la couleur des odeurs

Le passeur de sciences Pierre Barthelemy (*)vient à nouveau (nous l’avons déjà rencontrés dans ces colonnes**) de nous faire découvrir une étude scientifique tout à fait intéressante, tendant à montrer qu’un même vin, présenté à des oenologues comme blanc ou rouge, donnera lieu à des analyses différentes : un vin supposé blanc révélera des odeurs de citron, de paille, de banane, de soufre, de beurre.. tandis que le même coloré en rouge sentira la myrtille, le cassis, le havane, le chocolat, le goudron, etc.

Cette étude a été réalisée par trois jeunes chercheurs français spécialistes de l’oenologie,  et publiée par la revue Brain and Language en novembre 2001.

On peut se poser légitimement la question : que sont-ils devenus ?

Et bien, en plus de travailler pour l’INRA sur les questions olfactives, Gil Morrot est vigneron à Montpeyroux dans l’Hérault, dans un domaine, DIVEM, à très faible rendement (10-15 hl/ha)

Le deuxième auteur, Frédéric Brochet, a créé Ampelidae, un domaine de collines dans le Poitou « qui connaissent la vigne depuis mille ans », à Marigny-Brisay, le Pauillac de la Vienne (sic). On peut trouver ses vins (chardonnay, pinot noir, sauvignon, cabernet..) sur doctorwines.com

Le troisième auteur enfin, Denis Dubourdieu, est professeur d’oenologie et vinifie plusieurs domaines dans le Bordelais. Ce serait « l’un des meilleurs spécialistes de l’élevage des vins blancs »

Mais que sentent donc les vins de ces vignerons ?

Le premier n’en dit mot.

Le second distingue le pain frais et la poire au sirop dans son chardonnay ; des traces de menthe, des notes de genêts et quelques pampres de lierre dans son sauvignon ; le pinot noir le kirsch, le noyau… et le cabernet franc n’ignore ni la violette ni la rose

Le troisième découvre des arômes de pamplemousse et de pêche blanche dans ses blancs secs, de réglisse, de cassis, de fraise des bois, dans certains vins rouges.

Qu’en conclure ? Rien, si ce n’est que le premier n’a peut-être pas un nez très développé ou est resté traumatisé par les résultats de l’étude de 2001 ; que le second semble avoir beaucoup d’imagination, et que le troisième est sûrement un bon marketeur ?

 

* ses rubriques du Monde viennent de sortir en librairie

COUV-SCIENCES

** voir le prix et le plaisir, Ivre sans boire…, 1258 l’année terrible,

 

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