Son ar chistr : la chanson du cidre

Voici une petite chanson bretonne sympathique dont les succès a dépassé les espérances de ses auteurs, les frères Jean-Bernard et Jean-Marie Prima, deux jeunes de Guiscriff, en Cornouaille, qui l’ont composée un soir de battage en 1929.

Que dit-elle ? Bois donc du cidre, Laou, car le cidre est bon !

Elle est entrainante, c’est une chanson (Kan) où chaque phrase du kaner est repris par un diskaner .
En voici la teneur :

Ev chistr ‘ta Laou, rak chistr zo mat, loñla 
Ev chistr ‘ta Laou, rak chistr zo mat 
Ev chistr ‘ta Laou, rak chistr zo mat 
Ur blank, ur blank ar chopinad loñla 
Ur blank, ur blank ar chopinad

Ar chistr zo graet ‘vit bout evet, loñla
Hag ar merc’hed ‘vit bout karet

Karomp pep hini e hini, loñla
‘Vo kuit da zen kaout jalousi

N’oan ket c’hoazh tri miz eureujet, loñla
‘Ben ‘vezen bemdez chikanet

Taolioù botoù, fasadigoù, loñla
Ha toull an nor ‘wechadigoù

Met n’eo ket se ‘ra poan-spered din, loñla
Ar pezh ‘oa bet lavaret din

Lâret ‘oa din ‘oan butuner, loñla
Ha lonker sistr ha merc’hetaer

Ev chistr ‘ta Laou, rak chistr zo mat, loñla
Ur blank, ur blank ar chopinad

Bois donc du cidre, Laou, car le cidre est bon lonla
Bois donc du cidre, Laou, car le cidre est bon
Bois donc du cidre, Laou, car le cidre est bon
Un sou, un sou la chopine lonla
Un sou, un sou la chopine

Le cidre est fait pour être bu
Et les filles pour être aimées

Aimons chacun notre chacune
Et il n’y aura plus de jalousie

Je n’étais pas marié depuis trois mois
Que je me faisais chicaner chaque jour

Des coups de pieds, des gifles
Et flanqué à la porte quelquefois

Mais ce n’est pas ce qui me chagrine le plus
C’est ce qu’on disait de moi

On disait de moi que j’étais fumeur
Buveur de cidre et coureur de jupons

Bois donc du cidre, Laou, car le cidre est bon
Un sou, un sou la chopine

Alan Stivell l’a fait connaitre en 1970,

elle fut reprise par d’innombrables groupes,

franchissant les frontières, devenant Zeben Dag Lang (7 jours durant) en 1976 avec le groupe Bots aux Pays-Bas, (Was wollen wir trinken, sieben Tage Lang , en Allemagne)

Wat zullen we drinken /Zeven dagen lang/Wat zullen we drinken, wat een dorst
On ne parle plus de cidre, mais qu’allons nous boire pour étancher la soif ?
Ja drinken we samen, niet alleen (nous boirons tous ensemble, pas tous seuls)
Dan zullen we werken/Zeven dagen lang (et puis nous travaillerons, 7 jours durant)…

La chanson a parcouru l’Europe jusqu’à Saint-Petersbourg avec Отава Ё, ou l’Ukraine avec FRAM

Terminons avec cette captation d’un concert de Gwennyn ,Tri Yann, Gilles Servat, à Quimper, diffusée en 2017 sur France 2.

Ha dañsit bremañ!

La vigne, de sa domestication à son amélioration génétique

C’est à une conférence sur la vigne, de sa domestication à son amélioration génétique, que nous étions conviés par la Cité du Vin et ses « vendanges du savoir », le mardi 14 novembre dernier.

L’intervenant, Didier Merdinoglu, est chercheur à l’INRA de Colmar. Voici un résumé de son intervention qui nous a particulièrement intéressé.

Origine et évolution de la vigne

La vigne (vitacea), dont l’historicité remonte à plus de 60 millions d’années (pépins de la fin du crétacé retrouvés en Inde) , comporte 17 genres (vitis, cissus, parthenocissus…) et plus de mille espèces (V.silvestris, V.amurensis, V.berlandieri, V.rotundofolia…) dont une soixantaine du genre vitis où l’on distingue les sous-genres muscadinia et euvitis  différant par leur nombre de chromosomes.

Au sein de euvitis, la « vraie » vigne, les espèces sont regroupées selon l’origine géographique européenne (vinifera, qui peut-être sauvage (sylvestris) ou cultivée (vinifera)), américaine, asiatique…

La vigne a été domestiquée par les premiers agriculteurs du néolithique, il y a près de 10 000 ans. Ils en tireront rapidement du vin (la lignée humaine, ainsi que certains primates, a acquis il y a 10 millions d’années la capacité à digérer l’alcool, avec l’activité des gènes de l’alcool deshydrogénase).

La vigne cultivée se distingue par son hermaphrodisme, la taille des grains et des grappes, son goût plus sucré, ses arômes… Depuis le Caucase, elle s’est diffusée le long du pourtour méditerranéen, du Danube, et aussi vers l’Asie, avec des évolutions locales, sans doute par croisements, notamment en Italie et en Espagne.

Peut-être 6000 cépages portant 12 à 15000 noms  peuvent être aujourd’hui observés, fruits de l’évolution des cépages anciens, et d’une hybridation non intentionnelle. 

Car ce n’est qu’au 19ème siècle que l’on commence à bien comprendre la sexualité des plantes, et que l’on peut parler d’hybridation intentionnelle, et ce n’est qu’au 20ème siècle, avec la découverte par Mendel des lois de l’hérédité, que l’on a les outils pour orienter les opérations.

On classe  les cépages par rapport à leur période d’apparition : les « primitifs » (antiquité), les « anciens » (du moyen-âge), les « modernes » (17-19ème siècle) et les contemporains. Avec les connaissances actuelles sur l’ADN, on peut reconstituer les arbres généalogiques.
On a pu ainsi montrer que le cabernet sauvignon est issu du cabernet franc et du sauvignon blanc, et que le merlot l’est du cabernet franc et du magdeleine des Charentes.

De même tout un ensemble de cépages apparus en Bourgogne comme le chardonnay, le gamay, le melon, l’aligoté… descendent du pinot et du gouais.

On découvre aussi le rôle du traminer (gewurz traminer en Alsace, savagnin blanc, à une variation près dans le Jura) qui est certainement un cépage « primitif », parent du pinot et du sauvignon blanc qui sont sans doute des cépages « anciens ».

Ce travail sur les cépages actuels est complété par des analyses de pépins archéologiques, qui ont permis de confirmer par exemple l’antiquité du savagnin blanc.

Un travail considérable réalisé récemment par une équipe chinoise et internationale sur plus de 3000 accessions (cépages cultivés et vitis sylvestris sauvages) a eu pour résultat de modifier notre vision de l’origine de la vigne. Les variétés de raisin de table du Proche Orient  (et non du Caucase) seraient à l’origine, après croisement avec des variétés locales, des variétés cultivées  et vinifiées dans la plupart des pays aujourd’hui.

Accéder à l’article « Dual domestications and origin of traits in grapevine evolution »

La crise phylloxérique

A partir du milieu du 19ème siècle, 3 fléaux, venus des Etats-Unis, s’abattent sur le vignoble européen : mildiou, phylloxéra, oïdium.

Les parades trouvées sont chimiques : soufre pour l’oïdium, sels de cuivre pour le mildiou, et génétiques : porte-greffes pour le phylloxera sur des pieds américains.

Une autre voie était la recherche d’hybrides résistants.

A partir des ressources génétiques (toutes les espèces du genre vitis, interfertiles avec la vigne cultivée), opérer des croisements (par exemple en éliminant la partie mâle et en pollenisant à partir un autre espèce), sélectionner les pépins produits, et recommencer plusieurs fois de suite jusqu’à obtenir le résultat désiré.

Les grands noms des hybrideurs français sont Georges Couderc, Albert Seibel, Steve-Villard, Vidal…

Plus faciles à cultiver, leurs produits on connu leur apogée au milieu du 20ème siècle, jusqu’à occuper le tiers du vignoble français, avant d’être dénoncés voire interdits pour mauvaise qualité ou risque sanitaire. La recherche en sera découragée en France, mais se poursuivra ailleurs comme en Allemagne où un cépage comme le Souvignier Gris, résistant à l’oïdium, fut mis au point en 1983.

On sait aujourd’hui qu’il existe des espèces particulièrement résistantes aux maladies. Tout l’enjeu est d’insérer les gènes correspondants dans la vigne cultivée, sans dégrader leurs qualités organoleptiques, par un processus d’introgression. C’est l’objectif du programme ResDur de l’INRAE.

Compte tenu du nombre de croisements nécessaires, de façon à ne sélectionner que les caractères souhaités, un des problèmes est la durée du processus, car un pépin n’est fertile qu’au bout de 3 ans en milieu naturel. Un mode de conduite a été élaboré permettant de réduire ce délai à moins d’un an. 

On s’intéresse aux marqueurs moléculaires de la résistance qui peuvent être identifiés dès le début de la croissance, aux premières feuilles, et se concentrer sur les plants intéressants, qui sont alors implantés en vignoble, où une sélection intermédiaire, au bout de quelques années sera opérée. Les meilleurs candidats font l’objet d’une sélection finale, en vignoble, en partenariat avec l’Institut Français du Vin.
Tout le processus prend au final une  bonne quinzaine d’année.
Les variétés Floreal, Voltis (blancs), Vidoc, Artaban (rouge) ont été finalisées en 2018.

Une deuxième série est apparue en 2021 : Coliris, Lilaro, Sirano, Opalor, Silanor

Ces hybrides ont une généalogie complexe, incluant des parents américains et asiatiques.

On constate une division par 10 des fongicides utilisés pour ces variétés résistantes.
Devant ce succès, la plupart des interprofessions ont lancé leurs propres programmes de sélection, avec en vue la recherche de la typicité régionale.
Sont également disponibles les variétés développées dans les pays voisins (Allemagne, Suisse, Italie).

L’avenir
Avec le changement climatique, en 40 ans la date des vendanges s’est avancée de presqu’un mois en Alsace. La hausse des températures risque de modifier les qualités du raisin récolté (plus de sucre, moins d’acidité), et donc aussi celles du vin.
Mais les cépages ne sont pas tout : outre la recherche de variétés végétales résistantes aux nouvelles maladies et adaptées au changement climatique, la viticulture doit aussi se pencher sur les méthodes de lutte contre les maladies (biocontrôle…), modes de culture…

Voir cette conférence sur le site de la Cité du Vin.

Pasteur et le vin

C’est à une conférence sur les travaux de Louis Pasteur que nous étions conviés, ce jeudi 23 novembre, par la Coordination COCORICO des Confréries d’Ile de France.

Alain Marchal entouré des organisateurs M.Devot et M.Mella

Alain Marchal, président d’honneur de la Société des Amis de Louis Pasteur, docteur en pharmacie et ex-chef de service au laboratoire de biologie du CHG Louis-Pasteur de Dole, a captivé l’auditoire en décrivant le parcours du grand homme, né à Dole en 1822, élevé à Arbois, intéressé très jeune par le dessin (il a laissé de nombreux portraits), reçu à l’Ecole Normale Supérieure où il étudie la Physique et la Chimie, puis Professeur en faculté des sciences à Strasbourg et à Lille.

Albert EDELFELT (1854-1905): Louis Pasteur (1822-1895), chimiste et biologiste – détail – 1885 – huile sur toile – DO1986-16 – Photo Credit: Musée d’Orsay Paris / Aurimages

C’est là que ce spécialiste de la cristallographie, qui aime aller sur le terrain, rencontre un distillateur de jus de betterave, père d’un des élèves, qui lui fait part de ses problèmes de production.
Au microscope, Pasteur découvre les bacilles lactiques en forme de bâtonnets, responsables d’une fermentation lactique.  Son mémoire sur la fermentation lactique sera l’acte de naissance de la microbiologie.

Il s’intéresse dès lors à la fermentation alcoolique, butyrique, acétique, et découvre les «animalcules infusoires» vivant sans oxygène libre déterminant les fermentations. C’est une révolution qui remet en cause la croyance en une génération spontanée, qui verra s’opposer s’opposer avec acharnement deux camps, tant il est vrai que « le plus grand dérèglement de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet » (Bossuet).

Poursuivant ses recherches, encouragé par le couple impérial, Pasteur s’intéresse aux maladies du vin et dépose un brevet sur la pasteurisation en 1865. Il prouve que le mycoderme acétique est responsable de la transformation du vin en vinaigre (et non les copeaux de bois comme le soutenait l’allemand Von Liebig). Il étudie aussi l’effet de l’air sur le vieillissement et met en évidence l’existence de levures dans l’air.

De Pasteur nous reste cette formule « le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons ».

Enoncée dans le contexte de l’époque (eau non potable, alcools forts…), elle a été instrumentalisée abusivement par les propagandistes du vin. Ce débat n’est pas clos, mais il est clair que le grand homme n’en préconisait pas un usage immodéré !

Alain Marchal devant la statue de Pasteur à Dole

Merci Alain Marchal pour cette passionnante conférence,

et cette bouteille issue du clos des Rosières à Arbois, la « vigne de Pasteur ».

La Esmeralda

Voici, sur un livret de Victor Hugo, un opéra de Louise Bertin, compositrice assez oubliée mais qui mérite qu’on s’y intéresse.

Il date de 1836 et est inspiré de Notre-Dame de Paris.

Il contient au 3ème acte une scène de taverne avec un air à boire assez remarquable : « Sois propice et salutaire… »

Sois propice et salutaire,
Notre­Dame de Saint­Lô,
au soudard qui sur la terre
n’a de haine que pour l’eau!

Donne au brave,
en tous lieux,
bonne cave
et beaux yeux !
L’heureux drille !
Fais qu’il pille
jeune fille
et vin vieux !

Qu’une belle
au cœur froid
soit rebelle,
~ On en voit,
~ il plaisante
la méchante,
puis il chante,
puis il boit !

Le jour passe;
ivre ou non,
il embrasse
sa Toinon,
et, farouche,
il se couche
sur la bouche
d’un canon.

Et son âme,
qui souvent
d’une femme
va rêvant,
est contente
quand la tente
palpitante
tremble au vent.

On peut écouter cet air dans cette version enregistrée à Montpellier en 2008.

Résumons l’histoire : Esmeralda est tombée amoureuse du fougueux capitaine Phoebus mais va être victime d’une machination ourdie par le prêtre Frollo, amoureux éconduit, fou de désir.

On peut en voir en ce moment aux Bouffes du Nord une adaptation avec une distribution assez réduite, mais de grande qualité. Nous y retrouvons notre chouchou Christophe Crapez, dans le rôle de Quasimodo. Il faut y aller vite, c’est jusqu’au 3 décembre seulement.

Expos parisiennes etc.

Pas grand chose à se mettre sous la dent, mais quand même quelques rencontres intéressantes cet automne.
Commençons par Art Shopping, salon rituel où l’on vient du bout du monde pour exposer et peut-être vendre.

Nous y avons croisé l’uruguayenne Francesca Dito, peintre et sommelière, dont l’art est intimement lié à la vigne et au vin. Sa famille, d’origine italienne, cultive la vigne et produit du vin dans la région de Canelones. Un assemblage de cépages originaires d’Italie, d’Espagne et de France (parmi lesquels le Tannat, aujourd’hui cépage emblématique de l’Uruguay) porte son nom…

visite des vignobles et des régions viticoles I et II (recorriendo regiones de viñas y de vino)

Pour les amateurs, voici d’autres oeuvres intéressantes exposées récemment en Uruguay.

Nous y avons aussi vu cette toile colorée et exubérante de la Norvégienne Anne Margrethe (Bjerkebro).

On ne peut pas rester indifférent devant cette oeuvre emblématique qui exprime la joie de vivre.
Voici Anne Margrethe (on pourra voir d’autres oeuvres sur FB)

+ (ajout tardif) : et puis voici quelques oeuvres d’Irit Rotrubin, photographe israélienne rencontrée au même Carrousel, qui en pince pour les lunettes mais s’intéresse aussi aux vignes et aux coupes !

Au Musée d’Art Moderne, ce sont ces « bouteilles dans l’atelier de Nicolas de Staël » qui ont attiré notre attention

Au Musée d’Orsay, cette vigne d’Auvers/Oise est un des 74 tableaux peints par Vincent Van Gogh du 20 mai au 27 juillet 1890, jour où il se suicide en pleins champs.

A deux pas, Louis Janmot, peintre qu’on pourrait qualifier de moraliste, représente en 1861 l’Orgie (Fusain et rehauts de gouache blanche sur papier) qu’il décrie dans son » Poème de l’âme« .

Joséphine Bindé, dans Beaux Arts Magazine, résume bien l’ambivalence de son art :
« D’un côté, ses scènes pastorales, ses envolées d’anges et ses allégories, certes gracieuses, suintent la morale religieuse et le conservatisme. De l’autre, certains de ses tableaux, hantés par l’incertitude, la mort et le vice, affichent des compositions d’une modernité ahurissante qui annoncent les grands surréalistes du XXe siècle. Tel est le fascinant paradoxe de l’exposition que consacre le musée d’Orsay au méconnu et surprenant Louis Janmot ! »

Voici pour terminer quelques vues prise à l‘hôtel Lutetia fraîchement rénové (2014-2018).

Cette fresque agreste d’Adrien Karbowsky, située au bar Joséphine (Baker) a nécessité plus 17 000 heures de travail à l’atelier de Ricou pour la dégager des couches de peinture sous lesquelles elle était ensevelie.

Voici quelques détails

Et l’on termine avec cette statue de Bacchus vue au parc de Saint-Cloud.

Des sous-verres pour la bonne cause

Tout est bon pour rappeler aux buveurs les risques encourus lorsqu’ils reprennent la route. Le sous-verre, que l’on place sous une bouteille ou sous un bock, est là pour le leur rappeler. En voici quelques exemplaires présentés par l’ami Marcel.

Ces images sont les lauréates d’un concours d’affiches lancé par la Préfecture de Police en 2016 « pour illustrer les dangers de la conduite liés à la consommation d’alcool ou de stupéfiants. Et pour impliquer les jeunes adultes dans la lutte contre l’insécurité routière.« 

Le lauréat du concours a été Thomas Régnier de l’Institut supérieur de communication et de publicité (ISCOM) pour son affiche « j’ai commencé au bar, j’ai fini en boîte » ci-dessus.
Le prix du délégué interministériel de la sécurité routière a été décerné à Diane Bensoussan, de l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’arts (ENSAAMA) pour son affiche intitulée « Le délire d’une nuit ». 

Voici quelques autres sous-verres trouvés sur drivecase.fr, site qui « propose des solutions innovantes pour une prévention de la mobilité efficace et impactante auprès des entreprises, collectivités, associations et autres organismes sensibles aux risques routiers. »

Avec les pompons…

Avec les pompiers.

La caserne de pompiers de la rue Blanche s’enorgueillit depuis bientôt cent ans d’une vigne

qui produit bon an mal quelques bouteilles d’un vin rouge, le Château Blanche.

Ce vendredi 13 octobre, c’était le repas champêtre traditionnel, où les familles et amis se pressaient pour assister à la vendange et au foulage par un jeune marié de l’année.

Les Echansons de France, menés par leur grand-Maître Claude Josse y étaient invités pour inaugurer les 3 nouveaux ceps que Xavier Ley, aumônier de la Confrérie, conjointement avec l’aumônier de la BSPP, allait bénir.

3 nouveaux Compaignons furent intronisés à cette occasion : le colonel Frédérick Zimmermannchef de corps en place, le capitaine Alexandre Clastrier (organisateur de l’événement) , et le sergent Antoine Hachet, grand-maître vendangeur de Blanche.

Nous eûmes le bonheur d’y croiser l’artiste-peintre Dominique Parent, à qui l’on doit l’immense fresque qui embellit depuis 26 ans l’intérieur du bâtiment.

Qui y reconnaitra les visages tous peints d’après nature ?

Ah oui, voilà Anatole, garde champêtre de Montmartre à l’époque.

Et voici Dominique, en chair et en peinture !

De bonnes bouteilles furent proposées par Robin Lenfant, caviste voisin à la cave Pigalle, rue Victor Massé,

Mais il y en avait d’autres !

Elles accompagnèrent avec bonheur le cochon de lait rôti et les grillades partagées convivialement sous la fresque.

Amis de la caserne Blanche, qui nous avez si bien accueillis, nous ne vous quittons pas sans évoquer l’immortelle chanson des années 30, Avec les pompiers !, dont on pourra connaitre l’histoire et écouter différentes versions sur le site « du temps des cerises aux feuilles mortes« .

Ci-dessous la version de Georges Milton.

Le bon vin, quelques chansons

Nous parlions récemment d’une chanson entendue à Genève, chantée par nos amis de l’Académie du Cep : C’est le bon vin.

Elle est l’oeuvre de Raymond Souplex ( qui en a fait d’autres ! ).

En voici les paroles :

De tous les biens qu’ici-bas l’on nous vante,
Savez-vous bien celui qui nous enchante ? 
C’est le bon vin.
C’est cette liqueur charmante,
C’est le bon vin qui nous enchante.

Ref : C’est, c’est, c’est le bon vin,, C’est le bon vin qui nous met tous en train.

Quand deux amis se sont mis en ribotte,
Savez-vous bien ce qui les ravigotte?
C’est le bon vin.
C’est de ce jus de la treille,
C’est le bon vin qui les réveille.

Ref

Quand deux amis se sont pris de querelle,
Savez-vous bien ce qui vous les rappelle? 
C’est le bon vin.
C’est cette liqueur si chérie,
C’est le vin qui les rapatrie
.

Ref

Si votre Iris est un peu trop volage..
Savez-vous bien ce qui vous en dégage?
C’est le bon vin.
C’est cet excellent breuvage,
C’est le bon vin qui nous en dégage.
 

Ref

On peut aussi l’écouter sur chansonsaboire.com

Et voici la version de la joyeuse garde

Une chanson en appelant une autre, voici « Le bon vin » , une chanson à répondre et à rallonge, de Cyril Le Troll, barde breton,

Tout en buvant j’ai perdu ma cravate (de soie), mes godasses (de cuir), ma culotte (de crotte), mes chaussettes (qui fouettent) , ma bonne femme (d’amour)… et ma casquette de violette.

Hoho J’aime bien la bouteille, Hehe le bon vin du matin

Encore une ? Tout ce que nous aimons le mieux, bien entendu, c’est le bon vin ! C’est la marche des vendanges.

La voici par son compositeur, l’accordéoniste Edouard Duleu, et son ensemble.

et en prime la partoche de la marche des vendanges.

A l’Académie du Cep de Genève

Le 16 septembre dernier, l’Académie du Cep de Genève fêtait son 70ème anniversaire.

C’est une belle confrérie, qui compte plus de 500 membres, très implantée dans le canton de Genève parmi les vignerons, les personnalités, et les amateurs de vin.

Elle a cette particularité de proposer régulièrement des challenges de reconnaissance de cépages, ouvrant droit à des grades dans la confrérie. Le plus « capé » l’a relevé avec succès 22 fois. C’est le Grand-Maître Jacques Jeannerat.

Le genevois produit sur 1500 hectares de vignes des crus variés et de qualité, malheureusement aux prix suisses et donc peu exportés : le Chasselas et le Chardonnay y sont dominants pour les blancs, à côté de l’Aligoté, des pinot blanc et gris, etc. ;  côté rouge, on trouve Gamay et Pinot noir, mais aussi les Gamaret et Garanoir  (croisements de Gamay et Reicheinsteiner très résistants à la pourriture) dont on fait aussi des rosés. Ce chapitre, et la fête des vendanges de Russin, village viticole où il se tenait,  était donc l’occasion de découvrir ces crus. Nous ne serons pas déçus !

Le savoureux déjeuner permit de découvrir la Longeole, la saucisse de Genève faite de chair, de couenne, de gras, et aromatisée au fenouil. Il faut la faire frémir pendant 3 heures et demi dans de l’eau à 74°…

La confrérie de la Longeole vient d’être créée, son Gouverneur est Alain Jenny (ci-dessus), et son vice-gouverneur Jacques Jeannerat.

D’autres confréries étaient présentes, comme les Vignolants du vignoble neuchâtelois et les Olifants du bas-lac en pays neuchâtelois, les confréries du Guillon (pays de Vaud), du Gruyère, des Vignerons de Vevey, les Chevaliers du Bon pain de la Suisse Latine et des Pays de Savoie, et la Fédération des Confréries oenogastronomiques de Suisse.

Ici comme ailleurs on boit et on prête serment pour intégrer la confrérie.

Les conversations allaient bon train d’une table à l’autre…

Quelques choses bues…

Un pour tous, tous pour un : c’est la devise de la Suisse.

insignes sur le costumes de Vignolants

L’Académie du Cep dispose d’un ensemble vocal, dirigé par le chef Christophe Orsor.

Il compte une petite huitaine de membres et nous a régalé d’une dizaine de chants, à boire bien sûr, comme« C’est le bon vin » (popularisé jadis par Raymond Souplex).

Le Chant de la Confrérie, composé par le chef Christophe, résonnera longtemps dans les rues de la ville.

In Vino, in Vino, in Vino
In vino veritas
A Genève on dit que le bon vin est notre ami
Et nous serons toujours l’ami du bon vin

Refrain :Bois ce vin compagnon, fruit de la vigne
Et du travail des Hommes
Ô Genevois, soyons fiers et sans soucis
A l’eau de-là, je préfère le vin d’ici

Gloire à nos vignerons, à la vigne et aux raisins
Car ils nous procurent cet excellent vin

Refrain

A NOUS, A LA VIGNE ET AU VIN ! SANTE !

Au centre profil le chef Christophe, et à droite tenant son livret Laurent Fridmann, le talentueux animateur du Chapitre

A l’issue du chapitre, on se retrouva pour une dégustation d’une sélection de vins primés au mondial du chasselas, cépage rarement vinifié dans le grand pays voisin (à l’exception de l’Alsace, où le « gutedel » entre dans la composition de l’Edelzwicker, et du clos de Clamart…).

Il y en avait des jeunes et des vieux, ah que d’aimables sensations!

(Voir la  BD « didactique et ludique » Sur la piste du chasselas, parue en 2022.)

Le lendemain, c’est par une messe oecuménique, menée par un abbé et un pasteur  dans le petit temple de Russin, que commença la journée. Une formation malgache, SOGA (SOisa-GAsy) l’anima de ses chants.

Elle fut suivie d’une réception dans une ferme viticole du village.

la vue depuis la ferme

Avec les édiles du canton

et les éleveurs descendus de la montagne,

on put s’y restaurer et approfondir sa connaissance des crus du canton de Genève.

Ce récipient portant une maxime latine a un cousin germain.

Enfin vint l’heure du défilé, avec ses musiciens, tracteurs, costumes d’antan, et vignerons servant à boire encore et encore avec en toile de fond le Chant de l’Académie du Cep.

Il fallait bien un vin d’honneur dans la cour de la mairie pour conclure cette folle journée. On y but un dernier(?) verre. Mais Genève n’est qu’à 15 minutes de train.

Amis de Genève, Russin, Satigny et de tous les cantons helvétiques : à bientôt !

4 Filles qui aiment le vin (le Pikette Quartet)

Elles sont quatre, Sandrine, Sophie, Patricia, Bérangère, elles jouent de l’accordéon, de la clarinette, du trombone, du saxo, elles chantent des chansons de poètes originaux, elles ont la langue du Sud pyrénéen, et nous proposent un « voyage musical vinicole…poétique et festif ».

Voici un teaser en guise de premier contact.

Après quelques interrogations (apparemment des textes de Guillaume Pignet et Wilfrid Lemaire), on a pu identifier Beu, des Fabulous Troubadors

Bois bois bois du bon vin sans trop t’en faire ami
Bois bois bois rouge ou rosé vert ou blanc
Bois bois bois je connais des centenaires qui en ont bu pendant cent ans

et aussi Vino triste (le vin triste, de Jean Richepin), poème paru dans le recueil « la chanson des gueux » en 1881

https://www.facebook.com/watch/?v=357786964867077

J’ai du sable à l’amygdale.
Ohé ! ho ! buvons un coup.
Un, deux, trois, longtemps, beaucoup !
Il faut s’arroser la dalle
        Du cou.

J’ai le cœur en marmelade,
Les membres froids, l’esprit lourd.
Hé ! ho ! crions comme un sourd
Pour étourdir ce malade
        D’amour.

J’ai le nez blanc, l’œil qui rentre,
Le teint couleur de citron,
Le corps sec comme un mitron.
Je veux trogne rouge, et ventre
        Tout rond.


J’ai, pour guérir ma folie,
Pris un remède, dix, vingt ;
Et puisque tout fut en vain,
Je veux être une outre emplie
        De vin.

Que les verres soient mes armes.
Moi je serai leur fourreau.
Nous tuerons l’amour bourreau
Qui met dans mon vin mes larmes
        Pour eau.

Je ne bois pas, je me panse.
Au bruit du glouglou moqueur
Je fais taire ma rancœur.
Et j’enterre dans ma panse
        Mon cœur.

(Pour les habitués du Bon Clos, la chanson des gueux recèle quelques autres pépites comme du cidre il faut, vendanges, un coup d’bleu, poivrot, ivres-morts, fleurs de boisson, pâle et blonde (la bière bien sûr), mon verre est vidé, sonnet ivre…)

et enfin la java sans modération, de Gilbert Delfaille, un beau texte

Moi j’aime pas les vins chers Ceux qui se vendent aux enchères Et partent en Amérique
Ceux qui font les manières Entre la sole meunière Et les fruits exotiques 

Moi j’aime les vins canailles Ceux qu’ont jamais de médaille Au concours agricole
Qui sont nés sur la paille Qu’ont les cheveux en bataille Ceux qu’ont pas fait l’école

Celui qu’on boit comme ça Sans faire de tralala Çui qu’a pas d’étiquette
Qui s’prend pas au sérieux Qu’en met pas plein les yeux Qu’est tout nu sans liquette

Moi j’aime çui qu’est bien rond Qui joue pas les barons Qui donne son soleil
Pas les grands millésimes Les vieux crus rarissimes Qui vous chauffe les oreilles

Ah qui sont pas vulgaires Mais qu’ont passé la guerre A l’abri dans les caves
Ceux qu’on peut pas toucher Qui doivent rester couchés Qui nous prennent pour des caves

Moi c’est le rouge pas farouche Qui roule bien dans la bouche Ni trop mou ni trop vert
Çui des bois et charbons Qu’a pas le nez bourbon Mais fait chanter les verres

Bien sûr y’a des limites La bibine interdite Où pas tremper ses lèvres
Faut pas pousser le bouchon Avec ces rince-cochons A faire danser les chèvres

Les picrates, les piquettes Qui vous flanquent la casquette Comme un compteur à gaz
Les vicieux qui se maquillent Ceux qui sentent la vanille Et la crème de framboise

Moi c’est pas le jus de semelle C’est jamais l’antigel Ni le méchant qui assomme
Moi c’est le coup d’arrosoir A la tombée du soir Qui fait de mal à personne

Çui qui rend pas mauvais Qu’est pas du sang de navet Ni du gros qui arrache
Çui qui passe sans embrouille Pas le bleu des arsouilles Ni le jaja qui fâche

Çui qui raconte quequ’chose A mon éléphant rose Quand il a l’âme en peine
Qui sait trouver les mots Qui plaisent aux vieux chameaux Passée la cinquantaine

Çui qui vous met le plumet Le copain de Jean Carmet Le petit Château-la-soif
Çui qu’est simple et honnête Qu’est pas sur Internet Mais connaît l’orthographe

La la la la la la…
Çui qu’est simple et honnête Qu’est pas sur Internet Mais connaît l’orthographe

on pourra aussi apprécier la version de l’auteur

Pour les fans, on termine avec un extrait d’un apéro-concert en juillet 2020 au château de Terride en Gaillacois…

https://www.facebook.com/watch/live/?ref=watch_permalink&v=888385661668757

On y retrouve « le temps de finir la bouteille » d’ Alain Leprest, Ecoutons-le aussi…