Deux mille ans après le miracle de la transformation de l’eau en vin (on trouvera là à ce sujet un joli poème découvert dans l’Almanach de la table et du Vin de 1885), voici qu’un magicien suisse (Markus Raetz) a réalisé celui de la transformation de la bouteille en verre (et réciproquement).
C’est au Grand Palais à Paris que ça se passe (parmi bien d’autres étonnantes attractions) jusqu’au 6 juillet, à l’exposition « Attention une image peut en cacher une autre ».
occasion aussi d’honorer amis et bienfaiteurs de notre cité en les accueillant dans notre confrérie,
comme l’adjudant Arnaud Parent, qui avec ses sapeurs-pompiers effectue plus de 4000 sorties par an au service de la population,
ou comme l’ami Gordon, membre de la société horticole de Clamart et « garden angel » du jardin-école,
et de récompenser les « usual suspects »
élevés en masse à la dignité de Grand Chevalier !
Le groupe Di Sol e di La a animé ce chapitre avec son entrain habituel, et nous a permis d’enrichir notre collection de chansons bachiques d’un petit bijou du folklore romain, chanté dans les années soixante par Luisa e Gabriella : la Societa dei magnaccioni .
En voici le texte trouvé sur un site de « tifosi romani »
Fatece largo che passamo noi
li giovanotti de’ ‘sta Roma bella
semo regazzi fatti cor pennello
e le regazze famo ‘nnamorà…
e le regazze famo ‘nnamorà.
Ma che ce frega, ma che ce ‘mporta
si l’oste ar vino cià messo l’acqua:
e noi je dimo, e noi je famo:
<<ciài messo l’acqua
e nun te pagamo>>
ma però noi semo quelli
che j’arisponneno ‘n coro:
<<Evviva er vino de li Castelli
e de’ sta zozza società>>.
Ce piaceno li polli
l’abbacchi e le galline
perché so’ senza (nun ciànno) spine nun so’ come ‘r baccalà.
La società de li magnaccioni,
la società de la gioventù,
a noi ce piace
da magnà e beve
e nun ce piace da lavorà.
E si pe’ caso la sòcera more
se famo du’ spaghetti amatriciani,
appresso ‘n par de doppi frascatani (Versione II: n’ par del litri a mille gradi)
s’imbriacamo e ‘n ce pensamo più
s’imbriacamo e ‘n ce pensamo più
Che ciarifrega, che ciarimporta
si l’oste ar vino cià messo l’acqua:
e noi je dimo, e noi je famo:
<<ciài messo l’acqua
e nun te pagamo>>
ma però noi semo quelli
che j’arisponneno ‘n coro:
<<Evviva er vino de li Castelli
e de’ sta zozza società>>.
Le nostre donne poi nun beveno mai vino
ma stanno ar tavolino,
te fanno svergognà;
se scoleno li litri, li fiaschi e li boccioni
e da ‘sti paciocconi
se li fanno pagà.
La società de li magnaccioni,
la società de la gioventù,
a noi ce piace
da magnà e beve
e nun ce piace da lavorà.
E si pe’ caso viè ‘r padron de casa
de botto lui te chiede la piggione,
ma noi j’arisponnemo:<<A’ Sor fregnone,
t’àmo pagato e ‘nte pagamo più
t’àmo pagato e ‘nte pagamo più>>
Che ciarifrega, che ciarimporta
si l’oste ar vino cià messo l’acqua:
e noi je dimo, e noi je famo:
<<ciài messo l’acqua
e nun te pagamo>>
ma però noi semo quelli
che j’arisponneno ‘n coro:
<<Evviva er vino de li Castelli
e de’ sta zozza società>>.
Ce piaceno li polli
l’abbacchi e le galline
perché so’ senza (nun ciànno) spine nun so’ come ‘r baccalà.
La società de li magnaccioni,
la società de la gioventù,
a noi ce piace da magnà e beve
e nun ce piace da lavorà.
<<Portece n’antro litro,
che noi se lo bevemo>
e poi j’arisponnemo
<<Embé, embé, che c’è?>>
E quanno er vino, embé,
ciàriva ar gozzo embé,
ar gargarozzo embé,
ce fa ‘n ficozzo embé,
pe’ falla corta
pe’ falla breve:
noi dimo all’oste: <<portece da beve
On peut trouver là une traduction partielle de cette « société des baffreurs »
Ce début de printemps a été l’occasion de retrouver de vieilles connaissances : Evelyne et Jean-Louis Fougeray de Beauclair, toujours fidèles au Salon des vignerons indépendants à Paris,
et de goûter sur leur stand aux délicieux Aiges Pruniers (Blanc 2007) et autres Marsannay Saint-Jacques, avant de tomber à genoux devant leur Bonnes-Mares .
Providentiellement, l’adhésion au « Club Saint-Jacques » nous a permis de bénéficier d’une substantielle réduction pour acquérir ces précieux flacons.
Amis du Clos ! Vous pouvez par notre entremise bénéficier de ces conditions exceptionnelles. N’hésitez plus !
Mieux : participez à la paulée que ces sympathiques vignerons organisent les 2 et 3 mai prochains à Marsannay (renseignements au 03 80 52 21 12)
Séraphine Louis (dite « de Senlis », peintre autodidacte de compositions florales, héroïne du fim éponyme actuellement sur les écrans, était femme de ménage chez l’esthète et collectionneur allemand Wilhem Uhde, qui découvrit son talent.
On peut encore découvrir ses toiles au musée Maillol , rue de Grenelle à Paris 7eme, jusqu’au 30 mars 2009.
« Garde-toi d’une femme qui boit et d’une jument débridée« , dit le proverbe.
Voire.
Ce n’est pas du tout notre vision de la chose au « bon clos », où nous ne sommes ni pour ni contre, bien au contraire !
Mais que donc penser de celle-la, peinte par Solomon Nikritine en 1928 ?
Nous l’avons découverte lors de l’exposition sur l’avant-garde russe qui vient de se clore au musée Maillol, rue de Grenelle.
L’eau et le vin
L’eau et le vin
je veux l’eau et le vin
la pierre et le raisin
je veux l’eau dans tes mains
et le vin quand il convient
L’eau et le vin
je veux l’eau et le vin
la mer que me revient
je veux l’eau des marins
Au chagrin
il est vain d’en rajouter
trop de tanin
me fait sombrer
en eau douce, en zone sinistrée
… il est vain d’en rajouter
… il est vain d’en rajouter
L’eau et le vin
je veux l’eau et le vin
la terre et le venin
je veux l’eau des marins
Aussi bon que le pain
le vin qui me parle
et l’eau qui ne dit rien
Poisson dans l’un
poison dans l’autre
… l’eau et le vin…
Au chagrin
il est vain d’en rajouter
trop de tanin
me fait sombrer
en eau douce, en zone sinistrée
… il est vain d’en rajouter
… il est vain d’en rajouter
Comment ne pas avoir en tête la rengaine de Mireille (c’est un jardinier qui boite…) en découvrant Jean Dessirier, ce vigneron qui peint…
Il exposait quelques une de ses oeuvres ce samedi 21 mars à l’occasion d’une fête de quartier.
Nous les avons découvertes, peintes sur zinc selon une technique de son invention, avec bonheur.
Rien de surprenant dans le parcours de celui qui enfant portait le surnom de Jeannot La…pin.
Pas de gigantisme ici, mais une poésie qui évoque le monde merveilleux de l’enfance et des contes. Qu’on en juge sur son site.
Bien sûr ce vigneron (qui a quand même récolté 135 kilos de bon raisin l’année dernière) rend son tribut à Bacchus.
De là à dire « c’est un vigneron qui s’pinte » il y a un un abîme que nous ne franchirons pas.
Mais nous ne saurions trop lui suggérer de continuer dans cette veine bachique.
Continue à nous émerveiller, ami Jeannot !
On peut trouver tes oeuvres dans plusieurs galeries de la région parisienne (tarif préférentiel pour les amis du clos !).
Et régalons nous avec Mireille, son vieux chateau et son jardinier…
Voila bien le sujet que l’association Cocorico (Comité de Coordination région Ile-de-France des Confréries) proposait de décrypter à ses adhérents, ce samedi 14 mars à Sucy en Brie.
Pour ce faire un authentique vigneron (du Val de Loire), diplômé d’études supérieures spécialisées en oenologie s’il vous plaît, avait été réquisitionné : Vincent Lacour. Plus que sur les connaissances théoriques, toujours nécessaires, l’objectif était de mettre l’accent sur la pratique de la vinification en blanc sec.
La trentaine de vignerons d’Ile-de-France présents -venus (la grappe à la main ?) de Chenevieres,Clamart, Combs la ville, Joinville, Nogent, Marolles, Villiers, Noisy le Grand, Livry/seine, et bien sûr de Sucy- n’auront pas regretté d’être venus.
Pour peu qu’ils aient été attentifs, ils n’ignorent plus grand chose des dangers de la pourriture grise, des risques liés à l’oxydation des moûts et des moyens d’y remédier, de l’importance d’une température régulée, des aléas de la fermentation alcoolique, des taux de sucre et d’acidité cible…
Cocorico a mis en ligne un diaporama de l’évènement…
Le déjeuner pris au fort de Sucy, sous les voûtes, a été un moment de franche convivialité qui s’est prolongé bien au-delà du sacro-saint horaire, mais qu’importe.
On y dégusta les délicieux vins de Sucy et put s’y repaitre d’un excellent coq au vin.
Merci donc à Jean Caugant et Georges Kopcsan, qui nous ont concocté cette formation, et à Jean-Marie Durand et ses confrères de Sucy qui nous ont si sympathiquement accueilli.
Et oui, ce lundi 2 mars commençait le printemps des poètes, lancé au son du saxophone de Louis Sclavis aux Folies Bergère sous la houlette de l’étonnant Jacques Bonnaffé. Celui-ci n’a-t-il pas déclamé jusqu’à plus soif l’épitaphe dédiée par Ronsard à Rabelais ?
Lequel aimait le vin, on peut le dire !
Si d’un mort qui pourri repose
Nature engendre quelque chose,
Et si la génération
Se fait de la corruption,
Une vigne prendra naissance
De l’estomac et de la panse
Du bon Rabelais qui buvoit
Tousjours cependant qu’il vivoit.
La fosse de sa grande gueule
Eust plus beu de vin toute seule
L’épuisant du nez en deux coups,
Qu’un porc ne hume de laict doux,
Qu »Iris de fleuves, ne qu’encore
De vagues le rivage More.
Jamais le soleil ne l’a veu,
Tant fût-il matin, qu’il n’eust beu;
Et jamais au soir, la nuit noire,
Tant fût tard, ne l’a veu sans boire:
Car altéré, sans nul séjour
Le galant boivait nuit et jour.
Mais quand l’ardente Canicule
Ramenait la saison qui brûle,
Demi-nu se troussoit les bras,
Et se couchait tout plat à bas,
Sur la jonchée, entre les tasses,
Et parmi les escuelles grasses,
Sans nulle honte se souillant.
Allait dans le vin barbouillant,
Comme une grenouille en la fange ;
Puis ivre chantait la louange
De son ami le bon Bacchus…
Il chantoit la grande massue,
Et la jument de Gargantue,
Le grand Panurge, et le pais
Des Papimanes ébahis,
Leurs loix, leurs façons et demeures;
Et frère Jean des Entomeures,
Et d’Epistème les combas,
Mais la mort, qui ne boivoit pas,
Tira le beuveur de ce monde,
Et ores le fait boire en l’onde
Qui fuit trouble dans le giron
Du large fleuve d’Acheron.
Or toy, quiconque sois, qui passes,
Sur sa fosse répans des tasses,
Répans du bril et des flacons,
Des cervelas et des jambons;
Car si encor dessous la lame
Quelque sentiment à son âme,
Il les aime mieux que des lis
Tant soient-ils fraîchement cueillis
Et puisque le soleil commence à nous chauffer la couenne, célébrons ce printemps qui vient avec le québecois Paul Piché… et ses émules