Nous voici de nouveau au Chemin des vignes, dans ces caves situées sous le coteau d’Issy-les-Moulineaux, pour participer au jury du Prix Plaisir. C’est un Concours, organisé par le tandem Bettane et Dessauve, bien connu des amateurs de vin, dans le but d’identifier des vins de meilleur rapport prix/plaisir. Les vins primés (dont le prix est nécessairement inférieur à 15 euro) bénéficieront ainsi d’un label.
Nous y étions allé en 2012. La procédure n’a guère changé, si ce n’est que les tables ne comportent plus que 3 dégustateurs, et que le timing est plus impératif.
A chaque table, douze vins doivent en effet être dégustés à l’aveugle en 1h30. L’on délibère pour décerner d’éventuelles médailles (or, argent, et bronze), puis l’aval du maître (ou d’un expert ayant son onction), est demandé pour valider les choix.
Michel Bettane en action
Cette fois-ci nous nous sommes intéressés aux graves rouges, valant entre 10 et 15 euro. Sur les onze vins dégustés, notre unique lauréat a été ce domaine la roche 2013, un Pessac-Léognan des vignobles Rodrigues-Lalande, aux intenses arômes de mûre ou de cassis.
Le site est idéal pour une telle manifestation. On y fait quelques sympathiques rencontres, comme ce rangeur de bouteilles qui est toujours là.
Sur un mur, ces assiettes peintes
Dans un recoin, cet embouteilleur (?) curieusement monté. Et dans les toilettes, voici une série de petits tableaux déjà vus quelque part (à Saint-Emilion pour tout dire). Ils sont de Carole Katchen, une artiste dont nous reparlerons.
L’exposition en cours au Grand Palais nous en fait découvrir quelques autres, comme ce bodegon (scène de taverne, vers 1618) qui réside à Budapest.et dont on apprend qu’une version proche se trouve à Saint-Petersbourg à L’Ermitage. Nous l’avons retrouvée. La carafe remplace la jarre de vin, les moules le poisson fumé…Les trois musiciens (1616-17) proviennent de la Gemälderie de Berlin.
Quant aux deux tableaux qui suivent, (l’image provient du blog Actuart d’Eric Simon) ils présentent l’un un buveur de vin (vers 1630), l’autre le philosophe grec antique Démocrite devant un globe terrestre. Etonnant, non ?
Voici un peintre spécialiste du trompe-l’oeil que nous avons découvert il y a quelques années place des Vosges à la galerie l’Archange, spécialisée alors dans l’hyperréalisme, mais qui n’existe plus.
L’univers du vin est un de ses thèmes de prédilection : bouteilles, bouchons, verres…
Au dix-septième siècle, Rome regorge d’art, antique comme contemporain, et les artistes de toute l’Europe y convergeaient pour y faire un long séjour. Ainsi les « bentvueghels« , ces « oiseaux de bande » venus des Pays-Bas, qui s’étaient constitués en confrérie bachique.
Les voici festoyant dans une auberge (Roeland van Laer, vers 1626-8)
C’est un tableau vivant d’un rite initiatique qui est représenté. Sur le mur, une partition à déchiffrer.
Voyons ce rite, illustré par trois gravures de Matthys Pool, d’après Domenicus van Wijnen (vers 1690-1708).
La présentation à Bacchus et le baptême, avec le quatrain suivant en latin, néerlandais et français
C’est ainsi que dans Rome en ce bel apareil
Les Peintres à leurs Corps agrègent un Confrère
D’un chacun le Talent, Génie et Caractère
Tout est ici dépeint par cet art nompareil
le banquet
Cette Troupe en rumeur à boire tousjours prête,
Ne songe qu’à noyer son souci dans les pots.
Car nul hôte, en sortant, ne vient mal à propos
Par un compte importun troubler toute la Fête.
Et la lecture de la lettre d’admission
C’est ici de ce jeu le troisième intermède
Au confrère on remet tous les noms du Congrès
Et puis instruit des loix on boit à nouveaux frais
Des gosiers altérez c’est l’unique remède
Ce tableau d’un anonyme liégeois (vers 1665-70)présente à sa façon la cérémonie d’initiation
Voici quelque uns de ces bentvueghels
ci-dessus, Schotsen Tromell, Satir, Almanack, Booterkull et Ram vers 1623ci-dessous Brootsaken, Grunvink, Steekreiter, Quicstert, Het Fret, Steer Keeker, Sprinkt Hooft, Wolf, Pockeur, Orlando et Hermafrodito
Voici d’autres oeuvres qui valent le déplacement.
Le Concert, de Nicolas Tournier, avant 1620
réunion de buveurs, de Bartolomeo Manfredi vers 1620
du même Bartolomeo Manfredi, voici Bacchus et un buveur (vers 1621)
et ce faune à la grappe de raisin et la flûte
Et voici l’image rare d’un jeune Bacchus, tirant, allongé nu sur le sol, sur les sarments d’une vigne exubérante (vers 1610-20) d’un pseudo Salini (autrefois attribué à Caravage)
Finissons avec cette Halte à la taverne, de Pieter Boddinghs van Laer, vers 1630
Fred Zeller : voici un personnage passionnant aux multiples facettes que l’ami Alain nous a fait connaitre : militant révolutionnaire, résistant, franc-maçon.. mais c’est le peintre qui nous intéresse ici.
Voici deux tableaux présentés, après son décès, lors d’une exposition en 2007 (périlleusement extraits d’un DVD réalisé à cette occasion par Alain Braun et Alain Dassé pour le Grand Orient de France).Il y a une ambiance un peu surréaliste, on pense à Magritte et à Dali. Et il doit y avoir des tas de symboles franc-mac…
Ci-dessous, on reconnait, accroché au mur, l’escamoteur de Jerôme Bosch
En voici d’autres disponibles en ligne.
Seul à table : un thème d’inspiration décidément !
Cette Cène aux trois jeroboams (à moins que ce ne soit des mathusalems) n’est pas très académique : ils sont onze, et le message au-dessus dit en latin : bois, mange, jouis de la vie, bientôt tu seras sous terre !
Nous voici de nouveau sur cette mythique côte Est des Etats-Unis.
Commençons par l’essentiel. A Boston, Chez Rob et Ellen, une réunion de famille fut l’occasion d’ouvrir cette vénérable bouteille.
Un Lafite 72, pensez !
« Alors, il est bon ? » Comment répondre à cette question candide qui vient nécessairement ? Chacun à la réponse en soi, pourra-t-on dire. (« C’est au dedans de soi qu’il faut regarder le dehors »). A chacun de la trouver, en prenant son temps. Ce millésime n’aurait peut-être pas dû vieillir tant. Mais comme celle d’un ancien qui a vécu, sa conversation est passionnante.
Voici une carte du restaurant allemand Jacob Wirth, un des plus anciens de la ville, sur Stuart Street :
Ce Minotaure de Picasso n’attendait que notre visite chez Martin Lawrence Galleries sur Newbury St.
Est-ce là que nous découvrons ce dessin de Charlie Hankin ?
Dans la même veine, voici un autre signé Shannon Weelher, trouvé sur le net
Madame Gautreau portant un toast, du grand portraitiste John Singer Sargent (1883)
Et voici une scène bachique sur le montant d’un sarcophage de la Rome Imperiale
Au Museum of Fine Arts voici cette joyeuse Nuit des Rois (twelth Night) de Jan Steen (vers 1662)Beau vitrail de John Lafarge (vers 1885) représentant l’enfant Bacchus
« Bobbejakken » (céramique de Delft, 18ème siècle)
Il s’y tenait une expo Goya où l’on pouvait voir cette scène de vendanges (l’automne, 1786)et cette Madre Celestina (vers 1820), la bouteille d’une main, le chapelet de l’autreA New York nous voici chez l’amie Nina
Elle connait les bonnes adresses ! Comme ce Gotham West Market où l’on peut manger et boire de tout dans une grande halle.
C’est très organisé
Le musée de Brooklyn est facile d’accès (métro direct depuis Manhattan). Plein de belles choses.
Dans cette île tropicale on ne s’attend pas à découvrir des vignobles, mais plutôt des plantations de canne à sucre. On s’intéressera donc au rhum ! Mais nous verrons que la vigne et le vin y sont pourtant présents.
San Juan est la capitale de cet état associé aux USA. Sa rade, gardée à l’intérieur par un fort et à l’extérieur par un château, a été l’objet de toutes les convoitises et a connu une histoire mouvementée. La vieille ville, de plan rectangulaire grimpe le long d’un coteau d’où l’on surplombe la mer.
Gallery Inn y est un point de chute extraordinaire, regroupement improbable de maisons communicant par des passages et escaliers. C’est une sculptrice, Jan D’Esopo, qui s’y est établie il y a quelques cinquante ans, en y faisant un hôtel où sont exposées ses oeuvres et celles d’artistes amis.
Cette vigne pousse dans un des patios
carrelage ?
Qu’y a-t-il au fond de cette maison naine ?
A boire ! Ce ne sont pas les bars qui manquent à San Juan
Voici la façade d’une fabrique de sodas historique
Un petit artisanat propose ces touchants porte-verres et porte-bouteilles
Mais il y en a de plus raffinés
ou de plus modernes
les dictons locaux n’ont rien à envier aux notresVu au Museo de Arte de Puerto Rico ( San Juan) ce tableau de Jose Rosa « eta shi me guta » (2001)
Quelque part dans le vieux San Juan on tombe sur cette statue bachique devant un fier arbre de Noël
Tonneaux à la Casa Blanca
Vu au musée de Ponce dans le Sud de l’île, cette allégorie des sens (la vue et le toucher) de Jan Van Bijler (17ème siècle)
et cette colonne « salomonique » du 17-18ème
Cette nature morte était présentée dans une exposition d’art contemporain au « mercado »
scène de bar du peintre haitien Francisco Gervais vue dans une galerie du vieux San JuanUn des rares vins goûtés sur place : un chardonnay argentin
A la rhumerie Bacardi, on nous raconte l’histoire d’une famille originaire de Cuba qui a construit de père en fils cet empire depuis 1862. Visite à l’américaine (petit train, bar à cocktails, guide, intervenants, jusqu’à la boutique où le rhum est au meilleur prix).
Aimer, chanter et boire. C’est le titre d’une valse de Johannes Strauss (ci-dessous par l’Orchestre Philharmonique d’Odessa).
C’est aussi celui d’un tableau de l’illustrateur allemand Georg Mühlberg (1863-1925)
celui qui suit (was die welt morgen bringt, qu’on pourrait traduire par : A l’avenir !) n’est pas mal non plus
C’est aussi une chanson du groupe de rock médiéval Die Streuner
En voici les paroles
Wein, Weib und Gesang Und das ganze ein Leben lang Wenn das nicht mehr wär Ich armer Tor Dann wär mir Angst und Bang Ja dann wär mir Angst und Bang
Schlaget an das erste Faß Denn der Wein schlichtet größten Haß Er benebelt die Sinne Und schlägt auf die Stimme Aus jedem Tenor wird ein Baß
Mannen hebet an den Kilt Für die Weiber ein lustiges Bild Doch wer sich nicht traut Weil er klein ist lieber schaut Verstecke sich hinter sein Schild
Weiber knöpft auf euer Hemd aber schnell Denn wir Mannen lieben Blusen ohne « l » Bleibt das Hemd zu bis oben Kriegt ihr keinen Mann zum Toben Tut ihr’s doch gibts Gejaul und Gebell
Ja das Lied hat mir Spaß gemacht Doch ich seh es hat nichts gebracht Drum pack ich die Laute und spiel andern Leuten Meine ganze Liederpracht
Une autre ? voici trinke wein !
Dunkel wars in der Taverne, ich allein saß noch am Tisch. Denn alle meine Saufkumpanen, aßen gestern Mittag Fisch.
Wasser verdirbt, die Leber und den Darm, drum trinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach. Trinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach.Also trank ich was ich konnte für meine Kameraden mit. Schnell verlohr ich meine Sinne, auf das ich nicht mehr weiter lit.Wasser verdirbt, die Leber und den Darm, drum tinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach. Trinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach.
Meine liebste brannte dreimal, durch mit einem andren Mann. Doch sie kam bald darauf wieder, weil er nur Wasser suffen kann.
Wasser verdirbt, die Leber und den Darm, drum tinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach. Trinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach.
Willst du dich gar recht vergnügen, so nimm ein prächtig Fässlein her. Acht nur drauf das es gefüllt ist, mit bestem Wein und sauf es leer.
Wasser verdirbt, die Leber und den Darm, drum tinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach. Trinke Wein, trinke Wein, trinke Kamerad. Leere aus auf einen Zug und fülle wieder nach. und fülle wieder nach und fülle… fülle… fülle… wieder nach
On ne peut pas laisser de côté Trinke Trinke !
Hoch vom Baume ruft der Fink Lustig mahnend: Trinke! Trink! Und schon fallen Tropfen schwer Aus dem grauen Wolkenmeer
Alles trinket, Baum und Strauch Und die Blumen trinken auch Doch noch immer ruft der Fink Von dem Baume: Trinke! Trink!