Cette pièce de Jacques Offenbach, créée en 1853, est, dit-on, « le prototype de toutes ces œuvres brèves, monologues musicaux, saynètes à deux ou trois personnages, qui permirent à Offenbach d’alimenter le théâtre des Bouffes-Parisiens « . Nous apprenons qu’elle se donnera en version concert à l’Odéon de Marseille début janvier, sous la baguette de J.C.Keck.
Si nous en parlons, c’est qu’elle recèle un air à boire bien sûr, un de plus dans la production du Maître. L’histoire, trop banale pour être contée, se déroule au pays basque. De retour au village, Miguel, ami d’enfance de Manuelita, en tombe amoureux. Mais il a un rival (Vertigo) et l’aimée est déjà fiancée (à Pepito)…
Nous en avons trouvé une version franco-allemande, il est vrai que » Das Mädchen von Elizondo » a connu le succès outre Rhin ; heureusement les airs chantés sont en français. L’air commence à 27 m 43s
MIGUEL. Bruit charmant Doux à mon oreille. VERTIGO, MANUELITA. Pan, pan, pan ! MIGUEL. Bruit charmant Du bouchon sautant ! VERTIGO, MANUELITA. Pan, pan, pan ! MIGUEL. Gardien de la liqueur vermeille, Mon pouce aidant, Ouvre-lui vite la bouteille En t’échappant ! Lorsque du bouchon le fil se rompant Le liège libre, enfin s’échappant S’élance dans l’air et va le frappant, Répétons en chœur son joyeux pan pan !
MANUELITA. Bruit plus doux Du nectar qui coule ! MIGUEL, VERTIGO. Gloux, gloux, gloux !… MANUELITA. Bruit plus doux, Tu sais plaire à tous ! MIGUEL, VERTIGO. Gloux, gloux, gloux ! MANUELITA. De la rouge et vineuse houle Refrain si doux, Tu rendrais l’oiseau qui roucoule De toi jaloux ! Lorsque du nectar les flots en courroux Jettent à l’oreille leur refrain si doux, Les bras enlacés, nous rapprochant tous, Répétons en chœur les joyeux gloux gloux !
Au même Odéon de Marseille on a pu voir et écouter en décembre la Permission de Dix heures, un opéra comique en un acte, composé en 1867. Là, pas d’air à boire, mais une scène de griserie croquignolesque ( le soldat Larose Pompon et le sergent alsacien Lantenrnick sont amoureux)….
Ci-dessous un extrait d’une production du Festival Offenbach d’Etretat 2018 (à 7m 20s)
Voici une chanson que l’on pouvait entendre en Allemagne dans les années 30. On la doit à Willy Rosen, un pianiste fantaisiste prolifique (il composa plus de 600 chansons) qui se produisait dans les cabarets de Berlin.
Elle-ci nous parle d’un père de famille (les enfants, soyez sympa !) qui n’a pas de quoi payer le loyer (mais le proprio peut attendre…), Garçon ! une bière ! et à la pause, une saucisse, et on a soif à nouveau…
Kinder, kommt, und seid jemütlich. Jetzt ist es jrade so nett Kinder, kommt, und seid doch friedlich. Zanken könnt ihr euch im Bett! Ick hab noch das Jeld für die Miete bei mir, der Hauswirt kann warten. Herr Ober, ein Bier! Erst trinken wir noch eins, erst trinken wir noch eins und dann jehn wir noch nich nach Hause Erst trinken wir noch eins, erst trinken wir noch eins und dann machen wir eine Pause Und in der Pause, da essen wir ‘ne Wurscht, denn nach so ‘ner Wurscht kriegt man immer Wieder Durscht, hmm! Dann trinken wir noch eins, dann trinken wir noch eins, und dann jehn wir noch nich nach Hause Bier her, Bier her, oder ick fall um! Kinder, ach, wie schön wars früher, da hat man doch noch jelebt Heut kommt der Jerichtsvollzieher der blaue Vöjelchen klebt Doch schleppt er auch weg unser Prachtgrammophon – das Lied, worauf’s ankommt, das Kenn’n wir ja schon: Erst trinken wir noch eins … Trink’ma noch’n Tröppchen, trink’ma noch’n Tröppchen aus det kleene Henkeltöppchen Trink’ma noch’n Tröppchen, trink’ma noch’n Tröppchen aus det kleene Henkeltöppchen Prost Rest! Prost Rest! Prost Rest!
La chansons a été popularisée par les Comedian Harmonists, un groupe vocal qui connut un succès international à l’époque.
Les chansons de Willy Rosen sont pleines d’humour, on peut en écouter une quarantaine sur Youtube. Certaines sont attendrissantes comme ce »Venezuela » (« Venezuela Tango! Der Text ist von Schwenn, Schäffers und mir. Der Musik, ist also von mir » April 1932) où tout le monde est heureux… (texte et beaucoup d’information dans les commentaires).
Mais c’était le bon temps, le bon temps c’est fini…
Willy Rosen, réfugié en Hollande, fut rattrapé par la solution finale et mourut à Auschwitz en septembre 1944. On pourra lire son histoire sur le site https://textundmusikvonmir.co.uk.
Voici une petite chanson bretonne sympathique dont les succès a dépassé les espérances de ses auteurs, les frères Jean-Bernard et Jean-Marie Prima, deux jeunes de Guiscriff, en Cornouaille, qui l’ont composée un soir de battage en 1929.
Que dit-elle ? Bois donc du cidre, Laou, car le cidre est bon !
Elle est entrainante, c’est une chanson (Kan) où chaque phrase du kaner est repris par un diskaner . En voici la teneur :
Ev chistr ‘ta Laou, rak chistr zo mat, loñla Ev chistr ‘ta Laou, rak chistr zo mat Ev chistr ‘ta Laou, rak chistr zo mat Ur blank, ur blank ar chopinad loñla Ur blank, ur blank ar chopinad
Ar chistr zo graet ‘vit bout evet, loñla Hag ar merc’hed ‘vit bout karet
Karomp pep hini e hini, loñla ‘Vo kuit da zen kaout jalousi
N’oan ket c’hoazh tri miz eureujet, loñla ‘Ben ‘vezen bemdez chikanet
Taolioù botoù, fasadigoù, loñla Ha toull an nor ‘wechadigoù
Met n’eo ket se ‘ra poan-spered din, loñla Ar pezh ‘oa bet lavaret din
Lâret ‘oa din ‘oan butuner, loñla Ha lonker sistr ha merc’hetaer
Ev chistr ‘ta Laou, rak chistr zo mat, loñla Ur blank, ur blank ar chopinad
Bois donc du cidre, Laou, car le cidre est bon lonla Bois donc du cidre, Laou, car le cidre est bon Bois donc du cidre, Laou, car le cidre est bon Un sou, un sou la chopine lonla Un sou, un sou la chopine
Le cidre est fait pour être bu Et les filles pour être aimées
Aimons chacun notre chacune Et il n’y aura plus de jalousie
Je n’étais pas marié depuis trois mois Que je me faisais chicaner chaque jour
Des coups de pieds, des gifles Et flanqué à la porte quelquefois
Mais ce n’est pas ce qui me chagrine le plus C’est ce qu’on disait de moi
On disait de moi que j’étais fumeur Buveur de cidre et coureur de jupons
Bois donc du cidre, Laou, car le cidre est bon Un sou, un sou la chopine
Alan Stivell l’a fait connaitre en 1970,
elle fut reprise par d’innombrables groupes,
franchissant les frontières, devenant Zeben Dag Lang (7 jours durant) en 1976 avec le groupe Bots aux Pays-Bas, (Was wollen wir trinken, sieben Tage Lang , en Allemagne)
Wat zullen we drinken /Zeven dagen lang/Wat zullen we drinken, wat een dorst On ne parle plus de cidre, mais qu’allons nous boire pour étancher la soif ? Ja drinken we samen, niet alleen (nous boirons tous ensemble, pas tous seuls) Dan zullen we werken/Zeven dagen lang (et puis nous travaillerons, 7 jours durant)…
La chanson a parcouru l’Europe jusqu’à Saint-Petersbourg avec Отава Ё, ou l’Ukraine avec FRAM…
Terminons avec cette captation d’un concert de Gwennyn ,Tri Yann, Gilles Servat, à Quimper, diffusée en 2017 sur France 2.
Résumons l’histoire : Esmeralda est tombée amoureuse du fougueux capitaine Phoebus mais va être victime d’une machination ourdie par le prêtre Frollo, amoureux éconduit, fou de désir.
On peut en voir en ce moment aux Bouffes du Nord une adaptation avec une distribution assez réduite, mais de grande qualité. Nous y retrouvons notre chouchou Christophe Crapez, dans le rôle de Quasimodo. Il faut y aller vite, c’est jusqu’au 3 décembre seulement.
De tous les biens qu’ici-bas l’on nous vante, Savez-vous bien celui qui nous enchante ? C’est le bon vin. C’est cette liqueur charmante, C’est le bon vin qui nous enchante.
Ref : C’est, c’est, c’est le bon vin,, C’est le bon vin qui nous met tous en train.
Quand deux amis se sont mis en ribotte, Savez-vous bien ce qui les ravigotte? C’est le bon vin. C’est de ce jus de la treille, C’est le bon vin qui les réveille.
Ref
Quand deux amis se sont pris de querelle, Savez-vous bien ce qui vous les rappelle? C’est le bon vin. C’est cette liqueur si chérie, C’est le vin qui les rapatrie.
Ref
Si votre Iris est un peu trop volage.. Savez-vous bien ce qui vous en dégage? C’est le bon vin. C’est cet excellent breuvage, C’est le bon vin qui nous en dégage.
Une chanson en appelant une autre, voici « Le bon vin » , une chanson à répondre et à rallonge, de Cyril Le Troll, barde breton,
Tout en buvant j’ai perdu ma cravate (de soie), mes godasses (de cuir), ma culotte (de crotte), mes chaussettes (qui fouettent) , ma bonne femme (d’amour)… et ma casquette de violette.
Hoho J’aime bien la bouteille, Hehe le bon vin du matin
Encore une ? Tout ce que nous aimons le mieux, bien entendu, c’est le bon vin ! C’est la marche des vendanges.
La voici par son compositeur, l’accordéoniste Edouard Duleu, et son ensemble.
et en prime la partoche de la marche des vendanges.
Le 16 septembre dernier, l’Académie du Cep de Genève fêtait son 70ème anniversaire.
C’est une belle confrérie, qui compte plus de 500 membres, très implantée dans le canton de Genève parmi les vignerons, les personnalités, et les amateurs de vin.
Elle a cette particularité de proposer régulièrement des challenges de reconnaissance de cépages, ouvrant droit à des grades dans la confrérie. Le plus « capé » l’a relevé avec succès 22 fois. C’est le Grand-Maître Jacques Jeannerat.
Le genevois produit sur 1500 hectares de vignes des crus variés et de qualité, malheureusement aux prix suisses et donc peu exportés : le Chasselas et le Chardonnay y sont dominants pour les blancs, à côté de l’Aligoté, des pinot blanc et gris, etc. ; côté rouge, on trouve Gamay et Pinot noir, mais aussi les Gamaret et Garanoir (croisements de Gamay et Reicheinsteiner très résistants à la pourriture) dont on fait aussi des rosés. Ce chapitre, et la fête des vendanges de Russin, village viticole où il se tenait, était donc l’occasion de découvrir ces crus. Nous ne serons pas déçus !
Le savoureux déjeuner permit de découvrir la Longeole, la saucisse de Genève faite de chair, de couenne, de gras, et aromatisée au fenouil. Il faut la faire frémir pendant 3 heures et demi dans de l’eau à 74°…
La confrérie de la Longeole vient d’être créée, son Gouverneur est Alain Jenny (ci-dessus), et son vice-gouverneur Jacques Jeannerat.
D’autres confréries étaient présentes, comme les Vignolants du vignoble neuchâtelois et les Olifants du bas-lac en pays neuchâtelois, les confréries du Guillon (pays de Vaud), du Gruyère, des Vignerons de Vevey, les Chevaliers du Bon pain de la Suisse Latine et des Pays de Savoie, et la Fédération des Confréries oenogastronomiques de Suisse.
Ici comme ailleurs on boit et on prête serment pour intégrer la confrérie.
Les conversations allaient bon train d’une table à l’autre…
Quelques choses bues…
Un pour tous, tous pour un : c’est la devise de la Suisse.
insignes sur le costumes de Vignolants
L’Académie du Cep dispose d’un ensemble vocal, dirigé par le chef Christophe Orsor.
Il compte une petite huitaine de membres et nous a régalé d’une dizaine de chants, à boire bien sûr, comme« C’est le bon vin » (popularisé jadis par Raymond Souplex).
Le Chant de la Confrérie, composé par le chef Christophe, résonnera longtemps dans les rues de la ville.
In Vino, in Vino, in Vino In vino veritas A Genève on dit que le bon vin est notre ami Et nous serons toujours l’ami du bon vin
Refrain :Bois ce vin compagnon, fruit de la vigne Et du travail des Hommes Ô Genevois, soyons fiers et sans soucis A l’eau de-là, je préfère le vin d’ici
Gloire à nos vignerons, à la vigne et aux raisins Car ils nous procurent cet excellent vin
Refrain
A NOUS, A LA VIGNE ET AU VIN ! SANTE !
Au centre profil le chef Christophe, et à droite tenant son livret Laurent Fridmann, le talentueux animateur du Chapitre
A l’issue du chapitre, on se retrouva pour une dégustation d’une sélection de vins primés au mondial du chasselas, cépage rarement vinifié dans le grand pays voisin (à l’exception de l’Alsace, où le « gutedel » entre dans la composition de l’Edelzwicker, et du clos de Clamart…).
Il y en avait des jeunes et des vieux, ah que d’aimables sensations!
Le lendemain, c’est par une messe oecuménique, menée par un abbé et un pasteur dans le petit temple de Russin, que commença la journée. Une formation malgache, SOGA (SOisa-GAsy) l’anima de ses chants.
Elle fut suivie d’une réception dans une ferme viticole du village.
la vue depuis la ferme
Avec les édiles du canton
et les éleveurs descendus de la montagne,
on put s’y restaurer et approfondir sa connaissance des crus du canton de Genève.
Ce récipient portant une maxime latine a un cousin germain.
Enfin vint l’heure du défilé, avec ses musiciens, tracteurs, costumes d’antan, et vignerons servant à boire encore et encore avec en toile de fond le Chant de l’Académie du Cep.
Il fallait bien un vin d’honneur dans la cour de la mairie pour conclure cette folle journée. On y but un dernier(?) verre. Mais Genève n’est qu’à 15 minutes de train.
Amis de Genève, Russin, Satigny et de tous les cantons helvétiques : à bientôt !
Elles sont quatre, Sandrine, Sophie, Patricia, Bérangère, elles jouent de l’accordéon, de la clarinette, du trombone, du saxo, elles chantent des chansons de poètes originaux, elles ont la langue du Sud pyrénéen, et nous proposent un « voyage musical vinicole…poétique et festif ».
Voici un teaser en guise de premier contact.
Après quelques interrogations (apparemment des textes de Guillaume Pignet et Wilfrid Lemaire), on a pu identifier Beu, des Fabulous Troubadors
Bois bois bois du bon vin sans trop t’en faire ami Bois bois bois rouge ou rosé vert ou blanc Bois bois bois je connais des centenaires qui en ont bu pendant cent ans
et aussi Vino triste (le vin triste, de Jean Richepin), poème paru dans le recueil « la chanson des gueux » en 1881
et enfin la java sans modération, de Gilbert Delfaille, un beau texte
Moi j’aime pas les vins chers Ceux qui se vendent aux enchères Et partent en Amérique Ceux qui font les manières Entre la sole meunière Et les fruits exotiques
Moi j’aime les vins canailles Ceux qu’ont jamais de médaille Au concours agricole Qui sont nés sur la paille Qu’ont les cheveux en bataille Ceux qu’ont pas fait l’école
Celui qu’on boit comme ça Sans faire de tralala Çui qu’a pas d’étiquette Qui s’prend pas au sérieux Qu’en met pas plein les yeux Qu’est tout nu sans liquette
Moi j’aime çui qu’est bien rond Qui joue pas les barons Qui donne son soleil Pas les grands millésimes Les vieux crus rarissimes Qui vous chauffe les oreilles
Ah qui sont pas vulgaires Mais qu’ont passé la guerre A l’abri dans les caves Ceux qu’on peut pas toucher Qui doivent rester couchés Qui nous prennent pour des caves
Moi c’est le rouge pas farouche Qui roule bien dans la bouche Ni trop mou ni trop vert Çui des bois et charbons Qu’a pas le nez bourbon Mais fait chanter les verres
Bien sûr y’a des limites La bibine interdite Où pas tremper ses lèvres Faut pas pousser le bouchon Avec ces rince-cochons A faire danser les chèvres
Les picrates, les piquettes Qui vous flanquent la casquette Comme un compteur à gaz Les vicieux qui se maquillent Ceux qui sentent la vanille Et la crème de framboise
Moi c’est pas le jus de semelle C’est jamais l’antigel Ni le méchant qui assomme Moi c’est le coup d’arrosoir A la tombée du soir Qui fait de mal à personne
Çui qui rend pas mauvais Qu’est pas du sang de navet Ni du gros qui arrache Çui qui passe sans embrouille Pas le bleu des arsouilles Ni le jaja qui fâche
Çui qui raconte quequ’chose A mon éléphant rose Quand il a l’âme en peine Qui sait trouver les mots Qui plaisent aux vieux chameaux Passée la cinquantaine
Çui qui vous met le plumet Le copain de Jean Carmet Le petit Château-la-soif Çui qu’est simple et honnête Qu’est pas sur Internet Mais connaît l’orthographe
La la la la la la… Çui qu’est simple et honnête Qu’est pas sur Internet Mais connaît l’orthographe
on pourra aussi apprécier la version de l’auteur
Pour les fans, on termine avec un extrait d’un apéro-concert en juillet 2020 au château de Terride en Gaillacois…
Belle découverte que celle de ce quatuor venu d’Alsace (Sébastien Dubourg au piano, Nathalie Cawdrey à la flûte, Cécile Bienz à la clarinette, et Marine Nuss au saxo), tout à la fois chanteurs, instrumentistes, acteurs, qui a monté ce spectacle autour de l’amour et du vin.
On pouvait le voir vendredi soir au Château Bonisson, dans les coteaux d’Aix-en-Provence, et encore ce dimanche soir au domaine de la Citadelle, à Ménerbes dans le Luberon.
On. a ainsi pu écouter voir une vingtaine de chansons, des traditionnelles aux voix et arrangements travaillés (Il est des nôtres, le tourdion, qui veut chasser une migraine, de vigne en terre…), des modernes ( (le vin de l’assassin,j’ai bu, je suis soûl/s, ami remplis mon verre, quand j’suis paf…) de nos grands auteurs (La Fontaine, Baudelaire, Ferré, Aznavour, Brel, Nougaro, Mick Micheyl…), et d’autres qu’on n’a pas pu identifier, peut-être des originales de Sébastien Dubourg ? de la metteur en scène Marcela BERNARDO ?
Un spectacle d’un très bon niveau donc, dont on espère qu’il tournera !
Nous perdons le temps à rimer, Amis, il ne faut plus chommer ; Voicy Bacchus qui nous convie A mener bien une autre vie ; Laissons là ce fat d’Apollon, Chions dedans son violon ; Nargue du Parnasse et des Muses, Elles sont vieilles et camuses ; Nargue de leur sacré ruisseau, De leur archet, de leur pinceau, Et de leur verve poetique, Qui n’est qu’une ardeur frenetique ; Pegase enfin n’est qu’un cheval, Et pour moy je croy, cher Laval[2],
Que qui le suit et luy fait feste Ne suit et n’est rien qu’une beste. Morbieu ! comme il pleut là dehors ! Faisons pleuvoir dans nostre corps Du vin, tu l’entens sans le dire, Et c’est là le vray mot pour rire ; Chantons, rions, menons du bruit, Beuvons icy toute la nuit, Tant que demain la belle Aurore Nous trouve tous à table encore. Loing de nous sommeil et repos ; Boissat[3], lors que nos pauvres os Seront enfermez dans la tombe Par la mort, sous qui tout succombe, Et qui nous poursuit au galop, Las ! nous ne dormirons que trop. Prenons de ce doux jus de vigne ; Je voy Faret qui se rend digne De porter ce dieu dans son sein, Et j’approuve fort son dessein. Bacchus ! qui vois nostre desbauche,
Par ton sainct portrait que j’esbauche En m’enluminant le museau De ce trait que je boy sans eau ; Par ta couronne de lierre, Par la splendeur de ce grand verre, Par ton thirse tant redouté, Par ton eternelle santé, Par l’honneur de tes belles festes, Par tes innombrables conquestes, Par les coups non donnez, mais bus, Par tes glorieux attribus, Par les hurlemens des Menades, Par le haut goust des carbonnades, Par tes couleurs blanc et clairet, Par le plus fameux cabaret, Par le doux chant de tes orgyes, Par l’esclat des trognes rougies, Par table ouverte à tout venant, Par le bon caresme prenant, Par les fins mots de ta cabale, Par le tambour et la cymbale, Par tes cloches qui sont des pots, Par tes soupirs qui sont des rots Par tes hauts et sacrés mysteres, Par tes furieuses pantheres, Par ce lieu si frais et si doux. Par ton boucq paillard comme nous Par ta grosse garce Ariane, Par le vieillard monté sur l’asne, Par les Satyres tes cousins, Par la fleur des plus beaux raisins, Par ces bisques si renommées, Par ces langues de bœuf fumées, Par ce tabac, ton seul encens, Par tous les plaisirs innocens,
Par ce jambon couvert d’espice, Par ce long pendant de saucisse, Par la majesté de ce broc, Par masse, toppe, cric et croc, Par cette olive que je mange, Par ce gay passeport d’orange, Par ce vieux fromage pourry, Bref, par Gillot, ton favory, Reçoy-nous dans l’heureuse trouppe, Des francs chevaliers de la couppe, Et, pour te montrer tout divin, Ne la laisse jamais sans vin.
Nous poursuivons la relation de notre visite au Portugal, où nous sommes venus pour participer au Congrès de la Fédération Internationale des Confréries Bachiques au cours duquel nous avons découvert ces deux régions du Nord du Portugal. L’une produit le vin du même nom, l’autre le célèbre Porto.
Le Vinho Verde, Le vin vert, ce n’est donc pas qu’un vin, c’est aussi une région située au Nord-ouest du Portugal, où le vent du Nord souffle et rafraichit océan et région côtière. La terre ne manque pas d’eau, le pays est bien vert. La vigne est cultivée en hauteur, et les raisins, exposés à l’humidité et aux maladies, sont généralement vendangés avant d’arriver à maturité. Le vint « vert « est donc peu alcoolisé, sec et gagne à être bu frais. Historiquement majoritairement rouge, c’est le blanc qui prédomine dorénavant. Une multiplicité de cépages (45…) induisent certainement une multiplicité de vins. Nous en retenons un : Casa da Senra, de cépage loureiro.
C’est à Viana do Castelo que la Confraria do Vinho Verde a célébré son 54ème chapitre ; une trentaine de congressistes ont été intronisés.
On reconnaitra un costume et une tête bien connus des amis du Clos !
Les danses folkloriques ne nous ont pas surpris, de semblables ont bien souvent accompagné nos chapitres clamartois.
La Confrérie du Vinho Verde a un hymne, l’âme du vinho verde ! (Artur Coimbra, João Martins). Le voici, chanté par Cristina Lima
Desde a raiz da memória Nas terras férteis do Minho Colhe-se na tradição O mais saboroso vinho! Nas festas e romarias Por esse país profundo Brinda-se à alegria Com o melhor néctar do mun- do!
REFRÃO Pelo nosso vinho verde Que aquece o dia a dia Pelos confrades, enfim Viva a nossa Confraria!
No mais fresco vinho verde Constrói a alma o seu hino Entre a serra e o mar É que se bebe o destino! Numa mesa portuguesa Sobre a toalha de linho Há sempre um naco de pão E um bom copo de vinho!
REFRÃO
Nas lides dos nossos campos Quando é p’ra descansar Põe-se a merenda ao dispor E um tinto a acompanhar! Não há vinho como o nosso Regado a esforço e suor O sangue de todo um povo Num copo de puro amor!
Il faut signaler ici que la version portugaise du fameux Vino Griego a été adaptée, et a pour titre ici « Verde Vinho » ! L’exil des portugais vaut bien celui des grecs ! Elle est chantée par Paulo Alexandre.
Vamos brindar com vinho verde Que é do meu Portugal E o vinho verde me fará recordar A aldeia branca que deixei atrás do mar.
Allons trinquer au vinho verde Qui est de mon Portugal Et le vinho verde me rappellera Mon village blanc au-delà de la mer.
Vamos brindar com verde vinho P’ra que possa cantar, canções do Minho Que me fazem sonhar, Com o momento de voltar ao lar.
Allons trinquer au vinho verde Qu’on puisse chanter, les chansons du Minho Qui font me font rêver, Au moment de retourner à la maison
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Au delà des serras do Marão et de Montemuro, la région du Douro jouit d’un climat méditerranéen beaucoup plus clément. Le paysage de collines en terrasses est superbe, et a été classé par L’Unesco.
La Quinta da Pacheca, dont le nom rend hommage à la première propriétaire identifiée (1738) du domaine, Da. Mariana Pacheco Pereira, produit des vins Douro DOC et Porto. Ce fut le lieu d’une belle dégustation.
Le vin de Porto rouge est fortifié après quelques jours de macération par ajout d’eau de vie de vin à 77°, stoppant ainsi la fermentation, puis passe quelques années en fût ou en foudre. Le tawny est le produit phare, mais le porto blanc, plus sec, s’avère agréable à l’apéritif.
Sa production est sans commune mesure avec celle du Madère. On en saura plus sur le Porto en lisant la synthèse de wikipedia.
Cette curieuse structure prolonge la vie d’un chêne multi-séculaire. Son nom : Nectar da Pacheca, son auteur : Oscar Rodrigues (2014).
Voici une autre oeuvre vue sur place.
Le retour en bateau vers Porto donne l’occasion d’admirer les incroyables paysages du Douro et de franchir la plus haute écluse d’Europe (36m).
Le chapitre de la confrérie du vin de Porto était parfaitement rythmée. Toutes les confréries présentes ont été intronisées.
Et du porto 10 anos Tawny fut servi au diner de gala dans l’historique maison de la Douane.
Ne quittons pas le Portugal sans écouter les commandements du vin !
Personnage atypique de la scène française, Jean-Louis Murat vient de tirer sa révérence. Il avait composé une musique originale et interprété une chanson de Pierre-Jean de Béranger, ‘la bacchante », oeuvre poétique d’une grande puissance érotique, qui chante l’union de l’amour et du vin, sortie en 2005 (album MOCKBA). Elle lui ouvre les portes de la galerie du Bon Clos.
Entre ici, Jean-Louis Murat , et rejoins Pierre-jean de Béranger !
Cher amant, je cède à tes désirs De champagne enivre Julie Inventons, s’il se peut, des plaisirs; Des amours épuisons la folie Verse-moi ce joyeux poison Mais surtout bois à ta maîtresse; Je rougirais de mon ivresse Si tu conservais ta raison
Vois déjà briller dans mes regards Tout le feu dont mon sang bouillonne Sur ton lit, de mes cheveux épars Fleur à fleur vois tomber ma couronne Le cristal vient de se briser: Dieu! baise ma gorge brûlante Et taris l’écume enivrante Dont tu te plais à t’arroser
Verse encore! mais pourquoi ces atours Entre tes baisers et mes charmes? Romps ces noeuds, oui, romps-les pour toujours: Ma pudeur ne connait plus d’alarmes Presse en tes bras mes charmes nus Ah! je sens redoubler mon être! A l’ardeur, qu’en moi tu fais naître Ton ardeur ne suffira plus
Dans mes bras tombe enfin à ton tour: Mais hélas! tes baisers languissent Ne bois plus, et garde à mon amour Ce nectar où tes feux s’amortissent De mes désirs mal apaisés Ingrat, si tu pouvais te plaindre J’aurais du moins pour les éteindre Le vin où je les ai puisés