L’autre « Brindisi »

En 1845, bien avant la Traviata (créée en 1853) et son Brindisi fameux, Verdi avait composé une romance portant ce titre, sur un poème d’Andrea Maffei.

Merci au chanteur Remi Charles Caufman,

que nous avons vu récemment sublimer le rôle de Vertigo dans le Pépito d’Offenbach, qui nous en a informé.

Mescetemi il vino! Tu solo, o bicchiero,
Fra gaudi terreni non sei menzognero,
Tu, vita de’ sensi, letizia del cor.
Amai; m’infiammaro due sguardi fatali;
Credei l’amicizia fanciulla senz’ali,
Follia de’ prim’anni, fantasma illusor.

Mescetemi il vino, letizia del cor.

L’amico, l’amante col tempo ne fugge,
Ma tu non paventi chi tutto distrugge:
L’età non t’offende, t’accresce virtù.
Sfiorito l’aprile, cadute le rose,
Tu sei che n’allegri le cure noiose:
Sei tu che ne torni la gioia che fu.

Mescetemi il vino, letizia del cor.

Chi meglio risana del cor le ferite?
Se te non ci desse la provvida vite,
Sarebbe immortale l’umano dolor.
Mescetemi il vino! Tu sol, o bicchiero,
Fra gaudi terreni non sei menzognero,
Tu, vita de’ sensi, letizia del cor.

(voir la traduction en français par Guy Lafaille en fin d’article)

Voici la version de Klara Takacs

Et voici une version masculine, avec le tenor Marco Baratta

Toast

Versez-moi du vin ! Toi seul, ô verre,
Parmi tous les plaisirs terrestres n'est pas un mensonge,
Toi, la vie des sens, la joie du cœur.
J'ai aimé ; deux regards fatals m'ont enflammé,
J'ai cru à l'amitié d'une jeune fille sans ailes,
Folie de jeunesse, fantasme illusoire.

Versez-moi du vin, la joie du cœur.

L'ami, l'amant fuira avec le temps,
Mais tu n'as pas peur ce qui détruit tout :
L'âge ne t'offense pas, il accroît ton courage.
Avril s'est fané, les roses sont tombées,
Tu es celui qui éclaire les soucis ennuyeux,
C'est toi qui ramènes la joie qui fut.

Versez-moi du vin, la joie du cœur.

Qui mieux que toi peut soigner le cœur de ses blessures ?
Si tu ne nous avais pas donné la vigne prévoyante,
La douleur humaine serait immortelle.
Versez-moi du vin ! Toi seul, ô verre,
Parmi tous les plaisirs terrestres n'est pas un mensonge,
Toi, la vie des sens, la joie du cœur.

Laisser un commentaire