Abû Nawâs

Un ami du clos nous remet en mémoire Hassan Ibn Hâni Al-hakami , ce poète arabo-persan qui au VIIIeme siècle, au temps du calife Haroun Al-Rachid, chantait les noces du vin et de l’amour.

portraitdabunawas

Voici le

quintetteduvin

quintettefin

voir la suite (torride) par exemple là (blog d’une historienne de l’alimentation intarissable sur le vin).

et cettte adresse trouvée dans Bacchus à Sodome (poèmes traduits par Omar Merzaoug)

bacchusasodome

Oami

(1 célèbre tribu arabe)

la mangeuse d’huîtres

En cette veille de fête, attirons l’attention des amis du bon clos sur ce tableau de James Ensor , que l’on peut voir actuellement au musée d’Orsay (expo jusqu’au 4 février), intitulé la mangeuse d’huîtres, et dont Verhaeren aurait dit : « la mangeuse d’huîtres sur l’escalier tournant de l’art d’Ensor semble s’étaler sur un large et triomphant palier ».

Il date de 1882 (d’après Joop De Geest , une autre version daterait de 1908) et fut refusé au salon d’Anvers.

lamangeused'huitresjamesensor

Attablée devant verres et bouteilles, cette flamande (la soeur d’Ensor) semble avoir bon appétit. On peut tout juste s’étonner de voir une bouteille de rosé,mais après tout pourquoi pas ?

Voici aussi une nature morte aux bouteilles, du même auteur…

naturemorteauxbouteillesensor

dans le même registre, voici le grand intérieur de Jos Albert (un autre peintre belge),  qui date de 1914

legrand intérieur de jos albert

Bonnes fêtes à tous !

vu chez artcurial

La galerie Artcurial, située dans l’hôtel Dassault aux Champs-Elysées, est un petit paradis pour l’amateur de vin et de belles choses.

On pouvait y voir ces jours-ci une incroyable collection de plaques de cuivre représentant les châteaux du Bordelais, mises en ventes par les Editions Feret.

cuivresferet

Les plaques des plus grands chateaux se négocient entre 2500 et 3000 euro,

lafitetlatour

hautbrion

margaux

petrus

mais les plus émouvantes ne sont -elles pas celles des châteaux disparus (en raison de l’urbanisation, ou devenus extérieurs à l’appellation), qui sont aussi les moins chères (150-250 euro) ? D’après notre pointage, ily en aurait 162 sur les 588 présentés, plus d’un sur quatre.

chateau les lesques

Ce chateau Lesques date de 1782 et est inscrit à l‘inventaire général du patrimoine culturel

On reste confondu devant l’ampleur de ce phénomène. Et l’on en vient à se demander si ces bâtiments, pour beaucoup des trésors de l’architecture bordelaise, sont toujours debout. Nous y reviendrons.

Nous y avons aussi déniché ce tableau de Louis Valtat estimé à 5000 euro.

grappesvaltat

et celui-ci de Roy Adzak , qui vaudrait la moitié…

adzak

(c’est en relief, en creux)

On peut aussi y acheter des grands vins aux enchères, tels ce Mouton Rothchild 1918 adjugé, ce jeudi 17 décembre, 1179 euro frais compris, mais il fallait mettre le double (2346 euro) pour emporter un Yquem 1900. Plus près de nous, un La Tache 2005  a dépassé 2000 euro. Mais la palme va à un Romanée Conti 1972 qui s’est monnayé pour 3249 euro!

On a ainsi vu passer toute une collection de vins de la maison Fougeray de Beauclair, bien connue des amis du clos , pour les budgets plus modestes…

les vignerons d’alex

Les paresseux, les amateurs de vin débordés voire les néophytes pourront se laisser tenter par l’offre d’alex , caviste virtuel qui propose de découvrir chaque mois 3 vins qu’il sélectionne chez des vignerons « authentiques et talentueux », pour un prix modique (19,90 euro le panier mensuel de 3 bouteilles), et de passer commande le cas échéant « au prix direct producteur ».

Les paniers sont livrés dans des points relais comme le Manneken Pis à Paris rue Daunou (bien connu des amis du clos), où des dégustations sont aussi organisées.

C’est là que nous avons rencontré Alex ce mardi soir, ce qui nous a permis d’apprécier le champagne  Albert Beerens, délicieux et très compétitif (carte noire : 83,4 euro la caisse de 6 pour les abonnés).

ALBeerens

anne-laure Beerens au remuage

C’est là aussi que nous avons fait la connaissance de Carole Saby, (entre un verre de fronsac et, rendons grâce à Dieu, un verre de saint-émilion éponyme), qui propose un usage décoratif original (photophores, vases, porte-verrines apéritives) des douelles de récupération, ces lattes de bois dont sont faits les tonneaux.

douelle

l’archange

Voici une galerie de la place des Vosges qui présente les oeuvres de quelques peintres épris de vin, manifestement.

Dmitri Annenkov , un russe né en 1965, doit pouvoir être qualifié d’hyperréaliste.

buteilletverresdannenkov

bouteillesetverresdannenkov

bouchon

des bouteilles comme celle-là, il en a peint des dizaines que l’on peut trouver là.

Voici un autre échantillon du savoir-faire d’Annenkov

versoir

bouteilleenveloppée

compositiondannenkov

Tout celà laisse un peu pantois. Au delà du tour de force technique, on peut s’interroger sur les motivations de l’artiste.

En tout cas ces oeuvres atteignent un niveau de prix conséquent (plusieurs milliers d’euro).

D’autant que ce n’est pas le seul. Voici Patrick Lodwitz, vosgien né en 1953.

bouchonslodwitz

tirebouchonlodwitz

Reza Sarrafi, iranien né en 1963

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Evgueny Vypov, russe de Iaroslav, né en 1967

verretperroquetvypov

verrevypov

le vin, boisson hygiénique ?

Vaste débat.

Louis Pasteur l’a dit, « le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons« .

franceroutierepasteur

 

Bien sûr, si l’on pense à la difficulté de se procurer de l’eau potable aux temps anciens, et sans abus sans doute.

Voir le débat sur le blog Il y a un siècle , ou sur celui des anciens de l’école hôtelière et de tourisme de Nice où nous avons trouvé l’illustration ci-dessus.

On y apprend que Pasteur avait rajouté : « Malheureusement les propriétés hygiéniques du vin, on ne saurait le dissimuler, sont altérées par une augentation de son élément alcoolique. Plus un vin est riche en alcool, plus il s’éloigne des qualités requises”. Et qu’il était co-fondateur de la Ligue anti-alcoolique en 1872.

Il y a un peu plus d’un siècle, justement, un petit village de France, Morogues , s’est illustré dans ce registre. Voici ce qu’il délibéra à l’unanimité le 7 novembre 1907 :

delibmorogues

En bref, pour ceux qui auraient du mal à déchiffrer ce document d’époque, « l’alcoolisme n’existait pas à Morogues » où l’on ne consommait qu’une « boisson hygiénique », et « il n’y avait pas lieu de prendre des mesures coercitives » ; malin et discipliné, on fixa à 20 mètres (sic) l’éloignement minimum d’un débit de boisson des lieux protégés par la loi du 17 juillet 1880.

Morogues, qui est sur l’appellation Menetou-Salon, a célébré le 7 novembre 2007 cette délibération par un Conseil Municipal « extraordinaire », qui décida d’approuver la délibération séculaire.

On trouvera plus d’information sur cet évènement ici et là .

Les personnes intéressées pourront consulter l’analyse détaillée faite par Olivier Ménard dans son mémoire de DEA au Centre de Recherches en Histoire de l’Université de  Rennes 1. On y apprend que les maires ne se sont pas pressés pour prendre des décisions sur la protection des écoles, lieux de culte et autres cimetières, et que la distance toute symbolique de 20 mètres n’était pas rare !

On y découvre aussi cette citation d’un sous-préfet de Loire-Inférieure (1916 )

« Dans son ciel gris l’alcool est pour le Breton un peu ce qu’est le soleil pour le méridional »

Jean-Jacques Pradier, dit James

Voici un sculpteur qui nous intéresse et dont on peut voir les oeuvres un peu partout dans les rues de Paris, au Louvre, ou encore aux Musée des Beaux Arts de Lille et de Rouen

Wikipedia nous apprend qu’il naquit à Genève en 1790 pour mourir à Bougival en 1850.
Entre temps il fut sculpteur et peintre et enseigna aux Beaux-Arts.

Il a laissé quelques oeuvres d’inspiration bachique.

Comment ne pas penser à Auguste Clesinger, son cadet de vingt ans, rencontré au petit palais ?

satyretbacchante

satyretbacchante2

satyre et bacchante 1834 (voir aussi là )

D’après le Louvre , « ce groupe en marbre réalisé par l’un des plus grands sculpteurs romantiques fit scandale au Salon de 1834. Le gouvernement ayant refusé l’acquisition, c’est le comte Anatole Demidoff qui l’acheta et l’emporta en Italie. On a voulu y reconnaître les traits de Pradier lui-même et de sa maîtresse Juliette Drouet. »

kidheitdesbacchus

l’enfance de Bacchus (gravure par William French)

bacchante à la coupe (gravure par William French d’après statuette)

bacchante1819

bacchante couchée (1819, Rouen)

Dans la même veine voici une allégorie de la vigne dûe à Victorien Antoine Bastet (1852-1905)

vignemourante

la vigne mourante

le vin Mariani

Qui se souvient du vin Mariani, boisson tonique ancêtre du Coca Cola , faite de vin de Bordeaux et d’extraits de coca, qui eut son heure de gloire sous la IIIème République ?

bouteillemariani

Qui avait toutes sortes de vertus thérapeutiques, avec des effets immédiats contre la grippe !

Qui « conserve la force à ceux qui la dépensent et la rend à ceux qui ne l’ont plus » (Emile Zola) ?

A qui le pape Léon XIII a décerné une médaille spéciale ?

medaillemariani

Dont la poétesse Jane de la Vaudère disait :

Boire du vin Mariani

C’est chanter, croire, aimer sans trêve

C’est ouvrir, au pays du rêve

Une porte sur l’Infini !

On trouvera là un florilège de ces dityrambes.

Cet élixir, dû au préparateur en pharmacie Angelo Mariani , contenait 6 à 7 mg de cocaïne dans une bouteille. Soit l’équivalent d’un « rail de cocaïne » par verre ! Quand on sait cela, et le succès extraordinaire de cette boisson, on comprend mieux certains excès de cette « Belle Epoque ».

Mais las, cet apport fut proscrit à partir de 1910, et la production cessa dans les années 30.

C’est l’exposition en cours au Petit Palais (Fernand Pelez , la parade des humbles ) qui nous le remémore.

Elle nous a mené de fil en aiguille à cet autoportrait trouvé là

Pelez+autoportrait

« le vin Mariani est si réconfortant… »

et à l’intéressantissime site the nonist de Jaime Morrison, que nous remercions d’avoir mis en ligne les images suivantes (et bien d’autres)

nuvoilémariani

« les momies elles-mêmes se mettent en marche après un verre de vin Mariani« 

numariani

affichemariani

patrenostre

Envie de prière ?

Voici la patrenostre du vin, fabliau moyenâgeux qui témoigne que la verve des chansonniers est ancienne dans notre pays, et qu’en ce temps non plus on ne respectait rien… Une contribution du bon clos au débat qui fait rage sur l’identité nationale ?

(Le dictionnaire Godefroy peut aider)

patrenostreduvin

patrenostreduvin2

On ne trouvera pas la suite là, mais des informations complémentaires et d’autres patrenostres parodiques dans un ouvrage numérisé par Google malheureusement en consultation partielle

 

 

 

 

Cerda

On a déjà parlé dans ces colonnes de Caroline Cerda, artiste peintre découverte il y a peu à l’hôpital Bretonneau ..

Elle expose ces jours-ci ses derniers paysages au village saint-paul (galerie bureau d’art, 7-9 rue Saint-paul paris 4eme). De belles choses, mais  point de vignes ni de grappes, hélas.

Nous ne rentrons pas bredouilles pour autant, avec cette scène d’intérieur à la bouteille, qui a toute sa place dans la galerie du bon clos.

Quant à la bannière exposée à Bretonneau, elle se trouve maintenant au chateau de gaudou , à Vire sur Lot

Merci Caroline, et à bientôt !

 

interieurcerda

 

Intérieur (le père et le frère du peintre)