1 du vin en France« , qui organisait lundi soir sa 5ème « Rosé Summer Party » sur la péniche Le Mazette (« péniche ultra tendance amarrée en plein coeur du 12ème ! » c.a.d. Quai de la Râpée en face de la gare d’Austerlitz ).

Parmi la 40-aine de producteurs de rosés, venus de toute la France, un contingent important de Champagnes et de vins de Provence et du Languedoc, bien sûr.

Nous y avons fait quelques belles rencontres comme le Domaine Anne de Joyeuse, dans le vignoble de Limoux, qui présentait sa cuvée Alta. Son assemblage, comprenant 60% de malbec, développe un subtil « bouquet d’agrumes marqué par le pamplemousse… »

Autre trouvaille, le domaine de Léos à L’Isle sur Sorgue, dont la cuvée Augusta s’avère d’une incroyable longueur en bouche, chose rare pour un rosé.

Composée avec 60% de grenache, elle est assemblée avec rolle (vermentino) et bourboulenc, » fin dosage entre le Grenache qui donne une belle assise à la structure et l’aromatique, le Bourboulenc qui apporte du gras et le Vermentino qui vient donner du «peps» et offre une belle finale fraîche..« 

Devinette : fils d’Augusta, père de Léon et Oscar (Leos), qui est le créateur et propriétaire de ce domaine qui produit aussi une huile d’olive réputée ?

Il y avait aussi deux « Outsiders » : Pierre Chavin qui produit un vin désalcoolisé,

« Paré d’une séduisante robe rose pâle, le Chavin Zéro Rosé vous accueille avec un bouquet flatteur, vibrant d’arômes de fruits jaunes et de fleurs blanches, à la fois harmonieux et délicat. Sa bouche, finement fruitée et légèrement acidulée vous emporte dans une aventure gustative raffinée. Avec zéro arômes ajoutés, ce rosé désalcoolisé est le résultat d’une promesse gustative inégalée. »

et So Jennie, qui propose une création originale de Jennie Kergoat-Ruelland. Un « effervescent sans alcool à base de moûts de raisin de grande qualité pour une robe délicatement rosée et de fines bulles aux arômes subtils« .

Merci donc, Margot pour ce bon moment et ces belles découvertes !

Trinquons

On connait la chanson de Pierre-Jean de Béranger : « Trinquer est un plaisir fort sage… ». Elle figure dans un recueil publié en 1821.

Elle est au répertoire du Souffle de Bacchus, l’ensemble vocal des Echansons de France.

Béranger a simplement repris un air connu, comme il était d’usage à l’époque :  » l’air de la catacoua » , déjà utilisé dans une pièce créée en 1786, « Constance » (source : la base de données théâtre et vaudevilles Théaville), sans doute encore plus ancien.

L’intéressant est qu’un siècle plus tard, en 1913, Camille Saint-Saëns s’empare du sujet et compose sa propre version, qui n’a rien à voir avec l’air classique. En voici quelques interprétations

Celle des Polyphonists, à Emmanuel Episcopal Church in Baltimore, Maryland

Celle des Tel Aviv Renaissance Voices

et celle de la chorale française de Boston

De Saint-Saëns, nous connaissions la chanson à boire du bon vieux temps, sur un texte de Boileau. Remercions Béatrice, de l’ensemble vocal création (EVOC), (et gastronome en plus !) , qui nous a fait connaitre cette oeuvre.

Et la partoche est

Si tu veux la paix…

prépare le vin !

C’est le titre de l’ouvrage récompensé cette année par l’Académie Rabelais.

Laure Gasparotto, entourée des membres de l’Académie Rabelais, aux Noces de Jeannette

Rien d’étonnant pour son auteure, Laure Gasparatto , qu’un prof en khâgne n’appella jamais autrement que Gargantua, journaliste au Monde, dégustatrice reconnue, auteure de plusieurs ouvrages sur le vin.

Ce dernier ouvrage est l’occasion d’expliquer l’ itinéraire de cette « nomade, qui vit sur les routes avec un sac léger « , mais qui a trouvé  des racines en Bourgogne, « région qui se situe à la place du coeur sur une carte de France » (qu’il faut imaginer couchée sur le dos).

 Etudiante en histoire, les vendanges lui ont fait découvrir un monde nouveau et l’amenèrent  à se plonger dans l’histoire de domaines centenaires d’un « vignoble qui s’impose depuis le Moyen Age comme le plus ancien et le plus stable de France », avec ses deux cépages fétiches chardonnay et pinot noir (le gamay ayant été prohibé par Philippe le Hardi en 1385), et  ses 1247 climats reconnus  par l’Unesco.

Depuis le temps béni des abbayes de Cluny et de Citeaux, au Moyen-Age, des moines viticulteurs se sont transmis de génération en génération leurs expériences et connaissances, et à la puissante cour de Bourgogne, les ducs ont compris tout l’enjeu d’un vin de grande qualité.

L’auteure rappelle l’importance de la paix d’Arras en 1435 qui met fin à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons et permet à Philippe le Bon de « soutenir politiquement la production d’un élixir unique et non reproductible ailleurs ». « Si tu veux la paix, prépare le vin » conclut-elle plaisamment. On aurait pu dire aussi bien : si tu veux le vin, prépare la paix !

 En 1441,  le duc fait rédiger « une ordonnance pour déterminer les bons lieux produisant les meilleurs vins et ordonner l’arrachage des vignes des lieux médiocres. » Les cuvées sont dès lors nommées d’après leur lieu d’origine.  En 1459 Philippe le Bon s’autodéclare « seigneur des meilleurs vins de la Chrétienté ». 

Le vin coule à flot lors des banquets légendaires comme celui du faisan en 1454 où l’on fit voeu d’aller délivrer Constantinople prise l’année précédente par les Turcs.

Banquet du faisan tenu à Lille en 1454, par Victor Dresde 1848

L’exposé historique se poursuit avec une réflexion sur le goût du vin, car « produire un bon vin est une chose, en produire un grand en est une autre ». Il n’y a pas que le sol. L’oenologie pratiquée sur la côte bourguignonne est la traduction en termes techniques d’un effort collectif immense et constamment renouvelé  » (Louis Latour). La grande viticulture engendre un coût insoutenable pour le commun des mortels.

On en vient donc à parler prix. A crus exceptionnels, produits en quantité limitée, prix exceptionnels. Peut-on ouvrir une bouteille valant plusieurs milliers d’euro ?

Laure Gasparotto n’a pas trop à se poser la question. Personnalité du monde du vin (n’a-t-elle pas monté dans les années 90 avec de jeunes viticulteurs , la » robe du vin », une manifestation visant à apparier grands crus et haute couture, au chateau de Savigny-lès-Beaune puis de Clos de Vougeot?),  elle a l’occasion de participer à des réunions et autres dégustations où tout peut arriver…

« C’était chez Alfred Tesseron, dans son château Pontet-Canet, à Pauillac…on me tendit un verre de blanc que je pris machinalement… je sentis le vin et m’arrêtai net dans mon élan. J ‘avais l’impression que mes pieds s’enfonçaient dans la terre… je me délectais des parfums multiples, acacia, noisette, mirabelle, épices douces… j’étais transportée par les saveurs enveloppantes et vibrantes de ce nectar divin…

« C’est un meursault narvaux 2007 du domaine d’Auvernay » lui souffla-t-on.

Une bouteille valant plus de 7000 euro sur le marché, que son propriétaire offrait à ses invités, leur rappelant ainsi que le vin est fait pour être bu.

ceci n’est pas une pub !

Heureuse Laure Gasparotto !

Et heureux invités aux Noces de Jeannette à la remise du prix, où l’on a bu de bonnes choses, quoique bien plus modestes !

T’as bu bonhomme…

C’est une chanson qui peut paraitre un peu fruste, mais elle a ses lettres de noblesse. La Circassienne ou varsovienne (d’autres disent valsovienne) est une danse, une mazurka, ramenée de Pologne par les soldats de Napoléon.
Les paroles sont simples :

T’es saoul bonhomme (ter) t’as bu
T’as bu bonhomme (ter) t’es saoul..  

Elle a été très populaire, notamment en Saintonge et dans le Poitou, et en pays de Brive

Il y a des variantes : t’es saoul goret…

On trouvera musique et pas de danse ici

A la bibliothèque-musée Richelieu

L’ancien site de la Bibliothèque Nationale n’abrite pas que des vieux bouquins et autres manuscrits enluminés et incunables, il recèle aussi de belles collections d’art antique.

Le trésor de Berthouville, qui compte de nombreuses pièces en argent travaillé a été découvert en 1830 dans un champ, en Normandie, dans une cave sous ce qui fut un temple gallo-romain. En voici quelques pièces :

Ces coupes en argent pèsent chacune plus d’un kilo.

Le simpulum ci-dessous est une louche à puiser le vin (1er siècle)

La collection du duc de Luynes révèle d’autres trésors, comme cette vitrine dédiée à Dionysos, où plats, vases et coupes en céramique du 5ème siècle avant notre ère, racontent la vie du dieu, depuis la naissance, où, sur les genoux de Zeus, il est confronté à Héra,

à sa remise à sa tante maternelle Ino et son époux Athamas, puis aux nymphes du mont Nysa,

sa rencontre avec Ariane…

Cette coupe nous montre Dionysos inspectant à dos d’âne les vendanges

Voici deux appliques en or (destinées à être cousues sur un vêtement) représentant Dionysos et son père adoptif Silène

et une assemblée de buveurs jouant à un étrange jeu

L’exposition « l’invention de la Renaissance » , (qui se termine le 16 juin) , permet de voir d’autres objets intéressants, comme ce satyre buvant en bronze (oeuvre du « Riccio » : Andrea Briosco vers 1500),

ce buveur qui se rend à un banquet « comaste » (Epictotes, vers -520)

et cette ménade, reconnaissable à sa « débride en peau de faon et son violent mouvement de torsion » (terre cuite 3ème siècle BC)

L’exposition donne aussi à voir de fabuleux manuscrits, comme celui, appartenant à Pétrarque, des oeuvres de Virgile.

Son frontispice commandé à Simone Martini par Pétrarque)  représente trois personnages, les yeux fixés sur Virgile, personnifiant les œuvres de l’auteur latin : le chevalier que regarde Servius représente Énée de l’Énéide, le paysan les Géorgiques, et le berger les Bucoliques

paysan taillant sa vigne

On comprend que la Renaissance fut une « effervescence intellectuelle, artistique et scientifique nouvelle. L’humanisme en constitue le cœur : né dans l’Italie du XIVe siècle et caractérisé par le retour aux textes antiques et la restauration des valeurs de civilisation dont ils étaient porteurs, le mouvement humaniste a produit en Occident un modèle de culture nouveau, qui a modifié en profondeur les formes de la pensée comme celles de l’art. Les princes et les puissants s’en sont bientôt emparés pour fonder sur lui une image renouvelée d’eux-mêmes, comme l’attestent tout particulièrement les grandes et magnifiques bibliothèques qu’ils ont réunies. »

On comprend aussi « le rôle fondateur joué au XIVe siècle par Pétrarque et sa bibliothèque ; la redécouverte des textes antiques et la tâche de leur diffusion par la copie manuscrite, le travail d’édition, la traduction ; l’évolution du goût et des formes artistiques qu’entraîne une connaissance toujours plus étendue du legs de l’Antiquité ; la promotion nouvelle de la dignité de l’être humain et des valeurs propres à sa puissance d’action et de création, telles que le programme humaniste de célébration des hommes illustres les exalte. »

Parmi les grands découvreurs, on retrouve le Pogge (Poggio Bracciolini, qui retrouva au 15ème siècle au fond d’une abbaye germanique le fameux De natura rerum de Lucrèce). Son itinéraire est relaté dans Quattrocento (The Swerve, de Stephen Greenblatt)

Et l’on songe en quittant l’exposition à ces mots de Sénèque :

otium sine litteris mors est et hominis vivi sepultura 

(Le repos sans l’étude est une espèce de mort qui met un homme vivant au tombeau).

A Majorque

Grande comme un petit département français (3640 km2), l’ile de Majorque compte quelques 1350 hectares de vignobles, principalement dans sa partie centrale et sur les pentes de la chaine « Tramontane » qui la domine au Nord.

Notre baptême du vin de Majorque, c’est avec ce « rosat Novell » aux « sutils aromes fruitals » servi par l’ami Francesco que nous le recevons.

L’histoire du vin à Majorque remonte aux romains. Outre l’usage religieux, beaucoup de fermes produisaient traditionnellement un vin de consommation courante à boire « ici et maintenant », comme dit Pierre Guigui.

ancien pressoir de la finca Son Pieras près de Llucmajor

Laissant le hasard guider nos pas, nous remontons la scénique route de la Tramontane

un clos sur la route de Valldemossa

qui ici est la montagne (et non pas le vent) du nord, et avisons Valldemossa, petite cité sise à 500 m d’altitude, fameuse pour son monastère, la Real Cartuja, ses visiteurs (George Sand et Chopin), ses ruelles, ses jardins, et la Santa Catalina dont chaque maison porte un carreau…

Nous y rencontrons Pablo, natif d’ Argentine qui tient une atypique « Boutique de vinos y camisetas personalizadas ».

Plasticien, il vend aussi sa production artistique dont voici quelques exemples.

Cette Cène rassemble des écrivains familiers de Majorque

Nous y dégustons ce savoureux malvoisie « Mar de Bé » de la Bodega Can Rubi.

On y peut lire aussi cette citation de Gustav Malher : « Un verre de vin au moment opportun vaut plus que toutes les richesses de la terre ».

Cette maison ( la Bodega Can Rubi) tient boutique à Santa Maria del Camí où le hasard mènera nos pas quelques jours plus tard.

On n’y goûte que le vin vendu en vrac, mais toute la production du domaine peut être achetée là, et notamment Mar de Bé, en version Malvoisie et Sauvignon blanc.

sur la route des vignes en DO Binissalem

Santa Maria del Camí est la porte d’entrée à l’ouest de la DO Binnissalem.

Un peu plus loin Binissalem nous accueille avec ses vendangeurs

Une petite faim ? la Ca s’hereu est l’endroit où retrouver pour déjeuner la population locale.

La bodega José L. Ferrer accueille les visiteurs avec ostentation

dans des locaux impressionnants où l’on note un effort de décoration.

A 500 mètres d’altitude, le monastère de Lluc jouit d’un site exceptionnel en pleine Serra de Tramuntana. Un musée y abrite quelques bijoux dans la collection du peintre Josep Coll Bardolet,

comme ce dessin de buveurs attablés devant de grands foudres

ou ces « trois portraits » au verre et au raisin de Pau Fornés

et cette scène champêtre sur un petit éventail très 18ème, sans doute plus tardif en Espagne.

Terminons cette promenade majorquine avec ces quelques images rapportées de Palma, la capitale.
Ces grappes de raisin ont été placées dans La Chapelle San Pedro de la cathédrale de Palma (la Seu) par Miquel Barceló, lors d’une rénovation dans les années 2000.


Le Castell Bellver, citadelle circulaire qui domine la ville, abrite un musée d’Histoire de la Cité de Palma. On y a vu ce joli carreau de faïence, représentant un marchand de vin en pleine action

et cette « hermadionisiac » sculpture du 18ème, d’après l’antique.

On quitte Majorque avec le sentiment qu’il reste encore beaucoup à voir, et à boire !

A Bientôt Majorque !

Astuce utile

Qui ne s’est jamais retrouvé avec un bouchon au fond d’une bouteille ? Comment s’en sortir (et le faire sortir )?
La réponse est bien connue des experts, mais est toujours bonne à se remémorer.

Il suffit d’un torchon…

Et merci à l’Université de Lille.

Avec un sac plastique, ça marche aussi !

Un simple torchon, eh oui ! Pour s’en souvenir, retenons ces vers :

Ci-gît au fond d’une bouteille, un triste bouchon,
Pour l’en sortir il suffit d’un simple torchon.

Pendant qu’on y est, comment faire pour déboucher une bouteille sans tire-bouchon ? Avec une chaussure, bien sûr ! En mode haiku,

Sans ton tire-bouchon
T
es bien démuni mon gars
Pense à ta chaussure !

Etonnant, non ?

Madame Favart

Oya Kephale, cette joyeuse troupe lyrique amateur qui nous ravit régulièrement avec des opérettes, opéras-bouffes et comiques (barbebleue en 2022, les brigands l’an dernier), revient au théâtre Armande Béjart d’Asnières avec une oeuvre tardive (1878) d’Offenbach, Madame Favart. Une pépite à ne pas négliger ! C’est jusqu’au 25 mai !

Basée sur l’histoire vraie de Justine, célèbre artiste des années 1750,

épouse de celui qui a donné son nom à la salle de l’opéra-Comique de Paris, Charles Simon Favart,

c’est une histoire rocambolesque où l’on trouve des puissants libidineux (le maréchal de Saxe et le gouverneur d’Artois)  qui seront ici mis en échec par cette fine mouche.

On trouvera le livret ici

Une scène enlevée nous la montre, dans une auberge, charmant les gardes lancés à sa recherche avec des airs populaires (Fanchon, ma mère aux vignes m’envoyit). 

MADAME FAVART, CHŒUR DES SOLDATS.

A l’auberge de Biscotin
On boit, dit-on, d’excellent vin !
Nous sommes rompus et pour cause,
Il faut ici qu’on se repose,
Reposons-nous, le verre en main,
A l’auberge de Biscotin !

Le vin coule à flot et les gardes seront bientôt gris…

MADAME FAVART, gaîment.

Tendez vos verres… il faut boire !

Elle verse à boire.

TOUS.
Buvons, buvons à pleins verres,
Aimable et jeune beauté,
En braves, galants militaires
Nous allons boire à ta santé !

MADAME FAVART, versant.

Buvez, buvez, buvez encore !
Buvez, buvez, buvez toujours !

LE SERGENT, se levant en chancelant.

Ah ! palsanguienne ! je t’adore !
Verse, déesse des amours !

Il tend son verre.

MADAME FAVART, versant.
Buvez encore ! Buvez toujours !

LES SOLDATS, buvant et chancelant
Buvons encore !Buvons toujours !

MADAME FAVART, bas à Biscotin.
Ils sont tous gris !

Au 2ème acte, une autre scène montre les marmitons porteurs de bons mets, appelés par le mari Favart qui n’en peut mais, envahir la scène pour circonvenir un gouverneur bien entreprenant.

LES MARMITONS, entrant et entourant Pontsablé.

Pour que Bacchus le tienne en joie,
Nous apportons à monseigneur
D’excellents gâteaux de Savoie,
Vins exquis et fine liqueur !

version de 2019 à l’opéra Comique

(Spoiler : Le gouverneur n’arrivera pas à ses fins, il sera même démis par le roi)

Quant au maréchal de Saxe, si on ne le voit pas sur scène, il ne lâchera pas l’affaire dans la vraie vie. Mais c’est une autre histoire.

Moisson d’avril

Ce n’est pas une grande moisson, mais il serait dommage de garder ces quelques images pour soi.

Voici tout d’abord deux peintures de Jean-Yves Templier (@jy_templier), artiste peintre de la Cadière d’Azur, représentant les vignes au printemps, et en automne.

(exposition à la maison Flotte de Sanary/mer jusqu’au 12 mai de ce peintre coloriste aux multiples techniques)

A Sanary également on a pu assister à cette danse géorgienne particulièrement endiablée, la bouteille impavide semblant vissée sur le crâne du danseur.

une bouteille en parfait équilibre

Un peu plus loin à l’entrée de Bandol cette sculpture, monument de 22 tonnes installé au « Jardin de la Mer », honore la Mer et la Vigne depuis plus de 20 ans. Elle est l’oeuvre de Robert Rayne, sculpteur et peintre, lauréat du concours lancé par la ville de Bandol pour symboliser la ville.

Mer et Vigne, du sculpteur Robert Rayne.

A Marseille, au Musée Regards de Provence, on a revu avec plaisir ce repas de paysans, (Lou gousta, du peintre Alphonse Moutte dont on a vu récemment La régalade (au musée des Beaux-Arts de Marseille).

Remercions Lissinck, notre correspondante au Comtat Venaissin, qui nous a fait parvenir cette décoration bachique que l’on peut voir au Palais des Papes d’Avignon.

Téléportons-nous pour conclure à Strasbourg, où l’on peut voir cette belle enseigne du Gasthof Schwanen. Ce n’est pas si loin ! (7h de TGV depuis Toulon)