Drunk

Voici un film danois sorti sous de multiples noms avec un certain succès : Druk dans son pays d’origine, Alcootest au Québec, Another round (une autre tournée) à l’international, Drunk en France. Il ne pouvait pas nous échapper.

Il présente 4 amis enseignants, proches de la cinquantaine qui décident d’expérimenter l’effet d’un taux permanent de 0,5g/l d’alcool dans le sang. Après des débuts prometteurs, les déboires vont se présenter.

La bande son recèle quelques pépites.

Hvila vid denna källa est une charmante pastorale du poète suédois Carl Michael Bellman,

la 82ème épitre de ses Fredman’s Epistles, composées dans les années 1777-90.

C’est le printemps, et l’on se repose auprès d’une source pour déguster au petit déjeuner (Frukost) vin rouge et « pimpinella » (peut-être des herbes aromatiques). On entend tinter les bouteilles qui, vides, roulent dans l’herbe, et l’on boit le vin de midi au son du cor, entourés de mille fleurs.

La voici chantée par l’ Akademiska Kören i Göteborg

On trouvera une partition sur wikipedia.

On entend aussi « Drick ur ditt glas« , la 30ème épître du même recueil. Changement d’ambiance !

« Vide ton verre, car la mort t’attend. »

On assiste à l’entrelacs de déclarations macabres au chevet du père Movitz moribond, et d’invitations à la joie et à la boisson :

« vide ta fiasque, chante et bois, soit joyeux ! »

« Prête moi ta bouteille ! Skål ! Chante le Dieu du vin ! »

Voici la version de Cornelis Vreeswijk

on trouvera la partition là, et les paroles de Carl Michael Bellman et leur traduction en anglais par Eva Toller là.

Bellman se fit connaître par ses chansons bachiques et érotiques restées très populaires en Suède, mais sa réputation de « maitre improvisateur » , de musicien poète et de témoin de son temps est de plus hautes. Il jouait merveilleusement de la cithare et était, comme on dirait aujourd’hui, un auteur-compositeur-interprète. Initié à la poésie par son répétiteur, il apprit aussi les langues et put lire Horace et Boileau. Après de premières chansons parodiques, il entreprit d’écrire les Épîtres de Fredman, dans un style novateur. A l’âge de 37 ans il sortit de la précarité grâce à une sinécure octroyée par le roi Gustave III. Ne se cantonnant pas à l’inspiration bachique, il écrivit aussi poèmes religieux et pièces de théâtres. Il fonda l’Ordre de Bacchus (Bacchi Orden) qui plus tard devint la société bacchanalienne Par Bricole (terme français de billard signifiant bande-avant) toujours existante! Alcoolique, perclus de dettes, il mourut à 55 ans.

On trouvera les épîtres et chansons de Fredman (paroles et musique), cet horloger de Stockholm au destin tragique que Bellman a pris pour héros, avec d’autres figures comme Ulla Winblad, Fader Movitz etc., sur le site Bellman.net

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