Pompéi ou l’art de vivre

Nous n’ignorons pas au bon clos le raffinement des civilisations antiques, notamment en matière de bien vivre et … de bien boire.  Qu’on se souvienne des expositions de la reine margot (le nectar des dieux, le jubilé) ou des vins d’Egypte, ou encore de Chio

L’exposition Pompéi, un art de vivre , qui se tient au Musée Maillol à Paris 7eme devait apporter quelque  pièce au dossier. A près une chasse aux images compliquée par la présence de cerbères soupçonneux, l’heure est venu d’en présenter le tableau aux lecteurs du bon clos.

Et en effet Bacchus Dionysos est partout. Le vin n’était-il pas boisson d’immortalité ?

Il nous accueille bien vite,  assis sur son trône avec tous ses attributs : la panthère, les cymbales, le thyrse (long bâton, piqué d’une pomme de pin), le canthare en or (vase à boire).

Dionysos trônant (viendrait de la" maison du navire")

Un peu plus loin, voici une grande fresque représentant Dionysos découvrant Ariane endormie, qui se trouvait dans la « maison du Cithariste »

fresque : la rencontre de Bacchus et d'Ariane

Voici ce qu’en disent Jean Charbonneaux et alias dans  Grèce Hellénistique, Gallimard 1970 (trouvé )

Ariane est couchée sur les genoux de Hypnos, le génie ailé.
Éros la dévoile au regard de Dionysos, couronné de myrte, qui tient le thyrse. Au second plan, Pan, admiratif lui aussi, une ménade, un joueur de flûte, un satyre qui aide Silène à grimper la montagne avec sa canne ; un autre dieu Pan regarde au sommet du rocher un dernier personnage (Pan, lui aussi).
« C’est le ciel, mais un ciel chargé de nuages, qui règne au-dessus des rochers de l’île de Naxos. La découverte par Dionysos d’Ariane endormie est présentée avec une singulière poésie : le mouvement arrêté de Dionysos, qu’enveloppe le vent, la grâce du corps nu d’Ariane forment un premier plan qui laisse par derrière s’agiter la troupe insoucieuse des compagnons de Dionysos ; seul le vieux Pan a déjà conscience de la découverte d’Ariane et son geste souligne celui du jeune dieu. Le mouvement d’un satyre, qui se retourne pour appeler son compagnon, resté en arrière-plan, au sommet des rochers, accentue la profondeur d’un espace que la brume du matin rend presque fantomatique. Cette pâleur de l’aube ne marque les corps que d’ombres légères, mais les couleurs tendres, les ors, les verts, les bruns rouges, présentent une variété de tons infinis sous l’effet de la lumière : ici les ombres ne sont plus que des nuances de couleur et la lumière elle-même ne semble que le reflet de ces nuances. »
Jean Charbonneaux – Roland Martin – François Villard, Grèce hellénistique, Gallimard, 1970, p. 148.

Le  voici aussi porté par son père nourricier, Silène

Bacchus dans les bras de Silène (table en marbre)

Une statue de Bacchus posant le pied sur une panthère

Cet éphèbe a été paré d’une vigne (maison de Fabius Rufus)

Celui-là d’un appendice naturel

Il y a aussi ces médaillons présentant des divinités
Cette applique ornait un lit de banquet (triclinum)

Florilège de vases et gobelets


rhyton en argile noisette


En sortant, les soiffards peuvent se rafraîchir le gosier chez CDiscount ( autodégustation  non stop)

et glisser un oeil chez Kin Liou au 81 rue du bac (Objets uniques objets anciens objets de charme)

pour dénicher ce superbe vendangeur noir en bronze (le tonneau est en bois) qui daterait du 19ème siècle (dites un prix pour voir)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Passant par Rougiers….

… nous nous sommes arrêtés à la coopérative viticole recommandée par l’ami Hervé, pardi.

(Rougiers est un petit village de Provence au pied de la Sainte-Baume),

Bien nous en a pris car outre le (pas si) petit vin blanc attendu nous sommes tombés sur une collection peu banale de … porte-bouteilles. Les voici.

Qui nous dira qui en est l’auteur ? Ils sont vendus au prix de 27 euro. Idéal pour les fêtes !

Voir ici un élogieux article sur les vins de Rougiers !

 

 

 

 

 

 

 

Vin d’Egypte

Sera-t-on surpris d’apprendre qu’on produit du vin en Egypte aujourd’hui, et qu’il se laisse boire volontiers ?

pas dans cette carafe de la 18eme dynastie (vers -1550-1300)

« une prouesse technique extraordinaire » selon Hugh Johnson (Histoire Mondiale du Vin), qui nous rappelle une grappe de faïence émaillée vue à la reine margot

Après un court séjour en Egypte nous invitons les lecteurs du bon clos à une vertigineuse remontée dans le temps de plus de cinq mille ans.

boutique Gianaclis à Alexandrie

Le vin que l’on peut boire actuellement, on le doit à Nestor Gianaclis , un entrepreneur grec qui dans les années 1880 planta un vignoble dans le delta du Nil, redonnant ainsi vie à une tradition multimillénaire. .

Blanc, Rosé, Rouge, mousseux, voici ce qu’on trouve dans les vitrines. Les cépages sont le bobal pour le rouge, la sultanine blanche pour le blanc.

Se souvient-on que le célèbre opéra de Verdi qui se passe en Egypte était une commande du khédive Ismaïl Pacha, et fut créé au Caire en 1871, peu après l’inauguration du canal de Suez ?

ce n’est pas un hommage à Uderzo et Goscinny, l’obélisque est une spécialité egyptienne

Voici un relief de vendangeuse qui doit dater des années trente, sur un bâtiment de la Chambre de Commerce, non loin de la place Tahrir au Caire,

vendangeusedepierre

et des peintures explicites vues chez un antiquaire du quartier

Ces bouteilles d’hassan soliman sont à la très grande bibliothèque d’Alexandrie

Voici une lanterne devant une église copte du Caire

Et voila un portail moderne vitiforme vu sur les bords du Nil du côté d’Edfu.

Plus ancien sans doute ce « seau » à champagne vu au musée national d’Alexandrie,

et carrément antiques ces frises et reliefs vus au même endroit

treilledepierre

c’est le pied de Dionysos…

Bien plus loin dans le temps, voici un véritable cellier rempli d’amphores que l’on a retrouvé dans la tombe de Scorpion I, pharaon « prédynastique » qui vivait il y a plus de cinq mille ans.

Outre un usage récréatif et religieux, le vin était alors couramment utilisé comme excipient  dans la pharmacopée .

Mais le plus beau reste à voir, conservé aux fonds des tombes des rois et dignitaires de l’Egypte ancienne.

Voici une fresque de la tombe de Khaemouaset, grand-prêtre sous le règne d’Amenhotep I (vers -1500), qui présente le traitement du raisin depuis la vendange jusqu’à l' »amphorage » et le transport

khaemouaset

La « tombe aux vignes » de Sennefer («  Maire de la Cité du Sud, Intendant des jardins du temple d’Amon  » vers -1400 : un des grands personnages du règne d’Amenhotep II) porte bien son nom

La tombe de Nakht (prêtre du dieu Amon, vers -1400) est aussi justement célèbre pour ses vendangeurs et ses fouleurs de raisin

fouleursetcueilleursnakht

De la même époque (14eme siècle, règne de Thutmose 4) cette fresque de la tombe de Nebamon

nebamon

oeuvre qualifiée de préimpressioniste par Arpag Mékhitarian, in la peinture egyptienne SKIRA-Flammarion, pour qui son auteur serait le plus original, le moins esclave des conventions des peintres de la 18eme dynastie

De la même époque cette fresque de la tombe d’Ouserhat (fonctionnaire de rang moyen-supérieur du milieu de la XVIIIème Dynastie)

ouserhat

(voir le site osirisnet.net qui constitue une base de données et d’images sur les tombes egyptiennes, pour une passionante description détaillée)

Nous y avons trouvé cette fresque de la tombe de Pahery (règne de Thoutmosis III, vers -1450) avec le commentaire ci-dessous.

pahery

« Le raisin est amené au pressoir où il est foulé par des hommes qui se tiennent à une corde accrochée à une barre. Le vin est ensuite mis en jarres.
Outre son caractère agricole, cette scène possède également une connotation religieuse. En effet, la vigne et le raisin sont associés au dieu Osiris et à l’inondation. Le sang du dieu assassiné avait en effet été mis en relation avec les premières eaux de l’inondation car celles ci sont rouges, en raison des alluvions ferriques qu’elles transportent venant de l’Atbara« 

Le mode opératoire du pressurage a évolué depuis celui observé dans le « mastaba » de mererouka (vizir de la VIeme dynastie, vers -2300)

mererouka

foulage du raisin dans la tombe de mererouka: ils s’accrochent à une rampe et se tiennent par la hanche comme on peut voir encore au Portugal aujourd’hui

Voici la vinification décryptée par l’égyptologue Pierre Montet d’après la tombe de Ptahhotep (vers -2600):

detacher
apporter
jeter

commence alors le foulage au rhythme de la musique

marquerlerythme
pressurage
findupressurage
sellerlevin

Pour plus d’information, lire  sur passion-egyptienne un article détaillé sur la vinification dans l’Egypte ancienne, et mieux, lire la partie consacré au vin de « Scenes de la Vie Privee dans les Tombeaux Egyptiens de L’ancien Empire  » de Pierre Montet (Paris 1925).

Post-Scriptum (mars 2012)

voici deux images transmises par l’ami Jean-Louis, qui proviennent d’une nécropole  de  l’oasis de Kharga (période de l’hérésie nestorienne ajoute-t-il avec gourmandise) ;  la chapelle des raisins (Anaïd al-Ainab) d’après passion-egyptienne

back chez mélac

Toujours à l’affût de déco originale, nous avons déniché ces bouteilles peintes chez l’ami Mélac. Nous auraient-elles échappé lors de notre précédente visite ?

Nous retrouvons des noms connus, comme Jean-Paul Chambas , et sommes heureux d’accueillir beaucoup de nouveaux dans la galerie du bon clos…

Ils ont nom Olivier Lapidus, Brito (dessinateur bien connu des lecteurs du Canard), Alain Challier, Gérard Guyomard , Arthur Beatty, Christine Ankaoua

Et de gauche à droite Paul Jacquette (*), Charlelie Couture (sic), Lelia (?) Pissarro, Bonnin….

(Photos Bernard Chatreau)

* « Peintre contemporain »,comment ne pas aimer ce « pique-nique »?

Poursuivant notre tour voici un alambic rutilant

Déjà l’heure de rentrer ?

Au grand Colbert

Voici une jolie brasserie qui se cache derrière la Bibliothèque Nationale, au numéro 2 de la rue Vivienne.

entrée

L’immeuble date de 1828 et abritait des magasins d’articles de mode dont l’un prit le nom de grand Colbert sous Louis-Philippe, nous dit-on. Un « bouillon » ouvert en 1900 garda ce nom, pour laisser la place après rénovation à l’actuel restaurant en 1985.

Qu’a-t-il de si extraordinaire ? Outre un « bon manger » comme on en trouve dans ce beau pays, une décoration d’époque qui met en valeur le volume de la salle (6m sous plafond) et dont nous ne citerons que le papier peint en trompe-l’oeil à la pierre cietti , on comprendra pourquoi.

papierpeintcolbert

Et ne quittons pas ce lieu sans un coup de chapeau au grand homme.

colbert

 

 

 

 

chez Marty

Voici quelques images recueillies dans la cave

de ce restaurant parisien du quartier des Gobelins .

Mérite une descente !

vendangesbambinsmarty

?

vins du postillon, leur histoire est racontée

porto ramos pinto

affiche de René Vincent (daterait de 1920)

en savoir plus sur rené vincent sur le blog de l’abécédé

devenogechezmarty

un champagne de classe dirait-on

oeuvre de robert falcucci (1958)

(le champagne a été un gros consommateur d’affiches de publicité, voir une anthologie )

byrrhchezmarty

Ah Byrrh ! Nous en reparlerons..

 

dans les rues de Paris – rue de Damrémont

Nous voici une fois de plus ravis par une sculpture en façade d’un immeuble de Montmartre.

vendangeruedamremont

C’est  au n°2  de la rue de Damrémont, au 1er étage d’un immeuble qui fait l’angle avec la rue Caulaincourt (entrée par le 11 rue caulaincourt)

immeubledamremont2

et qui daterait de 1878 si l’on en croit le blog  paris en construction

vuecaulaincourt

fenêtre sur la rue caulaincourt

Au gré du vin

Voici l’enseigne d’un caviste du vieux Lille

enseigne

qui nous a donné envie d’entrer.

C’est bien là

tablette

Ce tableau de bouchons est bien classique

tableaudebouchons

Mais, bonne pioche, nous avons découvert ce curieux masque dû à François Oliver, artiste lillois originaire des Vosges

masquedoliver

dont on pourra découvrir d’autres oeuvres et en savoir un peu plus ici.

On trouve sur le blog des zinzins du zinc des informations sur au gré du vin  qui donnent envie d’y retourner.

Ils ont quand même fait la couv de la RVF il y a 2 ans.

couvertureRVF

Nous en reparlerons.

A clamecy et vézelay

Excellente adresse que cette Hostellerie de la Poste à Clamecy gentiment décorée

vignentromploeil

où l’on a découvert quelques tapisseries intéressantes comme cette scène de vendange

vendanges

et cette taverne

taverne

A quelques encablures la « colline éternelle » de Vézelay propose quelques enseignes que la galerie du bon clos est ravie d’accueillir.

enseigneavezelay

enseignestvincentvezelay

On n’est pas très loin de Chablis aussi n’est-il pas étonnant de découvrir cette affiche dans une vitrine.

lachablisienne

Renseignement pris, l’affiche daterait de 1926 (la coopérative la Chablisienne fêtait ses 3 ans) et son auteur est le dessinateur Henry le Monnier (1893-1978 : on trouvera sa bio )

 

 

 

 

jules chéret aux arts déco

On connaissait Jules Chéret

photojulescheret

pour ses superbes affiches vantant le vin Mariani ; voici qu’une exposition lui est consacrée aux Arts Décoratifs, qui mérite le détour (jusqu’au 7 novembre).

Ce fils de typographe né en 1836 en apprit le métier avant d’étudier le dessin et la peinture, et connut le succès avec une affiche pour Orphée aux Enfers,

avant de fonder un atelier de lithographie à trente ans.

Admiré de Toulouse Lautrec, Bonnard, Vuillard… il fut le pionnier de l’art de l’affiche. ll mourut presque centenaire en 1932.

Nous sommes tombés en arrêt devant ces quelques oeuvres qui ont toute leur place dans la galerie du bon clos.

un peu sanglante cette tête, non ?

(après enquête : c’est une oeuvre du jeune Claude Monet)

pubdubonnet

Cette femme joyeuse, toute en mouvements gracieux que l’on retrouve sur ses affiches, c’est la « cherette »

Le magasin existe toujours, aujourd’hui, c’est un Monoprix !

Nous avons profité de cette visite pour découvrir d’autres merveilles que recèle le Musée des Arts Décoratifs.

Cette tapisserie faite à Tournai au début du 16eme siècle est intitulée « les vendanges »

tapisseriedetournai

laine, soie, gallon bleu rapporté

detailhotte

détails

detaildevendange

voici un bacchus noir en bois peint (atelier Parodi, Gênes début 18eme)

bacchus noir

qui contraste avec ces mangeurs de raisin (biscuit de porcelaine tendre, vers 1750 manufacture de vincennes) qui ont un petit air de déjà vu mais où ?

et ce « fluteur », inspirés des tableaux de Boucher

 

Nevers 18eme siècle ?

bambins vendangeurs

Et pour finir ce papier peint (Pierre Cietti, fin 18e) imprimé à la manufacture Réveillon rue de Montreuil, là même où éclatèrent les premières émeutes en 1789.

papierpeint