la disgrâce des raisins secs

Voici un joli poème de Pierre Dac, qui date de juillet 1939

Qui plaint les raisins secs ?

Personne !

Et pourtant,

Je connais peu de sorts

Qui soient plus dignes

De pitié

Que celui

Des raisins secs !

 autresraisinsecs

Pauvres raisins secs !

Qui n’ont plus de raisin

Que le nom

Et dont la sécheresse

Fait monter les larmes

Aux yeux

De ceux

Qui comprennent

Leur disgrâce

Imméritée !

Les raisins secs

En leur enfance

Ont partagé les jeux

De leurs frères

Les raisins ordinaires

Sans que rien ne les distingue

Les uns des autres…

Et puis l’âge est venu

L’âge ardu

de l’adolescence

Age ingrat

S’il en fut

L’âge où les raisins

S’adonnent à la boisson

 

Certains se convertissent au vin blanc

D’autres au rouge,

Sans compter

Les timorés

Qui se laissent aller

Au vin rosé…

raisins secs

Les raisins secs,

Eux, tiennent bon.

Amoureux de la vertu,

Ils résistent

Et s’obstinent,

S’isolant dans leur sobriété ;

Petit à petit

Ils perdent le jus

De leur sève

Et se retrouvent un jour

Complètement désséchés !…

 

Sombre destin

Des raisins secs

Qui se traînent

Sans but,

Sans espoir,

Jusqu’au soir,

Où, lassés,

Epuisés

De lutter,

Ils exerceront

Le métier déshonorant

De mendiants…

mendiant

Qui plaint les raisins secs ?

Personne..

Et pourtant…

 

 

 

In vino… le bandol au plus haut

In vino BFM est parait-il la seule émission de radio entièrement dédiée à l’univers du vin et spiritueux, on peut l’écouter le samedi matin de 10 à 11, le dimanche après-midi de 16 à 17, ou mieux en podcast.

Le 7 janvier dernier c’est un vignoble cher au bon clos qui était à l’honneur : Bandol, et l’on a pu entendre (en milieu d’émission) un dégustateur bien connu des amis du clos , Bernard Burtschy, en dire tout le bien qu’il en pense : un vin de longue garde, dont les meilleurs crus comme Pibarnon peuvent atteindre les bonnes années (comme 1989) le niveau d’un 1er cru du bordelais (sic).

Burtschy

C’est « le grand cru du Sud ».

Il existe depuis 1989 un concours dit des longues gardes, visant à identifier à l’aveugle les meilleurs crus dès leur plus jeune âge (année de naissance), exercice difficile pour les dégustateurs. Pibarnon a souvent gagné, c’est un vin très élégant provenant d’un terroir calcaire et dont le raisin est totalement égrappé avant pressage, mais BB cite aussi Lafran-Veyrolles, Terrebrune, Pradeaux (« le 82, toujours magnifique, le 95 comence à peine sa carrière »), L’Olivette, JP Gaussens…

Au final, sur 60 participants au concours 1989, 43 sont encore disponibles, les deux tiers « tenant vraiment la route ». Ce qui laisse un choix assez vaste aux amateurs, avec un rapport qualité/prix incomparable (20-30 euro).

Quant aux blancs et rosés, s’ils n’ont pas vocation à vieillir longtemps, ils évoluent aussi étonnamment bien.

Ces propos sont approuvés par les autre participants à l’émission, comme David Cobbold (qui cite aussi La Bastide Blanche et La Bégude, et dont on apprend au passage qu’il est l’auteur du seul ouvrage traitant exclusivement du Bandol), Philippe Faure-Brac, et Georges Lepré qui insiste sur la décantation des rouges.

livrebandolparDC

On trouvera un palmarès des millésimes et des longues-gardes sur ce site (d’un « amateur de vins du sud, non commercial et indépendant »), avec plein d’autres informations sur le Bandol.

Pinot… more

Il y avait le pinot blanc, le noir, le gris, le meunier, il y aurait maintenant en Californie le pino(t) « more », « a new wine for seniors« , aux vertus antidiurétiques. C’est ce qu’on veut nous faire avaler sur un site « humoristique » comme urbandictionnary.

Le jeu de mots est lamentable, certes, enfin pas à pisser de rire,  mais efficace, et rien de ce qui concerne le vin ne nous est étranger.

Merci donc à l’ami Gordon d’avoir porté cette info à notre connaissance.

pino more

 

movida

Fin des années 70 : un vent de liberté souffle sur l’Espagne, c’est la movida.

Une exposition la remet en mémoire ces jours-ci à la « Maison Folie  » de Wazemmes, à Lille. Voici quelques tableaux qu’on ne pouvait pas y voir, mais qu’un ouvrage consultable sur place nous a permis de découvrir.

Cette « cena », de Carlos Bloch (1982)

Et cette « peña guapa », de Javier de Juan (1986)

qui a aussi « commis » ce « paraiso artificial » (2002)

Retour au 59Rivoli

Nous voici à nouveau à l’exsquat du 59Rivoli , répondant à l’invitation de Gaki qui expose jusqu’au 7 mars avant de partir au Portugal au « pavilhao 28 » du Centre Hospitalier Psychiatrique de Lisbonne. Pour y exposer, bien sûr …

Un de ses amis m’assure que c’est Gaki qui a peint (en une nuit !) le dragon qui déploie ses méandres dans l’escalier du 59 jusqu’au 5ème étage.

Nous rencontrons aussi Anita qui pratique le collage (voir sa galerie ) et la photographie

anita savary

et me fait découvrir les oeuvres d’un peintre sculpteur russe « disparu », Bazilio, honteusement chassé de France parce que sans papiers (Voir aussi ).

Avec Anita nous installons ses trois porteurs de bouteille en bois, c’est quelque chose !

lesbuveursdebazilio

Il s’appelle en réalité Mikhail Anokhin, certaines de ses oeuvres peuvent être vues là.

A bientôt Gaki, Anita et… Bazilio !

Bacchus, champion des taureaux

C’est une nouvelle que n’a guère relayée la presse nationale, et qui ne nous parvient que tardivement, mais que les amis du clos seront heureux d’apprendre : le taureau Bacchus a été sacré grand champion, pour « un très bon développement squelettique associé à une belle musculature« , nous dit la Montagne.

D’abord à Saint-Gervais début novembre,

bacchusastgervais

Puis à Moulins, où il a reçu le Super Prix d’Honneur

bacchusamoulins

Le fils de Martinique et de Pedro n’est pas un nouveau venu sur les podiums : il avait reçu le 1er prix d’honneur des veaux mâles à Avallon en 2006. Primé en 2009, il pesait déjà plus de 1200 kilos. Sa semence est vendue au Brésil, au Mexique, en Irlande et en Angleterre.

Les passionnés pourront le voir au Salon de l’Agriculture du 27 février au 7 mars prochains, où il se présentera au Concours Général pour qui sait, obtenir la médaille d’or toutes catégories ?

(Bacchus ? quel drôle de nom pour un taureau s’exclamera-t-on ! Ah que nenni, nous y reviendrons.)

Allez Bacchus !

 

letoilemontante

 

 Post Scriptum pour les amateurs de mythologie

Il n’y a rien d’inconvenant à nommer un taureau Bacchus, cet animal étant un des symboles du dieu ,qui aime à le monter

bacchusurtaureau

et est parfois représenté avec ses cornes

bacchuscornu

(tête de Bacchus jeune conservée au musée du Vatican d’après Daremberg )