Jacquemart-André

Voici un beau musée installé dans un hôtel particulier du 8ème arrondissement. André (Edouard) c’est le banquier passionné de peinture, Jacquemart (Nélie) c’est l’artiste (peintre) qu’il épousa en 1881 et avec qui il monta ce musée dans les années 1880.

Il abrite des expositions temporaires comme celle intitulée « désir et voluptés à l’époque victorienne » que l’on peut voir en ce moment. Le titre est bien accrocheur, mais on y a trouvé ce Vin Grec de Sir Lawrence Alma-Tadema (aquarelle sur carton, 1873)

Le musée abrite des curiosités comme ces Jeux d’Enfants (grisaille d’après Piat-Joseph Sauvage, vers 1780)

et cette tapisserie représentant un banquet de dieux ?

Très illustres Buveurs

Buveurs très illustres, et vous goutteux très précieux…

Ainsi commence le Tiers Livre des faits et dits héroïques du bon Pantagruel,  de François Rabelais. Dans une autre édition, ces « bevveurs » suivent les  « Bonnes Gens ». Dans le Prologue de Gargantua, ils précèdent les Vérolés. Bref, c’est bien à nous, aux gens de bien et autres buveurs de prime cuvée, que s’adresse Maître François.

L’expression a dû faire florès car un siècle plus tard, vers 1635, le graveur Abraham Bosse  (collaborateur et ami de Jacques Callot, émule du mathématicien Desargues qui l’initia aux lois de la perspective) publie une planche intitulée

« Aux buveurs très illustres et hauts crieurs du Roy boit« 

(« le roy boit » est l’acclamation traditionnelle  du tirage des rois, thème de prédilection de  Jakob Jordaens)

Cette planche (que l’on peut trouver sur gallica) mérite qu’on la regarde de plus près. Ils sont là vingt-quatre, du Roy au Portier, du Sommelier au Laquais, à proclamer leur bachique addiction. Chacun y va de son épigramme. Voici, à tout seigneur tout honneur,

le Roy : »Bacchus me fait maintenant croire Que je suis prince quand je bois »

Le Chancelier : « J’ordonne qu’on boive en délices Aux bonnes grâces des Destins »

Le Conseiller d’Etat : « Et que chacun prenne sa coupe Pourvu qu’on ne s’enivre pas »

Le Médecin : »…qu’on boive tant qu’il en tonne Et que l’on remplisse les pots »

Le Musicien : » Ma voix sait charmer les oreilles Je ravis les coeurs doucement Mais pour bien faire des merveilles iIl me faut boire abondamment »

Le Maitre d’hôtel : « Les mets que je sers sur la table Sont pour faire boire à tous coups Que le bon vin est souhaitable Au monde rien n’est de plus doux »

Et bien sûr l’Echanson : « Je fais courir parmi le monde Pour du vin bien délicieux Quand mon Prince en boit à la ronde Il se croit le maître des Dieux »

Le Sommelier : » Courage enfants bravons l’ennui le bon vin ne nous manque pas C’est lui qui réjouit la vie Et qui surmonte le trépas

Le Tireur de vin :  » Quoiqu’on me tienne en peut d’estime Pour me mettre à tirer le vin J’entends bien le jeu de la prime L’on me croit sot mais je suis fin »

Le Laquais « Je ne vais jamais en campagne Alors que l’on fait un banquet Ai-je bu du bon vin d’Espagne Je cause comme un perroquet »

Le Portier : « Toujours une douleur me presse Si je ne suis parmi le vin »

Le Suisse : Quand je suis saoul j’ai du courage Rien ne peut être mon vainqueur Surtout le vin et le fromage Sont les bons amis de mon coeur »

Laissons le  dernier mot au Fou : « Ma gloire gît en la bouteille Je veux mourir dedans le vin Rien ne contente mon oreille Si ce n’est le bruit d’un festin « 

 

Steel Zeppelin

Voici une oeuvre toute récente de notre ami Bazilio, bien connu des amis du clos.

Ce dirigeable d’acier cache bien son jeu

C’est un porte-bouteille !

(du merlot pour qui peut lire…)

Toute personne intéressée par cet objet peut faire une offre au bon clos qui transmettra !

Et voici maintenant un gros poisson !

qui contient…

une bouteille, gagné !

Celui-là n’en a pas besoin…

 

au musée de Cluny

Le musée de Cluny à Paris est celui du Moyen-Age. On peut y voir la fameuse tapisserie de la dame à la licorne. Mais il recèle aussi un trésor extraordinaire pour nous, la Tapisserie des Vendanges.

Réalisée aux Pays-Bas du Sud vers 1500, elle fut léguée au musée de Versailles par Mme Edmond Dollfus en 1930. Elle mesure près de 5m sur 2,5m.

Voici la description détaillée de Joconde (portail des collections des musées de France)

scène profane ; dans les rangées d’une vigne paisselée, hommes et femmes vendangent, ceux-ci munis de serpettes, celles-là de paniers où s’amoncellent les grappes. Au premier plan, une châtelaine habillée de riches brocarts va déposer dans une écuelle la grappe que lui a présentée un vendangeur. Dans l’arrière-plan, sur un fond de paysage sommairement esquissé, des chevaux emportent des paniers également chargés des fruits de la récolte. Cette évocation de la vendange se poursuit, à droite, par une scène extrêmement lacunaire. Sur un muret de brique élevé devant un dressoir chargé d’ustensiles, la châtelaine semble tenir la même écuelle qu’elle portait dans la scène précédente. A sa gauche, devait être assis le seigneur, dont on aperçoit la toque à grand panache. Au premier-plan, apparaît un élégant garçonnet, à la longue chevelure bouclée, coiffé lui-aussi d’une toque. L’étape intermédiaire, le pressage du vin, est figurée à gauche. Un couple de seigneurs assiste à la scène, où s’activent hommes et femmes. Au premier plan, on se livre, dans une large cuve, à un foulage très sommaire du raisin, le jus s’écoulant dans une barrique où vient puiser une jeune femme, vêtue avec élégance d’une robe moirée. A l’arrière-plan, plusieurs paysans actionnent une presse mécanique ; à droite, un couple se charge de remplir un tonneau

Voici quelques agrandissements

On peut y voir aussi ce linteau décoré de grappes

A Cologne

Nous voici au delà du « weinland », le vignoble de Rhénanie s’arrêtant au sud de Bonn, et la boisson locale est la kölsch,

une bière légère à déguster dans les nombreuses brasseries, à la décoration attrayante, qui n’oublie pas le vin, comme ici.

En fait, il y a bien des choses à découvrir pour les amis du clos et les amoureux du vin.

Et tout d’abord, voici un sympathique caviste qui nous présente ses voeux :

Glück, Gesundheit und alles Gute !

Ici, on boit du vin de la vallée du Rhin moyen (Mittelrhein, planté principalement en riesling)qui s’étend de Bingen au sud jusqu’à Bonn au nord…

Voici une bonne adresse pour déguster vin et bière, (accompagnés par exemple d’un schweine haxe ?) : Weinhaus Vogel, 74 Eigelstein

La vigne est une vieille histoire  en Rhénanie, qui fut romaine dès le 1er siècle, comme en témoigne cette superbe mosaïque dédiée à Dionysos, trouvée en 1941 lors de la construction d ‘un abri anti-aérien, et que l’on peut voir au Musée Romain-Germanique construit sur place.

quelques détails

Dans le même musée on pourra admirer ces statues de Bacchus

et ce bas-relief

Voici un superbe vase en céramique avec scène de vendange

A voir aussi l’étonnante collection d’objets en verre

ce verre-là date du 4ème siècle. C’est un type de verre bien particulier (pour en savoir plus)

cette inscription en grec, ΠΙΕ ΖΗΣΑΙΣ ΚΑΛΩΣ ΑΕΙ, nous l’avons déjà vue quelque part (sur un verre trouvé dans une pyramide au Soudan)

… elle dit simplement : « bois et sois toujours heureux »

A quelques centaines de mètres,  au Papa Joe Klimperkasten, un sympathique jazz bar, on peut voir sous une dalle de verre une étonnante mosaïque difficile à photographier.

Sont-ce les dieux de l’Olympe s’enivrant de nectar ?

celui-là boit, les autres ont lâché les coupes…

Filons maintenant au musée des arts décoratifs, où il y a aussi beaucoup à voir.

Des récipients en verre ou en cristal

des vases de Legras (vers 1900), le quatrième maitre-verrier à la fondation de l’Art Nouveau, avec Daum, Gallé et Lalique. Cet homme s’est beaucoup intéressé aux bouteilles, voir à ce sujet l‘article du collectionneur Gérard Wagner.)

Celui-ci qui représente une vendangeuse en pleine action dans le plus simple appareil, est décoré par Maurice Denis

Voici une assiette de métal

une théière bachique

Un hanap

Et voila encore des vendangeurs !

et un bahut pour ranger tout cela ?

Ne quittons pas Cologne sans passer par le musée Wallraf où l’on peut voir quelques pièces intéressantes, comme ce

goldener herbst (weinlaube auf Neukastel, lit-on ailleurs), de Max Slevogt  représentant sa famille sous  la treille dans sa maison de Leinsweiler près de Landau, en 1917.

Comme on envie cette paisible pause devant les meules de foin au jardin des étincelles, à Criqueboeuf de Vuillard (1902).

Et voici un curieux sermon de midi fait à des marins manifestement pris de boisson (par le peintre canadien Henry Ritter 1816-1853)

dans les rues de Paris: rue Lamarck

Voici encore une jolie porte d’immeuble toute ceinte de treille en céramique, en bas de la rue Lamarck. Ce serait l’oeuvre de Louis Dupont, en 1905, d’après le site www.pss-archi.eu/

Voir aussi l’article de patryst. On peut aussi lire dans le catalogue gentil-bourdet :

« Présenté au concours de façades de la ville de Paris en 1905, cet immeuble en éperon de Louis Dupont témoingne magistralement des remèdes que l’on opposait alors à la monotonie de l’habitat populaire. Les céramistes Alphonse Gentil et Eugène Bourdet qui venaient de fonder leur entreprise à Boulogne Billancourt, livrèrent ici tout un éventail d’éléments de grès standard, donc peu coûteux. Leur vive tonalisé et leur disposition savamment ordonnancée soulignet la trame contrastée d’un appareil de brique et de pierre de taille. Conscients du succès de l’expérience, G&B reproduisirent longtemps ces façades dans leurs documents publicitaires »