Construit en 1762 à la demande de Louis XV, ce petit château de plan carré est reconnu comme un chef d’oeuvre du néo-classicisme naissant…
Construit sous Louis XV, inauguré par la comtesse du Barry, il fut plus tard offert à Marie-Antoinette qui en fit sa maison de campagne, avec ferme, hameau, jardin à l’anglaise et à la française etc.
Voici la vigne :
et une longue et jolie tonnelle :
Ce tableau de Noël Hallé (1776), aux détails truculents (voir le putto qui boit à la paille dans une jarre) orne la salle à manger du château,
(Ce peintre que décriait Diderot a peint aussi un Triomphe de Bacchus qui se trouve à Rouen)
L’on peut aussi voir ce miroir bachique monumental :
Oublié le confinement, la foule avait envahi ce dimanche de Pentecôte les rues du Marais où la Halle des Blancs Manteaux avait rouvert ses portes pour accueillir de nouveau l’ Expo4Art et 70 artistes et créateurs.
Parmi ceux-ci deux dames.
Michèle Pincemin peint des aquarelles surréalistes et colorées, elle illustre aussi des livres pour enfants.
A qui s’adresse celle-ci ?
Françoise Minet, portraitiste belge, était là elle aussi. Ce tableau a retenu notre attention.
Un peu plus loin nous avons retrouvé Germain Henneka, rencontré en septembre dernier. Ses tableaux de verres ayant du succès, il a poursuivi dans cette voie.
C’est le décès tout récent du peintre Walter Spitzer qui nous conduit sur ce thème biblique, où ivresse rime avec inceste.
Le vieux Loth, neveu d’Abraham, fuyant Sodome vouée à la destruction, ayant perdu sa femme changée en statue de sel pour s’être retournée afin de voir la ville en flammes, est saoulé par ses filles qui, désespérant de trouver des époux, décident d’abuser de lui pour lui donner une descendance. L’une donnera naissance aux Moabites, l’autre aux Ammonites.
Loth et ses filles, par Walter Spitzer
Walter Spitzer, juif polonais déporté à 16 ans, que son talent de dessinateur (il fut protégé par ses camarades dans les camps pour plus tard témoigner) et sa résistance extrême aidèrent à survivre , fit sa vie en France, s’y illustra comme peintre, sculpteur (il est l’auteur du monument commémoratif à la rafle du vel d’hiv) et illustrateur.
Il faut salué par les plus grands. Pour Joseph Kessel, ce fut un coup de foudre :
» Un monde à la fois réel et fantastique, construit avec rigueur et pourtant léger comme un conte avec ses enluminures d’Orient, ses nàivetés de folklore, la crudité de l’étal, la vagabonde liberté des’ nomades, les grâces d’ûne noce villageoise. Un monde chaud, léger, éclatant, presque féérique mais tenant solidement à la terre par la densité des champs et des pierres, la tendre sensualité des chairs et un sens étonnant de l’humain … «
Des générations de peintres ont mis l’ histoire de Loth en images. On trouvera sur le site du musée virtuel du vin les reproductions de dizaines d’oeuvres sur le même thème, comme celle-ci de Marc Chagall (1931)
En parcourant le marché Dauphine aux Puces de Saint-Ouen, nous sommes tombés sur ce tableau surprenant.
Graâce à la recherche d’images de Google, nous avons pu identifier son auteur : il s’agit de Christophe Blanc, un peintre qui expose notamment à la galerie Sebban. C’est un peu « space », comme on dit, dans le style expressionniste. En voici deux autres vus sur place.
Un visite du site de Christophe Blanc, et notamment la série des « affables », laisse entrevoir un monde masculin de convivialité, de célébration, à vrai dire un peu inquiétant. Ses personnages boivent, chantent, attendent… on ne sait quoi.
Plus douce est l’atmosphère des tableaux de Fatka, vus au marché Serpette, qui nous transportent un siècle en arrière dans l’atmosphère des bistrots parisiens.
Fatka est une artiste russe, une portraitiste. Reconnaitra-t-on celui-la ?
C’est un grand dessinateur britanique qui est actuellement à l’honneur au Musée d’Orsay. Il vécut brièvement, connaissant cinq années de succès (1893-97) avant de mourir prématurément de la tuberculose. Il est vu comme un précurseur de l’art nouveau.
Beardsley vers 1895
D’un style unique, élégant, très reconnaissable, il a illustré en noir et blanc recueils de poésies et pièces de théâtre, scandalisant souvent la bonne société victorienne. Voici une couverture du Yellow Book, revue de poésie et de dessins qu’il avait fondée.
Voici quelques autres images rapportées pour les lecteurs du Bon Clos. Ci-dessous Oscar Wilde en Bacchus.
Oscar Wilde en Bacchus
Oscar Wilde, rencontré chez le peintre préraphaélite Burne-Jones, l’avait encouragé à étudier à la Westminster School of Art. Beardsley illustra sa scandaleuse Salomé, censurée en Angleterre.
Cette « fat woman » attablée devant sa bouteille serait l’épouse du peintre James Whistler.
Touchante scène, avec un faune faisant la lecture à une jeune personne.
Voici une scène de vendanges un peu olé-olé..
A snare of vintage, dessin non publié
Ces personnages illustrent l’Histoire Véritable, un récit de voyage imaginaire de Lucien (de Samosate, 2ème siècle(sic) dont la première étape est une ile aux vignes magiques. Une histoire à raconter un jour…
Le fruit de la vigne est souvent représenté, comme ci-dessous avec ces majestueux porteurs et cette adulatrice.
Beardsley mourut à 25 ans à Menton, où il se soignait. Converti au catholicisme, il ordonna qu’on brûlât ses oeuvres licencieuses. Mais son éditeur n’en fit rien. Qui s ‘en plaindra ?
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Ne quittons pas le Musée d’Orsay sans jeter un coup d’oeil à l’exposition Léon Spilliaert, un flamand un peu inquiétant qui vécut à la même époque.
Un personnage féminin apporte une grappe de raisin à un homme au lit. Pourquoi ? Que va-t-il se passer ?
70 artistes présentaient ce week-end leurs oeuvres dans ce bel espace au coeur du Marais.
On pouvait y retrouver l’artiste pître (auteur d’une Cène mémorable vue il y a quelques années) et sa bande lors du vernissage vendredi soir, venu y présenter ses D(H)ommages aux Maîtres, série d’oeuvres dont un jeu proposait de découvrir les auteurs visés.
Mais on pouvait aussi y rencontrer dans le stand d’à côté Germain Henneka, un peintre un peu sonné par le charivari attenant. Les oeuvres qu’il présentait, mettant en scène des armées de verres à pied, ne pouvaient pas ne pas attirer notre attention. En voici quelques exemples.
Certains tableaux posent de sérieux problèmes de dénombrement !
Germain Henneka, qui signe NK, est français mais vit et peint entre Paris et Amsterdam. Pas convaincu par la gastronomie néerlandaise (une sorte d’oxymore ?), il a développé cette fixation vers un ustensile qui permet au moins de se délecter de vin !
Retourner à Pompéi, c’est ce que l’on peut faire pendant tout l’été au Grand Palais avec cette nouvelle expo qui permet de découvrir les trouvailles des dernières fouilles. Les moyens modernes sont mis en oeuvre pour revivre l’éruption de 79 et découvrir en grandeur réelle la ville, ses villas, ses tavernes, ses fresques, ses graffitis….
Nous en avons rapporté quelques images bachiques.
Ariane et Bacchus sont les sujets de cette mosaïque qui vient d’être extirpée de la gangue volcanique au pied d’une fontaine d’une maison jusque là inexplorée.
Sur ces plaques faites de couches de verre camée bleu et blanc superposées, retrouvées dans le salon de la maison de Marcus Fabius Rufus, on retrouve le mêmes personnages.
Mointenant quelques fresques comme ce Bacchus sur son char
ou cette scène d’initiation dionysiaque dans la villa des mystères.
et la fameuse scène du bouc dégustant le raisin (voir aussi le léopard intéressé par le cratère sans doute empli de vin).
Ce cratère en bronze était doré à l’origine. On y mixtait le vin à l’eau et à des épices avant de le consommer.
Voici aussi une belle scène de banquet.
En ligne on peut en savoir plus sur les coutumes romaines et l’art de la commissatio (cliquer en haut à droite dans la video pour accéder directement à la 2ème video : les banquets à Pompéi, l’art de boire du vin).
Ce peintre (1836-1902) est à l’honneur pour 3 mois au Musée d’Orsay.
On verra qu’il a suivi de multiples voies, historiciste, japoniste, préraphaélite… et pour finir religieuse. Il connut assez tôt la réussite, en France dans les années 1860, puis en Angleterre où il s’installa après la Commune.
Mais c’est pour ses scènes de genre, fourmillant de détails dont il est laissé à l’oeil du spectateur de trouver le sens, qu’il intéressera surtout les lecteurs du Bon Clos.
Sur cette promenade embarquant sur la Tamise deux dames et un officier de la Royal Navy (the Thames, 1876), en pleine époque victorienne, c’est évidemment du côté des bouteilles de champagne en bas à droite qu’il faut chercher un sens qui a choqué la critique.
Cette « partie carrée » date de 1870. On y trinque, on y boit goulument. Moins crue que le fameux Déjeuner sur l’herbe de Manet, elle rappelle les fêtes galantes du siècle précédent et d’aucuns y trouvent un sens grivois.
Voici quelques buveurs de gnôle, ou de fine. A gauche, un capitaine et un jeune officier de marine, observant The Captain’s daughter (1873, détail)… A droite, une réunion du Cercle de la rue Royale (1866, détail)
Et nous voici maintenant chez Ledoyen aux Champs Elysées, avec « les Femmes d’artistes » (1885, détail) se restaurant après un vernissage au Palais de l’Industrie. Un garçon débouche une bouteille…