Voici une étonnante porte d’immeuble aux motifs de vigne, au 158 rue de la convention dans le 15ème.
détail
Ce blog est la chronique, dédiée à la vigne et au vin, d'un viticulteur amateur ivre de "fun" et de beauté.
Ce dimanche, on a pu entendre résonner le « Souffle de Bacchus » (la chorale du Musée du Vin) au chapitre du Conseil des Echansons de France.
La chef de choeur Marie-Françoise Bourdot fut promue au rang d’Officier, et votre humble serviteur nommé Compaignon.
On admira aussi ce bel objet (cadeau d’un échanson) représentant un joueur de tambour, venu tout droit du Burkina Faso.
Le « Souffle » (comme disent ses fans et les gens branchés) a un répertoire essentiellement bachique et festif. On put ainsi l’entendre louer le Grand Dieu (Ô, Bacchus…), célébrer le digne patriarche Noé (« car ce fut lui qui nous planta la vigne… »), se lamenter sur le dur métier de vigneron (« quel métier de galère… ») ,
et chanter les joies de la table pendant le banquet qui s’ensuivit.
Les vins servis étaient du meilleur crû.
On a pu ainsi particulièrement apprécier, commentés par l’oenologue et dégustatrice Monique Josse, les Clefs d’Or du Clos de Cazeaux (Vacqueyras, 2011), un blanc floral et fruité, sur un saucisson de lyon brioché,
le Terrasses des Cassaronnes (Crozes-Hermitage rouge 2008) (verre de gauche ci-dessus)
et le Terres Brûlées de Jean-Luc Colombo (Cornas 2009), très concentré, parfait sur la daube provençale,
pour finir avec un « la violette » du même Jean-Luc Colombo, viognier du pays d’oc, sur le dessert.
(renseignement pris, ces vins sont très abordables, à l’exception peut-être des terres brûlées, mais qui le valent bien, et donc d’un excellent rapport qualité prix)
A bientôt, amis Echansons !
Nous connaissions cet artiste russe qui avait défrayé la chronique à l'(after)squat Rivoli…
Il est de retour, avec de nouvelles oeuvres en papier mâché que nous sommes heureux de présenter aux lecteurs du bon clos.
On dirait qu’elles revisitent les contes de notre enfance…
Voici le Chaperon rouge…
il a bien grandi, qu’apporte-t-il dans son panier ?
une bouteille de vin de la sorcière…
mais que fait le loup ?
il crève de froid dirait-on, et se réchauffe à la vodka
privé de raisins le renard a trouvé une solution…
qui a emprisonné cette bouteille ?
Revenons dans l’univers impitoyable de la vraie vie (ça se passe visiblement en (ex) Union Soviétique)…
On ne le sait pas assez, le Musée du Vin, propriété du Conseil des Echansons de France, dispose d’une treille, de taille modeste certes, mais qui donne bon an mal an une dizaine de kilos de raisins.
Nous y fûmes convié pour vendanger,
et apprîmes ainsi qu’elle fut plantée en 1986, grâce à un don slovène. Le cep provient en effet d’une vigne ancienne de Maribor, en Slovénie, qui aurait plus de 400 ans et revendique le titre de plus vieille vigne du monde.
Voici le grand maître Claude Josse procédant à la dégustation du raisin
On put ensuite goûter le vin slovène, muscat…
et merlot… tous deux excellents !
C’est le thème d’une exposition qui se tient au Pavillon de l’Ermitage, délicieuse « folie » de style Régence, dernier élément du domaine de Bagnolet, « près du village de Charonne ».
C’est de ce village de Charonne qu’il est donc question.
Voici à quoi pouvait ressembler le paysage à l’époque (extrait des quatre saisons de Carmontelle, oeuvre peinte sur un support transparent conservée au domaine de Sceaux)
Se souvient-on de Barbe, ce dessinateur emblématique de Harakiri et de Charlie (mensuel), qui maniait le zoom comme la similitude des formes pour aboutir à des images souvent érotiques ?
Une exposition lui est consacrée à la galerie An-Girard, 7 rue Campagne Première à Paris 14ème (jusqu’au 17 novembre). Cette galerie est spécialisée dans le dessin d’humour.
On peut y voir ce curieux bar qui apporte une réponse à une question qui nous turlupine depuis longtemps : comment boit-on sur une bande de Moebius ?
Se souvient-on de Jiri Sliva ? Cette galerie l’a exposé il y a quelque temps, on pouvait y voir ce chat
Voici quelques belles entrées d’immeubles que l’on peut voir
au square Clignancourt
+ Pour un bas-relief de vendange à l’angle damrémont-caulaincourt aller là
Ce samedi 13 octobre, c’était la fête à Montmartre et une petite délégation du clos de Clamart est allé grossir les rangs des milliers de membres de confréries vineuses et gouteuses, orchestres, habitants du 18ème arrondissement, , fêtards…
Voici une nouvelle exposition au Grand Palais, consacrée à Edward Hopper, ce peintre américain décédé en 1967 et dont les peintures « donnent lieu aux interprétations les plus contradictoires« .
On pourra y admirer ce couple buvant un coup sur une terrasse(vers 1906).
Couple Drinking
Une fois n’est pas coutume, ils regardent « l’objectif » du peintre.
C’est jusqu’au 28 janvier 2013
Ce mercredi 3 octobre à la Tour Jean Sans Peur, c’était le tour de l’historien médiéviste Michel Pastureau d’éclairer un fidèle public sur la symbolique du vin au Moyen-Age.
Ne disposant que d’une heure, il a choisi de consacrer son exposé au tonneau, et d’aborder aussi la figure de l’ivrogne.
Ce récipient, fut semble-t-il inventé par les celtes (les rhètes peut-être). On le rencontrait déjà en Etrurie et jusqu’en Scandinavie plusieurs siècles avant notre ère. Plus solide, plus maniable, il a fini par supplanter l’amphore traditionnelle à la fin de l’Empire Romain.
Servant à conserver le sel, les grains, les aliments aussi bien que le vin et autres liquides, ou encore des objets de valeur (livres, vaisselle, fourrures, monnaie…), il s’est rendu indispensable au Moyen-Age et faisait vivre toute une population de tonneliers attelés à sa fabrication et à son entretien.
Côté symbolique, il partage avec les autres récipients les notions de protection, d’abri (voir le tonneau de Diogène), de cachette (ainsi saint Cénéri en Italie), mais ausi de miracle (morts retrouvant la vie dans la légende des 3 enfants de saint Nicolas, tonneaux remplis par miracle) et de métamorphose.
Il est aussi assimilé à une barque : c’est un vaisseau (vessel, etymologiquement lié à vase). Des histoires de navigation miraculeuse abondent, comme celle de Saint Antonin, navigant décapité dans un tonneau sur l’Ariège, de saint Brieuc, retournant de Bretagne au pays de Galles sur un tonneau…
Fait de bois, matériau vivant, le tonneau symbolise aussi richesse et abondance, voir l’avarice (cf la cathédrale de Magdeburg ou un tonneau symbolise ce péché capital sur un ouvrage).
Quant à l’ivrognerie, elle ne semble guère fustigée en ces temps, car peu de documents y réfèrent. D’ailleurs, pour St Thomas d’Acquin, très indulgent envers la gloutonnerie (lui-même très corpulent, » sans doute le plus gros de son siècle », à l’instar de Platon et de Bouddha !), « celui qui s’enivre est excusé du péché s’il ignore l’effet du vin », et « un homicide est plus grave s’il est perpétré par quelqu’un de sobre ».
Le latin de l’époque distingue l' »ebrietas (légère ivresse) de la crapuila (ivrognerie, puis débauche, crapulerie). L’ivrogne, c’est le « crapulosus ».
Guillaume le Roux, fils de Guillaume le Conquérant, buvait, dit un chroniqueur, tant le soir qu’il ne pouvait conduire la chasse le lendemain. Le clergé ne faisait pas de cadeau à cet anticlérical qui fut traité de rubicundous, crispus, rufus, crassus (=obèse) et crapulosus.
L’empereur Venceslas, ditr l’Ivrogne, né en 1361, était faible, indolent, paresseux, débauché. Il abuse du vin. Il sera déposé par la Diète impériale en 1400.
Robert de Masmines, chevalier flamand, un des premiers membres de l’ordre de la Toison d’Or, se serait vu reprendre son collier pour ivrognerie. Le voici peint par Robert Campin.
Et voici une curieuse représentation de ce chevalier un poisson sur la tête
Dans le cycle de la Table Ronde, Yvain l’Avoutre (le bâtard) demi-frère d’Yvain, fils d’Urien, voit son surnom se transformer en ivrogne.
(On ne peut s’empêcher de penser à d’autres « ivrognes » connus des lecteurs du bon clos, comme ce juge anglais mobilisé dans la bataille des vins, qui finit ivre mort (« Puis geta la chandeille a terre, Et puis si ala sommeillier .iij. nuis, .iij. jors sanz esveillier. », ou ces trois dames de Paris (dit des, de Watriquet de Couvin)
Un spécialiste des couleurs, ne pouvait pas ne pas aborder in fine ce thème. On observa que la couleur réelle du vin n’est pas la couleur nommée (blanc, rouge). En vieux français on disait d’ailleurs vermeil. Au Moyen-Age, blanc et rouge sont opposés, plutôt que blanc et noir. Et l’eau n’était pas blanche, mais verte…