Au dernier salon des vignerons indépendants, une intruse s’est glissée sur le stand de la maison Taupenot-Merme aux côtés de prestigieuses bourguignonnes.
Quelle est-elle ?

Ce blog est la chronique, dédiée à la vigne et au vin, d'un viticulteur amateur ivre de "fun" et de beauté.
Au dernier salon des vignerons indépendants, une intruse s’est glissée sur le stand de la maison Taupenot-Merme aux côtés de prestigieuses bourguignonnes.
Quelle est-elle ?

Rien de tel qu’une belle chanson pour faire la fête. En voici une, dégotée dans la « Belle Province » qu’au bon clos nous avons adaptée et entonnée pour célébrer le vin nouveau, lors du banquet traditionnel de la Confrérie du Clos de Clamart, ce dernier jeudi 20 novembre.
C’est l’jour du vin nouveau
Goûte-moi donc c’beaujo ma lurette
C’est l’jour du vin nouveau
Faut vider ta bouteille
Faut vider ta bouteille d’ beaujo
Faut vider ta bouteille
La videra qui voudra
Moué je garde la mienne
Moué je garde la mienne beau joe
Elle a un joli cou doux
Une robe vermeille
Une robe vermeille c’beaujo
Comme il serait doux
De boire une gorgée d’elle
De boire une gorgée d’elle beau joe
Mais encore bien plus doux
De souper avec elle
De souper avec elle beau joe
Retrouvez la chanson originale « mon joe« de Paul Piché , un grand de la chanson québecoise, sur youtube
A la demande générale, voici quelques photos et potins recueillis lors du chapitre des vendanges de Clamart , que l’on nous a obligeamment fait passer.
Les confréries dans les vignes du clos Franquet.

La photo souvenir sur les marches de la mairie

deux diplômées !


usual suspects

incontournable dégustation

à laquelle nul ne se dérobe, en tout cas pas le premier magistrat de la ville. Mais il est bon !?! l’entend-y -t-on murmurer…
Vignerons, le train de la reconnaissance est en marche et rien ne saura l’arrêter !
Dix ans, ça ne suffit pas ! C’est du moins l’avis des « messiers » de la Confrérie balnéolaise des Chevaliers de Bacchus », qui célébraient ce samedi 22 novembre son dixième anniversaire.

Les Confréries étaient venues nombreuses participer à cet évenement (ci-dessous des amies de la confrérie gastronomique du cèpe de l apointe du médoc)

et celle du Clos de Clamart ne faisait pas défaut (les deux cités ne sont elles pas associées dans la communauté d’agglomération Sud de Seine).
On a ainsi pu admirer l’exposition présentée à l’occasion,


assister aux intronisations

(ci-dessous, l’ami Tony adoubé, abreuvé et dûment diplomé)



et découvrir « le vieux vin de Bagneux », chanson écrite dans les année 1890 par Clovis (chanteur sur lequel nous reviendrons)

et (re)mise au goût du jour par Patrick Elies (ci-dessus) et Gérard Guilloury.
Il ne faut voir là aucune hyperbole, l’histoire du vin à Bagneux étant très ancienne (n’y dit-on pas que le roi Dagobert en buvait volontiers ?) comme on peut l’apprendre là:
« Après la conquête de la majeure partie de la Gaule et l’unification du peuple franc par Clovis, la dynastie des Mérovingiens cherche à se concilier l’Eglise en faisant preuve de libéralités à son égard. En contrepartie, celle-ci s’empresse de consacrer leurs conquêtes et leurs spoliations. Bagneux, qui jusqu’alors appartenait au domaine royal, est ainsi donné à l’évêque de Paris à la fin du Ve siècle ou au début du VIe. A cette époque, Bagneux est en pleine transformation. Sur ses coteaux déboisés, on plante de la vigne et, rapidement, on s’aperçoit que la terre convient parfaitement à cette culture. Le vin de Bagneux devient célèbre. C’est en 829 que Bagneux apparaît pour la première fois dans un texte officiel. Au cours des siècles, le village se transforme grâce à deux activités : I’exploitation des carrières et le travail de la vigne. Durant sept siècles, des milliers de tonnes de pierres arrachées du sous-sol balnéolais alimentent les chantiers parisiens. Comme les roues de carriers qui émaillaient encore le paysage au siècle dernier, les vignes ont disparu de l’horizon balnéolais. Seuls, des noms de rue témoignent de leur présence ancienne. En 1965, le père Moreau remplissait pour la dernière fois de raisins le pressoir de la rue Albert-Petit. La Fête des Vendanges, reprise depuis 1959 chaque automne, évoque la récolte du « jus divin » et les traditions bachiques. »
Il n’en subsiste qu’un clos, planté en 1981, le clos des Brugnauts, sis rue de la Lisette, où 760 pieds (2/3 sauvignon, 1/3 sémillon donnent aujourd’hui un vin goûteux qui a besoin de vieillir au moins 3 ans, dixit l’oenologue André Georges.
Longue vie à la Confrérie Balnéolaise des Compagnons de Bacchus !
Notre ami Jean,
Jean Mussote, grande figure du clos de Clamart,
n’est plus,
mais il continue à habiter ce blog.
Retrouvons-le à Montmartre , au Mont Valérien , à la grange Franquet où encore au palais Brongniart.
Et chantons avec lui…
L’autre matin tu nous as quitté
bien trop tôt tu n’as pas pu aller
au bout de la route,
au bout de la route
au bout de la route qui mène à cent ans
Mais pour nous tu es toujours là (bis)
dans notre mémoire tu resteras
Refrain
Aux rendez-vous toujours présent
les meilleurs crus toujours goûtant
pour les bons coups toujours partant
avec ta canne clopin-clopant
2)
Qu’avais tu donc à tant te presser
ça ne se fait pas en société
de lâcher ses potes
de lâcher ses potes
de lâcher ses potes inopinément
Mais pour nous tu es toujours là (bis)
dans notre mémoire tu resteras
3)
La confrérie est toute endeuillée
elle a perdu son grand chevalier
la voila qui doute
la voila qui doute
la voila qui doute sans son vétéran
hé jeannot, tu es toujours là ? (bis)
à nos côtés, dis, tu resteras ?
4)
Car qui donc saura déterminer
sans plus hésiter la variété
des raisins qu’apportent
des raisins qu’apportent
des raisins qu’apportent les récoltants ?
qui qui qui qui qui qui qui qui (bis)
qui qui qui qui qui qui qui qui?
5)
qui toujours saura raison garder
aux soins de la vigne toujours veiller
et sans fausse note
et sans fausse note
et sans fausse note nous dire en chantant
ouais les gars je suis toujours là (bis)
le clos de clamart je n’abandonne pas
6)
Avec toi encore nous voulons trinquer
à ton repos, à notre santé
encore une goutte
encore une goutte
encore une goutte de bon vin blanc
Car pour nous tu es toujours là (bis)
dans notre mémoire tu resteras..
dernier refrain
aux rendez-vous toujours présent
les meilleurs crus toujours goutant
pour les bons coups toujours partant
avec ta canne clopin-clopant
pour l’amitié toujours présent
tous les bons crus toujours goûtant
pour l’aventure toujours partant
copains… clopant

Voici une photo prise lors d’une récente dégustation privée. On peut y reconnaitre une figure bien connue du petit monde du vin (et des amis du clos qui surfent sur ce site !)
Les bonnes bouteilles abondaient : champagne, riesling, cabernet-sauvignon, haut-médoc, gigondas, chateauneuf du pape, sauternes…

Mais que faisait-il donc une fontaine de dix litres d’eau dans les bras ?
On se perd en conjectures…
Un nouveau gadget pour les amateurs de vin : l’aérateur de vin Vinturi. On le doit à un inventeur danois, Torben Flanbaum, plombier à la retraite…
Le principe ? Faire couler le contenu d’un verre dans un « canal venturi » muni d’une buse d’aération permettant de mélanger air et vin.

L’intérêt, c’est bien sûr d’aérer verre par verre.
démonstration par un spécialiste de la gestion de l’innovation et de la technologie…
demovinturi
et voici où le trouver sur le net , pour le marché français, on n’est pas sympa au bon clos ?


Cette année, c’est sous le signe de l’Italie que la Confrérie du Clos de Clamart a tenu son chapitre des vendanges.
Le groupe « Di sol e di la » a fait résonner les rues de ses chansons entrainantes, et l’on a dansé rue Pierre Franquet et dans la rue piétonne.
S’il n’y en avait qu’une (chanson) à retenir pour nous autres oenophiles, ce serait sans doute « lu maritiellu »
qui conte les démêlés d’un couple où l’un boit, l’autre pas !
Au passage on pouvait déguster de délicieuses navettes d’Ollioules..

et bien d’autres choses mais ne nous écartons pas du sujet.
A la grange franquet l’oncle Paul nous raconta quelques belles histoires sur le vin…
Les confréries amies étaient venues nombreuses,


certaines même de loin

voire d’on ne sait où…
Elles savent Elles savent bien qu’à Clamart il y a du bon vin !
Au fait comment dit-on ça en italien ?
Au banquet qui suivit, animé par nos habituels compères Bernard et Gérard


l’on dansa avec Charles et Martine, venus de Chaville pour notre plaisir.

(vous pouvez les retrouver en vacances dansantes avec voyages1ereclasse.com)
On savait les Gaulois amateurs de vin, dès avant mais surtout après la conquête romaine. Ne leur doit-on pas l’invention du tonneau (initalement pour la cervoise certes)?
Diodore de Sicile les décrivait ainsi :
» Aimant le vin jusqu’à l’excès, les Gaulois engloutissent pur celui que leur apportent les marchands; ils boivent avec une passion furieuse et se mettent hors d’eux-mêmes en s’enivrant jusqu’au sommeil ou à l’égarement. Aussi beaucoup de marchands italiens, poussés par leur cupidité habituelle, considèrent-ils comme un trésor le goût des Gaulois pour le vin. Ils l’apportent en bateau par les fleuves navigables ou en chariot par voie de terre et en touchent un prix incroyable: pour une amphore de vin, ils reçoivent un esclave, échangeant la boisson contre l’échanson. »
Mais qu’en est-il de ce fameux « chant des gaulois » (Gwin ar C’halloued), tiré du Barzaz-breiz, cette anthologie de chants populaires traditionnels bretons recueillis au 19ème siècle par le vicomte Théodore Hersart de la Villemarqué ?
Voila un chant bien martial qui retrace comment les anciens bretons concevaient la vendange… armée. Ne cultivant pas le vin sur leurs terres, il leur suffisait d’aller se servir chez leurs francs voisins, ainsi que le rapporte Grégoire de Tours.
« Aussitôt que revenait l’automne, ils (les Bretons) partaient, suivis de chariots et munis d’instruments de guerre et d’agriculture, pour la vendange armée.
Les raisins étaient encore sur pied, ils les cueillaient eux-mêmes.
Le vin était-il fait, ils l’emportaient.
S’ils étaient trop pressés ou surpris par les Francs, ils le buvaient sur place, puis emmenant captifs les vendangeurs, ils regagnaient joyeusement leurs bois et leurs marais ».

Les paroles françaises sont assez explicites…
| Gwell eo gwin gwenn bar Na mouar ! Gwell eo gwin gwenn bar. |
Mieux vaut vin blanc de raisin que de mûre ! Mieux vaut vin blanc de raisin. |
| Diskan Tan ! tan ! dir ! oh ! dir ! tan ! tan ! dir ha tan ! Tann ! tann ! tir ! ha tonn ! tonn ! tir ha tir ha tann ! |
Refrain Feu ! feu ! acier ! ô acier ! feu ! feu ! acier et feu ! Chêne ! chêne ! terre ! ô flots ! flots ! terre et chêne ! |
| Gwell eo gwin nevez Oh ! na mez; Gwell eo gwin nevez. |
Mieux vaut vin nouveau que bière; mieux vaut vin nouveau. |
| Gwell eo gwin a lufr Oh ! na kufr; Gwell eo gwin a lufr. |
Mieux vaut vin brillant qu’hydromel; mieux vaut vin brillant |
| Gwell eo gwin ar Gall Nag aval; Gwell eo gwin ar Gall |
Mieux vaut vin de Gaulois que de pommes; mieux vaut vin de Gaulois |
| Gall, d’id, kef ha deil D’id pez-teil ! Gall, d’id, kef ha deil |
Gaulois, ceps et feuille à toi, ô fumier ! Gaulois, ceps et feuille à toi ! |
| Gwin gwenn, d’id, Breton A galon ! Gwin gwenn, d’id, Breton. |
Vin blanc, à toi, Breton de coeur ! Vin blanc, à toi, Breton ! |
| Gwin ha goad a red Enn gefred; Gwin ha goad a red. |
Vin et sang coulent mêlés; vin et sang coulent. |
| Gwin gwenn ha goad ruz Ha goad druz; Gwin gwenn ha goad ruz. |
Vin blanc et sang rouge, et sang gras; vin blanc et sang rouge. |
| Goad ruz ha gwin gwenn Eunn aouen ! Goad ruz ha gwin gwenn. |
Sang rouge et vin blanc, une rivière ! Sang rouge et vin blanc. |
| Goad ar C’hallaoued Eo a red; Goad ar C’hallaoued. |
C’est le sang des Gaulois qui coule; c’est le sang des Gaulois. |
| Goad ha gwin eviz Er gwall vriz; Goad ha gwin eviz. |
J’ai bu sang et vin dans la rude mêlée; j’ai bu sang et vin. |
| Gwin ha goad a vev Neb a ev; Gwin ha goad a vev. |
Vin et sang nourrissent qui en boit; vin et sang nourrissent. |
Autres temps autres moeurs, dira-t-on (O tempora O mores…). Il n’empêche… Pas très gentil pour les gaulois tout ça !
Le groupe breton Tri Yann en a fait un chant de lutte (victorieuse !) lors de la mobilisation contre l’installation d’une centrale nucléaire à Plogoff, dans les années 80 : Kan ar Kann. Revoyons les en video.
en voici les paroles (une traduction se trouve là )
Gwall war Veg ar Raz
Ha brud braz
Tan ! tan ! dir ! oh ! dir !
Tan ! tan ! dir ! ha tan !
tann !tann !
Tir ha tonn ! tonn ! tann !
Tir ha tir ha tann !
Bretoned touzet
a zo bet
Dalc’h penn te Breton
a galon
Gwell eo stourm nevez
o na mezh
Gwardou gwer ha dir
gwer ha dir
Stourm evit frankiz,
de frankiz
Fuc’h hag avel – dro war Plogo
Fuc’h hag avel – dro
Moged hag aezhen
deoc’h kouerien
Goad ar Vretoned eo a red
Goad ar Vretoned
Dastum er Penn-ger
E Kemper
Dastum er Penn-ker
Torr o fenn o zor
Torr o zor
Kant mil’zo enemgavet
Kant mil kounnaret
Kant mil oll war Veg ar Van
Kan ha klemm ha kann
Kan trec’h ha korroll
d’id heol
Kan goanag ha kann
Kan ha kann
Kaneveden gen
War o fenn
A la demande générale voici quelques photos prises par l’ami Marcel lors des vendanges fin septembre.
Le jus de raisin coulait à flot…

devant une jeunesse passionnée qui se pressait elle aussi…

Il faudra grandir pour voir comment c’est à l’intérieur

Et voila pour l’ambiance !
