Nos vins (trop) vieux

Répondre ou ne pas répondre à l’invitation du Club des Amateurs de Vin d’Epinay sur Orge, à déguster nos vins (trop) vieux ? Prendre le risque de rencontrer un porteur de virus, plutôt que celui de rater une occasion d’honorer nos anciens flacons ? Terrible dilemme dont cet article donne la résolution.

distance physique respectée malgré l’effet de perspective

Nous nous sommes retrouvés à dix puis douze chez l’ami Denis : c’est plus de six, la jauge française, mais dix, c’est la jauge retenue pour les réunions à domicile par l’Espagne, l’Allemagne, ou encore le Québec. Ce n’est pas rien ! Et, ce qui n’a rien à voir mais mérite d’être noté, la parité était strictement respectée.
La jauge des lieux de culte étant de trente, nous étions loins du compte de toute façon pour cette réunion somme toute bachique.

Au programme, les vieux flacons, oubliés dans les caves.

Après un Mâcon Verzé de Nicolas Maillet pour la mise en bouche, on dégusta successivement un Pommard 1995 (manifestement dépassé par les événements), un HautMedoc 1998 (chateau Malescasse, un Haut médoc dont les gardes conseillées sont de 10 à 20 ans) lui aussi passé, un autre Haut Médoc 2008 (Larose Perganson) qui ne fit guère sensation malgré son « grand » millésime (« grand millésime » selon vin-vigne.com, de rang 6 sur une échelle qui va de 1-millésime du millénaire, à 10-médiocre).

On but ensuite un Morgon 95 et un magnum 2004 de Jérôme Duthel, puis un Brouilly 2009, un Chinon (Clos de l’Echo) 1999, un Pommard 2008 Vaudoisey-Creusefond, un Volnay 1er cru en Champan 2005 qui fut le plus décevant.

Nous en étions là de nos dégustations, évoquant le Temps Retrouvé où Marcel Proust revoyait dans une réunion mondaine, vieillies d’un demi-siècle des personnalités jadis éclatantes de beauté et de charme, quand le maître de maison, conscient qu’une mauvaise ambiance s’installait, surtout parmi le plus anciens, produisit un Bandol les Luquettes qui remonta un peu le moral de l’assistance, puis deux blancs, un Touraine Victoire chateau de la presle 2016, (aromatique sauvignon, subtil, tout en fruits exotiques)

et un coteau de l’aubance « Lebreton » (Chenin sur schiste ardoisier, « assemblage subtil », bouche onctueuse d’abricot…) ,

deux vins délicieux à prix raisonnable qui ont fait remonter le baromètre et nous ont rappelé que « nul n’est censé ignorer la Loire ».

Merci aux organisateurs et marmiteux pour cette belle dégustation, dont la morale pourrait être :

Si vous avez de bonnes bouteilles dans vos caves, buvez les !

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