Sarah B. et autres merveilles

Difficile de se représenter aujourd’hui le monstre sacré qu’a pu être en son temps Sarah Bernhardt, actrice,tragédienne, mais aussi peintre, sculptrice, dirigeant le théâtre qui porta longtemps son nom place du Châtelet à Paris….

Une exposition au Petit Palais (jusqu’au 27 août) permet de la connaitre mieux. En voici quelques images

diner dans la serre, de Lousie Abbéma, 1877
Sarah dégustant des fraises, pastel, Lousie Abbéma 1885
Edmond Rostand portant un toast à Sarah Bernard, vers 1897-1900
le toast de Victorien Sardou, pour le journal l’Illustration, par George-Bertin Scott 1896

C’était le temps de l’absinthe reine…

Cette affiche a une histoire, que l’on peut lire sur le site sliteshare.net :

« Sur l’affiche de 1892 par Tamagno pour l’absinthe Terminus figurent deux personnalités de scêne célèbres de l’époque: Constant Coquelin et Sarah Bernhardt. Bernhardt fut furieuse de se voir dépeinte sans avoir donné son accord, et poursuivit avec succès les fabricants en justice – après quoi ils furent forcés de faire enlever toutes les affiches des murs de Paris »

Il est d’autres expos en ville, comme celle réunissant Manet et Degas au Musée d’Orsay (jusqu’au 23 juillet), où l’on peut voir ces buveuses

et cette serveuse de bocks

Jeu : qui a peint quoi ?

Au musée de la grande-guerre, à MEAUX

Ouvert le 11 novembre 2011 sur le territoire de la Première bataille de la Marne à Meaux, ce musée est le plus grand musée d’Europe consacré à la Première Guerre mondiale.

Le visiter, c’est goûter la chance inouïe de vivre dans un pays en paix. C’est appréhender les souffrances des générations suppliciées. C’est aussi fraterniser en pensée avec les soldats installés pendant des mois voire des années dans les tranchées, et partager leurs joies et leurs peines en les voyant s’activer entre deux combats.

Nous nous sommes comme d’habitude concentrés sur tout ce qui pouvait avoir un rapport avec le vin, et plus généralement l’alcool, sujet que nous avions déjà abordé il y a quelques années (voir  » le vin des poilus« )
Les mots pinard et gnôle sont sortis de l’incognito pendant cette guerre :

Le terme pinard existait, dit-on, en Bourgogne dès la fin 16ème siècle pour désigner le vin ; d’autres citent les déclarations du professeur Pinard, gynécologue célèbre à l’époque, qui, député, aurait fait voter un texte pour la fourniture quotidienne d’un quart de vin rouge aux soldats du front. Mais il ne sera député qu’en 1919. Toujours est-il que le mot devint populaire :

Le pinard c’est de la vinasse
Ça réchauff’ là oùsque ça passe
Vas-y, Bidasse, remplis mon quart
Viv’ le pinard, viv’ le pinard!
 
 (Louis Bousquet & Georges Picquet, Vive le Pinard, 1916)

Quant à la gnôle, il s’agirait d’un mot franco-provençal.

L’alcool, décrié avant-guerre,

était devenu le compagnon incontournable des poilus, comme en témoigne cette couverture du journal Le Front, exclusivement illustré par les poilus de l’avant;

Si dans le camp retranché de Paris la vente d ‘alcool aux militaires est proscrite,

A l’arrière on se mobilise pour les soldats du front

en claironnant des slogans d’un autre temps.

Au front, on s’arrange avec les moyens du bord

Cette ingénieux alambic de poche est fait avec une boite de conserve et une lampe à alcool !

Topettes et chopes font partie de l’équipement du soldat de part et d’autre de la ligne de front.

In the glad revels, in the happy fêtes,
When cheeks are flushed, and glasses gilt and pearled
With the sweet wine of France that concentrates
The sunshine and the beauty of the world,

Drink sometimes, you whose footsteps yet may tread
The undisturbed, delightful paths of Earth,
To those whose blood, in pious duty shed,
Hallows the soil where that same wine had birth.

Dans les joyeux banquets, dans les heureuses fêtes, Quand les joues sont empourprées et que les verres sont pleins
Des perles dorées du doux vin de France, où se concentrent
Les rayons du soleil et la beauté du monde,

Buvez quelquefois, vous dont les pas pourront encore fouler
Les sentiers tranquilles et délicieux de la terre,
A ceux dont le sang, versé par un pieux devoir,
Sanctifie le sol où ce même vin est né.

Retrouvez sur le bon clos l’entiereté de ce poème d’Alan Seeger, cet américain qui n’avait « pas pris les armes par haine des Allemands ou de l’Allemagne, mais par amour pour la France ». 

A Porto et Gaia

Sait-on que ces deux villes qui se font face de part et d’autre du Douro ont donné leur nom au Portugal ? Nous y avons passé quelques jours à l’occasion du 52ème Congrès de la Fédération Internationale des Confréries Bachiques, événement qui a lieu tous les 2-3 ans et qui était oreganisé cette année par les confréries portugaises.

On pourra en savoir plus sur ce Congrès sur le site de la dite FICB.

Commençons par Porto, ville bâtie sur des collines au bord du Douro.

Le Palacio da Bolsa, célèbre pour son salon arabe, contient quelques peintures de grande taille de Jose Maria Veloso Salgado représentant transport maritime

ou encore les vendanges

Une autre scène de vendanges, toute en azulejos, peut être vue à la gare San Bento

où nous avons aussi croisé ces soldats au repos et ce camion de livraison de Trovador Rosé (un vin du nord du Portugal). C’était une autre époque (la scène doit dater de la révolution des oeillets, en 1974)

La maison du collectionneur Fernando de Castro est maintenant un musée,( incroyable capharnaüm de mobilier et décorations d’église),

où l’on trouve aussi quelque pièces intéressantes de notre point de vue, comme ce petit chariot transportant un tonneau

et ces céramiques de buveurs

et plus rare, ce couple en grande conversation.

Voici aussi un dessin d’humour représentant un Dr Artaete attablé

6 ponts permettent de rallier Villa nova de Gaia depuis Porto. C’est là que sont les maisons de vin de Porto, à pied d’oeuvre pour expédier les barriques.

Une bouteille perchée l’annonce fièrement au visiteur franchissant le pont Luis.

Chez Ramos Pinto, on peut apprécier ces affiches publicitaires qui datent du début du 20ème siècle et dont nous avons identifié quelques auteurs comme Leopoldo Metlicovitz ou René Vincent…

Les passants sont invités à prendre place !

Mais c’est au WoW que nous avons fait les plus belles découvertes. Ce complexe comporte boutiques, restaurants et musées. L’un d’eux abrite la collection d’Adrian Bridge ; ce musée archéologique présente près de deux mille pièces de vaisselle antiques ou plus récentes, de différentes cultures : 9000 ans de libations !

Nous sommes accueillis par cette vendangeuse

et cette table de dégustation d’un domaine bordelais apparemment disparu…

C’est en Chine, à Jiahu que serait attestée la plus ancienne trace de vin, il y a 9000 ans, soit 1000 ans avant les traces trouvées en Géorgie à Gadachrili Gora et Shulaveris. Mais les récipients présentés ne remontent pas aussi loin !

Cette figurine en terre cuite portant deux coupes provient de la vallée de l’Indus (vers – 2500-2000)

Cette coupe en argent finement ouvragée aux frises de vigne a été trouvée à Marlik dans l’ancienne Perse (vers -1400-1000)

Cette phiale en or provient de Phénicie (vers -700-500)

Cet archetype de vase grec représente Herakles et Dionyisos kantharos en main, en joyeuse compagnie…

Nous voici à Rome, avec cette statuette en bronze, ce calice aux 3 rangs d’écailles de pin, et une terre cuite romaine représentant Bacchus thyrse et coupe en main

Plus proche de nous, mais plus loin géographiquement, ce calice inca

Ce keru en cuivre de la même origine était clairement destiné aux libations comme on peut le voir en observant le détail

Bien plus proches de nous, ces verres servaient pour des jeux de boisson (il fallait boire d’un seul coup d’un trait à l’autre)

Ce grand verre de l’époque des mousquetaires (?) est joliment décoré

Rien n’arrête l’imagination, avec ce gobelet à deux coupes représentant une jeune mariée, qui permettait à un couple de boire de concert.

Ce gobelet a usage militaire (20ème siècle) est pratique car, téléscopique, il tient dans un petit étui.

Ces personnages en céramique émaillée nous rappellent ceux vus au musée Fernando de Castro

Admirons aussi cette carafe finement ouvragée

et cette chope en marbre qui ne l’est pas moins

La visite se conclut avec cette vitrine de verres radioactifs qui brillent d’une lumière fluorescente verte quand ils sont placés sous une lumière ultraviolette

En ce qui concerne le Portugal, on a eu des informations intéressantes lors de la conférence donnée par le Professeur J.A. Gonçalves Guimarães sur le thème « Vin et culture au Portugal » dans le cadre du congrès de la FICB, où plusieurs pièces intéressantes, témoignant de l’antiquité de la culture de la vigne, ont été présentées.

Voici un sarcophage romain avec des scènes de vigne, du 3ème siècle, trouvé à Castanheira do Ribateijo (au musée national d’archéologie de Lisbonne)

Cet élément de colonne wisigoth date du 5-6ème siècle (Vale de Aguieiro)

cette pierre du 8ème (Lisbonne)

et ce linteau du 11 ème (Castelo de Soure, près de Coimbra)

Scène de vendange, Oeuvre du Moine Egas (1189), au monastère de Lorvão, à Coimbra

Taille de la vigne, livre d’heures du roi D.Manuel, par Antonio de Holanda (1517-1538)

Cette sculpture dorée est au monastère San Bento da Victoria à Porto (17ème siècle)

les saints patrons de la vigne et du vin au Portugal sont Saint Vincent de Saragosse, St Martin de Tours, et St Gonçalo d’Amarante (12ème siècle, qui aurait fait jaillir du vin d’un rocher en le frappant d’un bâton pour nourrir des ouvriers ; son nom est aussi associé à des patisseries érotiques et des rites de fertilité)

Voici enfin des vues du port de Porto au 19ème siècle et au 20ème.

La conférence s’est terminée sur ce « toast aux jeunes mariés »(Saúde aos Noivos) du peintre portugais Carlos Reis. Saúde !( et merci au conférencier !)

On connait aussi de Carlos Reis Plus de vin (connu aussi comme the empty flagon, 1932)

Tout cela donne soif, c’est l’heure des dégustation des vins du Portugal, mais aussi des vins venus du monde entier. Tchin !

Et on peut continuer dans les rues de Gaia.

Au rendez-vous annuel d’Artshopping

Comme chaque année, nous sommes allés faire un tour au Carrousel du Louvre pour cette nouvelle édition de « l’art contemporain accessible » (entendons : à moins de 5000 euro). De taille plus réduite que les années précédentes, il y avait quand même quelques images à grappiller pour les amateurs du bon clos.

Tout d’abord, cette « Cène des Médecins », une huile du peintre chinois Cai Pingpei, installé à la Grande Chaumière depuis plus de 20 ans, la Cène des Médecins, sur un thème suggéré par la pandémie.

Cai Pingpei est aussi restaurateur. Son restaurant, le Mandarin Dunois, au 77 de cette rue du 13ème arrondissement de Paris, mérite sûrement une visite !

Voici aussi une scène onirique avec un verre, de l’artiste turque Gülay Hakgönül. Un homme (dans le verre), une femme (au pied du verre), une lune, un arbre, une mer, une île ? Cette symbolique reste à décrypter…

Et voici pour finir une jolie photo d’un verre de vin avec pour fond un glacier. Tchin !

Chez Victor H

La « maison de Victor Hugo » place des Vosges n’a été habitée que 16 années par le grand homme, qui s’exila dans les îles anglo-normandes pendant le second Empire de « Napoléon le Petit », puis s’installa avenue d’Eylau qui « a pris le nom de Victor-Hugo le 28 février 1881, au lendemain du soixante-dix-neuvième anniversaire de l’écrivain. »

N’importe, cette maison abrite des collections qui méritent notre intérêt, comme cette toile de Ferdinand Roybet peinte en 1903.

Elle représente Don Cesar de Bazan, personnage haut en couleur de Ruy Blas, pièce de VH crée en 1838.

Mais que diable fait donc Don Cesar avec ce verre de vin ?

Nous le saurons en parcourant la pièce. A l’acte 4 scène 2, Don César de Bazan, noble bohème dont son cousin l’ignoble don Salluste croyait s’être débarrassé en le livrant à des corsaires, est de retour,  affamé, déguenillé, descendu par la cheminée dans la maison de Ruy Blas. Il tombe sur « un garde-manger bien garni.« 

Voyons, ceci m’a l’air d’une bibliothèque.

Il y va et l’ouvre. 

Justement. — Un pâté, du vin, une pastèque.
C’est un encas complet. Six flacons bien rangés !
Diable ! sur ce logis j’avais des préjugés.

Examinant les flacons l’un après l’autre.

C’est d’un bon choix. — Allons ! l’armoire est honorable.

Il va chercher dans un coin la petite table ronde, l’apporte sur le devant et la charge joyeusement de tout ce que contient le garde-manger, bouteilles, plats, etc., il ajoute un verre, une assiette, une fourchette, etc. — puis il prend une des bouteilles.

Il emplit le verre, et boit d’un trait.

Lisons d’abord ceci.C’est une œuvre admirable
De ce fameux poëte appelé le soleil !
Xérès-des-Chevaliers n’a rien de plus vermeil.

Il s’assied, se verse un second verre et boit.

Quel livre vaut cela ? Trouvez-moi quelque chose
De plus spiritueux !

Il boit.

Ah Dieu, cela repose !

(Vient un laquais qui apporte une sacoche d’argent qui « vient de qui vous savez pour ce que vous savez ». Ravi, Don Cesar le fait boire)

Il remplit de vin l’autre verre.

Approche, galion, et d’abord —bois-moi ça !

Le Laquais.

Quoi, seigneur !

Don César.

Bois-moi ça !

Le laquais boit. Don César lui remplit son verre.

Du vin d’Oropesa *!

Il fait asseoir le laquais, le fait boire, et lui verse de nouveau du vin.

Causons.

À part.

Il a déjà la prunelle allumée.

Haut et s’étendant sur sa chaise.

L’homme, mon cher ami, n’est que de la fumée
Noire, et qui sort du feu des passions. Voilà.

Il lui verse à boire.

C’est bête comme tout, ce que je te dis là.
Et d’abord la fumée, au ciel bleu ramenée,
Se comporte autrement dans une cheminée.
Elle monte gaîment, et nous dégringolons.

Il se frotte la jambe.

L’homme n’est qu’un plomb vil.

Il remplit les deux verres.

Buvons. Tous tes doublons
Ne valent pas le chant d’un ivrogne qui passe. ».

(*) sans doute Oropesa del Mar, près de Valence où l’on produit un moscatel

La maison de Victor Hugo présente actuellement une exposition Louis Boulanger, peintre ami du poète qui dessina les costumes de ses personnages, illustra ses œuvres etc. Nous y avons vu ce » festin à la mode vénitienne », grand panneau commandé pour la salle à manger de M. Malher 52, faubourg saint Honoré,

dont on peut apprécier certains détails

et aussi cette scène de fête intitulée « Vive la joie » ou encore « les truands », fidèle illustration de la Cour des miracles de Notre Dame de Paris (livre X chap. 3),  » ruche monstrueuse » convertie en lieux de plaisirs par les truands, qui s’apprêtent à aller délivrer Esméralda.

« Tavernière ma mie, d’autre vin ! j’ai encore de quoi payer. Je ne veux plus de vin de Suresnes. Il me chagrine le gosier. J’aimerais autant, corbœuf ! me gargariser d’un panier ! »

Au musée Granet d’Aix en Provence

Il reste un peu moins d’un mois pour aller voir à Aix l’exposition VIA ROMA des oeuvres de la NEUE PINAKOTHEK DE MUNICH (fermée pour rénovation), sur le thème des artistes allemands ayant travaillé à Rome au cours du XIXe siècle.

Ils y menaient la belle vie comme on peut le voir sur cette toile de Franz Ludwig Catel (1824), Le prince héritier Ludwig dans la taverne à vin espagnole à Rome,

ou sur celle-ci de Wilhem von Kaulbach (vers 1848),

l’étude des artistes allemands à Rome

Le tyrolien Joseph Anton Koch avait peint cette fête des vignerons près d’Olevano dès 1812. Venu à pied en Italie en 1795, il y passa l’essentiel de sa vie.

Le « retour des paysans italiens » (1831) est de Theodor Leopold Weller, en voici un détail

Le musée Granet porte le nom du peintre aixois François-Marius Granet. Elève de David, ami d’Ingres, il fit plusieurs séjours à Rome, et devint plus tard conservateur au château de Versailles. « Le sommeil » nous présente un homme attablé assoupi, à qui une servante vient subrepticement dérober la bouteille.

Voici quelques autres oeuvres glanées au musée Granet, comme cette

Nature morte aux bouteilles, de Giacometti (1954)

et ce Bacchus enfant avec sa nourrice (plâtre, 1856), de Jean-Joseph-Hippolyte-Romain Ferrat (ce sculpteur est notamment l’auteur d’une des statues dominant la fontaine de la Rotonde, à Aix)

Ce festin d’Acheloüs est une copie d’un tableau de Rubens. Dieu-fleuve du plus grand cours d’eau de Grèce (l’Aspropotamos), il invita Thésée retour de chasse, bloqué par les flots furieux du fleuve, à banqueter dans sa grotte.

Encore un flamand, Matheus van Hellemont, auteur de ce concert en famille qui nous remémore les oeuvres de Jordaens comme « le roi boit ».

Plus ancien est ce repas galant de l’Ecole de Fontainebleau (15ème siècle)

Finissons avec ce portrait, signé Jean-Baptiste van Loo, peintre d’origine hollandaise né à Aix en 1684 : madame Albert de Bormes en vendangeuse

De Proust à Signac

Le musée Carnavalet, musée d’Histoire ce la ville de Paris, a rouvert ses portes, après des années de travaux. On y trouve toujours ces enseignes de marchands de vins qui ont fait notre joie.

Actuellement on peut y voir une exposition sur le parisien Marcel Proust et son temps, celui des calèches,

des dandys et de l’élégance.

Dessin pour un éventail
la journée d’un homme du monde (détail), de Léon Gabriel Coffinières de Nordeck (1877)
Promenade le matin en voiture à cheval aux Champs-Elysées, ateliers d’artistes, achats, soirée à l’Opéra et jeux au Cercle….

C’était le temps béni des Folies.

Le Musée d’Orsay n’est pas bien loin, on peut y voir ce portrait de Robert de Montesquiou, inspiration dit-on du baron de Charlus, par Whistler.

Et pendant que nous sommes au musée d’Orsay, faisons un tour à la collection Signac où l’on peut voir cette très jolie coupe bachique du brillant céramiste André Metthey

et le buveur de Georges Seurat (crayon et gouache), qui n’était autre que son père Chrisostome-Antoine.

A quoi ressemblait le port de Saint-Tropez en 1908 ? le voici par par Jean Puy.

A la même époque les tonneaux roulaient quai Saint-Bernard à Paris.

Avec l’Ecole de Paris

Au début du 20ème siècle, nombreux étaient les artistes, peintres, sculpteurs, qui ont rallié Paris et se sont installés à Montparnasse ; beaucoup étaient des juifs fuyant la la misère et les pogromes de l’Empire russe. Parmi eux Chagall, Soutine, Modigliani, etc. Bien que de styles et d’inspiration très diverses, on les appelle l’Ecole de Paris. Le musée d’art et d’histoire du judaïsme leur consacre une exposition. Nous en rapportons quelques images.

Comme cette nature morte de Chaïm Soutine qui date de 1916

Ce petit tableau (à Montparnasse) est d’Oser Warszawski. Né en Pologne en 1896, il se met à peindre à Paris dans les années 20. réfugié en Italie pendant la guerre, il sera quand même déporté et ne reviendra pas.

Voici une litho de Lou Lazard, « à Montmartre« (1925)

On doit la photo qui suit à Marc Vaux,qui photographia les oeuvres des artistes de Montparnasse. L’oeuvre est d’Adolphe Feder, qui naquit à Odessa vers 1886 et mourut à Auschwitz.

Georges Wolinski n’était pas de cette génération. Grand dessinateur au destin tragique lui aussi, il nous fait toujours sourire. Voici un dessin vu aux Beaux Arts de Paris où il y a actuellement une exposition en son hommage.

Villae : villas romaines en Gaule du Sud

C’est l’exposition présentée ces temps-ci à l’abbaye de la Celle, près de Brignoles dans le Var.

Cette abbaye, construite à l’époque romane, est bâtie sur le site d’une villa romaine du 2ème siècle productrice de vin, dont on a retrouvé le pressoir et le fouloir dans la cuisine de l’abbaye. Elle ressemblait peut-être à celle-ci ?

maquette d’une villa romaine à Cavalaire

L’exposition retrace cette exploitation systématique des campagnes durant l’époque romaine.

Avec leur fond plat, les amphores « Gauloise 4 » emplies de vin gaulois sont exportées dans tout l’empire romain et même au delà.

col d’amphore au bouchon de liège, port antique de toulon, 1er-2ème siècle

Mais il y avait toutes sortes d’amphores

de gauche à droite : dressel2-4 de narbonnaise, G2, G5, G4

Cette cruche poissée, (à l’intérieur enduit de poix), était présente sur toutes les tables des buveurs romains

Voici d’autres récipients, en céramique, ou en verre soufflé (modiolus, Toulon, 1er siècle)

Cette coupe sigillée représente Bacchus ivre

Voici aussi une intéressante pipette à vin, et une patère en alliage cuivreux (1er siècle), utilisée comme une louche pour le service et les libations

Cette serpette en fer torsadé devait servir dans les vignes

serpette à manche torsadé (la Crau)

On voit aussi quelques beaux objets décoratifs comme cette colonne à décor de rinceaux de vigne peuplés d’oiseaux (marbre blanc, 1er siècle, près de vienne)

et cette mosaïque représentant une scène de vendanges

Mais le clou de l’expo est la mosaïque du Vème siècle « les trois Grâces et Bacchus chez Ikarios », découverte à Vinon sur Verdon dans le domaine de Pèbre, et maintenant domiciliée à Manosque.

Elle évoque la légende d’Ikarios, cultivateur ayant offert l’hospitalité à Bacchus, qui en retour l’initia à la vigne et au vin. A gauche Bacchus, reconnaissable à sa thyrse, est auprès d’Ikarios qui tient des grappes de raisin. Au centre, les trois Grâces, qui personnifient le don, la dette et la reconnaissance.. A droite, Ikarios indique à un serviteur le bouc qui se goinfre de raisins et doit être sacrifié.

On peut y lire les deux vers du poète Martial :

« toi qui fronce le sourcil et ne lis pas ces lignes de bonne grâce, puisses tu, horrible envieux, envier tout le monde et n’être envié par personne ».

quelques photos vues en Arles

Nous en avons été privés l’an dernier, les voici revenues ces expos de photos qui donnent l’occasion de passer et repasser dans la cité romaine pendant tout l’été. Et comme chaque année il y avait des grains à presser pour les habitués du bon clos…

A l’espace Van Gogh c’est l’Orient Express et la Compagnie Internationale des Wagons-Lits qui ressuscitaient, avec ces vues des caves des ateliers de Saint-Ouen.

C’est qu’il fallait nourrir et bien sûr donner à boire aux voyageurs au long cours.

Wagon bi-foudre pour le transport du vin destiné aux passagers de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits

Dans quel pays se trouvait ce birou de voiaj ?

Un hommage appuyé était rendu à Sabine Weiss qui, à 96 ans, se revendique toujours comme « photographe-artisan » plutôt qu’artiste. La voici festoyant avec ses camarades de l’agence Rapho à gauche sur cette photo de Robert Doisneau en 1953

Ces photos de Brassai représentent des couples attablés date des années 1930 et ont été publiées dans l’éphémère revue NEUF, qui incarna « toute l’effervescence artistique et intellectuelle des années 1950, donnant une place centrale à la photographie et à ses auteurs ».

La même revue NEUF a donné carte blanche à des dessinateurs comme André François qui publia dans le numéro IX une histoire de crocodile domestiqué (enfin, pas complètement)…

ils savent raconter de jolies histoires…

Mais c’est avec l’architecte, designer et amateur de photos Charlotte Perriand (1903-1999), dont les collections sont humblement exposées dans une salle du Monoprix, que la vendange fut la plus conséquente.

On a retrouvé cette touchante photo d’auteur inconnu dans ses archives. Trois hommes, aux couvre-chefs marquant sans doute des origines diverses (casquette, béret, feutre), qu’on imagine touchés par la crise économique, assis sur un banc public…

Paris vers 1930

Voici quelques autres photos des années 30 de Wide World Photos, publiées par le New York Times, représentant des vendangeuses du Bordelais, d’Oléron, d’Italie…

Cette grappe a été prise par Emmanuel Sougez

et cette vue des vignes de Gevrey-Chambertin en 1931-32 par François Kollar

Dans ces foudres de Cognac, les eaux-de-vie attendent le filtrage (1930, auteur inconnu)

tandis qu’à Londres, les tonneaux de la brasserie Whitbreads sont fabriqués à la main par 3 hommes.

1934, agence non identifiée

Très engagée pour le progrès social dans les années suivant la crise de 1929, Charlotte Perrinad contribue à différents salons et expositions comme l’exposition internationale des arts et techniques de la vie moderne, (Paris 1937) avec notamment cette fresque appelant, sur un paysage de vignes et de champs, à faire bénéficier les travailleurs de la campagne comme de la ville de la législation sociale.

Arles 2021, une belle cuvée donc.