L’ivrogne et sa femme

Ce n’est pas la plus connue des Fables de La Fontaine, mais celle-ci devrait l’être des lecteurs du Bon Clos.

La voici donc, et qu’on se souvienne qu’Alecton est l’une des 3 Furies (soeur de Mégère et Tisiphoné)

coiffées de serpents qui aux Enfers gardent les remparts de Dité (en savoir plus )…

et qu’un chaudeau est un chaud d’eau !

livrognetsafemme

gravure de François Chauveau (1613-1676)

Chacun a son défaut où toujours il revient  :
Honte ni peur n’y remédie.
Sur ce propos, d’un Conte il me souvient :
Je ne dis rien que je n’appuie
5De quelque exemple. Un suppôt de Bacchus
Altérait sa santé, son esprit, et sa bourse.
Telles gens n’ont pas fait la moitié de leur course,
Qu’ils sont au bout de leurs écus.
Un jour que celui-ci plein du jus de la treille,
10Avait laissé ses sens au fond d’une bouteille,
Sa Femme l’enferma dans un certain tombeau.
Là les vapeurs du vin nouveau
Cuvèrent à loisir. À son réveil il treuve
L’attirail de la mort à l’entour de son corps,
15Un luminaire, un drap des morts.
« Oh ! dit-il, qu’est ceci ? Ma femme est-elle veuve ? »
Là-dessus, son Épouse, en habit d’Alecton,
Masquée et de sa voix contrefaisant le ton,
Vient au prétendu Mort, approche de sa bière,
20Lui présente un chaudeau propre pour Lucifer.
L’Époux alors ne doute en aucune manière
Qu’il ne soit citoyen d’enfer.
« Quelle personne es-tu ? dit-il à ce fantôme.
─ La Cellerière du royaume
25De Satan, reprit-elle ; et je porte à manger
À ceux qu’enclôt la tombe noire. »
Le Mari repart sans songer :
« Tu ne leur portes point à boire ? »

 

Il voit du vin partout

Michel Tolmer, vous connaissez ?

C’est  un peintre, et aussi un blogueur plein d’humour (son blog glougueule , pour les hommes de glou s’il vous plait, mérite assurément une visite).

Nous l’avons  découvert récemment et retrouvé au bistrot Paul Bert, bonne adresse du 11eme  où il exposait jusqu’au 19 décembre.

Trop tard ?

Pas avec le bon clos qui invite ses amis à découvrir ses tableaux.

Un peu monomaniaque peut-être ?

Cet homme dont le nom est l’anagramme de merlot est obnubilé par la bouteille semble-t-il…
On verra qu’avec un peu d’imagination une bouteille peut servir à tout.
Trop mortel en tout cas !

 

portebouteilles
porteseaux
bouteillesenmain

 

deboucheuse
deboucheur
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degustateur
cestcombien

C’est combien, demandera-t-on ?

Et bien dans les 500 à 1000 euro, selon le tableau.

Et ne quittons pas le Bistrot Paul Bert (formule à 16,5 euro à midi et à 34 midi et soir) sans un coup d’oeil à quelques curiosités exposées en permanence sur ses murs.

tout un programme

lacene

mise en cène

deuxatable

Ah! le bon temps que ce siècle de fer!

(retrouver le mondain de Voltaire, qui nous vante ces vins qui enivrent les sultans et dont était privé le triste gosier d’Eve.)

Du champagne pour Noël

Célibataire ! Orphelin ! Divorcé(e) ! Veuf (ve) ! Mal-Aimé ! Ne passez pas Noël tout seul !

Apprenez avec Pierre Dac comment, avec seulement quelques verres même vides de Champagne,

flutes

passer le plus beau Noël de sa vie…

bouteilles

Et c’était en 1939…

J’ai passé
la nuit de Noël
tout seul
dans le petit bureau
qui sert
de salle
de rédaction…
Tout seul d’abord..
Puis je disposai
sur la table,
des verres,
et j’en mis un
devant le souvenir
de chacun
de mes camarades
absents…

Alors, soudain,
tandis que le seul
silence
parlait à ma mémoire,
le miracle se produisit :
derrière chaque verre
apparurent les chères
silhouettes
de ceux
que j’étais accoutumé à voir :
Toi, mon cher Claude Dhérelle,
mon vieux frère d’armes
maintenant lieutenant
d’infanterie de forteresse,
vous, Salardenne,
qui des ailes de Pégase
êtes sauté sur celles
de l’aviation,
Albin Jamin,
net et droit
comme l’âme des pionniers
que vous commandez ;
Pierre Devaux
dont le souriant
et nonchalant scepticisme
a son prolongement
quelque part
au front,
et puis vous tous
l’admirable cohorte
du rire bienfaisant ;
lieutenant Pruvost, maréchal de l’humour,
Carrizey, hors classe, quoique soldat de deuxième ;
Moisan,
Effel, le poète sous le casque ;
Henry, premier du nom,
et otus les autres
vous étiez là…

Nous n’avons choqué
personne,
mais nos verres,
à la victoire
et à la paix ;
les verres pourtant
étaient vides
de champagne,
mais tellement
pleins d’espoir
quer notre humble
salle
en était imprégnée…
Et depuis
cette nuit,
mes chers camarades,
nous ne nous quittons plus
puisqu’à chaque
minute du jour
et de la nuit
vous êtes dans mon coeur
cependant que ma
pensée
s’est divisée en secteurs
pour être toujours
présente
à vos côtés…

 

J’ai passé
tout seul,
dans le petit bureau,
le plus beau Noël de ma vie…

pierredac

Au bistrot d’à côté

C’est un bistrot « beaujolais » qui se trouve rue Lalande à Paris 14eme ; il est tenu par l’ex-équipe du vin des rues (Stéphane Allain et Laurent Cazaux).

photoauvindesrues

On y sent comme un parfum de nostalgie…

auvindesrues

Dans les assiettes, notre patrimoine culinaire (Ah cette cassolette de tripes qui nous est passée sous le nez ; et ce Confrelins de Chorey-les Beaune des frères Arnoux… Surtout ne pas rater le savarin au rhum) et sur les murs notre patrimoine « spirituel » si l’on peut dire : répliques cultes de la traversée de Paris et d’Audiard… Il y a aussi ces curiosités

un alambic de poche

une affiche qui réconcilie oeno et haltéro-philie

(oeuvre de Michel Tolmer, qui expose jusqu’au 19 décembre au Paul Bert dans le 11eme, on y court !)

epaulejete

Un lundi sur deux on peut y écouter « Patrick et Gigi » revisiter le patrimoine musette. Quelle ambiance !

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Les voici dans le petit vin blanc lepetitvinblanc1 patetgigi2 patetgigi

oeuvre du patron ?

un alambic de poche

une affiche qui réconcilie oeno et haltéro-philie

(oeuvre de Michel Tolmer, qui expose jusqu’au 19 décembre au Paul Bert dans le 11eme, on y court !)

epaulejete

Un lundi sur deux on peut y écouter « Patrick et Gigi » revisiter le patrimoine musette. Quelle ambiance !

patricketgigi

Les voici dans le petit vin blanc lepetitvinblanc1 patetgigi2 patetgigi

Fête du millésime à Bandol

Dimanche dernier 5 décembre, Bandol fêtait comme chaque année depuis 1982 le millésime, vingt-neuvième du nom et tout un chacun pouvait goûter à loisir le vin nouveau des vingt-neuf châteaux (un hasard ?) participants à l’évènement.

tousleschateaux

vuegenerale

Cette année la fête étant sous le signe de la fête foraine. Chacun l’a décliné à sa façon.

1ere halte chez Bunan, et déjà du mal à repartir !

15 étapes plus loin, chez Pibarnon c’est la voyante qui tient la scène…

saintvictoretlavoyante

La fanfare jouait Misirlou

musiciens

et les fleurons des arts forains reprenaient l’air.

grandfakir

archerdorient

passeboule

reflexesenvol

troumadame

10 étapes plus loin, la Chrétienne de l’indomptable Thierry Simon. Tiens, une voyageuse s’est glissée sur le stand… la découvrirez vous ?

Nous n’étions plus là lorsque les résultats du concours des longues gardes 2010 furent proclamés (les 3 vins rouges jugés les plus aptes au vieillissment par un jury d’experts).

Les lauréats sont les Domaines Bunan, La Bastide Blanche et Domaine Val d’Arenc. Bravo à eux !

Lavinia

On ne présente pas  ce grand caviste de la Madeleine qui dispose notamment d’un espace restauration où les vins consommés sont disponibles au prix magasin. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas cher. Difficile de trouver une bouteille à moins de dix euro dans ce temple du luxe oenologique.

Soit dit en passant, Lavinia est le nom d’une Latine qui donna un fils à Enée (Silvius). Phonétiquement c’est la vigne en portugais (vinha), en italien (vigna)  en espagnol (viña). D’ailleurs Lavinia nous vient d’Espagne.

Chaque année leur catalogue commande une couverture à un artiste ; nous retrouvons quelques auteurs connus : Ben, Di Rosa, Boisrond onrt réalisé des oeuvres pour Puech Haut . Le bon clos a rassemblé ces couvertures pour ses lecteurs (elles sont visibles dans le magasin et dans le catalogue de l’année).

Les voici, en remontant le temps :

gordillo

 

Gordillo 2010

ben

Ben Vautier 2009 (déjà connu au bon clos)

adami

Valerio Adami (2008)

boisrond

François Boisrond (2007)

dirosa

hervé di rosa (2006)

erro

Erro 2005

arroyo

Eduardo Arroyo 2004

telemaque

Hervé Télémaque 2003

maza

Fernando Maza 2002

blasco

Elena Blasco 2001

ramos

Willy Ramos 2000

la rencontre de l’art contemporain et du vin

C’est ce que nous propose Pays d’Oc IGP , avec l’exposition d’oeuvres d’un jeune peintre, sculpteur et vidéaste, Patrice Palacio , sous cette belle coupole du Printemps construite en 1923 par la maître verrier Brière,

(jusqu’au 22 décembre  au sixieme étage du bâtiment Est sur le Bd Haussman).

lacoupole

Tout un programme ! Car à y réfléchir il y a quelques points communs entre ces industries qui cherchent à nous séduire, à nous surprendre, nous faire réfléchir, parfois nous arnaquer et toujours nous taxer.

Nous y avons pris quelques photos et laissons les lecteurs du bon clos juger par eux mêmes.

Angelot

Satyre inspiré de Rubens

rubenssatyr

coupdepompe

« coup de pompe », évocation de la jeune fille endormie (Vermeer 1656)

vermeerfemmeendormie
ceprouge

crucifixion en rouge ? référence explicite au vignoble rouge (Van Gogh 1888)

raboteurs

aux raboteurs de parquet (Caillebotte 1875): le sillon de parquet tel le sillon de vigne, et bien sûr la bouteille

vendange

vendange :vision prosaïque avec ces cagettes empilées

femme conduisant dans un paysage de vignes : on est ici bien loin du « modèle » invoqué (Boticelli).

C’est un travail de mémoire nous dit-on, d’une enfance, d’un père vigneron, d’odeurs, d’ambiances…

Et les vins du pays d’oc dans tout ça ? On pourra les découvrir au grand tasting les 10 et 11 décembre au Carrousel du Louvre.

L’âme du rouquin

Voici une chanson de Léo Ferré qui date de 1955 (in les années Odeon vol.2).
On peut l’écouter sur deezer.com

A coups d’ roulis
A coups d’ rouquin
Il n’est pas dit
Qu’ ça fass’ très bien
Moi j’ m’enlumin’ le genre humain
Du tiers du quart
Tout m’est égal
Mais quand l’ cafard
Déball’ ses mall’s
Moi j’ me débin’ jamais trop tard

L’âme du rouquin
C’est comm’ Chopin
Ça gueule un peu
Dégueule en deux
Ça va ça vient
Ça fait coup double
Et l’on s’ dédouble
En deux copains
Ça fait qu’on n’est jamais tout seul
Quand on s’ technicolor’ la gueul’
L’âme du rouquin
C’est comm’ Chopin
Suffit d’en jouer
Pour s’y bercer

Qu’ j’y voye tout blanc
Ou bien rosé
Ça m’fait bon vent
Et bon gosier
Mais quand j’ vois roug’ ça fait jaser
Y’a du canon
Dans la contrée
Ah ! nom de nom !
Quel bien ça fait
Mais quand ça boug’ y’a plus d’ question

L’âme du rouquin
C’est comm’ le pain
Ça fait pousser
Les p’tits français
Ça va ça vient
Ça fait coup double
Et l’on s’ dédouble
En moins de rien
Paraît d’ailleurs qu’on s’rait les seuls
A s’technicolorer la gueul’
Nous on s’en fout
Buvons un coup
Que chante enfin
L’âme du rouquin

Salut ironique à Baudelaire qui écrivit l’âme du vin ?  demande J.Layani sur son site Leo Ferré Etudes et Propos.

Voici ce poème

Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles :
 » Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité !

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et pour me donner l’âme ;
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

Car j’éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d’un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l’espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content ;

J’allumerai les yeux de ta femme ravie ;
A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Et serai pour ce frêle athlète de la vie
L’huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l’éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur ! « 

Voir aussi l’ intéressant commentaire sur le vin chez Baudelaire, par un professeur de lettres, Michel Balmont.

 

la plus longue bûche de Noël

Nous l’annoncions il y a quelques jours , notre confrère et ami Marcel Fraudet

a réussi avec ses compagnons de l’ordre culinaire international le pari (au profit des enfants de coeur ) de réaliser un nouveau record Guiness de la plus longue bûche de Noël : 207,80m si nous avons bien entendu !

ce mercredi 1er décembre 2010 les tours de la Défense en sont restées comme deux ronds de flanc

longuebuche

Il a fallu pour celà 2600 oeufs, 150 kilos de beurre et l’huile de coude d’une vingtaine de tâcherons qui malgré le froid ont accompli cet exploit.

Champagne !

Picassos retrouvés

Toute la ville en parle : 271 oeuvres de Picasso ont refait surface mystérieusement, leur détenteur, ancien électricien du maître, est soupçonné de vol et recel pendant près de quarante années.

En voici deux qui nous concernent, d’autres peuvent être vues dans l’édition abonnés du Monde

Voici le commentaire du « journal de référence » pour cette « nature morte verre »

Nature morte, de 1913 ou 1914, ce papier collé exceptionnel réunit un paquet de tabac, un verre et une bouteille. Le tabac s’identifie grâce à la marque Le Nil et un fragment d’étiquette fiscale. Le verre à pied se voit par ses courbes et son ombre – un papier vert sombre. La bouteille est signalée par le mot vin, sa forme cylindrique et le dessin simplifié de son goulot, visible sur le fragment de toile à touches brunes et grises qui occupe la partie supérieure de l’ovale, un format fréquent chez Picasso dans cette période du cubisme.

naturemorte

nature morte au verre

naturemorteVIN

nature morte pipe et bouteille