Cà fait rire notre ami Michel
Peut-on se soûler par les pieds ?
Voici encore une bonne question posée par l’improbabologue Pierre Barthélémy, passeur de sciences toujours à l’affût d’études atypiques, et dont nous rapportons régulièrement les travaux, lorsqu’ils nous concernent (voir nos articles le prix et le plaisir, ivre sans boire, 1258, et tout récemment la couleur des odeurs)
La réponse est NON, comme il le démontre dans son article paru dans le Monde du 6 novembre dernier. Ni par les pieds, ni par les mains, contrairement à une légende danoise. L’absorption d’alcool ne peut être que minime, comme le montrent les expériences relatées.
Savoir enfin qui nous buvons…
Habitué du Théâtre Monfort, il était difficile de passer à côté d’un spectacle avec un tel titre ! On y est est donc allé, sans trop savoir ce qui nous attendait, un petit spectacle d’une heure ou deux sans doute, assorti d’une dégustation peut-être ?
Erreur. A peine arrivé nous voilà avertis que le dernier métro est à 1h40 et qu’en cas de nécessité le premier est à 5h du mat. On croit à une blague, d’autant plus que le maître de cérémonie, un grand escogriffe frisé et sympathique, cultive une ressemblance de style avec Pierre Richard.
On prend place à des tables façon bistrot, sur lesquelles du raisin est servi, avec en main un verre sur lequel est gravé le titre du spectacle. Nous sommes plus de cent, et parmi nous Jérémie, de Télérama… Il y a des rugbymen, des joueurs de hand. Et des vignerons amis. Sept bouteilles sont là sous nos yeux, posées sur un comptoir, nos promises…
Le spectacle commence, ou ne commence pas. En tout cas Sébastien Barrier commence à parler. Il n’arrêtera plus. C’est un conteur intarissable. On comprend assez vite que son propos est une ode aux vins naturels, à ce pays, la Loire, où ils sont produits (et quel nul n’est censé ignorer …), à ces hommes et femmes qui le font, qu’il a rencontrés, qui sont devenus ses amis, qui lui ont tout dit d’eux et dont il nous dit tout, à son tour. Mais pas que, car les digressions sont nombreuses. D’ailleurs, une digression, à partir du moment où elle nous éloigne du sujet pour y revenir, n’est-elle pas une autre façon de le considérer ? On saura donc tout aussi de l’itinéraire de Sébastien, de sa passion pour le conte de rue, de sa participation au festival de l’art de la parole à Rennes, de sa Bretagne, et de son futur boulot : maire de Brest ! Il cite Perros, Jule Chauvet et son esthétique du vin (note ça Jérémie)… Mais tout celà n’est qu’une introduction.
Comment fait-il pour parler tant, si bien et sans se perdre ? Et d’ailleurs peut-on « répéter » un tel spectacle ? La réponse vient : il y a un plan, en forme de graphe !
Et nous, le public, comment faisons nous pour tenir ? Certes il parle bien, depuis déjà près de deux heures ! Et ce qu’il dit est intéressant, voire passionnant..
Les sept bouteilles bien sûr, qui nous sont promises, avec ce verre bien tangible, acompte d’un bonheur à venir, que l’on nous a remis et que l’on pourra garder !
La première (piège à filles du domaine des capriades) sera débouchée au bout de deux heures, avec un peu d’olivade. Pour déguster la seconde (miss terre), il faudra attendre une heure de plus ! Ensuite, il faudra subir un « trou indochinois », sorte de plongée dans l’enfer de la drogue, que Sébastien nous fait vivre à travers les écrits d’un malheureux qui peine des années à en sortir. Sébastien gueule, Sébastien souffre, et nous avec lui.
Nous voilà enfin maintenant au coeur du sujet : la vie de ses amis vignerons, comment ils le sont devenus, leur passion, leur manière d’être, le tout sur grand écran piloté par une tablette…
Onze heure trente : la troisième bouteille. On fait une pause. Ouf, on en a besoin pour souffler. On nous sert des délicieux gâteaux. Ca va peut-être s’accélérer ? Voici Sébastien dans les vignes, où il opère seul, les vignerons l’ont envoyer là pour qu’il ferme enfin sa grande gueule, dit-il. Et il sait tout de la taille, dont il ne nous épargne rien. Mais non, minuit sonne.
Mais qu’est-ce qu’on en a à faire de ces histoires de vignerons ? A regarder la figure christique de Sébastien nous magnétiser, la lumière se fait tout à coup : c’est LUI le sujet, le reste n’est que leurre. Messie laïque, il prêche pour sa paroisse (Lui, ses valeurs, sa justification). Le trou Indochinois, c’est sa Passion. Ces histoires de vignerons ? des Paraboles sur l’Amitié, l’Amour, la Volonté, la Nature… Et les sept bouteilles ? Son Sang. On sait enfin Qui nous buvons !
A une heure on ouvre la cinquième bouteille, un gamay, ce n’est pas mon cépage préféré.
A une heure quinze, re-pause ; épuisé, devant me lever tôt le lendemain, je me décide à regret à partir, en ayant le sentiment d’abandonner un frère. Je ne connaitrai pas la fin, à quelle heure, et combien de jusqu’au-boutistes ? Jérémie, lui , est toujours là. Peut -être le lira-t-on dans Télérama ? Pardon Sébastien, mais cinq heures de spectacle, ça suffit, non ?
PS On pourra voir encore ce spectacle du 21 au 23 mai 2015 au Théâtre Monfort.
(lire le commentaire pour un planning plus complet)
mal de tête
Que n’a-t-on pas entendu sur le vin, particulièrement le vin blanc, qui donnerait mal à la tête ?
Voici qu’une voix autorisée, celle d’Henri-Jean Aubin, professeur à Paris-Sud, chercheur à l’INSERM, et Président de la Société française d’alcoologie, vient nous aider à y voir clair, si l’on peut dire, dans le dernier numéro (444) de Pour la Science.
Le sujet n’est pas simple. Et d’abord nous ne sommes pas tous égaux devant ces maux, en raison de variations métaboliques d’origine génétique.
Si le vin est pointé du doigt depuis l’Antiquité (au début de notre ère dans « De arte medica« , le médecin romain Aulus Cornelius Celsus le mettait déjà en cause), quels en seraient les constituants responsables de ces maux ?
L’éthanol ? il se transforme en acétalaldéhyde dont l’accumulation, chez ceux qui ont du mal à l’éliminer, entraîne divers symptômes comme les maux de tête.
Les sulfites ? ils sont cinq fois plus présents dans les fruits secs qui ne provoquent pas de céphalées. Et aucune étude n’a établi un lien avec les migraines.
Les phényléthylamines ? les polyphénols ? les tanins ? ils pourraient avoir un rôle, en déclenchant la libération de sérotonine, ce neuromédiateur qui semble impliqué dans les maux de tête…
Au final, rien de définitif ne ressort des études aux résultats contradictoires : l’une place le vin rouge en tête des boissons à risque, l’autre la bière. Le vin blanc a été incriminé dans les années 80-90 par des neurologues bordelais, mais ils ont souvent été jugés partisans.
On n’est donc pas très avancé. Une vieille chanson tsigane pourrait-elle de quelque secours ?
La voila chantée par Dimitri Ivanov. Son message ? Ce n’est pas la bouteille de vin qui donne mal à la tête, c’est celui qui ne boit rien qui a mal !
Ехали цыгане - не догонишь.
И пели они песни - не поймешь.
Была у них гитара - не настроишь.
И, в общем, ничего не разберешь.
ПРИПЕВ: Бутылка вина - не болит голова,
А болит у того, кто не пьет ничего.
Ой, бутылочка вина! Ах, не болит голова,
А болит у того, слышишь, Саня,
Кто не пьет ничего.
Так лучше веселиться, чем работать,
Так лучше водку пить, чем воевать.
И вспоминать за мамины заботы,
И белые костюмы одевать.
ПРИПЕВ:
Бутылка вина! Ах, не болит голова,
А болит у того, кто не пьет ничего.
Ой, бутылочка вина! Не болит голова,
А болит у того, у кого,
У того, кто не пьет ничего.
Так лучше быть богатым и здоровым
И девочек роскошных целовать,
И миновать тюрьмы замок суровый,
И деньгами карманы набивать.
ПРИПЕВ:
Бутылка вина! Ну не болит голова,
А болит у того, кто не пьет ничего.
Эй, бутылочка вина! Не болит голова,
А болит у того - давай ребята, -
Кто не пьет ничего.
En voici un essai de traduction par le service ad hoc du bon clos
Les tsiganes sont passés, faut pas courir après
Ils ont chanté des chansons, on n’y a rien compris
Ils avaient une guitare, même pas accordée
dans cette histoire on n’y voit goutte
La bouteille de vin, à la tête ne fait pas mal
C’est celui qui ne boit rien, qui a mal !
Mieux vaut s’amuser que travailler
Boire de la vodka que faire la guerre
Se souvenir des soucis de maman
Et porter des costumes blancs.
Mieux vaut être riche et en bonne santé
Sortir avec des filles de luxe
Eviter les sombres prisons et leurs serrures
Se mettre de l’argent plein les poches
Chez Ray-Jane
Nous voici dans ce domaine de Bandol (voir aussi le site www.domaine-ray-jane.fr) basé au Plan du Castellet dont les propriétaires, la famille Constant, s’enorgueillit d’être vigneron de père en fils depuis… 1288 !
On n’ira pas vérifier, ce qui compte c’est le vin, réputé (culture traditionnelle sans produit chimique et cave « ultramoderne ») et d’un bon rapport qualité prix (notamment les vins en vrac).
On est reçu dans un espace réduit aux murs couverts de tableaux, outils, etc. relatifs aux vins. La tonnellerie est à l’honneur
et une palanquée de dictons
et ce poème écrit par un admirateur, M.Ramon.
Il y a aussi un petit musée qu’il nous reste à visiter…
Vu en Provence
Cette porte à Vaison la Romaine
Ce tympan de couvent en Avignon
Et voici un meuble qu’il était naguère d’usage en Provence, chez les gens aisés, d’offrir aux jeunes époux.
Il servait à conserver le pain, pardi !
Celui-ci est décoré d’une scène de vendanges sculptée dans le bois.
Il est en vente chez un brocanteur de Villeneuve-lez-Avignon, Intérieur Collection, où l’on peut voir aussi cette nature morte :
Un métier à risque
Caviste, marchand de vin, voilà bien un métier à risque, et cela ne date pas d’hier…
Nous connaissions l’histoire de Giefrein de Clamart, ce garçon qui perdit la vie dans des chais, intoxiqué par les émanations de gaz carbonique (mais qui miracle la recouvra grâce au benoît Saint Louis, dit-on).
Ce n’est pas un fait isolé.
C’est ce qu’on réalise avec effroi en effet en parcourant le journal d’événemens tels qu’ils parviennent à ma connaissance, écrit par le Sieur Siméon-Prosper Hardy dans les années 1750-1780.
Ainsi, le mardi 1er décembre 1778, un marchand de vin de la rue des lombards fut attaqué dans sa cave par un particulier prétendant vouloir acheter du vin, mais qui en voulait à son argent, ce qu’il demanda en présentant un pistolet. Hélas pour lui, il ne put en faire usage, la pierre à fusil étant tombée à terre, il dut donc prendre la fuite…
Sans succès, car il fut arrêté un peu plus loin, rue Trousse-Vache.
Quant au pauvre marchand de vin, il tomba malade des suites du saisissement qu’il avait éprouvé !
La justice fit diligence et une semaine plus tard, le jeudi 10 décembre, le particulier était exécuté à mort et étranglé sur la place du Trahoir.
Et voici un autre événement survenu l’année précédente, en 1777. La mort subite d’un marchand de vin de cinquante ans, victime d’une « attaque d’apoplexie » (on dirait aujourd’hui un AVC).
panetière provençale
Voici un meuble qu’il était naguère d’usage en Provence, chez les gens aisés, d’offrir aux jeunes époux.
Il servait à conserver le pain, pardi !
Celui-ci est décoré d’une scène de vendanges sculptée dans le bois.
Il est en vente chez un brocanteur de Villeneuve-lez-Avignon, Intérieur Collection, où l’on peut voir aussi cette nature morte :
vendanges 2014 à Clamart : deuxième round
C’est sous un beau soleil que s’est déroulée la deuxième ronde des vendanges de Clamart, ces derniers vendredi et samedi de septembre.
Une foule de volontaires s’y pressait parmi lesquels on put remarquer deux miss (Cougar et France -de son petit nom Elsa) toujours très entourées, mais qui n’étaient pas venues pour faire de la figuration ni pour jouer aux billes avec les grains de raisin : on les vit au tri toute une après-midi !
Nos fidèles producteurs nous ont apporté des raisins titrant parfois (potentiellement) jusqu’à douze degrés.
Il en fut de même au clos Franquet où l’on ramassa plus de deux cent kilos de chardonnay
La nouvelle équipe municipale trouva le temps de nous faire une petite visite, tout comme les enfants des écoles toujours enthousiastes
Si nombreux étaient les curieux dans la grange Franquet que le travail y devenait problématique, et l’on pouvait voir les épaules du Vice Grand-Maître Marcel s’affaisser sous le poids des responsabilités et du stress.
C’est alors que notre Grand Maitre décida fort à propos d’emmener un groupe d’une vingtaine de personnes visiter le clos Franquet, la cave Abraham et la maison Boulard toute proche où l’on peut encore voir une exposition de matériel agricole ancien. On put grâce à cette manoeuvre bienvenue mener le travail à son terme, et encuver près de 500 litres de bon moût titrant environ 10 degré d’alcool potentiel. Ce n’est pas un mauvais résultat.
Seule ombre au tableau : les dommages collatéraux causés au matériel de presse mis à sécher dans la rue, par un véhicule de la maréchaussée qui fila sans demander son reste !
la mariée sous l’arbre
Cette mariée sous l’arbre de Nikki de Saint-Phalle n’a guère l’air dans son assiette, nonobstant la bouteille et le verre posés à côté d’elle. 
Quelle différence avec la femme idéalisée de Chagall du double portrait au verre de vin que les lecteurs du bon clos connaissent !















